31/05/2013

[News] Un peu de tout...

Dans l'optique du concert Chunk! No, Captain Chunk! dimanche soir (2 juin) à Lyon en compagnie de Senses Fail et Fallaster, je suis tombé sur le clip de "Mi Amor" de Senses Fail publié il y a quelques temps. Une histoire d'amour à la sauce panda duveteux qui fait sourire malgré son côté tragique.


Je reviens maintenant sur A Skylit Drive qui se fait plutôt discret depuis la publication de "Fallen". On a quand même droit à une petite vidéo pour se faire une idée de leur processus de création sur le quatrième album qui est à venir et leur retour chez Tragic Hero, le label sur lequel était déjà signé leur premier album. Affaire à suivre.


Une fois de plus Orelsan fait une nouvelle apparition remarquée (voir le featuring avec Seth Gueko) dans un clip en featuring avec Flynt pour "Mon Pote". Un hommage au cinéma et à la camaraderie qui malgré quelques effets visuels un peu brouillon a le mérite de servir le propos de façon efficace. Et puis ça permet aussi de réviser ses classiques du septième art !


Enfin, Dope D.O.D. est productif, c'est le moins qu'on puisse dire. Après "Millenium Falcon", voici leur dernière vidéo pour "Panic Room" en featuring avec Onyx, un titre qui vient rappeler tout le sens du terme Horrorcore, genre musical dont le groupe se veut fier représentant, mais aussi que la Hollande est un pays propice à la consommation de "weed"...

30/05/2013

[Album] Modestep : "Evolution Theory"

Artiste : Modestep
Album : Evolution Theory
Premier Album
Sortie : 2013
Genres : Dubstep, Electro Rock, Drum and Bass
Label : A&M Records
Morceaux à écouter : Time, To The Stars, Bite The Hand, Take It All
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Grooveshark <

 Difficile d'être passé à côté du phénomène Dubstep/Rock british ces deux dernières années. Les vidéos balancées par Modestep sur Youtube depuis début 2011 totalisaient déjà plusieurs millions de vues avant même la sortie de l'album que voilà. Pas étonnant donc que l'objet se soit fait attendre. Une galette attendue par la flopée de fans dont la patience a été mise à rude épreuve, la sortie de cet album ayant été maintes et maintes fois repoussée. Personnellement, je n'avais pas accroché davantage que ça mais le combo Dubstep et Batterie/Guitare sur fond de voix aérienne avait eu le mérite d'attiser ma curiosité. J'attendais donc ce premier album, sans savoir trop à quoi m'attendre, espérant une (très) bonne surprise.

Malheureusement, c'est avec une petite déception que la première écoute intégrale de cet "Evolution Theory" s'achève. Le sentiment étrange d'avoir retrouvé un peu tout ce qui fonctionne depuis quelques années mais aussi l'impression qu'il y a eu du gâchis par ci par là. Comme si cet album avait le goût sucré du commercial. Heureusement, au fil des écoutes, il en ressort quelques petites choses pas trop mauvaises, et même plutôt bonnes.

Il faut dire que les deux frangins Friend (qui portent un nom d'ailleurs propice à la bonne humeur) ont un passé assez riche en matière de DJing et que ce savoir-faire se retrouve dans l'intégralité de l'album. Le concept de Modestep est, en plus de ça, particulièrement alléchant sur le papier : inviter une batterie et une guitare électrique sur des compositions résolument Dubstep a de quoi rappeler des formations telles que Pendulum et The Qemists qui officient (officiait, pour Pendulum) dans la Drum and Bass. Comme si Modestep était le chaînon manquant, il apparaît donc normal que le groupe soit accueilli à bras ouverts.

Une tracklist consistante de quinze morceaux (vingt-quatre dans la version Deluxe) pour une moyenne de quatre minutes par titres : il y a de quoi en prendre plein les oreilles. On retrouve les fameux titres qui ont permis au groupe de se faire connaître, à savoir respectivement "Feel Good", "Sunlight", "To The Stars" (dont la version remixée par Break The Noise et The Autobots vaut vraiment le détour) et "Show Me A Sign" qui profitent tous d'un clip. Le reste reprend la même formule musicale mais s'offre quelques petites subtilités bien inspirées. Ainsi, j'ai même eu l'impression de ressentir une inspiration Floydienne sur le final de "Time" au solo de guitare aérien et psychédélique à souhait. Sans doute l'un des passages de l'album qui m'a le plus surpris. Un petit peu de Drum and Bass (quand même !) avec "Leave My Mind", du Dubstep torturé en conclusion de "Bite The Hand" et quelques solos de guitare bien sympas (conclusions de "Slow Hand" ou de "Freedom" entre autres).

Alors évidemment, la formule est alléchante mais il faut bien admettre que malgré une voix des plus charmantes, un guitariste loin d'être manchot, idem pour le batteur et un dernier aux platines qui envoie la purée, il y a là une forte influence "skrillexienne" dans la façon de torturer les synthés et c'est bien dommage. Le reste sonne très Pop et donc radio friendly, ce qui permet à l'album de ne pas devenir trop élitiste et ainsi de toucher les foules. Dommage car il y a là de quoi faire un véritable projet musical de haut niveau. J'aurais pu trouver que cet album sortait vraiment du lot, et il en sort parfois, mais l'ensemble m'apparaît bien trop comme du recyclage d'une mode musicale de ces dernières années, entre Pop Rock et Dubstep conventionnel.

Voilà donc un premier album qui est loin d'être mauvais mais qui aurait mérité de davantage sortir des sentiers battus par les Djs ayant démocratisé le Dubstep ces dernières années, surtout qu'on regrettera la trop forte présence des machines, laissant de rares (très bonnes) parties à la batterie et la guitare. Modestep reste cependant une bonne découverte et une curiosité sympathique pour les amateurs, mais il faut reconnaître que le groupe tient tout son intérêt dans ses prestations Live. On attend donc la suite avec impatience.

28/05/2013

[Album] Skindred : "Babylon"

Artiste : Skindred
Album : Babylon
Premier Album
Sortie : 2002
Genres : Métal Alternatif, Ragga Métal
Labels : Lava Records, Bieler Bros. Records
Morceaux à écouter : Nobody, Set It Off, The Beginning Of Sorrows
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

Mélanger Ragga et Métal, il fallait oser. Skindred l'a fait. Bâti sur les restes de Dub War (qui, du coup, pratiquait déjà ce genre musical hybride) et composé de trois de ses quatre anciens membres, Skindred voit le jour en 1998. "Babylon" est donc un premier album mais qui sonne juste de par le passé des musiciens, le style ayant déjà été rodé. Notons que ce premier effort a été produit par un certain Howard Benson qui a œuvré avec un paquet de groupes désormais mondialement connus mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, Skindred est un groupe européen originaire du Royaume de Sa Majesté d'outre Manche. Comme quoi...

"Babylon" sort donc dans les bacs en 2002 mais ce premier album aura droit à plusieurs rééditions les années suivantes où on verra la tracklist s'étoffer de plusieurs titres et la pochette changer de design. Plutôt que d'essayer de décrire l'album dans sa globalité, ce qui devient relativement compliqué du fait de ces rééditions, attardons nous plutôt sur la musique qui y était proposée. Personnellement, j'ai découvert ce groupe totalement par hasard en matant des covers de batterie (encore ?! cf : Snot) sur le net, jusqu'au jour où je suis tombé sur "Nobody" (voir la vidéo par Ben-Thoven). C'était il y a quelques années déjà et je ne m'étais jamais vraiment penché sur ce groupe. Il est désormais temps de voir ce qu'il en est.

Suite à une première écoute, il en sort divers points flagrants : Skindred a son style, pratique de la musique hybride mélangeant un nombre invraisemblable de genres mais le tout tient pourtant plutôt bien la route. De plus, c'est vraiment le personnage de Benji (et sa voix incomparable) qui marque les esprits. On a à la fois l'impression d'écouter un Néo Métal nerveux saupoudré de juste ce qu'il faut d'Electro et un groupe de Ragga/Reggae à la pêche communicative. Mais c'est bien un condensé des deux qui en ressort. Pas de passages purement Ragga, les guitares, basse et batterie étant toujours présentes, ni de passages purement Métal et ce malgré les quelques cris rageurs de Benji. Ces éléments sont donc bien dosés pour un résultat atypique.

On a donc un bon paquet de titres en boîte qui allient nervosité du Métal ("World Domination") et passages rythmiques typiquement Ragga/Reggae ("Start First"), sans oublier la Drum and Bass, un genre récurent au Royaume-Uni ("Set It Off"). Niveau textes, il n'est pas étonnant de retrouver un côté contestataire dans l'album (il suffit de se rappeler que celui-ci est baptisé "Babylon"...). On notera cependant une entrée en matière digne d'un CV avec "Nobody" et une inspiration puisée dans les textes bibliques pour "The Beginning Of Sorrows" (voir évangile selon Saint Mathhieu).

Un premier album fort sympathique donc qui marque par son éclectisme et son originalité. Pêchu et directement inspiré d'un genre pourtant assez loin du Métal, Skindred arrive à en faire un mélange efficace. Pourtant, il y a fort à parier qu'il est possible de faire mieux.

22/05/2013

[Vidéos] Un mois de mai bien riche en images !

Des clips, il en sort tous les jours. Je suis un peu à la ramasse mais j'essaie de piocher quelques trucs qui me parlent, par ci, par là. Voici donc quatre vidéos qui m'ont bien plu (et pour une fois, pas de mec - ou gonzesse - qui braille dans un micro, ni de guitares saturées à mort). On va commencer par Pethrol et le clip de "Chess". Ce nom ne vous dit rien, sans doute, mais j'espère qu'on en parlera un peu plus prochainement avec la sortie d'un premier EP qui ne devrait plus tarder. Je ne cache pas la petite fierté que j'ai à pouvoir parler d'un groupe dont la chanteuse était une camarade de lycée et avec qui je m'entends encore très bien. Un Electro intelligent oscillant entre Pop et Trip Hop pour un résultat franchement frais. Une affaire à suivre de près, donc. La suite, c'est avec Lorde et le clip de "Royals". Un peu le même registre mais ça sent quand même un peu plus le genre de trucs qu'on a l'habitude d'entendre. Enfin, un peu plus bourrins, le clip de Neosignal pour "Planet Online" à l'esthétique très 80's et qui dresse un habile portrait d'Internet et la dernière vidéo de Dope D.O.D. pour "Millennium Falcon".

21/05/2013

[EP] Skrillex : "Leaving"

Artiste : Skrillex
EP : Leaving
Sortie : 2013
Genres : Electro, House, Popstep, Dubstep
Label : Owsla
♥♥
> Ecouter l'EP sur Youtube <

Quewah ?! Comment ? Un énième EP de Skrillex ? Pourtant, j'ai la nette impression qu'on entend beaucoup moins parler du garçon ces derniers temps. Passage de mode ? Mauvaises dernières productions ? Je ne suis pas allé voir ce qu'il fabrique en ce moment mais je dois bien admettre que je n'entends plus autant son nom dans les soirées arrosées, et je n'entends plus autant sa musique passer en boucle dans ces mêmes soirées. Alors que se passe-t-il ? Désolé, je ne suis pas en mesure de répondre à cette question. Je jette une oreille par curiosité sur ses productions mais bien loin de moi l'idée de m'intéresser de près ou de loin à sa vie quotidienne.

Quoiqu'il en soit, Sonny sortait son cinquième EP sous le pseudonyme Skrillex en ce début d'année 2013. Trois titres cachés derrière un visuel qui change la donne et vient mettre fin à une longue série d'exercices de style "explosifs" : une photographie en noir et blanc, un "SKRILLEX" étrangement sobre et un petit logo pour "The Nest", le service réservés aux abonnés d'Owsla Records, comme pour rappeler que cet EP est une sorte de cadeaux fait aux fans.

Pas grand chose à se mettre sous la dents niveau durée d'écoute mais je dois admettre une chose, il y a de la nouveauté. Enfin, à mon sens toutefois. Pas sûr que tout le monde ressente la même chose. Je commençais à être carrément blasé d'entendre toujours la même chose de la part de Skrillex mais il y a dans ces trois titres un petit quelque chose de surprenant. Je ne dis pas qu'il y a là une certaine qualité mais le gaillard a au moins eu le mérite de tenter quelque chose. "The Reason" évite de taper dans le style trop "skrillexien" et propose une Popstep/House beaucoup plus calme et posée, un brin rétro. Pas de synthés torturés comme à l'accoutumée et ça fait du bien. En résulte un travail plus minimaliste qui passe pas trop mal.

Rappelons qu'avant cet EP, Sonny Moore avait collaboré avec Damian Marley pour un titre beaucoup plus Dub qu'à l'accoutumée ("Make It Bun Dem"). Bizarrement, c'est comme si cela avait eu une petite influence sur Skrillex car on a nettement l'impression de retrouver ce genre sur "Scary Bolly Dub", ce même morceau qui a pourtant le désagréable défaut de reprendre un dicton cher à Sonny Moore : "utiliser du vieux pour faire du neuf". En effet on retrouve divers samples de ses productions passées et même si ça passe pas trop mal, il y a quand même un manque certain d'inspiration.

Enfin, on termine avec "Leaving" qui donne son nom à cet EP, véritable surprise. Un morceau intimiste, mental et étrangement aérien. Skrillex serait-il devenu un "vieux qui a besoin d'un peu de calme" ? Des synthés s'apparentant à des violons, des points lumineux en fond. Oui, il y a du changement. Et heureusement finalement.

Un trois titres peu novateur dans le genre mais qui montre une certaine évolution dans le travail de Skrillex. Pour les fans ou amateurs d'Electro. Pas désagréable mais clairement pas quelque chose d'extraordinaire...

20/05/2013

[Album] No Trigger : "Canyoneer"

Artiste : No Trigger
Album : Canyoneer
Premier Album
Sortie : 2006
Genres : Punk, Hardcore Mélodique
Label : Nitro Records
Morceaux à écouter : The (Not So) Noble Purveyors of the Third or Fourth Coming, Owner Operator, Attack of Orion and the Left Arm Sunburn
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

Le Punk Rock, c'est pas trop mon truc. Il fut un temps où, certes, j'écoutais Sum41 et autres Off Spring. Mais ce goût est rapidement passé avec la déferlante du Néo Métal au début des années 2000, musique sur laquelle je prenais davantage mon pied. Puis, il y a eu le bon vieux Hardcore (personnellement, je suis plutôt nouvelle école et groupes relativement récents) avec Raised Fist ou Comeback Kid. No Trigger fait partie de ces groupes écoutés en soirée, avec des potes, "pour me faire découvrir". Voilà. Et comme j'écoute de tout, je me suis dit : "Allez, lance-toi".

Ce qui est assez bizarre avec ce groupe américain formé en 2000, c'est que dès les premières écoutes, j'ai eu l'impression d'entendre un mélange de deux groupes que j'ai cités plus haut : Comeback Kid et Sum41. Je sais que les connaisseurs doivent déjà crier au scandale : "Oh ! Impossible de comparer ça à du CK ou Sum41 !" Sans doute, mais c'est l'effet que le son et la voix du combo du Massachusetts  ont eu sur mes oreilles (attention je parle de Comeback Kid à l'époque de Scott Wade...).

Enfin bref, tout ça pour dire que la musique de No Trigger n'a donc pas eu l'effet d'une bombe dans mon casque. Pêchu, mais pas assez pour me faire autant vibrer que mes autres références du genre. Mélodique, mais de façon trop peu marquée pour révéler une véritable émotion. Pourtant, aussi fou que cela puisse paraître après ces deux constats, il m'a bien fallu admettre que la bande avait son "truc". Des textes pas aussi "directs" que ceux que j'aime reprendre en gueulant, mais qui ne sont pour autant pas si naïfs qu'ils pourraient y paraître. Non, il y a bien un truc charmant dans tout ça, notamment certains morceaux qui sortent du lot ("Bust Tropical"). De courts solos qui bien que peu compliqués apportent juste ce qu'il faut de touche mélodique ("Neon National Park"), quelques gang vocals chaleureux (conclusion de "Owner Operator") et finalement une bonne dose d'énergie. Pas brutal, mais tout aussi nerveux que Sum41, No Trigger s'écoute comme on materait un teenage movie, et pourtant on se hasarderait bien à tendre le point en signe de protestation, comme un Punk digne de ce nom ("The Honshu Underground"). Alors, certes, c'est un album court, le groupe allant directement à l'essentiel et ne se perdant pas dans des passages instrumentaux sans fin. Mais après tout, on a l'habitude dans ce genre musical.

Canyoneer n'est donc pas un album qui renouvelle le genre ou qui se démarque du lot par son originalité mais il s'écoute tout de même avec plaisir. Nerveux et pourtant léger à la fois, voilà un bon premier album. Je vais me répéter mais il y a quand même une certaine nostalgie, les lointaines années des premières écoutes de Sum41 faisant irrémédiablement surface (ouais, je parle comme un vieux malgré mon jeune âge, et alors ?). Pour les fans du genre ou par curiosité pour les autres.

Merci à Alix pour la découverte.

09/05/2013

[Vidéos] Pour bien commencer le mois de mai...

Bon, on va encore me reprocher de poster des trucs "violents" mais comme ça me fout la patate, surtout quand il y a du soleil (parfois, pas souvent, mais des fois...), bah j'en profite pour partager. On commencer tout bonnement avec le dernier clip de Deftones qui nous a pondu une vidéo pour "Swerve City", poétique, très belle visuellement, et surtout un clip où on ne voit pas le groupe jouer sa musique. En gros, un truc qui vient encore se démarquer du reste et qui a le bon goût d'ajouter encore un peu plus de classe au très bon album qu'est "Koi No Yokan".



On continue avec un clip qui risque de faire couler tout autant d'encre que celui de "College Boy" d'Indochine (voir chronique) et c'est David Bowie qui s'attire les foudres de Youtube qui a censuré son clip pour "non respect aux conditions de publication du site". Subversif et provocateur, le clip de "The Next Day" (qui donne son nom au dernier album de Mr Bowie) met en scène Marion Cotillard et Gary Oldman dans une secte aux allures de bordel, le tout avec un poil de gore directement inspiré des récits bibliques. Rien que ça.


Pour terminer, deux (ou plutôt trois) petites vidéos, pas toutes récentes pour certaines, qui passent pas trop trop mal. Bon, il y a pas mal de choses à redire, mais on est là pour les images et la musique. Voilà donc la dernière vidéo de The Charm, The Fury pour "Dirty South", tournée en Live, "The Devil" de Our theory et le dernier clip de In This Moment pour "Adrenalize". Bon visionnage à tous.

 

05/05/2013

Actualités, Cinéma et Société : Réflexions de Comptoir

2013 [05Mai] > Indochine et le clip de "College Boy"
2014 [23Mai] > Godzilla de Gareth Edwards
2015 [Juin] > Team Break : on a testé l'Escape Room en équipe.

[Actu] Indochine et le clip de "College Boy", une histoire qui fait couler de l'encre.

Difficile de passer à côté du clip qui fait polémique actuellement : "College Boy" d'Indochine a fait tellement parler de lui en quelques jours (posté le 3 mai dernier sur le compte Vevo d'Indochine, le clip totalise plus de 400 000 vues en deux jours) qu'il faudrait être totalement "déconnecté" d'Internet pour ne pas avoir lu quelques lignes à ce sujet. Dans le cas où certains d'entre vous ne l'auraient pas encore visionné, il suffit de cliquer ci-dessous (Rappelons tout de même que si cette vidéo a eu autant de "succès", c'est à cause de la violence des images. Vous êtes prévenus si vous êtes une âme sensible).


Plutôt culotté, n'est-ce pas ? Alors, évidemment, il n'est pas difficile de comprendre que mettre en images la mort d'un adolescent, violenté, puis crucifié et enfin tué froidement par ses camarades de classe ait un but premier : choquer. Le problème, c'est qu'on a bien vite fait de dire "choquer" dans le sens où ces images vont faire un buzz monstre, diviser les foules et voir pleuvoir les commentaires d'internautes prenant parti pour le groupe ou, au contraire, pour le blâmer. Un concept un peu réducteur qui se manifeste de plus en plus sur la toile où on peut donner son avis sur tout et n'importe quoi d'une façon qui permet de se faire entendre (on devrait plutôt dire "lire") par une très grande quantité de personnes, et ce très rapidement. Une réaction à chaud après avoir visionné ce clip ? il vous suffit de laisser un commentaire juste en dessous pour dire ce que vous en avez pensé, vous mettre du côté du groupe de musiciens qui a "osé", ou au contraire faire partie de ces gens scandalisés par la violence des images. On vient donc rapidement à se poser une question implicite : à quel clan va-t-on appartenir ?


Face à un extrême, deux camps.

Depuis la nuits des Temps (façon de parler), il y a toujours eu une méthode très simple pour diviser les foules, que ce soit de manière intentionnelle ou non : toucher à un extrême. Dans n'importe quel milieu, accéder à un extrême aura généralement pour effet de créer deux types de "spectateurs" : ceux qui sont pour, ou qui défendent la cause, et ceux qui sont contre et qui dénoncent généralement les abus qui en résultent. Ces prises de position sont dans la majorité des cas des comportements subjectifs où l'individu se sent directement concerné par le sujet dont il est question. On a parfois du mal à comprendre, et on retrouve ce genre de schéma avec un personnage comme Dieudonné, par-exemple, qui reste très ambigu. 

Que ce soit en art ou en politique, tout le monde ne perçoit pas les choses de la même manière et ne se sent pas nécessairement concerné par les mêmes choses que ses semblables. Ce clip est donc le dernier objet en date proposé par Indochine à ses spectateurs, ses auditeurs, ses fans. Une énorme prise de risque totalement consciente car le groupe savait l'effet qu'il aurait sur les foules même si certaines réactions semblent n'avoir pas été envisagées. Mais cette division, ce partage face aux images, n'est que la résultante des avis de chacun. Le groupe n'avait évidemment pas pour but de séparer ses fans en deux clans mais bien de montrer quelque chose et faire passer un message. Et on peut même aller jusqu'à dire que ce clip dénonce. Mais dénonce quoi ? C'est sans doute ce qui échappe souvent aux spectateurs qui attachent davantage d'importance à la forme qu'au fond.


Un clip ancré dans l'actualité.

Il n'y a pas si longtemps, c'est la France tout entière qu'on voyait s'affronter dans la rue (et encore aujourd'hui, de façon sporadique) au sujet de cette fameuse loi sur le mariage pour tous et la possibilité pour les homosexuels de se marier. Un sujet sensible qui a divisé le pays en deux clans : ceux pour et ceux contre. Ce genre de loi laisse peu de place au compromis : c'est tout ou rien, et ça marche dans les deux sens, pour les deux clans. Il y a très peu de gens qui restent partagés, hésitants, ou alors ce sont des personnes qui ne se sentent pas du tout concernées. Peut-on le leur reprocher ? Après tout, chacun pense ce qu'il veut (enfin, on le suppose). 

Là où Indochine fait fort avec son "College Boy", c'est qu'il traite justement de ce sujet sensible, l'homosexualité étant encore quelque chose d'incompris, de pointé du doigt, même dans un pays occidental et dit "civilisé" comme le nôtre. Oui, l'homophobie est partout et il suffit de suivre l'actualité pour s'en rendre compte (lire certains articles relatifs à une étude menée dans le milieu du foot professionnel ou quelques faits divers récents), même dans les cours d'école, au collège, au lycée, à la fac, et ce clip se veut le témoin de cette réalité.  Mais ce qui choque davantage dans le clip, finalement, ce n'est pas le fait que cet adolescent soit mis à l'écart puis battu à mort par ses camarades parce qu'il est "différent" (le clip a l'intelligence de ne jamais préciser les raisons pour lesquelles cela arrive, l'homosexualité du personnage pouvant être une raison comme une autre finalement) mais tout simplement parce qu'on assiste à une mise à mort sur la place publique : la cour de l'école en l'occurrence. Le fond est là mais la plupart des spectateurs retiennent la forme. Pourtant, tout le monde sait que la vie d'un écolier ou d'un ado, tout simplement, est loin d'être facile. Les médias nous rapportent bien assez souvent certains faits divers glauques au possible où le meurtre et le suicide sont récurrents. Le clip d'Indochine serait donc le reflet de l'actualité ? Et ça dérange ? Pourquoi ?


Des images qui choquent.

On a pour habitude, par pudeur, mais aussi pour se protéger et surtout protéger la jeunesse, de ne pas diffuser d'images violentes ou choquantes à la télévision. Le problème, je pense, c'est qu'on est dans une société violente et qu'on aura beau éviter de trop en faire, trop en montrer, il y en aura toujours. Dans certains films, on assiste à de véritables massacres, pourtant. "Oui, mais c'est du cinéma" diront certains. Alors pourquoi lorsqu'un groupe comme Indochine sort un clip tel que celui-ci, tout le monde s'offusque ? Ce n'est qu'un clip, après tout. La réponse est simple : parce qu'il est tellement réaliste qu'il fait peur, qu'il dérange, qu'il choque. 

Pourtant, le travail de Xavier Dolan, jeune réalisateur du clip, est esthétiquement beaucoup plus proche de la vidéo artistique que de la vidéo filmée avec un téléphone portable dans une cour de récré. Au premier visionnage du clip, je n'avais même pas remarqué son format : pratiquement carré, une véritable lucarne. Exit l'écran panoramique 16/9 qui nous rappellerait le grand écran du cinéma et la fiction. Mais l'utilisation du noir et blanc et du ralenti dénote bien là une volonté artistique plus que le fait de montrer des images exprimant une violence gratuite. On est donc face à un étrange paradoxe qui tend à sortir la scène de la fiction mais qui en même temps s'éloigne aussi d'images crues et prises sur le vif, la mise en scène, le montage et le cadrage étant d'une grande richesse ici.



Des images qui ont un sens.

Quand je parlais de la forme l'emportant sur le fond, je me base sur pas mal de commentaires réagissant au sujet de ce clip et qui se limitaient à critiquer et dénoncer la violence des images. Certes, les images sont insupportables, mais le travail de Xavier Dolan est d'une infinie richesse, chaque plan, chaque élément de sa vidéo ayant un sens qui reste parfois obscur et qui peut être interprété différemment selon le spectateur. Je suis tombé hier sur la réaction de Loka suite à son visionnage du clip et où elle explique très clairement ce qui dérange tant de monde, mêlant son expérience personnelle et sa réaction à chaud (voir la vidéo). 

Comme il serait long et fastidieux de décortiquer l'intégralité du clip et ses symboles, je ne me limiterai qu'à ceux qui m'ont vraiment marqués. Le premier détail, qui à mon sens fait toute la différence et l'intérêt du travail de Xavier Dolan, c'est l'apparition des bandeaux sur les yeux des enfants lors du match de basket. Les incidents du début du clip qui apparaissaient comme anodins, comme de simples brimades, deviennent clairement de la martyrisation et dès lors, tout le monde fermera les yeux sur la suite des évènements. Il y a dans ce symbole du bandeau une dénonciation d'un comportement qui ne se limite pas à la cour de récréation mais qui s'étend bien à l'intégralité de nos sociétés contemporaines : l'individualisme et l'auto-protection nous poussent à ne plus intervenir lors d'évènements qui ne nous concernent pas directement, aussi tragiques soient-ils. Le choix du bandeau sur les yeux est très intelligent car il est visible rapidement et on identifie facilement ceux qui le portent (ou pas) dans le clip. Ainsi, il n'y a pas que les autres enfants spectateurs de la scène qui le portent mais les deux policiers intervenant après les faits, comme pour symboliser (et dénoncer ?) l'impuissance de la loi face à des problèmes de cet ordre et ayant lieu dans le cadre scolaire (Loka résume très bien ce point de vue dans son témoignage).

Mais il y a tout de même quelques détails qui me dérangent un tantinet. Le clip pourrait être complètement universel s'il n'y avait pas un gros plan sur une prise électrique propre à celles utilisées aux États-Unis, si il n'y avait pas le personnage du cow-boy (qui lui non plus n'a pas les yeux bandés) et dont le coup de sifflet rappelant les élèves à l'intérieur de l'école a plus d'impact que les policiers eux-mêmes... On pourra souligner le rapport aux armes à feu dans ce contexte, qui nous rappelle irrévocablement le problème de poids qu'elles soulèvent outre-Atlantique et dont on entend régulièrement parler dans les médias (souvent suite à des meurtres ou autres faits divers de ce genre, malheureusement). Mais la violence, qu'elle soit entre les enfants, entre les adultes, à l'école ou dans la rue, est malheureusement partout, c'est un fait.


College Boy : une réussite ?

Je ne m'étalerai pas sur les autres symboles, ô combien nombreux, qui figurent dans ce clip. Ils sont tous plus ou moins identifiables et relativement faciles à interpréter. Maintenant, la question est de savoir si ce clip est nécessaire ? une erreur ? ou une réussite ? J'éviterai de trop m'aventurer sur la voie chaotique de la prise de parti franche et irrévocable car, comme dit plus haut, c'est à chacun de le prendre comme il le veut. Personnellement, je suis favorable à ce clip qui, au delà de la polémique qu'il aura entraîné, est une œuvre bien réalisée, riche de sens et à l'esthétique forte. Mais ce que je retiens surtout, c'est la réaction du CSA et de certaines personnes à des postes importants qui critiquent de façon virulente ce genre de clip. Que le clip ne soit pas diffusé à certaines heures de la journées, c'est compréhensible. Qu'il soit estampillé d'un "interdit aux moins de 16 ou 18 ans", ça paraît (presque) légitime. Mais est-il nécessaire de le censurer ? 

Si une œuvre au message aussi fort que celle-ci vient à être censurée, il y aurait alors beaucoup d'autres choses à censurer selon moi. Le cinéma a toujours jonglé avec les limites de la violence ("Orange Mécanique", "American History X", la série des "Saw" ou encore "Hostel" et j'en passe car la liste est immense) et ce n'est pas le premier clip musical où j'ai l'impression de voir quelque chose de braiment abusé, et je ne parle même pas de certains rappeurs aux propos beaucoup plus dérangeants et critiquables selon moi. Deux autres clips me viennent en mémoire. Le premier, plutôt "soft", est celui de Pendulum pour "Voodoo People". Pas d'images choc ou de cruauté comme dans "College Boy" mais un fond tout aussi dérangeant : des personnes mettant leur vie en péril pour une récompense qu'on suppose être de l'argent, même si cela n'est pas montré dans le clip. Le second est celui de Justice pour "Stress" qui lui, par contre, m'a beaucoup plus révolté que le clip d'Indochine. Le clip de "Stress" est tellement réaliste qu'il dépasse l’œuvre artistique. Le travail de Xavier Dolan a au moins le mérite d'arborer une esthétique léchée et d'utiliser des symboles pour communiquer. Si ce clip avait été tourné en vitesse normale et que les autres personnages passifs ne portaient pas de bandeaux, je l'aurais trouvé tout aussi dérangeant que le clip de Justice car là, le message aurait été beaucoup moins clair. Or, et c'est là que "College Boy" est pour moi une réussite, la prise de position du réalisateur et du groupe est claire. Il y a un problème, et il faut le montrer pour le mettre en évidence. Que ça choque, cela reste subjectif car, personnellement, bien que les images soient atroces et difficilement défendables, l'oeuvre est quant à elle tout à fait sensée et intelligemment pensée.

Après, c'est comme le reste, chacun y voit ce qu'il y voit et en pensera ce qu'il voudra.

03/05/2013

[Album] Ill Niño : "One Nation Underground"

Artiste : Ill Niño
Album : One Nation Underground
Troisième Album
Sortie : 2005
Genres : Néo Métal, Métal Latino, Métal Alternatif
Label : Roadrunner
Morceaux à écouter : This Is War, Corazon Of Mine, In This Moment
♥♥♥
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On sentait Ill Niño sur la mauvaise pente dès le deuxième album, s'aventurant dangereusement sur le terrain du Néo métal commercial et suivant plus ou moins la piste chaotique empruntée par Linkin Park. Il est vrai que "Confession" et "Meteora" comportaient tous deux les mêmes symptômes de la mauvaise graine du Métal sans réelle saveur et à la recette convenue, donc sans réel danger. On ne va pas y aller par quatre chemins : ce "One Nation Underground" a plutôt bien rectifié le tir et malgré quelques facilités, permet de ne pas sonner comme un médiocre "Minutes To Midnight".

Avec treize titres et presque quarante cinq minutes au compteur, on peut dire que le groupe présentait là un album convenable. Mais, comme avant chaque première écoute d'un nouveau disque d'un combo que l'on connaît bien, il toujours cette question : "à quoi va-t-on avoir droit ? dégringolade ou bonne surprise ?" Concernant ce troisième effort d'Ill Niño, la réponse ne se fait pas attendre. En effet, c'est un "This Is War" dégoulinant et intelligemment placé en ouverture qui vient répondre à ces questions. Dès l'intro, les ingrédients qui font toute l'identité du groupe sont présents : percussions, guitares saturées, double pédale et ambiance latino. Le premier couplet réconcilie les fans de la première heure qui avaient boudé ce côté si convenu et sucré du Néo Métal présenté sur l'opus précédent : Machado s'est remis au cri vengeur et envoie la purée. Un cocktail qui rappelle d'emblée les bonnes impressions du premier album. C'est violent, puissant, mais ne renie pas pour autant les passages aériens et les solos aux airs flamenco.

Le plaisir est retrouvé mais une question subsiste toujours : poudre aux yeux ou ligne directrice pour l'intégralité de l'album ? "My Resurrection" qui déboule ensuite semble enfoncer un peu plus le clou : il y a bien un retour aux sources de la part d'Ill Niño et en même temps, un petit on ne sait quoi de neuf. Une nouvelle énergie et un côté Speed Métal pas si désagréable. En somme, une résurrection qui fait bien plaisir.

Alors, évidemment, tout l'album ne reste pas sur le même ton que les deux premiers titres, et tant mieux finalement, car on se serait sans doute vite lassé. Ce qui est cependant très agréable, c'est de retrouver les percussions de Daniel Couto sur l'intégralité des pistes de cette galette et ce de façon très audible, ainsi que certaines parties chantées en espagnol ("Corazon Of Mine"). Pour le reste pas grand chose à dire, Ill Niño livrant là un album fort sympathique et entêtant qui corrige les erreurs faites sur l'opus précédent beaucoup plus plat. On notera l'apparition de synthés sur le refrain de "In This Moment", une touche Electro toute nouvelle (et assez surprenante il faut l'avouer) qui passe plutôt bien et vient enrichir l'ensemble en plus d'en étoffer l'intensité.

On retrouvait donc Ill Niño en grandes pompes pour un petit bonheur coupable car l'ombre de "Confession" planait toujours dangereusement sur ce nouvel effort. En effet, malgré une énergie débordante et un retour aux premières inspirations, il traînait toujours un peu de Néo Métal simpliste par ci par là ("My Pleasant Torture"). Une touche pourtant bien camouflée dans les nouvelles intentions du groupe qui prouvait qu'il était encore capable de faire de belles choses. Pas désagréable.

02/05/2013

[Vidéo] Seth Gueko : "Lève Les Draps" avec Orelsan

Que dire ? Je suis pas vraiment du genre à écouter du rap français, et suis plutôt (très) sélectif dans ce genre là. Seth Gueko a sorti cette semaine un nouveau clip avec pour Orelsan comme invité. Une truc de geek pas mal réalisé par DKPit à la Réunion. Punchlines un peu faciles parfois, mais si on prend en compte le second degré de l'ensemble, il en ressort un morceau quelque peu délirant, surtout vu le nombres de clins d'oeils au cinéma et au jeu vidéo qui y figurent. Les fans seront sans doute comblés. Pour les autres, comme moi, ça sera par curiosité.

> Orelsan : Chroniques de "Perdu d'Avance" et "Le Chant des Sirènes" <