30/12/2015

[Vidéo] Jonny & The Snipers : "There's A Price On Your Head"

On aura beau dire ce qu'on veut à propos de la musique d'Enter Shikari mais les britanniques ont prouvé au fil des années qu'ils respectaient une éthique musicale et commerciale (pratiquement) irréprochable.

Le groupe originaire de St Albans a toujours pris son pied sur scène ou avec son public et n'est pas avare en petites attentions pour lui. On connaissait déjà quelques pitreries acoustiques du groupe sous le nom de Jonny & The Snipers - la version "classy et smokey jazz" d'Enter Shikari à l'humour et l'auto-dérision so british - avec notamment la reprise du titre "Destabilise" il y a de ça quelques années. Beaucoup plus récemment, et en guise de cadeau de Noël, le groupe a revêtu ses plus beaux costumes et repris "There's A Price On Your Head" extrait du dernier album The Mindsweep. Et ça change de la version originale !

29/12/2015

[EP] Novelists : "Demo"

Artiste : Novelists
EP : Demo
Sortie : 2013-2014
Genre : Métalcore Progressif, Djent
Label : Autoproduction
♥♥♥♥(♥)
> Ecouter et Télécharger Novelists sur BandCamp ou Youtube <

De qui on parle ? Voilà une paire d'année, Novelists faisait une entrée fracassante sur la scène Djent mondiale avec des titres sortis au fil des mois pendant les années 2013 et 2014. On n'est donc pas vraiment face à un réel EP mais plutôt un recueil de ces six premiers titres (tous téléchargeables gratuitement via la page BandCamp du groupe) ayant fait office de carte de visite pour voir aujourd'hui le groupe signer chez Arising Empire Records et sortir un premier album en 2015. Et parce que ces gars-là sont parisiens, c'est peu dire qu'on est fier d'avoir un tel représentant du Métal Progressif - et par extension du genre Djent - en France. Autre détail, l'attention toute particulière apportée aux différents visuels qui illustrent chaque morceau. Beaux, propres (et réalisés par Charly Teule pour CTDesign), ils affirment l'identité et la maturité d'un groupe pourtant jeune. Cela dit, notons tout de même le passage de certains membres au sein de formations comme A Call To Sincerity ou encore Kadinja.

Musicalement, ça donne quoi ? Si dès les premières notes, les premiers riffs, l'oreille reste scotchée au son que Novelists propose, ce n'est pas par hasard. Il faut déjà, en amont, aimer le Métalcore et tout ce qui touche au Métal Progressif mais là où les parisiens font fort, c'est qu'il y a de l'ingéniosité, de la surprise, de l'inspiration et une bonne dose de culot dans tout ça. Chacun des morceaux montre l'étendue des talents du groupe, qu'ils soient sur le plan instrumental, l'écriture et la composition ou sur le plan vocal. Les atmosphères sont travaillées et entièrement composée à la guitare sous forme de nappes en toile de fond qui donnent cette profondeur et, mine de rien, cette volupté si particulière à l'ensemble. De plus, les riffs sont accrocheurs sans tomber dans la facilité et on y revient volontiers même après un grand nombre d'écoutes. Enfin, l'ensemble fonctionne parfaitement bien, alternant passages aériens, lumineux, atmosphériques et breakdowns monstrueux où le poids des riffs apporte une touche épique palpable. C'est riche, inspiré et la diversité des passages et sonorités évite toute lassitude. Du grand art dans un genre souvent moqué pour ses grosses cordes souvent jouées à vide de façon répétitive ou encore l'étalage de technique au détriment du résultat sonore.

Une voix forte. Rares sont les chanteurs (ou chanteuses) évoluant dans de nombreux registres différents et avec brio. On citera Caroline Westendorp de chez The Charm The Fury ou l'inimitable Serj Tankian de chez System Of A Down mais la liste est plutôt courte. Généralement, le chant clair est réservé à un autre membre du groupe, qu'il soit guitariste ou bassiste (et là, la liste s'allonge considérablement !). Chez Novelists, pas de seconde voix : Mattéo Gelsomino (ex-A Call To Sincerity) assure toutes les parties, que ce soit le hurlement bestial, le chant clair (les deux étant parfaitement exécutés sur "Delusion" par-exemple) ou la douceur d'une mélopée (sur le final de "Immedicable"). Cette caractéristique a cependant l'inconvénient de ne pas permettre en Live toutes les variations que les enregistrements studio peuvent proposer. Mais Novelists n'est pas le seul groupe à faire face à cette configuration. Bref, tout ça pour dire que vocalement, ça suit plutôt bien et le chant clair ne fait pas l'erreur de tomber dans la mièvrerie, ce qui met en relief la maturité vocale de Mattéo qui ne s'exprimait pratiquement (ou uniquement ?) qu'en chant hurlé avec A Call To Sincerity.

Qu'est-ce que ça raconte ? Entre toutes petites revendications punkisantes (qu'on accorde à l'affiliation au genre Métalcore ici) et sujets beaucoup plus profonds tels que le sens de la vie et notre passage sur cette planète, notre rapport aux autres et l'impact de nos actions (coucou Tesseract et autres groupes du même genre), Novelists fait un peu dans la poésie philosophique, plaçant Mattéo au centre de ses textes, tel un orateur venu poser des mots sur des maux que chacun vient à traverser avec la vieillesse et une sagesse naturellement grandissante. Meilleur exemple ? Le morceau "Souvenirs" qui donnera d'ailleurs un peu plus tard son nom au premier album du groupe.

"Download it and spread the word" Six titres en téléchargement libre dont il serait dommage de se passer et qui mettent la barre très haute en terme de qualités vocale, instrumentale et d'écriture. Une maturité palpable pour un groupe relativement jeune et qui risque de s'imposer très largement par la suite sur la scène Djent (si ce n'est pas déjà le cas). Un petit recueil qui permet de s'imprégner de l'univers du groupe et pouvoir se plonger dans l'album la tête la première !

28/12/2015

[Vidéo] Elliphant : "North Star (Bloody Christmas)"

C'était Noël il y a de ça quelques jours et on espère bien souvent que tout le monde a la chance d'en passer un de façon convenable.

Elliphant n'a pourtant pas hésité à pondre une vidéo des plus dépressives sur le sujet, se mettant elle-même en scène pour un karaoké en solo, nous rappelant que l'instant des fêtes est éphémère et, mine de rien, un bon cache-misère pour certains (les textes ici). On espère que le vôtre a été meilleur que le sien, du coup...

23/12/2015

[Vidéo] Ibrahim Maalouf : "Run The World (Girls)"

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, 2015 aura été une bonne année de merde et l'avenir ne s'annonce pas non plus très glorieux. C'est dans ce climat assez tendu qu'Ibrahim Maalouf, le trompettiste de Jazz français, a osé pondre un clip à la photographie magnifique pour mettre des images sur son morceau "Run The World" où les femmes ont la part belle.

Un clip qui prend la forme d'une dystopie, dans un avenir fictif pas si lointain, et qui nous paraît terriblement plausible. Un monde dans lequel la France mènerait une véritable chasse aux sorcières et où la Liberté serait bien mise à mal. Un clip poétique, allégorique - et pourtant très ancré dans le réel - porté par la trompette d'Ibrahim Maalouf et la danseuse/chorégraphe Hajiba Fahmy. Un conseil : évitez de vous perdre dans les méandres des débats sans fin qui naissent dans les commentaires postés sur Youtube pour cette vidéo.

22/12/2015

[Album] Marmozets : "The Weird And Wonderful"

Artiste : Marmozets
Album : The Weird And Wonderful
Premier Album
Sortie : 2014
Genre : Math Rock, Rock Alternatif, Rock Progressif
Label : RoadRunner
Morceaux à écouter : Cry / Hit The Wave / Move, Shake, Hide
♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

De qui on parle ? Véritable phénomène outre-Manche, les minots de Marmozets n'ont pas mis longtemps à exploser et imposer leur nom sur la planète Rock mondiale après une signature chez Roadrunner en 2013. Une réputation due notamment à des prestations Live remarquées (déjà en 2012), une musique à l'énergie débordante et une personnalité british très prononcée, que ce soit dans l'accent ou le style vestimentaire. Composé de cinq membres appartenant aux deux fratries Macintyre et Bottomley, le groupe tient sa force des relations familiales et amicales uniques qui unissent ces derniers (à l'image du visuel de l'album). Une composition atypique pour un combo détonnant, énergique et surtout inspiré.

Jeunesse en puissance. C'est à la vue des premières vidéos du groupe ou de certaines photos que le constat se fait rapidement : on se sent très vieux face à cette troupe de jeunes gens. Second constat : les anglais nous mettent la trique musicalement, c'est indéniable. Voir cette bande de frères, soeur et potes depuis les bancs de l'école évoluer avec autant d'aisance et proposer une musique aussi bien exécutée a de quoi imposer le respect. Et cette jeunesse transparaît dans l'enthousiasme qui dégouline du groupe, que ce soit sur scène ou dans sa musique (voir la vidéo pour "Move, Shake, Hide"). Un succès fulgurant qui les poussera d'ailleurs sur la grande scène du Reading Festival dès 2015 et où Becca admettra que l'expérience est "fucking awesome" en plus de pratiquement pleurer tant l'accueil était chaleureux (en introduction de "Is It Horrible" à 3min35 du set). Avec un esprit pas tout à fait punk mais plutôt rebelle, jeans troués et vestes en cuir de rigueur, les Dr Martens aux pieds, la bande nous fait vibrer au son d'un Rock'n Roll nerveux qui met en avant l'énergie d'une jeunesse qui ne demande qu'à s'exprimer ("We can go wherever we want... We can do whatever we want..." dans "Born Young And Free") et qui est consciente de certaines choses essentielles de la vie ("So be sure that you let people know how much they mean to you" dans "Hit The Wave" par-exemple). La musique est ici un véritable exutoire et bien que tout cela puisse sembler brouillon, tout est bien canalisé et maîtrisé. Ainsi, Marmozets propose un Math-Rock qui véhicule très bien ses émotions, chose que l'on peut par-exemple reprocher à un autre jeune groupe comme Sianvar qui s'éparpille un peu trop en démonstrations de technique.

Une large palette musicale. Alors, certes, Marmozets fait du Rock et on ne risque pas d'entendre autre chose sur cet album. Mais celui-ci est décliné sous tellement de formes qu'il en ressort une maturité déconcertante de la part des cinq membres du groupe. Avec des morceaux comme "Cry" et ses notes de piano, "Hit The Wave" et son refrain à la sensibilité palpable, des sentiments profonds sont perceptibles au milieu des déchaînements d'énergie libératrice tels que "Born Young And Free", "Love You Good" ou "Vibetech" et son impressionnante intro instrumentale. Le talent est là, il n'y a aucun doute. S'ajoute à tout cela l'incroyable voix de Becca, capable de hurler à la mort ou de chanter avec une voix à la chaleur et la maturité bien présentes ("Captivate You", "Back To You"). On y retrouve certains ingrédients faisant toute l'identité de frontwomen telles que Sandra Nasic de chez Guano Apes ou, plus récemment, Emily Armstrong de chez Dead Sara. Cette variété dans le chant permet ainsi à (la jeune) Becca de proposer des expériences aussi différentes qu'intéressantes, faisant de chaque morceau une surprise et donc de cet album un recueil dont les pièces ont chacune leur identité propre. Et ça, c'est du super boulot.

Verdict. On ne va pas tourner autour du pot très longtemps : ce premier album de Marmozets est une pépite Rock et est sans aucun doute l'un des albums les plus frais de l'année 2014. Un truc à consommer sans modération ou à écouter au moins une fois pour bien comprendre que le Rock est une affaire purement britannique. La classe, quoi.

21/12/2015

[Vidéo] Event : "Obvious"

Ce n'est pas nouveau : il y a en France une scène Métal bien trop peu connue du grand public. Des gens qui jouent de la musique qui ne plaît pas au plus grand nombre mais qui s'activent dans leur coin pour se faire plaisir avant tout. Et peut-être un jour avoir la chance de se dire "connus" ou "reconnus" pour leur travail.

Event est l'un de ces groupes et nous vient de Montpellier. "Obvious" est extrait d'un album en préparation et qui devrait prochainement sortir sous le nom de The Temple of Collapses. En attendant, voilà le premier clip de la bande, tout en noir, blanc et rouge. Un Rock/Métal Progressif qui rappelle, d'une certaine façon et dans un autre style, ce que faisait Hord, il y a de ça quelques temps. D'ailleurs, pour l'anecdote, l'ex-chanteur/guitariste de Hord, Jonathan Devaux, a collaboré avec Event sur l'un de leurs morceaux. Comme quoi...

20/12/2015

[Vidéo] Shake Shake Go : "We Are Now" (Lyrics Video)

Shake Shake Go est désormais un "groupe connu". Après un premier EP éponyme ayant permis à la troupe d'être diffusée sur les radios avec le titre "England Skies", un second EP a vu le jour dernièrement et un album est annoncé pour le 29 janvier 2016. On n'a donc pas fini d'entendre la Pop du groupe portée par la voix chaleureuse de Poppy Jones.

"We Are Now" est extrait de ce second EP mais ce morceau date en réalité d'il y a beaucoup plus longtemps car c'est une des premières compositions de Shake Shake Go. On trouve d'ailleurs des vidéos de ce morceau datant de 2013 et tournées dans la rue. Avec cette lyrics video, on suit l'évolution du groupe, à base d'images d'archives, de ses débuts dans la rue à ses prestations d'aujourd'hui sur de grandes scènes de festivals ou de grandes salles de spectacle. Et ça rappelle un peu le clip de Deluxe pour "Shoes" il n'y a pas si longtemps que ça.

16/12/2015

[Vidéo] Happening : "Full Power"

Happening nous vient d'Aix-Les-Bains et propose un cocktail explosif de Grunge et Métal à la sauce Post-Hardcore (ou Post-plein-de-trucs selon les convenances), et tout ça à trois personnes seulement. Un trio qui mise sur la puissance de ses instruments pour nous foutre une grosse mandale en pleine poire. Le clip est sans réel intérêt visuel mais sert davantage de vitrine pour les artistes. Un truc qui rappelle d'ailleurs beaucoup la vidéo de Murdock pour "Erk", dans un autre genre musical toutefois.

Et si vous avez raté le clip pour le titre "Galilée" paru plus tôt en 2015 et extrait lui aussi de l'album In The Middle Of The Seas, c'est encore tant d'aller y jeter un œil et une oreille pour apprendre à mieux connaître les savoyards. Grosse claque.

15/12/2015

[EP] Doja Cat : "Purrr!"

Artiste : Doja Cat
EP : Purrr!
Sortie : 2014
Genre : Hip-Hop, R'n'B
Label : MAU Records
♥♥(♥)
> Ecouter l'EP sur Youtube <

De qui on parle ? Doja Cat - de son vrai nom Ami Zandile - est un peu une artiste à part. La vingtaine à peine entamée, la demoiselle originaire de Los Angeles a baigné très jeunes dans le Rap mais c'est pourtant un EP aux sonorités bien plus portées sur le R'n'B, l'Electro et des influences orientales (voire même d'Extrême Orient) qu'elle proposait en 2014. Malgré ce cumul des genres et même si le Rap est son berceau, Doja Cat n'hésite pas à chanter, donnant à sa voix ces airs de R'n'B ou de Soul d'une légèreté fort appréciable. Pour l'anecdote, son pseudonyme vient du fait qu'elle aime beaucoup les chats et la marijuana (apparemment, "dojo" serait un terme d'argot américain pour désigner le cannabis). Pas très compliqué, finalement, mais il faut croire que cela lui correspond bien.

Musicalement, ça donne quoi ? Difficile de coller une étiquette sur cette musique qui fait planer. Et c'est plutôt un atout car cet EP apparaît comme une échappée hors des sentiers battus des genres cités plus haut. On pourrait dire que ça fait penser à "beaucoup de trucs" mais finalement, difficile de les citer. Néanmoins, une chose est sûre : l'amour qu'a la demoiselle pour la weed se ressent dans chaque morceau. Et elle l'assume tellement bien que le morceau qui l'a fait connaître porte le nom très perché de "So High". Une envolée psychédélique et hypnotisante appuyée par un clip totalement perché où la couleur purple est omniprésente. Rien à voir avec le clip de Tove Lo pour "Habits (Stay High)" (dans sa version remixée), un morceau avec lequel un rapprochement aurait pu être fait, notamment à cause du titre. Non, ici on est davantage dans un truc spirituel, presque mystique, où les références à la culture indienne (surtout visuelles) pleuvent de tous les côtés. Et c'est loin d'être un hasard, la chanteuse aimant dire qu'elle fait de la "smoke music". Tout un programme.

Bien entourée. Doja Cat ne produit pas sa musique elle-même mais fait appel à divers producteurs d'horizons différents. Son inspiration ne se limite donc pas à la culture indienne et elle reconnaît écouter beaucoup d'autres artistes dans la même veine qu'elle, n'hésitant pas à collaborer avec des producteurs français tels qu'Evil Needle (pour "So High" justement) ou encore Dream Koala qui est à l'origine du sample de "No Police", ce même sample ayant été utilisé aussi par Mick Jenkins sur "Healer". Pour les autres titres, on retrouve les noms de Mindesign ("Nunchucks"), Iman Omari ("Beautiful") et Yeti Beats ("Control"), des personnes beaucoup plus proches d'elle géographiquement parlant. Le résultat est donc relativement éclectique tout en conservant cette ligne directrice invitant au chill le plus complet.

Et qu'est-ce que ça raconte ? A-t-on vraiment besoin de savoir ce que raconte l'artiste lorsque la grande partie des émotions sont déclenchées par la musique et, ici, la douceur de la voix, le meilleur exemple étant sans doute "Control". La force de Doja Cat ne se situe pas dans ses textes, ceux-ci étant d'ailleurs plutôt concis, souvent répétés sous forme de refrains entêtants ("I'm beautiful..." dans le titre du même nom). Malgré quelques couplets rappés, on sent que l'intérêt n'est pas là et si on veut vérifier par soi-même, il suffit de jeter un œil aux textes de "So High" pour voir que ça parle beaucoup de weed et que tout ça tiendrait presque sur un post-it...

Verdict. Un EP un peu spécial, qui mélange des genres se mariant bien, le tout dans une ambiance vaporeuse (ou fumeuse, plutôt) pour un trip tout en douceur. Une petite curiosité aux couleurs du flower power et qui fait voyager. Relaxant.

10/12/2015

[Vidéo] The Prestige : "Enfants Terribles"

The Prestige nous a habitués à des clips en noir et blanc, léchés et plastiquement fouillés avec "Bête Noire" puis "Voir Dire". Cette fois encore, c'est un clip impeccable que le groupe propose pour "Enfants Terribles", lui aussi extrait de l'album Amer paru en 2015.

Un clip un peu particulier pour diverses raisons. La première, c'est évidemment le sujet qui ne laisse pas indifférent. Les images prennent le spectateur à partie pour le mettre face à son jugement vis-à-vis du personnage principal, ce même jugement qui va indubitablement être remis en question à la fin du clip. Un très bon travail d'écriture et de réalisation qui nous plongent dans le monde de la nuit à travers l’œil et l'objectif aiguisés de Berzerker qui avait d'ailleurs réalisé le reportage "Dark was the Night, Cold was the Ground" sur la tournée de The Prestige sur l'île de Cuba en 2014. C'est d'ailleurs ce qui fait le second point intéressant de ce clip, les images ayant elles aussi été tournées sur l'île de Cuba pendant cette fameuse tournée. Les images du clip ont donc été prises en une seule journée dans des conditions qu'on peut supposer difficiles, le tournage de vidéo étant illégal sur l'île de la lignée Castro...

07/12/2015

[Vidéo] Crystal Lake : "Mercury"

Si on parle de Métalcore japonais, on pense pouvoir dire qu'il n'y a pas foule pour répondre à l'appel. Et pourtant ! Crystal Lake s'est formé en 2002 et avec déjà quatre albums au compteur, on peut tout simplement dire que le groupe a bien déblayé le terrain pour ses confrères de Crossfaith qui eux, se sont formés aux alentours de 2006.

Cette année, Crystal Lake a sorti un album répondant au nom de The Sign dont le titre "Mercury" est d'ailleurs extrait. Un morceau avec un esprit très positif, un petit peu facile peut-être, où il est question de repartir de zéro même lorsqu'on est tombé très bas. Même que rien n'est impossible, il paraît. C'est Ryo Kinoshita qui le dit ("... Cause impossible is possible..."). Cela dit, voilà un joli clip tourné en noir et blanc qui permet d'admirer la mégalopole japonaise de l'intérieur. La nature n'est pas non plus en reste et la couleur fait tout de même son apparition à la fin de la vidéo avec des extraits tournés en Live. Sympa.

06/12/2015

[Actu] Ils auraient pu jouer à la COP21.

Delphine Benhamou et Magdalena Bahamondes Romero dans
la forêt de Compiègne pendant le Festival des Forêts en 2014.
Nous sommes en 2015 et c'est la COP21. Comprenez qu'il s'agit là de la 21ème Conference Of the Parties et celle-ci se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Et ça, personne ne l'aura manqué.

Afin d'éviter le moindre débat politico-écologique, nous ne parlerons que de musique. Laissons ces discussions un peu compliquées à ceux qui maîtrisent (plus ou moins) le sujet.

Cette première semaine de décembre 2015, tout le monde a les yeux rivés sur la capitale française, attendant que des décisions soient prises et que des accords soient signés afin de réduire l'impact du réchauffement climatique dans les années et décennies à venir. Cela va-t-il changer quelque chose ? Pas sûr. Et pourtant, la sonnette d'alarme retentit depuis pas mal d'année un peu partout à la surface du globe. Et il n'y a pas que les scientifiques ou les écologistes qui appellent à la mobilisation. Depuis longtemps déjà, certains artistes ont jugé important de faire passer le message au travers de leur musique, notamment dans le Rock ou le Métal et ses dérivés. Alors, pour bien faire comprendre à tout le monde qu'on ne dit pas que des conneries dans ce genre bien trop souvent boudé en France car considéré comme "violent" et réservé "aux adorateurs de Satan", voilà une petite sélection de morceaux qui auraient bien mérité d'être joués à cette fameuse COP21, histoire de mieux faire passer le message et éveiller les consciences. Peut-être. Et comme la plupart de ces groupes s'exprime en anglais, on va tenter de décortiquer leurs propos.

1. Linkin Park : "What I've Done"


L'optimisme. Un peu facile (et discutable) de commencer par Linkin Park, surtout que ce morceau est extrait d'un album ayant marqué un tournant musical controversé pour le groupe (Minutes To Midnight). On aime ou on n'aime pas, peu importe. Des blousons en cuir noir, des lunettes de soleil et plus grand chose à voir avec le Néo Métal de la fin des années 1990 : Linkin Park amorçait une descente vers le Rock mielleux à tendance Electro qui aura brûlé les oreilles d'un paquet de fans de la première heure. Mais là n'est pas le sujet, surtout que les thèmes abordés par le groupe ont eux aussi évolué avec sa discographie, les faisant passer d'ados "métalleux" à des adultes pseudo-responsables. Avec ce titre et un clip assez explicite, le groupe proposait une forme d'optimisme quant à nos erreurs du passé à ne (surtout) pas reproduire. On a donc droit à des images d'animaux évoluant à l'état naturel et dont la plupart sont considérés comme en voie de disparition (pour de bonnes raisons), d'une nature en souffrance (exemples d'un glacier en pleine fonte ou d'un oiseau condamné par une marée noire) mais aussi des images d'archives où l'Homme est sérieusement mis en cause. Une façon de dire qu'il est temps d'oublier tout ça et de passer à autre chose, histoire d'améliorer la situation actuelle. Tout ça date de 2007 et il est difficile de dire que les américains aient été entendus... (pour mieux comprendre : les textes de "What I've Done")

2. Raised Fist : "Man & Earth"




La claque punitive. 2015 aura été une bonne année niveau sorties musicales mais cette année aura surtout marqué le retour de Raised Fist après six ans d'absence (Veil Of Ignorance datant de 2009) avec un nouvel album : From The North. Et même si c'est une sorte de nouveau départ pour le groupe, les suédois n'ont pas la main tendre avec le reste du monde qui ne se bouge pas assez le cul à leur goût. On est d'abord "gentiment" invités à écouter ("Stop and listen !") Alexander qui veut nous parler du changement climatique ("I want to complain about climate change") tout en sachant très bien que certains n'en ont rien à foutre ("It might not be of your concern"). S'en suivent des punchlines comme s'il en pleuvait avec une verbe que seul le gaillard sait pratiquer : c'est efficace et ça frappe là où ça fait mal. Aux yeux du frontman, nous sommes en train de jouer à un jeu que nous sommes voués à perdre ("This is how we play when we betray man and earth")  à cause de notre attitude passive et notre tendance à nous complaire dans un confort qui n'est qu'une illusion temporaire. Il y aura un jour où il faudra vraiment se bouger mais nous n'aurons pas appris de nos erreurs passées ("You will never learn !"). Ce n'est pas la première fois que Raised Fist nous parle de problèmes mondiaux qui nous toucheront tous tôt ou tard et tant que nos consciences ne seront pas éveillées, Alexander sera sans doute là pour nous rappeler à l'ordre... et tant mieux. (pour mieux comprendre : les textes de "Man & Earth")

3. Enter Shikari : "Arguing With Thermometers"


L'humour bristish à la rescousse. Enter Shikari a su évoluer au fil des années, tant et si bien que le groupe a réussi à s'imposer comme fier représentant d'une scène Post-Hardcore indépendante et engagée, créant son propre genre musical et ça, c'est assez balèze. Dans A Flash Flood Of Colour, son troisième album paru début 2012, le groupe proposait un titre faisant allusion à notre tendance à "jouer avec le thermomètre" terrestre. Avec un style musical bien à eux et un humour décalé, les quatre compères anglais décident de se moquer de l'absurdité de vouloir aller forer en Arctique pour aller chercher du pétrole à l'heure où le progrès nous propose des alternatives aux énergies fossiles. Nous sommes des drogués au pétrole ("We're all addicted to the most abused and destructive drug of all time") et d'après eux, il y a même fort à parier qu'Ernest Shackleton se retourne dans sa tombe ("They'll plant their flags in the sea bed, Shackleton is rolling in his grave..."). Costumés en journalistes un poil ringards, les membres du groupe s'imaginent en train d'interviewer les représentants de compagnies pétrolières, ce qui donne un clip drôle, au ton léger malgré un sujet très sérieux. Mais comme le dit Didier Super : "Mieux vaut en rire que s'en foutre". Enter Shikari est désormais connu pour ses textes engagés et quand on voit ce qui se passe aujourd'hui à chaque coin du monde, on se dit que le groupe n'a pas fini d'être inspiré... (pour mieux comprendre : les textes de "Arguing With Thermometers")

4. Enhancer : "Qu'Est-Ce Qu'on Va Laisser"


La façon explicite. D'avance, toutes mes plus plates excuses pour ce montage vidéo amateur d'une qualité d'image et sonore assez douteuses. Mais au moins, le morceau est là dans son intégralité. Et c'est tout ce qui compte. Enhancer, comme la grande majorité des groupes de la Team Nowhere, a commencé par du Rap Métal ultra-bourrin pour ensuite se tourner vers quelque chose de beaucoup plus... doucereux musicalement. Une bande d'adolescents qui faisaient du BMX et autres activités de la street qui ont ensuite grandi, comme tout le monde, pour gagner en maturité pourrait-on dire. Avec "Qu'Est-Ce Qu'On Va Laisser", le groupe prend conscience des enjeux de la génération actuelle et des conséquences de ses actions sur la génération future. Dans quel état sera la planète après tout ce qu'on en aura fait ? Des mots ou expressions synonymes reprises à maintes reprises dans ce morceau aux propos explicites et dont la bonne idée réside dans le fait d'inclure des voix d'enfants pour scander le refrain. Les textes ne sont pas très recherchés ou compliqués mais mettent des mots simples sur ce qui semble désormais notre quotidien. Et ce ne sont pas les annonces de ces derniers jours qui vont nous faire dire le contraire (des centaines de balaines se sont échouées au Chili et un barrage a déversé des quantités colossales de boues toxiques dans le fleuve Rio Doce au Brésil, entre autres). Un morceau qui tend à rappeler la théorie de l'agent Smith dans Matrix selon laquelle l'humain n'est rien d'autre qu'un virus pour la planète... (pour mieux comprendre : les textes de "Qu'Est Ce Qu'On Va Laisser")

5. Deadspeaker : "Contaminated Society - Part 1"


La façon rapide. Deadspeaker, pour la faire courte, c'est un one-man-band porté par Andreas Folkow. Le type écrit et compose donc son Métalcore tout seul, comme un grand. Et même si ça n'a pas la même saveur qu'un vrai groupe avec ses musiciens et leurs instruments, il n'y a pas que du mauvais dans son travail. Ce morceau est la première partie d'un EP de trois titres qui passe vite et tape fort. Dans les textes, rien de bien différent de ce que Raised Fist peut raconter dans le morceau proposé plus haut : nous sommes tellement focalisés sur nos écrans qu'on en oublierait (presque) de vivre nos vies et de faire de cette planète un meilleur endroit qu'il ne l'est déjà. Voilà le topo, grosso merdo. L'avantage ici, c'est que même si on n'aime pas le genre musical, la très courte durée du morceau permet même aux plus récalcitrants de quand même tenter l'expérience. Pas besoin d'aller chercher les textes : ils sont écrits en gros dans la vidéo.

6. 30 Seconds To Mars : "Kings & Queens"


La façon épique. On ne présente plus Jared Leto, le mec qui touche à tout et réussit avec talent. Que ce soit en tant qu'acteur, producteur, chanteur, compositeur ou parolier, ce gars-là de quoi rendre jaloux la gente masculine mondiale, sans parler du fait qu'à quarante ans passés, le type en fait bien dix de moins. Même si 30 Seconds To Mars a évolué depuis ses débuts et qu'on est bien loin aujourd'hui de ce à quoi ressemblait la musique du groupe à l'époque de son premier album, le succès commercial est toujours au rendez-vous et le nombre de membres de la Mars Army ne cesse de croître au fil des années. Cet indéniable témoin prouve que la musique du trio touche les foules et cela permet de réaliser des clips comme celui proposé ci-dessus : des figurants à la pelle qui sortent leurs vélos pour faire un tour dans les rues de Los Angeles. Niveau textes, Jared Leto nous propose sa vision des choses : nous sommes les "rois" et "reines" en ce bas monde et nous sommes libres de nos actions. Malgré un certain optimisme dans cette chanson, le dernier couplet se termine sur "l'inéluctable fin de l'âge de l'Homme et que ce qu'on aura appris de nos erreurs n'est que le début" ("The age of man is over. A darkness comes and all these lessons that we learned here have only just begun"). Le début de quoi ? D'une période encore plus sombre, il faut bien le croire;.. (pour mieux comprendre : les textes de "Kings and Queens") Il est aussi fortement conseillé de regarder la reprise de ce morceau par Cobus Potgieter à la batterie.

7. Parkway Drive : "Dark Days"


La grosse colère. Difficile de passer à côté de Parkway Drive tant les australiens ont marqué de façon indélébile le Métalcore de ces dix dernières années. Très énervé, le groupe exposait avec "Dark Days" son bilan de l'état de santé de la planète. Un morceau qui date de 2012 et extrait de l'album Atlas qui nous invite aux "funérailles du monde" ("This is the funeral of the Earth") tant la situation paraît catastrophique. Du coup, ça crie fort, ça gueule même, et ça n'y va pas avec le dos de la cuillère ! Niveaux textes, c'est pratiquement la même chose que dans les morceaux déjà cités ci-dessus et si vous notez une ressemblance avec les propos de Raised Fist, c'est peut-être parce que les deux groupes sont signés chez le même label : Epitaph Records. Même si "Dark Days" est un morceau particulièrement violent, on notera ce petit solo bien placé pour adoucir la chose. Pour le clip, beaucoup d'images de la planète en souffrance et même si on commence à en avoir plein le dos, l'effet est toujours aussi saisissant de voir l'influence de l'Homme sur son environnement. (Pour mieux comprendre : les textes de "Dark Days")

8. Gojira : "A Sight To Behold"




Technique et engagé. Impossible de traiter un sujet aussi particulier que le réchauffement climatique ou même la cause écologique sans citer Gojira. Un groupe désormais culte et français (cocorico !) mais qui a décidé de s'exprimer en anglais, sans doute pour parler au plus grand nombre de personnes possible. Et ça marche ! Le groupe s'est d'ailleurs très bien exporté et a su accumuler les fans bien au-delà de nos frontières. Concernant son engagement pour la cause environnementale, Gojira a par-exemple réalisé un EP de cinq titres dont tous les droits et bénéfices sont allés (et vont toujours ?) à l'association Sea Sheperd - une association dont les actions sont sujettes à débat - pour lutter contre la chasse à la baleine. Musicalement, personne n'a rien à redire tant sur le niveau technique que sur les textes que le groupe développe. Et même si "A Sight to Behold" n'est pas le morceau le plus sympathique à écouter, le choix d'une vidéo Live ici n'est pas anodine, les prestations du groupes étant toujours d'une qualité indiscutable. Niveau textes, les frangins Duplantier et leurs acolytes proposent ici un évident et triste constat de nos comportements ("This is what we make of the world : we throw everything away"). Rien de bien plus positif et optimiste que tout ce qui a déjà été vu dans les morceaux proposés dans le reste de cette chronique, finalement. (pour mieux comprendre : les textes de "A Sight to Behold")

9. Epica : "This Is The Time"


Comme une prophétie. Epica fait normalement du Métal Symphonique grandiloquent mais avec "This Is The Time", le groupe proposait un morceau acoustique d'une douceur imparable pour nous rappeler à l'ordre : il est temps de se sortir les doigts du cul. Quoi ? D'autres disent la même chose ? Oui, mais peut-être pas avec cette voix d'ange que possède Simone Simons. Le groupe est d'ailleurs très concerné par l'environnement puisque les retombées de ce titre sont aux bénéfices de la WWF, la célèbre ONG au panda. Dans les textes, c'est surtout la nature qui est mise en avant, celle-ci étant considérée comme une entité à par entière nous communiquant son mal-être suite à nos dérapages ("When we fail, nature speaks to us all"). Au programme, dans le clip, plein d'images d'animaux tout mignon et choupinou pour nous rappeler que, putain, on vit au milieu de bien jolies créatures. Le hic, c'est qu'il y a aussi des images de nous, les humains, et de ce qu'on fait de ce joli "paradis". Et là, c'est tout de suite beaucoup moins mignon. Comme quoi, on peut faire passer le message sans nous engueuler et nous faire la morale de façon violente comme le font d'autres groupes. L'ironie de la chose, finalement, c'est qu'Epica est signé chez Nuclear Blast Records. Et quand on connaît l'impact d'une bombe nucléaire sur l'environnement, il y a de quoi se marrer un peu. (pour mieux comprendre : les textes de "This Is Time")

10. Serj Tankian : "Harakiri"


Le tube allégorique. Qui n'a pas écouté ou déjà entendu au moins une fois dans sa vie la voix de Serj Tankian est passé à côté de quelque chose de spécial. Le chanteur de System Of A Down s'adonne depuis 2006 à une carrière solo avec, en 2015, déjà quatre albums au compteur et sous son nom. Avec son timbre de voix reconnaissable parmi tout ce qu'on peut entendre dans le Métal, le chanteur arménien met son expérience en matière de chant pour nous pondre toujours plus de tubes qui, bien qu'apparentés à un style musical qui en rebute plus d'un, peuvent être écoutés par pratiquement tout le monde. Avec "Hara Kiri", Serj Tankian ne change pas les bonnes habitudes qu'il avait prises avec System Of Down, à savoir manifester son engagement pour des (grandes) causes comme la guerre (en Irak avec "Boom!") ou le génocide arménien de 1915-1916. Cette fois, c'est l'impact de l'homme sur le reste du monde et les images sont en plus appuyées par des messages écrits nous rappelant, entre autres, que "des millions d'animaux se sont éteints récemment", que "les OGM sont en train de faire exploser le nombre d'allergies alimentaires, dont certaines sont létales" ou que "la pollution des villes tue environ 2 millions de personnes chaque année". Rien de bien réjouissant mais, bizarrement, ce morceau transpire la joie et l'optimisme, les images de Serj Tankian chantant ses textes avec un grand sourire nous rappelant que ce gars-là ne pourrait pas faire autre chose et que c'est toujours un bonheur de l'entendre. Le reste des images, par contre, sont beaucoup moins joyeuses et nous permettent de constater les dégâts rapportés par ces fameuses lignes de texte. Serj Tankian signait là un tube de plus, et pour la bonne cause. (pour mieux comprendre : les textes de "Hara Kiri")

11. The Vines : "Killing the Planet"


Tout simplement. On termine avec The Vines et le très parlant "Killing The Planet" qui nous rappelle combien nous sommes balèzes pour affecter tout ce qui nous entoure ("We're always around to affect what we surround"). Pas grand chose à ajouter : tout est dans les textes, il suffit de les lire (cliquez ici pour les voir). Quant aux images, elles parlent aussi toutes seules, comme la plupart des vidéos de cette chronique. Et comme on dit en anglais : deal with it !

BONUS : Un court métrage d'animation pour nous rappeler toute l'absurdité de nos habitudes de consommation. "Let's Pollute !" de Geefwee Boedoe (2010). Un court métrage satirique réalisé avec un style graphique rappelant les années 50 et certaines vidéos éducatives de l'époque. C'est drôle mais ça fait quand même grincer des dents. (cliquez ici pour voir le film en version originale non sous-titrée)

02/12/2015

[Vidéo] Noiser Line : "Friendzone"

Quoi de mieux pour se changer les idées quand on a des problèmes de cœur qu'une bonne virée dans les rues de Lyon avec ses potes ? C'est un peu le sujet du premier clip de Noiser Line, le jeune groupe Pop Punk originaire de Lyon. Dans cette vidéo où il est question de rester bloqué dans la friendzone d'une fille qui ne veut pas faire davantage qu'ami-ami avec vous, il n'y a pas de fille, ni d'image d'un mec se prenant un râteau par sa pote. Le groupe s'offre plutôt une promenade nocturne dans la capitale des gaules, passant notamment par les quais de Saône et du Rhône.

Pour les amateurs du genre, sachez que le premier morceau de Noiser Line et qui s'intitule "Stay Strong" est toujours en téléchargement gratuit via la page Bandcamp du groupe.

01/12/2015

[Album] Exotype : "Exotype"

Artiste : Exotype
Album : Exotype
Premier Album
Sortie : 2014
Genre : Métal Moderne, Métal Electro
Label : Rise Records
Morceaux à écouter : Wide Awake, Break The Silence, Nanovirus
♥♥(♥)
> Ecouter l'album sur Youtube <

De qui on parle ? Après un EP sorti en 2012 et permettant au groupe de pouvoir émerger sur la scène Métal américaine (Emerge, émerger... vous l'avez ?), Exotype était de retour en 2014 avec un premier album signé chez Rise Records. Emerge nous avait proposé un Métal ultra gras appuyé par du Dubstep plus ou moins bien incorporé et on pouvait espérer la même chose en un peu mieux produit avec ce premier effort éponyme. Mais ce qui faisait la force d'Exotype à ses débuts, c'était justement ce côté un peu casse-gueule et dégueulasse de ces synthés omniprésents et bruyants. Il y avait donc une chose à craindre : que le groupe perde cette fameuse identité en signant sur un label ayant déjà un répertoire bien rempli avec des groupes comme Of Mice & Men, The Devil Wears Prada ou encore Memphis May Fire dont la direction musicale semble clairement orientée en coulisse... Et le constat se fait rapidement : Exotype s'écoute beaucoup mieux désormais, mais a énormément perdu en saveur.

Les mêmes ingrédients musicaux ? Alors que retrouve-t-on dans ce fameux premier album ? Comme tout groupe de Métal - peu importe son dérivé -, Exotype fait dans le bourrinage d'oreille à base de grosses guitares, batterie à double-pédale et tout ce qui va avec. Mais comme les années 2000 sont désormais bien loin derrière nous, il est d'usage aujourd'hui de faire ça avec une production survitaminée qui fait sonner la caisse claire d'une façon presque synthétique et d'ajouter des sonorités Electro un peu partout. On ne tombe cependant pas dans le fourre-tout Electronicore mais on n'en est pas loin non plus. Le résultat est donc dense et arrive dans les oreilles comme une décharge de sulfateuse. Bruyant, vous avez dit ? Peut-être. En tout cas, pour certains, c'est évident. "Stand Up" ouvre donc le bal avec ses gros sabots et on est directement dans le vif du sujet. La suite va même encore plus loin avec "Wide Awake" et ses couplets ultra-violents appuyés par la participation de Chad Ruhlig (de chez For The Fallen Dreams), histoire d'en remettre une couche. Malgré tout ce bruit et cette violence, on notera pourtant la capacité de Steven McCorry à chanter sans hurler, parfois, et ce d'une façon plutôt appréciable car ne tombant pas dans le ridicule qu'on retrouve souvent chez la seconde voix de certains groupes de Post-Hardcore. On apprend à mieux connaître cette voix claire dès le troisième morceau "Break The Silence" au refrain très entêtant. Notons aussi un étonnant (court) passage de gang vocals sur "Breathe Me In" où "Save us all !" est repris avec un ferveur rappelant du bon vieux Hardcore ou Métalcore. Pour ce qui est de l'Electro, les sonorités Dubstep sont toujours un peu partout, beaucoup moins oppressantes mais toujours audibles, notamment dans les intros ("Red Pulse"). Si on ajoute à cela une influence Rapcore sur certains couplets (sur "Nanovirus" notamment), on a donc une sorte de pot pourri musical dont la ligne directrice est pourtant tenue tout au long de l'album. Un morceau sort pourtant du lot et il s'agit du dernier titre de l'album : "Illuminate". Un morceau qui fait évidemment penser à ce que Korn avait expérimenté sur son dixième album The Path Of Totality en 2011 mais qui rappelle aussi qu'on doit souvent ce genre de production à l'intervention d'un DJ extérieur au groupe (Inukshuk dans le cas présent). On soulignera au passage l'étrange ressemblance entre le "X" du nom du groupe et le symbole d'Excision, producteur bien connu dans le milieu. Ce premier album est donc un album de Métal mais aux influences multiples et aux orientations électroniques assumées qui lui valent ce côté "moderne", dirons-nous.

Une perte d'identité ? Pas tant que ça, finalement. Les ingrédients cités ci-dessus étant finalement les mêmes que sur l'EP Emerge. Le seul hic, c'est évidemment ce "lissage" opéré par la production. Parce qu'il faut vendre et que pour ça, il faut faire en sorte que ça plaise. Il fut un temps où Exotype sortait des sentiers battus, faisait de la musique à peine audible et déplaisait à un paquet de gens - il faut bien le reconnaître - mais force est de constater que sur ce premier album, à l'exception peut-être de "Wide Awake" et "Nanovirus" (qui est d'ailleurs bien différent de sa version démo), on est bien loin de ce que le groupe pondait deux ans plus tôt (voir "Kilo" par-exemple). Certains morceaux ont même si peu d'originalité qu'ils en deviennent fatigants par leur manque de consistance ("Red Pulse" avec son refrain mielleux ou "Familiar" et ses riffs sans saveur). En cela, Exotype n'a pas tant perdu en identité qu'il a perdu en originalité, l'ensemble se démarquant beaucoup moins de ce qui se fait ailleurs ou que ce qui avait été proposé sur Emerge.

Concernant les textes ? Contrairement à Excision (cité plus haut) où l'entité robotique (personnification de la musique électronique, sans doute) est bien mise en avant (voir le visuel de l'album X-Rated par-exemple), Exotype se penche davantage sur l'Homme, comme le souligne le visuel de ce premier album. Un rapport à la technologie déjà traité sur Emerge et qui se retrouve ici dans ce fameux mélange de Métal et de sonorités Electro/Dubstep. Malgré cette intention, il n'en ressort rien de bien profond même si on sent une volonté de faire passer un message ("I am the fist who will defend the weak" sur "For Those Afraid To Speak"), l'ensemble paraît beaucoup plus festif que moralisateur. Dommage car le sujet et l'identité d'Exotype pourraient proposer quelque chose de très actuel, l'Intelligence Artificielle commençant à faire débat, notamment depuis les propos de Stephen Hawking sur le sujet. Des propos qui auraient toutefois pu inspirer un titre comme "Wide Awake" ("Probable calculations suggest the imminent destruction of the human race").

Une once d'espoir. Difficile d'exprimer un ressenti clair, net et précis tant les sentiments suscités par ce premier album sont divergents. Disons simplement qu'Exotype et Rise proposaient là une sorte de blockbuster musical. Comme si cet album était à la musique ce qu'un Transformers de Mickael Bay est au cinéma : un produit bien arrangé et explosif mais qui manque cruellement de saveur, la forme prenant largement le dessus sur le fond. Cela dit, le potentiel est réel et Exotype profite d'une identité qui ne mérite qu'à être correctement exploitée tout en ayant la chance d'avoir un chanteur qui se démerde pas trop mal. Reste plus qu'à voir si le groupe saura faire ressortir tout ça sur un possible prochain album.

27/11/2015

[Vidéo] KIZ : "Des Habits Et Moi"

KIZ a fait son petit bonhomme de chemin et ça y est, enfin, ça paye ! Le premier EP du duo français le plus créatif du moment est sorti. Et quoi de mieux que de l'accompagner d'un clip, une fois de plus "fait main" ? Marc Parodi et Alice Chiaverini sont de retour et nous enchantent avec des sonorités toujours aussi farfelues, un Electro-Pop la fois poétique et un brin décalé au service d'une inventivité sans limite. Comme pour le morceau "Est-ce que tu sang ?", le jeu de mot est là aussi présent dans le titre qui nous invite à "déshabiller" les deux artistes. L'EP de quatre titres comprend aussi le morceau "Cours", publié en début d'année 2015.
Le reste des productions sonores et vidéo de KIZ est visible via la page Youtube du groupe. Rappelons aussi que KIZ propose des petites vidéos à fréquence régulière pour les Inrocks et on a parfois droit à de véritables petites pépites !

25/11/2015

[Vidéo] Beatsofreen : "Slowly Rising"

Décidément, le label King Deluxe aime faire appel aux services d'animateurs au style atypique pour mettre des images sur certaines de ses productions. Souvenez-vous, on avait parlé de King Deluxe à l'occasion de la sortie du clip de M u t a pour "Praise" et c'est Beatsofreen qui a proposé un clip cette fois pour le titre "Slowly Rising" réalisé par un certain Hideki Inaba. Des images qui hypnotisent, portées par un Electro envoûtant aux sonorités orientales. C'est beau, ça fait voyager et surtout rêver. Et si on regarde le travail d'Hideki Inaba (sous le pseudonyme Kanahebi sur Vimeo), on notera que ce clip utilise des éléments animés pour une vidéo réalisée il y a de ça six mois et répondant au nom de "Berg". Un gros travail d'animation mais surtout de compositing.

Si vous êtes amateurs de films animés un poil psychédéliques et oniriques, vous pouvez jeter un œil sur le court métrage The Elephant's Garden de Felix Colgrave ou (re)voir le clip d'ez3kiel pour "L’œil du Cyclone".

24/11/2015

[Vidéo] Our Theory : "Mirror"

On peut dire que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis la sortie de Collapse, un premier album relativement moyen (et plutôt mou du genou) en 2013, Our Theory ayant subi plusieurs changements de line-up ces derniers mois. Tout d'abord, l'arrivée d'Alex en tant que screamer aux côtés de Bastien puis, plus récemment, le départ de Bastien, laissant finalement Alex seul en tant que frontman, Mehdi (guitare) assurant désormais les parties de chant clair à plein temps. Le groupe en parlait depuis des mois : un EP devait voir le jour courant 2015 suite à une signature chez We Are Triumphant. Cet EP, baptisé "Renaissance", est sorti le 18 novembre 2015 au Japon et arrivera dans le reste du monde à partir du 27 novembre 2015. Afin d'assurer la promotion de ce cinq titres, voici donc une vidéo à base d'images tournées en Live qui vient s'ajouter à la lyrics video pour "Unbreakable". Et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est un véritable tournant musical pour les parisiens !



23/11/2015

[Album] The Glitch Mob : "Drink The Sea"

Artiste : The Glitch Mob
Album : Drink The Sea
Premier Album
Sortie : 2010
Genre : Electro, Glitch, IDM
Label : Glass Air Records
Morceaux à écouter : Animus Vox, Bad Wings, Between Two Points
♥♥♥♥(♥)
> Ecouter l'album sur Youtube <

De qui on parle ? The Glitch Mob est un groupe Electro composé de edIT (dont on avait parlé au sujet des vidéos Megalizer), Boreta et Ooah. Ce trio américain formé en 2006 (et qui comptait cinq membres à ses débuts) et originaire de Los Angeles est désormais connu (et reconnu) pour ses productions aux sonorités toutes particulières et rapidement identifiables. Tant et si bien que certaines marques ont utilisé plusieurs morceaux du groupe pour leurs vidéos et spots publicitaires, notamment GoPro, la célèbre marque de caméras embarquées, pour le modèle HD Hero2 ou encore le Hero4 plus récemment. Vous avez aussi peut-être pu entendre un autre extrait (du deuxième album datant de 2014, par contre) dans la publicité Audi pour son Q7 en 2015. Bref. Tout ça pour dire que la musique de The Glitch Mob se marie bien avec de belles images, et ce n'est pas un hasard.

Musicalement, ça donne quoi ? De l'Electro, mais pas n'importe lequel. Les trois compères de The Glitch Mob ont fait le pari de davantage nous faire voyager que nous faire danser et ça marche. Comme un groupe de Post-Rock ferait passer des émotions et aussi des images par la musique instrumentale, l'Electro des américains est une incitation au voyage orchestrée par des beats marqués et au tempo relativement lent, aux beats marqués ou au contraire estompés pour laisser s'exprimer des synthés aux textures si particulières qu'ils sont devenus la marque de fabrique du groupe, pourrait-on dire. C'est spatial, envoûtant et la concentration est de rigueur pour percevoir toutes les sonorités, arrangements et bruitages parsemés ça et là pour nous plonger dans un univers onirique et organique. Et c'est bien là la force de The Glitch Mob : arriver à pondre un Electro qui fonctionne très bien en tant que musique d'ambiance et qui conserve néanmoins un grand intérêt dès lors qu'on tend l'oreille. Les beats sont variés dans le même morceau, chaque percussion travaillée, et il en ressort un vrai travail d'orfèvre, comme si chaque élément de cette musique pourtant synthétique avait été produit à la main et était une pièce artisanale unique. Les pauses sont nombreuses et bien placées, les baisses de tension et soudains regains en énergie eux aussi et on prend un véritable plaisir à se laisser guider au fil des dix compositions pendant près d'une heure de balade sonore. C'est riche et on en prend plein les oreilles, "Animus Vox" ouvrant le bal avec toute la splendeur de ses différentes percussions et ses synthés vibrants.

Une marque de fabrique. Ce ne sont pas les artistes ou groupes qui manquent dans l'Electro et on a de plus en plus l'impression d'entendre les mêmes choses à droite et à gauche. L'autre force de The Glitch Mob, c'est d'arriver à produire un Electro qui se démarque du lot par une identité propre, à la nature des ambiances et au traitement des synthés si personnel qu'on reconnaît immédiatement la patte du groupe, à mi-chemin entre les guitares électriques torturées de Ratatat et ce qu'on peut entendre dans certaines productions de Dubstep ("We Swarm"). Les oreilles s'en souviennent et ça, c'est assez fort. Comme dit plus haut, c'est surtout la spatialisation des éléments qui donne cette ampleur à la musique avec une profondeur et un volume notables. Les diverses couches sont donc placées dans le but de porter l'auditeur dans des espaces ciblés et différents selon le morceau. On notera donc que les percussions sont parfois bien en retrait tandis que les synthés les plus marquants prennent la première place ("A Dream Within A Dream") ou, au contraire, celles-ci marquent l'action, laissant ces mêmes synthés en trame de fond (la seconde moitié de "Drive It Like You Stole It"). Bref, c'est vivant et se repasser les titres ne pose aucun souci de lassitude tant il y a à découvrir. Et l'ajout de quelques voix soufflées et murmurées est un bonus non négligeable, l'album comportant même un morceau chanté en featuring avec Swan Palermo, une chanteuse Folk à la voix d'une douceur exquise ("Between Two Points").

Un premier album à l'identité tellement forte qu'il s'écoute et s'écoutera sans doute encore longtemps sans vraiment vieillir. Une large palettes de sonorités, des synthés stridents parfois mais tout aussi variés et au traitement propre à The Glitch Mob, des percussions qui ne sont pas en reste et des ambiances parfois tribales pour un résultat atypique et unique. Un album fort, puissant, et aux subtilités bien réelles. Propre !

21/11/2015

[Vidéo] Good Tiger : "Where Are The Birds"

Dans le jargon, Good Tiger est ce qu'on appelle un "super groupe" car formé par des anciens membres de groupes déjà existants. On a donc ici un chanteur (Elliot Coleman) qui a officié avec Tesseract sur l'EP Perspective en 2012, deux guitaristes issus du groupe The Safety Fire, un batteur provenant de chez The Faceless et un bassiste qui avait notamment tourné avec Architects en tant que guitariste. Voilà pour le portrait de famille. C'est donc "un certain genre de Rock" que Good Tiger propose, un tantinet progressif, bien groovy et surtout foutrement bien produit ! Le résultat est à la fois poétique et pêchu sans tomber dans la violence, la voix de Coleman arrondissant évidemment bien les bords. Le premier album de Good Tiger est à découvrir via BandCamp ou sur Youtube ainsi que le clip pour "Snake Oil".

20/11/2015

[Vidéo] Andréas & Nicolas : "En Abitibi" feat. Mononc'Serge

Les clips animés, c'est toujours sympa. Et ça, Andréas et Nicolas le savent bien ! Un an et demi (déjà !) après la sortie du clip de "Super Salope", voilà une nouvelle production toujours animée par Nicolas Leroy (avec l'aide de Léonie Boullard). Il est cette fois question de découvrir une région reculée du Québec, l'Abitibi, avec ses forêts, ses chasseurs et ses petites bourgades comme Amos et Rouyn-Noranda (et aussi Mononc' Serge). Une région qui avait apparemment laissé de bons souvenirs au duo lors de leur tournée en cette région francophone. Coloré et sympathique, un clip bien réalisé et mettant en lumière une région dont on entend rarement parler, ce qui est un plus non négligeable pour épater son monde lors de soirées où la géographie du Canada pourrait être abordé lors d'une discussion...



19/11/2015

[Vidéo] Twelve Foot Ninja : "One Hand Killing"

Afin de ne pas faillir à leur réputation, les australiens de Twelve Foot Ninja viennent de livrer un nouveau clip tout aussi réussi et WTF! que les précédents avec le morceau "One Hand Killing". Adeptes des déguisements loufoques et déjantés, les musiciens se mettent une fois de plus en scène en incarnant un groupe de mecs dont les occupations sont tout aussi ridicules que leurs dégaines et venus répéter dans le même studio que Twelve Foot Ninja. L'autodérision est une fois de plus au rendez-vous et on saluera le jeu d'acteur des autraliens. Musicalement, toujours cet étonnant cocktail de Métal Alternatif avec des passages de Calypso teintés de Funk coincés au milieu. Décalé mais toujours aussi bien éxécuté. Twelve Foot Ninja prépare un deuxième album qui va sans doute se démarquer tout autant que le premier. Et pour rester dans le même ton, c'est l'occasion de se remater les clips de "Coming For You" et "Ain't That A Bitch", ce dernier étant disponible dans sa version non censurée.

 

18/11/2015

[Vidéo] Caravan Palace : "Lone Digger"

Alors que Caravan Palace vient de sortir son troisième album (c'était le 16 octobre 2015), le groupe a proposé dernièrement un nouveau clip animé pour le titre "Lone Digger". Au programme, une boîte de strip-tease dans un univers peuplé d'animaux. Trois potes-chats décident d'aller y boire quelques verres (des shots de ce qui semble être du lait frais) mais la soirée va prendre une tournure imprévue avec l'intervention de trois chiens décidés à leur chercher des noises. Et lorsqu'une bagarre éclate entre animaux, ces derniers n'ont pas besoin d'armes pour se battre...

Un clip réalisé par le duo Double Ninja et animé par Jérémie Balais et Jeff le Bars où le monde de la nuit se transforme en une véritable boucherie, le tout avec une esthétique qui n'est pas sans rappeler les courts métrages d'animation "Megalizer". Rappelons aussi que Caravan Palace avait déjà proposé un clip pour son dernier album avec des images pour le morceau "Comics".

16/11/2015

[EP] Buffalo Hugs : "v1"

Artiste : Buffalo Hugs
EP : v1
Sortie : 2014
Genre : Post-Hardcore, Métalcore Mélodique
Label : Autoproduction
♥♥♥
> Ecouter l'EP sur Youtube <

On parle de qui ? Ils sont jeunes, ont la vingtaine à peine entamée et sont ukrainiens (de Kiev, plus précisément). Ils font aussi du Post-Hardcore à l'influence américaine très marquée. Preuve qu'elle est bien loin cette époque où les anciennes républiques soviétiques passaient pour des régions reculées où il n'y avait pas la télé ou Internet (et où on ne voulait pas entendre parler des États-Unis). Très au fait de ce qu'il se passe sur la "planète musique" actuelle, les jeunes musiciens montent leur groupe en 2013. Buffalo Hugs se composait à l'époque de six membres (si on regarde certaines photos et vidéos de 2014 où un claviériste était présent) et proposait un EP de six titres un an plus tard. Productif, donc.

Musicalement, ça donne quoi ? Tout ce qu'il y a de plus générique en terme de Métalcore et Post-Hardcore moderne. Pourtant, le groupe arrive à se démarquer non pas par son talent ou sa nationalité ukrainienne (les textes sont en anglais) mais par la voix de son chanteur et quelques notes de clavier qui, contrairement à beaucoup de grosses productions dans le genre, gardent ce côté "jouées à la main" et non produites par ordinateur. On a d'ailleurs une sonorité beaucoup plus proche du piano que des habituels synthés grandiloquents qu'on retrouve chez des groupes comme We Came As Romans. Mais revenons à cette voix : sans véritable force ou grandes qualités, Slava arrive à faire la différence par ses faiblesses justement. Tout n'est pas parfait et c'est tant mieux, pourrait-on dire. Cet EP étant une autoproduction, on peut supposer que les moyens ont été relativement faibles et les arrangements de voix semblent maigres. Ainsi, les hurlements conservent ici un certain naturel et les faiblesses ou autres petits défauts ne paraissent pas compensés en post-production. Slava est parfois à la limite de la rupture et son chant clair laisse transparaître un manque de maturité dans la voix et le chant sans toutefois perdre en charme car pas si mal exécuté. Mais ce qui pourrait être un point faible devient un point fort pour démarquer le groupe dans un genre déjà inondé de jeunes formations perçant ça et là. Pour le reste, les ingrédients sont les mêmes : guitares, basse, clavier et batterie. Une batterie qui n'a cependant pas été enregistrée mais programmée, sans doute pour une raison de budget (cet instrument nécessitant souvent pas mal de prises en plus du matériel et d'un local requis). Cela s'entend d'ailleurs assez souvent, notamment au jeu de cymbales qui semble un peu abusé pour être assuré en Live. On a donc droit à des morceaux relativement nerveux, des riffs efficaces sans être très complexes, des lignes de synthé/piano apportant une touche de poésie lors des bridges ("Dance For My Mom") ainsi que des choeurs sympathiques et des arrangements pour un côté plus épique. C'est étonnamment bien produit et semble tout droit venu de l'autre côté de l'Atlantique. Bluffant.

L'amour de la musique. Comment ça se passe pour faire ce genre de musique quand on habite Kiev et peu de moyens ? Pour répondre à cette question, le groupe poste régulièrement des vidéos sous forme de vlogs où on voit les compères jouer leur musique et vivre leur vie de tous les jours. Postées sur Youtube (et non traduites ou sous-titrées, malheureusement), ces vidéos montrent l'acharnement dont les jeunes musiciens font preuve, allant jusqu'à réaliser eux-mêmes leurs propres guitares, tournant leurs vidéos dans une qualité qui en dit long sur le matériel qu'ils utilisent, ce qui ne les empêchent pas d'avoir le sourire. On sent une véritable passion pour la musique qui unit cette bande de potes, et ça fait véritablement plaisir à voir dans le sens où on sait qu'il n'y a pas de label derrière.

Et concernant les textes ? Comme dans beaucoup de pays de l'Est, l'anglais n'est pas une langue aussi pratiquée qu'ailleurs (constat basé sur des expériences personnelles). Les textes de Buffalo Hugs sont pourtant chantés dans la langue de Shakespeare et permettent ainsi au groupe de parler au plus grand nombre. Ce choix est sans doute volontaire mais il est vrai qu'un peu de Post-Hardcore/Métalcore en ukrainien aurait été une belle curiosité. Après, pas sûr que cette langue soit aussi plaisante à écouter que l'anglais... Alors que nous raconte-t-on ? Rien de bien fou ou recherché. Les textes sont relativement simples et ont un côté festif et un ton décalé totalement assumés. Le morceau d'introduction, qui invite à se plonger dans ce fameux univers des ukrainiens et répondant au nom tout trouvé de "Welcome To Buffalo Hugs", nous avertis : "We have songs about animals and girls, We sing random stuff". Autrement dit, on va parler de bestioles et de meufs et on n'est pas vraiment là pour délivrer un quelconque message mais plutôt pour se marrer. Voilà. La suite tient ses promesses : "She said : "I leave you, you have no car, no money, no iPhone" "Sure, I said. I'm just a cat !" dans "The Cat Song" ; suivi de "Hey, dude ! Get ready for the next call ! Five, Six, Seven, Eight ! Do not dance like a duck, and dance like a man !" sur "Dance For My Mom" ; sans oublier des punchlines du genre "Cocks are playing Rock !" agrémentées de fines invitations au coït/dépucelage ("Close your eyes and open your mouth. Suck ! Suck ! Suck ! Suck ! It's real love !") sur "Censored". Une façon comme une autre de pratiquer et apprendre les rudiments de l'anglais, finalement. Toutefois, "Is This The Reason ?" et "Through The Heart" semblent poser quelques questions sans réponses mais montrant que certains enjeux, qu'ils soient politiques, sociaux ou amoureux, touchent les jeunes ukrainiens et qu'il ne pensent pas qu'à dire des conneries. En gros, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ça divertit et ça reste écoutable tout en étant décalé et assumé. Difficile de critiquer quelque chose qui n'a pas du tout l'intention de se prendre au sérieux.

Verdict. Buffalo Hugs, c'est un peu comme s'écouter un délire de potes, jeunes, et aimant faire de la musique pour rigoler. On aurait pu se retrouver face à une farce de mauvais goût mais la production est de qualité et le résultat final vraiment pas désagréable à écouter. On y prendrait même goût ! Fun.