31/05/2017

[Live Report] Lions Métal Festival #1 (Le Trait d'Union - Montagny)

Retour sur une journée pas comme les autres : c'était le 13 mai 2017 pour la première édition du Lions Métal Festival qui était organisée à Montagny, une bourgade située à une vingtaine de minutes de Lyon.

Derrière cet impressionnant projet, une seule et même personne : Mick Cæsare, chanteur du groupe No Return, évidemment à l'affiche de cette programmation dantesque et de cette nouvelle messe du Métal qui avait davantage des airs de marathon : onze groupes pour environ douze heures de festivités entre les murs du Trait d'Union, salle polyvalente magnifique offrant une vaste scène aux musiciens. Épaulé par une équipe de bénévoles souriants et accueillants, Mick a été contraint d'opter pour cette salle et ainsi transformer son fest' initialement prévu en extérieur en un événement indoor à cause des caprices annoncés du temps. Une déception bien vite oubliée, la météo printanière relativement imprévisible ayant tout de même offert de belles éclaircies au cours de l'après-midi, ce qui a permis de mettre le nez dehors durant les entractes.

n.b. : Ceux qui lisent ce blog savent que les dérivés les plus "violents" et "underground" du genre Métal ne sont pas beaucoup abordés dans ses lignes. C'est donc avec une véritable curiosité et une presque totale méconnaissance de la musique des groupes de ce line-up que cette journée a été suivie. Mille excuses, donc, aux puristes et fans absolus pour le manque de profondeur de ce report.

Le Trait d'Union © Lions Métal Fest
Il est environ 13h et c'est sous un petit crachin que le Trait d'Union fait son apparition tout au bout de cette allée de la zone industrielle et commerciale de Montagny. Quelques bénévoles sont à l'entrée du parking et gèrent les allées et venues des véhicules qui viennent se garer devant la salle. L'équipe est souriante et sympathique : tout semble annoncer une journée des plus détendues autour de la bière et de la musique, dans une ambiance bon enfant comme à la plupart des rassemblements de Métal et ses dérivés. Ceux qui ont déjà participé à l'organisation d'un tel événement savent qu'il y aura forcément quelques couacs pour une première édition. Ici toutefois, pas grand chose à dire, il faut bien le reconnaître : le volume en bière et hot-dogs a été vu dans les bonnes proportions, les artistes et autres accrédités disposent de loges V.I.P et la salle offre un espace conséquent pour se balader avec une aisance des plus agréables à l'intérieur. Seul petit bémol : le bar qui ne dispose pas de machine pour les cartes bancaires. Il fallait dont s'armer d'argent liquide ou aller effectuer quelques retraits dans les bleds environnants. Mis à part ça, la logistique et les capacités d'action de l'équipe qui gérait l'événement étaient tout simplement au top !

Bel O Kan © Lukas Guidet
Pour ouvrir les festivités, c'est le groupe lyonnais Bel'O'Kan qui a la lourde responsabilité de monter sur scène en premier et ainsi lancer la journée. La salle est encore bien vide, ce qui peut aisément s'expliquer par l'heure qu'il est, certaines personnes étant sans doute encore à table, en famille ou au travail (pour les plus malchanceuses). Il y a malgré tout quelques adeptes bien présents et les six membres emmenés par Carole à la chevelure rouge feu exécutent leur set avec tout autant de bonheur que de justesse. On sent que le groupe est content de se retrouver sur scène et de pouvoir évoluer à six sans se marcher dessus tant il y a de place sur cette dernière. Difficile malgré tout de chauffer une salle pratiquement vide mais l'ambiance est bonne et le sourire des membres de Bel'O'Kan ne disparaîtra pas sur toute la durée du set (conclu sur "Independence"). Voilà une jolie façon de commencer la journée (même si on n'est pas fan du genre). Avec deux albums au compteur (dont Thousands Of Conquerors en écoute intégrale ici), les lyonnais délivrent un Heavy Métal mélodique aux accents symphoniques - voire même celtiques parfois - qui vise évidemment un public bien particulier mais forcément présent à ce festival. Aucun souci notable en ce qui concerne cette prestation. Retrouvez le groupe sur Facebook, SoundCloud ou sur Youtube.

Deficiency © Lukas Guidet
Changement de ton et d'ambiance avec le second groupe de la journée : Deficiency arrive sur scène en grandes pompes et entame un set beaucoup plus bourrin que le groupe précédent. Les alsaciens et lorrains souffriront d'un petit problème de grosse caisse bien vite oublié derrière des riffs assassins et lourds à souhait. Le quatuor déballe un Trash Métal mélodique ultra carré où les solos et autres phases au tapping sont légion, ce qui n'est pas sans rappeler du Machine Head d'une autre époque (lorsqu'on a peu de références en la matière comme moi), notamment parce que la formation est emmenée par un chanteur-guitariste. Vocalement, le taff est clairement de qualité et en impose par un charisme certain où l'alternance entre chant hurlé et clair n'est pas sans rappeler les regrettés Hord, la touche Trash en plus ici. Le groupe a sorti son troisième album The Dawn Of Consciousness en mars 2017 (en écoute intégrale sur Youtube) et sur scène, ça en impose. Malgré des musiciens plutôt statiques car concentrés sur leur jeu (et le chant), il y a une véritable énergie qui se dégage du set et on sent que l'ambiance est en train de se faire plus électrique dans la salle malgré encore peu de monde présent. Deficiency a véritablement été l'une des bonnes découvertes de cette journée. Retrouvez le groupe sur Facebook, via son site officiel ou sur BandCamp.

Lodz © Lukas Guidet
Un entracte, une bière et quelques balances un poil compliquées plus tard et c'est Lòdz qui a pris possession de la scène. Les lyonnais - qui ont sorti leur deuxième album Time Doesn't Heal Anything en mars 2017 eux aussi (voir chronique) - remontaient sur scène après environ un an et demi d'absence (la dernière prestation scénique du groupe datant d'octobre 2015 lors de la release party du premier EP de Vesperine) pour défendre ce nouvel opus. Autant dire que c'était un petit événement pour le quatuor que de participer à ce festival malgré une musique plutôt éloignée de celle pratiquée par les autres formations de cette journée. Tout commençait plutôt bien avec une ouverture sur "Negligence" et "Time Doesn't Heal Anything", les deux premiers titres de ce nouvel album (il faut dire que dans un contexte de festival, Lòdz doit effectuer un choix plutôt draconien pour sa setlist, la plupart des compositions du groupe avoisinant les six, sept, voire huit minutes de durée) lorsqu'un incident technique est venu interrompre le set : soudainement, plus de son sur la scène, plus de retours instruments ni de micros, seulement les lumières. Forcés de faire une pause, les compères gardent le sourire et s'adonnent à des échanges avec le public, posent pour quelques photos et attendent sereinement que l'équipe technique et Mick Cæsare résolvent le problème. Le léger retard pris sur la journée n'empêchera pas le groupe de reprendre "Song For Chaos" depuis le début et de tout de même jouer sa setlist en intégralité. Ont suivi le planant "Nothing Else To Do" et "Shattered Dreams", deux morceaux eux aussi extraits du dernier album qui prennent une toute autre dimension sur scène. L'arrivée d'Olivier au sein de la formation est véritablement un bonus pour le groupe, ses capacités vocales permettant une alternance appréciable avec le chant d'Eric et surtout la possibilité de se passer de samples. En tout cas, c'est propre et très pro. Alors, certes, la majeure partie du public est un poil déstabilisée par le Post-Métal/Post-Rock sombre des lyonnais qui contraste fortement avec le reste de la programmation mais cela n'entache pas la joie du quatuor de retrouver les planches après tant de temps à bosser et à répéter, ce qui fait tout bonnement plaisir à voir. Pour faire court : le taff très bien exécuté et il ne manque plus qu'à Lòdz à transformer l'essai lors de ses dates à venir en 2017. Retrouvez le groupe sur Facebook, Youtube ou via BandCamp.

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Pour la suite des "hostilités" (bah ouais mon gars, c'est un festoche de Métal, alors ça poutre), c'est à The Oath de s'y coller. Là, on sort l'artillerie lourde et la batterie qui avait été dénudée pour le passage de Lòdz se voit agrémentée de nouveaux fûts et nouvelles cymbales : "toujours plus !" comme dirait l'autre. Les lyonnais de The Oath, qui ont déjà une imposante carrière derrière eux, ne sont clairement pas venus là pour la jouer tranquille : ça hurle, ça dégaine de la double-pédale tous azimuts et ça joue avec un son bien "fat". En bref, The Oath, c'est un rouleau compresseur de Death, Black et Trash porté par une voix gutturale et dont le fil rouge du dernier album Consequences (sorti en 2015) semble être une critique non dissimulée de l'influence de la religion sur la décadence du monde actuel, si on se réfère à son visuel. Dans tous les cas, ce qui se passe sur scène est à faire grincer des dents n'importe quel habitué de la musique mainstream : les gaillards sont campés sur leurs guibolles comme si la baston était leur fer de lance, ça en impose dans tous les sens du terme et ça joue fort. Un cocktail qui n'est pas pour déplaire aux fans dans la salle. Le groupe terminera son set sur "Crimson Flesh" et "This Day" histoire de mettre tout le monde d'accord et faire monter la température d'un cran dans la salle. Alors, évidemment, The Oath est le parfait exemple du groupe qui fait littéralement "flipper" les non-initiés. Mais comme beaucoup de groupes du même acabit, ces gars-là sont réellement sympas et il a encore été possible d'en avoir la preuve en discutant avec eux au gigantesque espace de merch installé à l'entrée de la salle. Un merci tout particulier à Pierre pour avoir échangé un skeud contre un ticket bière : ce sont ces petits moments qui font tout le charme de ce genre de rassemblements. Retrouvez le groupe sur Facebook, SoundCloud ou via son site officiel.

Mercyless © Lukas Guidet
On reste sensiblement dans le même ton (un tantinet plus violent) avec la suite : c'est Mercyless qui s'y colle après un changement complet de set de batterie pendant l'entracte. Véritable légende du genre Death en France (la discographie du groupe depuis le début des années 1990 est carrément imposante), le groupe n'a plus grand chose à prouver à part se faire plaisir à jouer sa musique devant une fosse de fans qu'il n'y a plus à convaincre. D'ailleurs, le groupe fête tout simplement ses trente années d'existence cette année (bordel !). La mitraille niveau riffs, blast et double-pédale a grimpé d'un cran et The Oath passerait presque pour un groupe mou du genou à côté de ce qu'il se passe sur scène pendant le set des vétérans de Mercyless. C'est sombre, ultra bourrin et surtout d'une précision chirurgicale ! Il faut néanmoins être un habitué du genre et surtout avoir été préparé en amont pour apprécier à sa juste valeur ce genre de musique. Quoiqu'il en soit, voilà une valeur sûre en terme de Death sur scène et avoir un tel groupe - qui en plus s'est reformé relativement récemment après un hiatus de plusieurs années - dans la programmation de ce fest' était un argument de poids pour pousser les fans à se déplacer. Le set se termine sur "Pathetic Divinity", extrait du dernier album en date du groupe (Pathetic Divinity est en écoute intégrale sur Youtube). Retrouvez le groupe sur Facebook, SoundCloud ou Instagram.

Now Or Never © Lukas Guidet
Maintenant qu'on a bien pris notre dose en terme de Death Métal, changeons radicalement d'ambiance avec l'arrivée de Now Or Never sur la scène du Trait d'Union qui décide d'ouvrir avec un épique "Sonic Ecstacy". Avec un nom de groupe présenté dans une typographie qui n'est pas sans rappeler toutes ces grosses références internationales que sont Iron Maiden et consorts, témoins d'une époque bien particulière en terme de chant et de traitement des instruments, Now Or Never nous propose ce soir-là de replonger dans les années 80 et 90 avec un Heavy Rock/Métal à la fois classieux et pourtant très old-school. Le groupe a la particularité de s'articuler autour de membres venus tout droits d'horizons différents (Danemark, Suisse et France) et d'âges différents mais partageant tous l'amour de cette musique pratiquée au sein de Now Or Never. Difficile de ne pas être intrigué par les capacités vocales de Jo Amore - ayant quitté le groupe Nightmare en 2015 - qui tient la scène avec un style bien à lui. Le chant est parfaitement maîtrisé et sur les planches, les quatre compères prennent un plaisir non dissimulé, usant de tous l'attirail de mimiques et acting propre à un genre très facile à caricaturer. Là, c'est parfaitement assumé et solidement exécuté. Il faut dire qu'avec des anciens membres de Pretty Maids et Sultan, il y a un sacré "volume de bouteille" sur cette scène, sans parler de Jo Amore qui fut lui-même batteur puis chanteur dès 1980 (pour Nightmare justement). Le show contraste évidemment avec les groupes précédents, ce qui ne semble pas déplaire au public qui s'est massé devant la scène pour profiter de la prestation. Il faut aimer le genre pour apprécier cette musique à sa juste valeur mais on ne peut que s'incliner devant la qualité de travail effectué sur la scène : il n'y a tout simplement rien à redire. Des titres comme "King For A Day" ou encore "Wind Of Freedom" en clôture du set sont balancés avec une aisance déconcertante et mettent tout le monde d'accord. Retrouvez le groupe sur Facebook ou via son site officiel.

NecroWretch © Lukas Guidet
Nouveau changement d'ambiance (ça n'en finit pas !) avec cette fois la grosse noirceur et la brutalité de NecroWretch. Les mecs n'ont pas vraiment l'air d'être venus pour enfiler des perles et entament leur set sans prévenir sur un "Sprawl Of Sin" dévastateur. Avec un Putrid Death Metal qui pourrait réveiller les morts, le groupe originaire de Valence balance une musique très loin d'être festive. Dans le jargon, on appelle même plus ça du blast ou de la mitraille mais littéralement du sport tant ça dépote ! Avec seulement trois membres sur scène, les gaillards ne semblent pas très contents de jouer sans leur bassiste, apparemment retenu par la douane française (?). Blague à part, si le type ne s'est pas fait prendre avec une dose de substance illicite pour alimenter les blasts de son batteur, alors oui, la douane française n'est vraiment pas cool de ne pas avoir laissé le quatrième larron profiter de la scène avec ses copains car il y a véritablement un public pour NecroWretch ce jour-là à Montagny ! Même les annonces et commentaires entre chaque morceau sont balancés avec cette voix gutturale et sombre propre au genre musical pratiqué par le groupe. Le style et le jeu de scène sont en totale adéquation avec le discours, élevant la prestation au rang de performance artistique. Il faut une fois de plus être fan du genre pour savoir apprécier à sa juste valeur un set de NecroWretch. Pas facile, notamment, de jouer une telle musique dans une salle où la lumière du jour éclaire l'assemblée, la nuit étant sans doute plus propice à ce genre de show. Avec la sortie d'un tout nouvel album le 14 mai 2017 chez Season Of Mist et répondant au doux nom de Satanic Slavery (en écoute intégrale sur Youtube), le groupe a tout simplement profité de ce festival pour présenter plusieurs morceaux extraits de ce nouvel opus sur scène et jouer des titres comme "Putrid Death Sorcery". Et on n'en sort difficilement indemne ! Retrouvez le groupe sur Facebook ou via son site officiel.

No Return © Lukas Guidet
Après s'être fait casser la mâchoire sur du Black Métal vengeur et ténébreux, retour au bon vieux Trash/Death qui tache avec les stars locales de cette soirée : No Return emmené par Mick Cæsare (qui a rejoint le groupe en 2013), le maître de cérémonie de cette fameuse journée. Là, pas de doute, la bande est en terrain conquis : la salle est désormais bien pleine et la bande a su faire déplacer son public, composé d'amis et autres fans de longue date venus supporter le groupe parisien ayant désormais pas mal de sang lyonnais dans ses veines, Mick admettant que "ça fait quand même bizarre de jouer à cinq-cents mètres de chez soi, devant ses parents et monsieur le maire !". Bah tu m'étonnes ! Surtout dans un si petit patelin ! Alors là, par contre, c'est grosse ambiance devant la scène. Tout le monde est là et vient rendre à Mick toute la reconnaissance que lui-même a su accorder aux fans de Métal de la région en leur offrant une pareille programmation. Sur scène, c'est le grand jeu : ça balance avec beaucoup de plaisir et surtout une étrange facilité à faire blêmir le moindre débutant, que ce soit à la gratte ou à la batterie. Tout simplement, les mecs se baladent, comme si jouer des titres comme "Virus" ou "Submission Falls" n'était vraiment qu'une simple formalité. Dans tous les cas, Mick n'est pas avare en remerciements tant pour le public que pour l'équipe de bénévoles et le maire de Montagny qui a gentiment prêté c'est magnifique salle pour accueillir l'événement. Autant dire que c'est clairement la "fête au village" pour les metalheads présents dans l'assemblée et venus profiter du nouveau line-up de No Return stabilisé depuis peu après de multiples changements (le groupe existe quand même depuis vingt-cinq ans !). Bref, grosse calotte pour tout le monde qui n'attend plus que la suite pour continuer à faire la fête. Retrouvez le groupe sur Facebook ou sur Youtube.

All For Nothing © Lukas Guidet
Il fait désormais nuit dehors et après un léger casse-croûte pris entre deux bières (histoire d'éponger un peu tout ça), All For Nothing a pris possession de la scène. All For Nothing, c'est LA bonne idée de ce line-up, la bonne surprise et aussi une nouvelle preuve qu'il n'y a pas mieux que les groupes de Punk Hardcore pour attiser une salle entière et insuffler une énorme vague d'énergie positive à un public. Emmenée par Cindy, une chanteuse bien burnée comme sait en proposer le genre, la troupe originaire des Pays-Bas défendait son tout nouvel album Minds Awake / Hearts Alive fraîchement sorti le 7 avril 2017 chez Redfields Records (en écoute intégrale sur Youtube). Dans un style qui n'est pas sans rappeler celui pratiqué par les américains de Walls Of Jericho (emmenés par Candace Kucsulain), All For Nothing a tout de suite fait la différence en balançant un Hardcore certes moins violent que la musique pratiquée par les autres groupes de la journée mais énergique et communicatif. Comme toute bonne prestation de Hardcore qui se respecte, ça communique énormément avec le public, les textes sont positifs et les gangs vocals repris par chacun des autres membres sont nombreux. All For Nothing est véritablement l'outsider de cette programmation mais ça fait véritablement un bien fou de quitter le monde du Death ou du Trash l'espace d'une quarantaine de minutes. Sur scène, ça prend possession des lieux comme il se doit, ça saute dans tous les sens et malgré un manque de connaissance des textes du groupe par le public, ça se prête volontiers au jeu de la reprise comme avec l'excellent "The sun will shine !" sur "The Other Side". C'est fédérateur comme il se doit et tout le monde participe à la fête et bordel, y a pas à dire, ça fait plaisir à voir ! Difficile de dire si la participation des hollandais à cette programmation est un choix délibéré ou un hasard chanceux car se trouvant sur le passage de leur tournée mais c'était une putain de bonne idée que de les faire participer à cette journée ! Après une descente de Cindy pour saluer chaudement le public et une clôture sur "Dead To Me", on est rechargé à bloc et le public a la banane d'avoir pu assister à ce set ultra bouillant et parfaitement balancé : la classe version HxC ! Retrouvez le groupe sur Facebook ou sur Instagram.

Darkane © Lukas Guidet
Retour dans le monde plus sombre mais aussi plus froid du Trash et Death Métal mélodiques avec Darkane qui a la tâche difficile de passer après des hollandais qui ont littéralement mis le feu à la salle. Le style est totalement différent mais le groupe scandinave originaire de Helsingborg, en Suède, peut compter sur son quart de siècle de carrière et la masse de fans accumulée depuis. La fatigue commence à se faire sentir après déjà plus de huit heures de concert dans les pattes pour certains d'entre nous mais la bière et les hot-dogs préparés et distribués par la fine équipe de bénévoles permettent de rester en forme. Là encore, c'est une véritable vague de gros riffs et de blast qui inonde la salle : Darkane est un rouleau compresseur (comme beaucoup de groupes du genre) qui manie un style épique avec force et élégance (la preuve avec le dernier album en date The Sinister Supremacy paru en 2013 et en écoute intégrale sur Youtube). C'est poussif et surtout joué très fort (cette fois, les bouchons sont clairement conseillés pour ne pas souffrir des tympans). Sur scène, l'imposant et charismatique Lawrence Mackrory met en valeur ses capacités vocales avec une certaine classe pour amener la vague instrumentale vers de hautes et puissantes sphères. Il y a véritablement une identité chez les scandinaves, qu'il s'agisse de Darkane ou de tout autre groupe d'une de ces contrées nordiques. Une fois de plus, les fans sont comblés et en prennent pour leur grade tant la technique et le mariage entre violence et aspect plus mélodique sont exploités avec soin. Au final, le groupe arrive à se démarquer suffisamment de la masse pour se faire remarquer (et marquer les esprits). Cela dit, mieux vaut être un aficionado du genre pour véritablement apprécier mais Darkane n'est clairement pas un combo comme les autres, laissant la salle sur une très bonne impression après une conclusion sur "Convicted", extrait de l'album Rusted Angel paru en... 1999 ! Retrouvez le groupe sur Facebook ou via son site officiel.

Onslaught © Lukas Guidet
On arrive à la fin de cette journée et on est soit très fatigué, soit très alcoolisé (notamment certaines personnes dans le public qui commencent à tituber dangereusement si ils ne sont pas déjà en train de dormir ou de comater assis contre un mur dans le fond de la salle ou dehors dans une tente). Dans tous les cas, la plupart des fans de Death, Trash ou tout simplement Heavy Metal sont encore bien debout et n'attendent plus que les stars de cette soirée, la tête d'affiche, les grands (et vieux) de Onslaught, formation britannique ayant vu le jour en 1982. Autant dire que là encore, il n'y a plus rien à prouver pour le groupe emmené par Sy Keeler surtout qu'Onslaught est à l'affiche de la plupart des grands festivals de Métal internationaux. Le groupe n'en finit pas de tourner sur des scènes immenses alors on peut dire que c'est un véritable honneur que de les avoir dans une salle à échelle humaine, en petit comité, à Montagny ce jour-là. Ce qu'il faut surtout retenir de la prestation du groupe à laquelle il n'y a finalement pas grand chose à redire, c'est la force de frappe de Mike Hourihan, arrivé au poste de batteur en 2011 et dont le boulot est largement mis en valeur sur le dernier album en date du groupe, VI (parce que sixième album), sorti en septembre 2013 (en écoute intégrale sur Youtube). Pas grand chose à dire, donc : Onslaught, ça impose tout simplement le respect malgré une touche un poil old-school sur les compositions les plus anciennes et certains aspects du chant. Nul doute qu'une bonne partie du public présent ce soir-là y a trouvé son compte, notamment les plus "vieux" d'entre nous. Retrouvez le groupe sur Facebook ou via son site officiel.

Quelques souvenirs de cette première
édition du Lions Métal Fest'
La soirée s'achève dans la franche rigolade, la bonne ambiance et surtout avec le sourire, certains bénévoles étant encore frais et dispo pour distribuer les dernières bières et dernières frites aux plus résistants. Cette première édition du Lions Métal Festival est tout simplement une franche réussite et on ne peut que remercier l'équipe technique et les bénévoles, ainsi que Mick Cæsare, monsieur le maire de Montagny et tous les groupes pour le bon déroulement de cette journée forte en sensations et en découvertes musicales. Un immense merci à tous ceux qui ont participé à ce projet, un grand bravo aussi et on ne peut qu'espérer davantage de monde pour la prochaine édition, ainsi qu'une programmation peut-être un peu plus variée au niveau des styles, histoire de ratisser encore plus largement un public bel et bien friand de ce genre d'événement. Une fois encore, un merci tout particulier à Mick, mais aussi aux gens croisés et rencontrés lors de cette journée, aux bénévoles toujours heureux de nous servir à boire et à manger, aux copains de Lòdz avec qui la journée n'a été que pur plaisir, à monsieur le maire de Montagny de nous avoir offert un toit et une salle splendide pour les festivités, ainsi qu'à Lukas Guidet pour ses photos que vous pouvez aller voir sur sa page Facebook, sa page Wix ou son site officiel où vous trouverez l'intégralité des photos qu'il a prises lors de cette première édition du Lions Métal Festival.

On ne peut que souhaiter longue vie à ce fest' et une réussite grandissante pour les années à venir !

La vue depuis le parking du Trait d'Union, au réveil,
le lendemain de cette journée de Métal Fest'

30/05/2017

[Vidéo] Spectateur : "Burgers"

L'Electro ou la musique instrumentale, au sens plus large, permet bien souvent une interprétation très personnelle. L'absence de textes laisse la possibilité à l'auditeur de se représenter ce qu'il veut pour coller à la musique mais tout cet univers peut soudainement voler en éclats une fois que l'artiste lui-même décide de poser un clip sur un morceau.

C'est un peu ce qu'il s'est passé avec la nouvelle vidéo de Spectateur pour le titre "Burgers" extrait de son dernier album Their Dreams sorti en avril 2017 et toujours en écoute intégrale et téléchargement libre sur BandCamp. Le beatmaker angevin semble avoir craqué son slip et propose un clip complètement perché dont la seule signification possible semble être un délire très personnel. WTF, comme on dit !

28/05/2017

[Vidéo] Beartooth : "Sick Of Me" (Paroles / Lyrics)

Ce n'est plus un secret : Caleb Shomo a longtemps souffert de dépression et est même plusieurs fois passé par des phases suicidaires alors même qu'il était encore membre du groupe Attack Attack!. Depuis, ça va quand même rudement mieux, notamment suite à son mariage et au projet musical Beartooth.

Pour "Sick Of Me" (extrait de l'album Aggressive sorti le 3 juin 2016 chez Redbull Records et UNFD), Caleb Shomo s'est focalisé sur trois personnes ayant elles aussi souffert de dépression, suite à divers traumatismes et expériences de la vie, et qui ont remonté la pente à leur façon. C'est ce qui est raconté dans cette vidéo pleine de positivisme où figurent aussi quelques images du groupe en Live. Une sorte de mini-reportage qui rappelle que seule la volonté peut vraiment faire sortir de la dépression.

I lost six of my years fighting fire with fear and it’s tearing me apart inside.
I can point all the blame try to relive that shame but I think it’s time I took back my life
Cause I’m sick of the person I used to be, so stressed out burned out living in my agony.
Hate all the words that they said to me, so I checked out black out wasted all those memories.

I won’t go back - cause I’m sick of you, I’m sick of me, I’m sick of the person I used to be.

What a pointless mistake such a slap in the face gotta turn this thing around again.
No more holding it back, no more bending the facts push myself til I understand 
Cause I’m sick of the person I used to be, so stressed out burned out living in my agony.
Hate all the words that they said to me, so I checked out black out wasted all those memories.

Save me from the tragedy all the memories gone bad.
Save me from the legacy from my history just save me from my broken past.
Cause I’m sick of the person I used to be, so stressed out burned out living in my agony.
Hate all the words that they said to me, so I checked out black out wasted all those memories.

26/05/2017

[Vidéo] Token : "New Problems"

Token, le nouveau jeune prodige du Rap US, est de retour avec une nouvelle vidéo. Face à son succès grandissant et sa renommée en pleine expansion, le jeune rappeur s'est confronté à de "nouveaux problèmes" lors de sa dernière tournée. Et quoi de mieux pour les raconter que d'écrire un morceau sur le sujet ?

Avec "New Problems", Token raconte ses premières expériences avec une groupie, les tentatives de manipulation de certains producteurs mal intentionnés et surtout le manque de temps à passer avec sa famille et ses amis. Comme quoi, le succès ne rend pas nécessairement la vie plus simple...

Retrouvez les textes de "New Problems" sur le site officiel de Token et si vous l'avez ratée, jetez un coup d’œil à la vidéo pour "Doozy".

25/05/2017

[Vidéo] Code Orange : "Bleeding In The Blur" (Paroles / Lyrics)

Code Orange continue de déverser ses larsens, riffs glauques et autres dissonances avec la sortie d'un troisième album Forever paru le 13 janvier 2017.

Après les clips de "Forever" et "Kill The Creator" qui étaient très violents et dont l'esthétique était dominée par une couleur rouge sang, c'est au bleu de s'inviter dans le dernier clip du groupe avec "Bleeding In The Blur", un titre relativement calme où la majeure partie du chant est assurée par Reba. Le groupe y enterre encore quelqu'un, cependant, on voit aussi apparaître Dominic Landolina en tant que nouveau membre de Code Orange dans cette vidéo, faisant passer la formation de quatre à cinq membres. Voilà.


Your fighting over crumbs and starving in the shit
Burning in the garden as they watch over it
Put you out to pasture, while you’re chomping at the bit
The line between art and pain no longer exists
You’re bleeding in the blur
You’re dying in a ditch
Paint the picture how you want it
It’s yours to make fit
I’m basking in the black on black
While you’re grinding in the gray
A factory of cowards an army of inane
Faith in numbers on the paper
The view will never change
Constructed just to fill the void
You oil the machine
You’re bleeding in the blur
You’re dying in it again
Paint the picture how you want it
It’s yours to make it
You're bleeding in the blue

24/05/2017

[Vidéo] Mowukis : "Animals Used To Scare" (Paroles / Lyrics)

Il y a les questions sans réponses... et ceux qui ne se posent pas de questions. Mowukis - alias Louis-Louise Kay - est un artiste aux multiples facettes et surtout polyvalent. Son premier album No Answers No (en écoute intégrale sur BandCamp) est sorti en octobre 2016 et "Animals Used To Scare" en est extrait.

Pour mettre des images sur ce morceau, c'est Titouan Bordeau qui a été choisi. Le réalisateur et animateur dont on a déjà parlé lors de la sortie du clip de "Praise" par M u t a nous présente ici un personnage qui se laisse guider par les "signes" qui se présentent à lui... Toujours les mêmes tonalités de couleurs, vives et saturées, pour dessiner un monde à la fois étrange et poétique. Un clip réussi et une collaboration bien pensée qui convient parfaitement à la Pop Electro alternative de Mowukis.

What would you do if your rage had a target? 
Where would you fall if your curse had a name? 
Is it a tribute we all have to pay, 
Or the privilege of a few that can stay? 

Does the pain outlive both the grace and the truth? 
Is the margin so thin, it’s too late for a truce? 
Stuck in the middle lane, way too fast to complain 
We’re digging the road we spend our time to blame. 

We’re running there 
Memories that we could spare 
We’re running there 
Bodies that wouldn’t dare 
Animals used to scare 
We’re running there 
Afraid alone and bare

23/05/2017

[Vidéo] Smash Hit Combo : "Spin The Wheel" (Paroles / Lyrics)

"J'espère que la routourne va vite tourner", disait l'autre. C'est sûr que cette fois, elle a pas mal tourné pour Smash Hit Combo qui sort son nouvel album L33T le 26 mai 2017.

Au programme, un double album avec un disque en français et l'autre en anglais (en écoute intégrale sur BandCamp). Autant dire que le groupe a franchi un cap conséquent, lui qui balançait en 2010 une punchline assassine à l'encontre des groupes français qui chantaient exclusivement en anglais : "Faut que t'arrêtes de brailler dans la langue de Shakespeare, si tu fais du yaourt c'est qu't'as rien à dire !" dans "Persévère".

Avec "Spin The Wheel", Smash Hit Combo montre sa capacité à sauter le pas et à transformer l'essai, la majeure partie des textes ici étant balancée par None Like Joshua, rappeur geek originaire d'Altlanta au flow diabolique. En ce qui concerne le clip, cosplays et grosses bagnoles pour des références à GTA, Burnout, Gran Turismo, Need For Speed ou encore Street Fighter : d'imposants moyens pour une prod' bien solide !

Yo Imma finish in the race, and if you gettin in the way  / Don’t slow down
Sittin in your place and you be wishin you could take another minute to escape / so close now
bitches want to wave another flag and now you late because you slammin on the brakes / Go go now
Yeah – competition get me paid, and I need to upgrade, / Steal that crown
Gran Turismo, cause I receive the most / Wins, Need for Speed, / Damn your vehicle’s 
Bland, see me go / Head to head, and show / Them, you steer an old
Van, Shame you don’t / Crash, gave em Road / Rash, make loads of cash
You holdin / Back, let the pro / Pass
You low on gas / I’m gold and you last / You know I’m approaching too fast

Just don't try me 'cause
I spin the wheel 
Just let it peel
And never kneel

I will never kneel to any of you

Checkpoint / I flex like / You next boy
When I spit oil / Nitro / The jet fuel
I’m Class A, you F-Zero / When I pass, they go  / “That’s my hero”
See a dime on the curve, and then I pop in reverse
You know I’m always in first, so let me stop it for her
She want to ride like it’s Forza, others drivin a hearse
watch me shine on the course, another trial secure
It’s Twisted Metal / this instrumental / Lift the pedal
Got custom paint / But never yellow / You scared to race
But mine ain’t a rental / Bang on the dash / You chasin my ass
And playing this track / Like Ridge Racer had on repeat / You low on gas
I’m gold and you last / You know I’m approaching too fast
You know that I'm approaching too fast (way too fast)
You know that I'm approaching way too fast.

Burnout ! Spin the wheel, let it peel, never kneel

See a dime on the curve, and then I pop in reverse
You know I’m always in first, so let me stop it for her
She want to ride like it’s Forza, others drivin a hearse
watch me shine on the course, another trial secure

22/05/2017

[Vidéo] Hightower : "The Party" (Paroles / Lyrics)

Le groupe de Punk Rock californien made in France (oui, Monsieur !) le plus frais du moment est de retour en 2017 avec un nouvel album : Hightower présente "The Party", extrait de Club Dragon qui sortira en septembre 2017 chez Krod Records, Far Channel Records et Joe Cool Records.

Un clip coloré, festif (c'est de rigueur) et franchement cool pour nous parler de choses beaucoup moins sympas et à l'interprétation relativement libre où il est question de "trahison"... C'est intelligent et ça passe bien, et pour ceux qui seraient passés à côté de l'album Sure. Fine. Whatever. sorti en 2014, sachez qu'il est toujours en écoute intégrale sur BandCamp et que c'est un véritable sacrilège que de ne pas y avoir jeté une oreille !

I'm so sick / Of wasting all my time / Trying to compromise
I'm so sick / Of exclamation marks  / Shouting we're in the dark
I'm so sick / Confusion lies and fear / Uncanny atmosphere
Keeping us Down / It's not supposed to be OK
Story's always the same
Sick feeling inside just when I hear another word
Sounding more like
Stab in the back 
Gotta get out of here
Story's always the same
Sick feeling inside just when I hear another word
Sounding more like
Stab in the back 
You gotta get out of our way

I'm so sick  / You failed us once again  / With a bad consequence 
Pretending you're trying your best / To leave your cocoon's nest
I don't wanna end up like you / I mean it's hard for you to see
Why we lost track / But this time / There's no turning back 
Despite we're right / There's so little progress
How can you success you don't try
To start from scratch / Don't think you're ready
Honestly we're so sick of your lies
You fuckin' stab me in the back / We'll never be fooled again
You stabbed me in the back / A lesson learnt today
You stabbed me in the back

21/05/2017

[EP] Blood Youth : "Closure"

Artiste : Blood Youth
EP : Closure
Sortie : 2016
Genre : Hardcore Mélodique, Hardcore Moderne
Label : Rude Records, Artery Recordings
♥♥♥♥
> Ecouter l'EP sur Youtube <

Suite. Un an après un premier EP plutôt frais et plaisant à se passer dans les oreilles, les britanniques de Blood Youth pondaient un second recueil reprenant les codes visuels de son prédécesseur : un artwork coloré présentant un bestiaire sauvage composé de spécimens catégorisés comme dangereux pour illustrer une musique à la fois nerveuse et mélodique (voire même Pop-Punk sur les bords), le tout signé sur le même label. Quatre titres dont un morceau d'introduction : voilà qui fait peu à se mettre sous la dent. Ou dans l'oreille.

Continuité. Musicalement, peu de changements : Blood Youth exécute un Hardcore moderne très bien produit, aux riffs accrocheurs et à la touche mélodique parfaitement assumée. Celle-ci s'avère même être la marque de fabrique de la musique du groupe tant le morceau d'introduction est planant, basant sa partie instrumentale sur quelques notes et arpèges vaporeux. Ce "Breathe" (qui "respire", justement) est d'ailleurs un clin d’œil non dissimulé au titre "Big Smoke" - plus étouffant et qui clôturait l'EP Inside My Head - car reprenant mot pour mot le refrain de ce dernier. Voilà donc une façon plutôt sympa de lier les deux recueils et de proposer une continuité dans le travail de recherche musicale. La suite se base sur une alchimie identique, mais dont les ingrédients sont exploités différemment pour obtenir trois titres à l'identité forte et au style propre. En premier lieu, un "24/7" qui contraste énormément avec "Breathe" par sa nervosité, comme un coup-de-poing dans la gueule où le chant clair est tout bonnement absent. Un condensé d'énergie clairement taillé pour la scène. Avec "Mood Swing", on retrouve le fameux mélange entre Hardcore aux riffs percutants et refrain ultra-catchy au chant clair qui résume sans doute le mieux la musique de Blood Youth. Pour terminer, "Closure" inverse les rôles en proposant davantage de chant clair que de screams, ce qui donne à ce morceau une touche mélo toute particulière sans pour autant tomber dans l'indigeste mièvrerie. Avec ce titre, Blood Youth prend véritablement un risque en frôlant quelque chose de plus Pop-Punk, mais le résultat est loin d'être déplaisant. On a donc quatre titres ayant chacun leurs points forts et développant des approches différentes. Cette petite palette donne à ce Closure des couleurs qui mettent en relief la capacité qu'a le groupe à présenter un travail certes maigre (douze minutes d'écoute au compteur) mais ô combien plaisant à écouter, notamment parce que les refrains ont ce petit quelque chose d'entêtant.

Introspectif. Niveau textes, Blood Youth ne change pas de direction : il est toujours question de la difficulté à se faire une place dans une société toujours plus compliquée et aliénante, de réussir à exister malgré toutes les questions existentielles qui nous traversent l'esprit au quotidien et de partager chaque journée avec nos semblables. "24/7" aborde le sujet du travail, de l'argent mais aussi du temps pris à gagner nos vies pour passer à côté de celles-ci. Quant à "Mood Swing" ou "Closure", c'est purement et simplement un mal-être profond qui est exprimé, celui-ci étant mis en scène dans le clip de "Closure" qui place Kaya Tarsus dans un groupe de soutien. Un clip où l'ancien guitariste Sam Bowden fait d'ailleurs une apparition.

Très court. Voilà donc un second recueil respectant clairement la direction prise par le groupe avec son premier EP Inside My Head sorti un an plus tôt. Toutefois, tous les éléments mis en place par Blood Youth dans sa musique sont ici employés avec davantage de précision, d'efficacité et de qualité. Le résultat est donc un EP beaucoup plus agréable à écouter et ré-écouter que le précédent, mais qui est malheureusement très court. Trop court, peut-être, même si on peut légitimement se demander si un format plus long n'amènerait pas une certaine redondance tant le groupe semble avoir du mal à diversifier sa musique. De ce fait, le format ultra-light est peut-être ce qui donne toute sa force et son intérêt à cet EP qu'est Closure.

n.b. : Retrouvez tous les textes de cet EP via ce lien.