31/10/2011

[Album] Russian Circles : "Empros"

Artiste : Russian Circles
Album : Empros
Quatrième Album
Sortie : 2011
Genres : Post Rock, Post Métal, Instrumental
Label : Sargent House
Morceaux à écouter : 309, Mlàdek, Atackla
♥♥♥
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Il y a des groupes comme ça qui nous surprennent à chaque album qu'ils pondent. Pour une ou plusieurs raisons, chaque album se fait attendre par l'auditeur avide de nouvelles sensations et énergies sonores parce que lorsqu'il s'agit d'un bon groupe qui a prouvé par le passé qu'il en valait la peine, chaque nouvelle production s'annonce comme un nouveau chef d'oeuvre. "Empros" était attendu depuis de longs mois car les trois précédents opus ne comptant que très peu de morceaux, l'oreille qui aime le son de Russian Circles est vite en manque d'une nouvelle dose de ce son si particulier et des mélodies si personnelles que le trio originaire de Chicago a à offrir.

Le fait est que la barre avait déjà été mise très haute par le passé. Les gaillards se devaient donc de ne pas faillir avec ce quatrième album qui se faisait attendre par les fans de plus en plus nombreux. Alors notre patience allait-elle être récompensée ? Oui et non.

Un grand oui car Russian Circles reste fidèle à ses engagements : des compositions toujours aussi riches, longues et bien fournies. Il y a en effet du bon travail de composition, les instruments ayant chacun leur rôle (aussi important soit-il) et leur part belle, comme dans chaque production du trio, et chaque morceau reste une pièce à lui tout seul où se retrouvent différents univers, différentes ambiances, alimentés par des passages contrastés et faisant office de scènes composant la dite pièce. Le groupe l'avait annoncé : "Empros" serait sans aucun doute l'album le plus "heavy" des quatre sortis jusqu'à maintenant. Et c'est là qu'est le problème.

En effet, le but était ici de retrouver un effet "live" au niveau du son, si cher à certains fans des prestations scéniques du groupe. En résulte un mixage particulier qui met en valeur la capacité du groupe à composer comme un seul et même homme, chaque instrument se mêlant aux autres. Beaucoup crient au génie et même si le résultat est respectable, il y a pourtant quelque chose qui ne sonne pas juste. Où est passée cette batterie qui était mise bien en avant auparavant ? Où sont ces notes si claires et cristallines de guitare qu'on pouvait entendre au loin ou qui nous chantaient une si belles mélodie comme un murmure dans nos oreilles ? Le tout sonne parfois comme un obscur brouillard sonore où on ne distingue parfois plus la basse de la guitare, où la grosse caisse de la batterie se fait à peine entendre. C'est dense, très dense même. Et c'est bien triste. Surtout quand la tracklist vient s'alléger encore : six morceaux seulement pour un peu plus de quarante minutes d'écoute. Trop peu de morceaux différents donc, et on reste un peu sur sa faim une fois l'album terminé.

Voilà pourquoi il est difficile de juger : cet album est une sorte de chef d'oeuvre expérimental au niveau du rendu sonore mais cette volonté d'obtenir quelque chose de très particulier vient tacher ce qui faisait la force du groupe auparavant. Un album qui reste bon (voire très bon malgré tout) mais lorsque qu'on achète une galette, c'est pour pouvoir l'apprécier au casque et ne pas retrouver le son qu'on peut avoir en "live". Sinon, où serait l'intérêt d'aller à un concert ? Un quatrième album qui s'écoute mais qui perd en impact, l'alchimie entre la finesse et la puissance pourtant séparées mais qui se mariaient si bien sur les albums précédents aurait-elle disparu ?

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