30/04/2016

[Vidéo] Chinese Man : "Don't Scream" (Smokey Joe & The Kid Remix)

Il est sorti au début du mois d'avril 2016 mais revenons quand même sur le clip de Chinese Man pour le remix du titre "Don't Scream" par Smokey Joe & The Kid. Une vidéo montée à partir d'extraits de films gores et d'horreur qui sont, pour la plupart, des films cultes aux personnages ou monstres emblématiques. De Scream aux Griffes de la Nuit, en passant par Shining, Alien ou encore Chucky, c'est une large palette de productions cinématographiques qui est passée en revue avec la volonté de synchroniser les paroles avec les lèvres de certains personnages (lip synch). "Dont' Scream" est extrait de l'EP Sho-Bro sorti le 30 mars 2015.

29/04/2016

[Vidéo] Beartooth : "Aggressive" (Paroles / Lyrics)

Beartooth est de retour et Caleb Shomo n'est pas très content. Il est même plutôt du genre "agressif". Il faut dire qu'avec un nom d'album pareil - Aggressive, c'est son nom, sortira le 3 juin 2016 chez Red Bull Records - et le morceau que voilà, on n'avait que peu de chance de penser le contraire. C'est donc avec ce clip que la promotion de ce second effort est lancée et celui-ci fait plutôt bon effet.

Dans un contexte de primaires présidentielles aux Etats-Unis, Beartooth propose un clip en noir et blanc mélangeant prises du vue du groupe jouant sa musique et vue subjective de ce qui semble être un individu bien en colère et... agressif. La scène semble se jouer eu pleine période d'élections, du coup, le clin d’œil est assez parlant. Un clip qui vient s'ajouter à la longue liste de ceux où on ne voit pas son premier protagoniste (comme pour "Smack My Bitch Up" de Prodigy, pour ne citer que celui-ci), le cinéma voguant d'ailleurs sur cette vague avec la sortie récente de Hardcore Henry dans les salles obscures. Caleb Shomo (méconnaissable avec ses cheveux longs) et ses potes s'en prennent aux élites qui nous gouvernent dans un clip qui, évidemment, offre une petite surprise à la fin lorsqu'on découvre l'identité de son "héros". Chouette.

I might be in too much debt with the hell in my head
I'm way too aggressive
The nervous ticks, the twitch in my neck
I'll never suppress it

How's the view up on your throne today?
Are you ruling with an iron fist?
Rejoice in your sickness
Mental diseases
Twisted philanthropist

Will you bite your tongue?
Will you force your drugs?
Will you still be here?

Chew us up, spit us out
You know what you’re breeding
Lost aggressive youth
Push us back, hold us down 
What were you expecting?
Lost aggressive youth
We are the faces lost in the crowd
We may be down but we'll never be out
You will hear our sound 
You know what you’re breeding
Lost aggressive youth 

Are you feeling any agony?
Has the power made you start to trip?
You keep on feeding 
We’ll keep on biting the hands of the arrogant 

Does it strike a nerve? 
If my voice is heard
You've lost all control of me
It's time to find the edge
Time to seek revenge
I don't have any sympathy 
Now we're lashing out
Now you start to doubt
Take a look at your reality 
We're the living proof
We're the harshest truth 
All thanks to you 
We're the aggressive youth

27/04/2016

[Vidéo] Casseurs Flowters : "Inachevés"

C'est avec un grand plaisir qu'on retrouve Orelsan et Gringe rassemblés dans un même clip. Depuis plusieurs mois, les Casseurs Flowters ont enchaîné les sorties de vidéos pour mettre des images sur certains morceaux de l'album Comment C'est Loin, bande originale du film du même nom. Et depuis plusieurs mois, les clips sortis ne présentaient qu'un seul des deux compères à chaque fois : pour "J'essaye, J'essaye" et "Quand ton père t'engueule", Orelsan était le seul concerné tandis que c'était Gringe qui se retrouvait en solo face à la caméra dans la (très belle) vidéo pour "Le Mal est fait".

Pour "Inachevés" - qui apparaît en fin de tracklist de l'album et qui clôture le film - le duo se retrouve enfin et a décidé de pondre un véritable court métrage plutôt que d'exploiter à nouveau des images du film. Un plan séquence de trois minutes et presque cinquante secondes réalisé par Greg & Lio (à qui on doit déjà le clip de "6h16 - Des histoires à raconter", un titre extrait du premier album des Casseurs Flowters) et produit par HK Corp. Du bon Rap, de la poésie, de belles images : brillant !

26/04/2016

[Vidéo] Iris Von Gul : "Kill You"

Vous avez envie de tuer quelqu'un ? Dites-le lui en musique !

Iris Von Gul présentait récemment une nouvelle vidéo pour mettre des images sur son titre "Kill You" extrait de l'EP éponyme sorti en début d'année 2016. Un EP en écoute intégrale sur la page BandCamp du groupe bordelais ou via la page Youtube de We Are Vicious à qui on devait déjà la vidéo pour le titre "Artemis", un autre morceau extrait du même EP d'Iris Von Gul.

Concernant les images, c'est un peu le foutoir et on est en droit de se demander quelles revendications ou quel message le morceau veut faire passer. Entre les textes qui se limitent à quelques mots et des images sans lien apparent, il y a peut-être un truc à voir concernant notre animalité, notre rapport aux autres, ainsi qu'aux autres animaux... Qui sait ?

25/04/2016

[Vidéo] Run The Jewels feat. Gangsta Boo : "Love Again"

Non, ce ne sont pas les images de la suite de Microcosmos mais bien le clip de Run The Jewels pour "Love Again", un morceau en featuring avec Gangsta Boo. La rappeuse pose sa voix sur ce titre en deux parties qui nous parle de sexualité, un thème relativement easy à exploiter dans le Rap.

Mais là où le clip est une véritable perle dans le genre, c'est qu'il aurait pu proposer des images explicites et donc s'aligner avec tout ce qu'on déjà a pu voir ailleurs. Au lieu de ça, on a droit à de magnifiques images de macro-cinématographie où les personnages centraux ne sont autres que des fleurs et des insectes. La première partie du clip montre des insectes violer littéralement des fleurs pour leur précieux pollen tandis que la seconde montre les fleurs prenant leur revanche sur ces derniers. Une métaphore visuelle efficace et beaucoup plus intelligente que ce à quoi on aurait pu s'attendre pour un tel morceau et où la femme reprendrait donc le contrôle. L'esthétique soignée des images et cet aspect de faux documentaire animalier viennent élever ce clip à un rang bien plus haut que la plupart des vidéos de Rap. En un mot : génial.

24/04/2016

[EP] Absded : "Nukem"

Artiste : Absded
EP : Nukem
Sortie : 2016
Genre : Hardcore Chaotique, Punk Noise
Label : Autoproduction, Coups de Couteau
♥♥(♥)
> Ecouter et Télécharger gratuitement l'EP via BandCamp <

De qui on parle ? D'Absded. Une formation qui nous vient du Lot (département hexagonal, pour ceux qui ne sauraient pas) et qui fait partie de ces groupes distillant "l'amour de la poésie dans une musique guillerette où règnent douceur et joie de vivre". Formé en 2013 à partir des restes d'Abused et Aftermath, deux groupes où ça joue vite et fort, les compères ont décidé d'accorder leurs guitares et les quelques neurones que la nature leur a offerts pour cramer l'ensemble devant des amplis au bord de la rupture, le tout à grands coups de larsens (on soulignera la clôture de "Miss Understood" s'étalant sur plus de deux minutes de guitares et de batterie à l'agonie) et gang vocals bien sentis. Le résultat est à la hauteur de l'ambition : Absded ne joue pas pour égayer les tea parties avec mémé le dimanche après-midi mais bien pour remuer la merde qui hante et ramollit nos cerveaux assaillis par les mauvaises nouvelles des journaux télévisés et autres douceurs du monde actuel. Vous l'aurez compris : Absded pourrait s'adresser à tout le monde mais a décidé d'en faire autrement. Ces mecs-là aiment quand ça éclabousse et quand ça tache et pour faire ça bien, il faut faire appel aux bonnes personnes. Pour mener à bien ce projet musical, Absded a donc fait appel à des gens au savoir-faire bien particulier, notamment Amaury Sauvé pour le mastering, un gaillard dont on retrouve le nom ici et là aux côtés de formations comme Birds In A Row, As We Draw ou encore The Prestige (entre autres). Voilà de quoi annoncer la couleur.

Un objet singulier. Si cet EP a été enregistré en octobre 2015 au studio DismalSound à Albi et largué sur la page BandCamp du groupe ensuite, c'est en version physique que ce trois titres fait son retour en 2016. Un objet un peu étrange, au visuel composé de collages dont la composition est une sorte de pamphlet où à peu près toutes les couches sociales et politiques sont représentées. On sent qu'il y a de la colère dans tout ça et, en même temps, un poil de sarcasme et second degré vu les qualités plastiques de cet ensemble qu'on croirait réalisé par un enfant de quatre ans. Mais intéressons-nous plutôt au disque, support physique de la musique d'Absded, qui est en fait la toute première sortie du label Coups de Couteau. Un disque qui, dès la sortie de sa pochette, laisse à penser qu'on est face à un vinyle au format CD. Ceci n'est qu'un leurre mais le disque, au verso lui aussi noir, pousse à se poser la question : va-t-il falloir déterrer une vieille Playstation pour pouvoir le lire ? Heureusement, non. Du coup, l'objet est singulier et, malgré trois titres seulement, apporte du cachet à l'ensemble et donc une raison de le posséder.

Musicalement, ça donne quoi ? C'est là que les choses sérieuses commencent. Absded tape dans le Punk Hardcore chaotique à tendances noisy et tout ça sans trop de fioritures. C'est lugubre dans les riffs, ça sent la crasse dans la voix mais surtout la rage et la colère. Du coup, ça joue vite, ça frappe fort et ça ne lésine pas sur les larsens et autres vrombissements qui mettent bien mal à l'aise. Toutefois, les gang vocals viennent apporter une chaleur qu'on retrouve assez rarement dans un genre trop souvent attiré par le côté obscur de la musique - où le Black Métal règne en maître - et ça, ça fait toujours plaisir. En cela, la seconde moitié d'un titre comme "Som Telleck" rappelle que certains des mecs d'Absded viennent de chez Abused et qu'on y faisait du Punk bien nerveux. Absded tire toutefois son épingle du jeu grâce à une identité suffisamment marquée par un son de guitare qui rappelle la huit cordes d'un Stephen Carpenter de chez Deftones et ça, c'est assez surprenant. Concernant la voix, on a droit à plusieurs types de chant, ce qui évite une monotonie et offre au groupe la possibilité de servir plusieurs formes de discours au sein d'un même morceau, "Gaza" faisant office de bon exemple.

Qu'est-ce qu'on nous raconte ? Trois morceaux pour trois thèmes à aborder. On pourrait penser qu'entre les revendications "inutiles" de "Som Telleck", le grand coup de gueule contre la guerre au Proche-Orient dans "Gaza" et les petits tracas d'une relation amoureuse qui se termine mal avec "Miss Understood" il n'y a aucun fil conducteur mais c'est en fait la musique qui lie le tout, et non les textes. Absded ne se démarque pas via l'écriture mais cette capacité à faire passer la hargne et la colère qui nous habitent tous un peu. Entre l'individualisme, l'impérialisme, le nazisme, le sionisme, le terrorisme ou tout simplement l'amour, beaucoup de choses sont abordées dans ces trois titres qui ressemblent davantage à un exutoire qu'à un véritable objectif musical. Ce qui nous rappelle que ces gars-là n'avaient pas la prétention de faire de la musique pour se faire connaître ou se remplir les poches mais plutôt pour communier, ensemble, autour d'une passion qui les anime. Et si ça marche pas mal, c'est sans doute parce que tout le monde - aussi bien chaque membre de la formation que n'importe quel clampin qui écouterait ce disque - peut se reconnaître en Absded et ses propos.

Solide. Un EP qui ne révolutionne pas le genre chaotique mais qui propose un instant de réflexion, une introspection, autour de trois titres dont l'intérêt ne se trouve pas dans l'écriture ou la composition mais bien dans les sensations que procurent l'ensemble. Les oreilles s'en souviennent et l'esprit aussi, un peu. Un recueil à ne toutefois pas mettre dans les tympans de n'importe qui !

22/04/2016

[Vidéo] Jabberwocky : "Alastor"

On connaît Mai Lan pour "Gentiment, Je T'Immole", sa reprise de "Bâtards de Barbares" de La Caution en 2006 pour le film Sheitan. Mais l'artiste française a une carrière qui ne se limite pas qu'à se morceau, loin de là. Elle participe d'ailleurs en 2016 au dernier album de M83 - intitulé Junk - en collaborant avec le groupe sur quatre morceaux.

En 2015, c'est Jabberwocky qui fait appel à la voix "douce et fluette" de la chanteuse pour poser une voix sur le titre "Alastor", extrait de l'album Lunar Lane. Après les très beaux clips pour "Fog", "Holding Up" et "Ignition", c'est au tour de ce morceau de profiter d'une vidéo mettant en scène un couple, l'actrice Jade Hénot et le danseur chorégraphe Adrien Ouaki, pour un dialogue au langage... paranormal.

21/04/2016

[Vidéo] We Came As Romans : "Memories"

Qui n'a jamais rêvé d'avoir un groupe ? De jouer avec ses potes ? Puis de prendre la route pour une tournée et se la donner sur scène ? C'est un peu ce que résument les mecs de We Came As Romans avec cette vidéo pour le titre "Memories" extrait de l'album éponyme sorti courant 2015, un morceau qui recycle le thème des souvenirs déjà traité dans un morceau présent sur l'album précédent : "Through The Darkest Dark And The Brightest Bright" et son "This is our song to remember".

Alors, certes, musicalement, We Came As Romans s'est un peu perdu en cours de route depuis le premier album sorti en 2009. Certes, ce morceau est un peu mou du genou. Certes, les images ont été prises pendant le Vans Warped Tour réputé pour sa météo clémente, sa bonne humeur et ses nombreux sponsors. Certes, ça reste les Etats-Unis et il y a des moyens financiers énormes. Mais voilà, les images font quand même bien plaisir et rappellent que la musique, c'est aussi des potes et des bons souvenirs. Dommage que chez nous, une tournée soit davantage synonyme de van microscopique et miteux, de bières pas chères et dégueulasses et de comptes en banque à sec. Mais c'est ça qui fait le charme, il paraît.

20/04/2016

[Vidéo] Ibrahim Maalouf : "Red & Black Light"

Ibrahim Maalouf fait partie de ces artistes français bien trop peu médiatisés mais qui mériteraient pourtant d'avoir plus de visibilité. Avec une musique instrumentale sur base de Jazz, le trompettiste a su mélanger les genres - accompagnés de musiciens talentueux - et faire passer des idées humanistes et un message fort.

Après le clip très réussi pour "Run The World (Girls)", c'est au tour de "Red & Black Light" de profiter d'images magnifiques extraites du film "Dans les forêts de Sibérie" réalisé par Safy Nebbou et dont Ibrahim Maalouf a composé la bande originale. Un lac gelé, un environnement froid et hostile mais extraordinairement beau, pour un morceau qui se veut être une nouvelle fois "une ode à la femme d'aujourd'hui". Une musique universelle pour un thème qui l'est tout autant. Un clip et un morceau magiques. L'album Red & Black Light, sorti le 29 septembre 2015, est en écoute intégrale via la page Youtube officielle d'Ibrahim Maalouf.

18/04/2016

[Album] Raised Fist : "From The North"

Artiste : Raised Fist
Album : From The North
Sixième Album
Sortie : 2015
Genre : Punk Hardcore
Label : Epitaph Records
Morceaux à écouter : Man & Earth, Gates, Until The End
♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

On en est où ? Nouveau label et nouveau départ pour Raised Fist. Plus qu'un groupe : une légende du Punk Hardcore européen et mondial. La bande emmenée par Alexander "Alle" Hagman signait son grand retour en 2015 avec Epitath Records et ce sixième album après six ans d'absence. Un visuel sobre, sombre et énigmatique qui, si on n'y regarde pas de plus près, pourrait passer pour un paysage où une éclipse éclairerait avec douceur les cimes des sapins d'une forêt scandinave. Il ne s'agit pourtant pas de conifères mais de clous pointant vers le ciel. Avec un nom qui sonne comme un rappel, From The North repose les bases de Raised Fist qui souligne que là d'où vient le groupe, les nuits peuvent être longues, le froid y est mordant et qu'on y fait du Punk Hardcore avec une certaine verve. Ni plus ni moins que le court portrait de la formation suédoise.

Un nouveau départ musical. Avec Veil Of Ignorance, Raised Fist avait porté son Hardcore à maturité, avec une musique et des textes qui représentaient au mieux le groupe, même si les puristes et fans de la première heure regrettaient le côté plus oldschool des premières productions de la formation. Ce dernier album paru en 2009 concluait en fait la longue évolution suivie par les suédois, tant musicalement que dans les thèmes abordés dans les textes. Six ans plus tard, donc, le retour de la formation était plus qu'attendu et la question sur ce qu'il était advenu du groupe et de sa musique semblait légitime. On aurait pu aisément s'attendre à retrouver cette sonorité si particulière développée sur Sound Of The Republic et Veil Of Ignorance, à savoir ce Hardcore aux guitares sonnant pourtant très Métal, au tempo relativement lent pour du Punk et aux passages instrumentaux si caractéristiques qui représentaient au mieux ce que Raised Fist était devenu. Et il faut bien admettre que cela aurait été un véritable bonheur que de retrouver tout ça, six ans plus tard. Sauf que non. Alle et ses compères ont surpris tout le monde en reprenant tout depuis les bases, changeant radicalement les aspects sonores de leur musique. Le son se veut beaucoup plus Rock, plus "rond", à l'image de cette grosse caisse paraissant "presque" trop molle en comparaison de ce qu'on a désormais l'habitude d'entendre partout. Raised Fist a décidé de revoir son orientation musicale et la surprise était de taille. Est-ce un choix volontaire ou celui du label et de la production ? Quoiqu'il en soit, le résultat ici n'a plus grand chose à voir avec les deux albums précédents. Après tant d'années d'absence, ce n'est pas vraiment un virage musical que le groupe a pris mais bel et bien un nouveau départ. Comme une seconde vie.

Toujours aussi percutant. Et les premiers signes de ce changement assez radical ont pu être constatés avec la promo de cet album et la sortie du titre "Flow" qui, comme "Friends And Traitors" sur l'effort précédent, sonne tel un règlement de comptes avec les détracteurs (virtuels ?) du groupe. Le titre se veut "coup de poing" et permet de rentrer dans le vif du sujet : Raised Fist n'a rien perdu de sa hargne et de son énergie et ce n'est pas cette nouvelle orientation musicale qui changera les fondements d'un groupe qui a désormais plus de vingts ans de carrière. Que ce soit dans les titres choisis ("Chaos", "We Will Live Forever", "Ready To Defy" ou encore "Unsinkable"), les thèmes abordés ("Man & Earth", "Sanctions" ou "Gates") ou les riffs imparables exécutés en conclusion de morceaux tels des rituels (la clôture de "Gates" est le parfait exemple de ce que savent faire de mieux les suédois, ou encore cet incroyable riff basse en fin de "Until The End"), Raised Fist est revenu avec la nette intention d'en découdre, de remuer les corps mais aussi (et surtout) les esprits. Et ce ne sont pas d'apparentes "douceurs" comme l'ouverture de "We Will Live Forever" qui feraient du tort à la musique du groupe. Mieux que ça, ce dernier arrive à donner un nouveau souffle à sa musique, préférant proposer quelque chose de nouveau, préférant évoluer, sans pour autant se tirer une balle dans le pied. Et ça, c'est ce qu'on pourrait appeler le talent, le tout porté par un Alexander dont la voix et les textes sont ici des plus percutants.

De la punchline comme s'il en pleuvait. Alle, en plus de chanter/crier de cette façon si particulière - et d'en imposer physiquement -, n'a pas à rougir de sa plume. Bien que les thèmes abordés soient vus et revus, partagés par d'autres formations - notamment signées sur le même label, comme Architects par-exemple -, sont ici traités avec l'intelligence et l'art de la punchline comme seul Raised Fist sait le faire. Qu'il s'agisse de la cause environnementale ("I want to complain about climate change." sur "Man & Earth") ou des populations opprimées par un système aux allures de régime totalitaire ("How can we just digest tyrants gassing children to death ?" sur "Sanctions"), pratiquement tout y passe et From The North dresse un portrait plus qu'accablant du monde dans lequel on vit et où chacun a sa part de responsabilité, qu'on soit innocent ou au contraire conscient ("And you have no clue, while getting your hair and nails done." sur "In Circles" ; "New era smart phone fashion editors turning kids into competitors" sur "Depression"). En bref, cet album est un nouvel exemple de ce que Raised Fist peut produire en "Hardcore conscient", s'éloignant un peu de propos uniquement politiques pour remettre l'Homme au centre du débat, comme une nouvelle forme d'Humanisme. Des textes qui, si on y regarde de plus près, nous parlent à tous. Il apparaît dommage que le public d'un groupe comme Raised Fist se limite trop souvent aux amateurs du genre musical dans lequel le groupe évolue...

Un album maîtrisé. Raised Fist a donc fait un retour en grandes pompes, s'interdisant la facilité et tentant une nouvelle orientation musicale pour le moins réussie. Un très bon album de Hardcore, mature et transpirant la sagesse. Peut-être est-ce logique dans le sens où le groupe a su traverser les années sans rater le coche mais cela reste une exception dans le vaste monde de la musique. Une chose est sûre : avec cet album, Raised Fist ne s'est pas cassé la gueule et en impose toujours autant.

17/04/2016

[Vidéo] Madchild feat. Joseph Rose : "Little Things"

Madchild est sobre, et il le fait savoir. Avec "Little Things", le rappeur canadien nous parle des "petites choses" qui peuvent vous foutre la vie en l'air. Du positivisme à plein régime pour un titre en featuring avec Joseph Rose, un autre MC originaire de Vancouver.

Le thème abordé n'est pas sans rappeler une vidéo devenue virale récemment où un jeune australien témoigne de son expérience désastreuse après une prise d'ecstasy. Toutefois, même si Madchild se dit sobre, ça ne l'empêche pas de "vapoter" dans le clip. Sans doute une petite compensation.

16/04/2016

[Vidéo] LETHVM : "Shine In The Crawling Darkness"

Lethum nous vient de Belgique et sortira bientôt un EP répondant au doux nom de Afable Erosion. Courant mars, le groupe a proposé une vidéo pour le titre "Shine In The Crawling Darkness". Au menu : du noir et du blanc, des images où la nature est mise à l'honneur et quelques plans montrant les musiciens. C'est sûr, ça ne transpire pas la joie mais plutôt la noirceur et la mélancolie. Avec son côté Post-Métal bien Dark et à tendance Sludgy, Lethum ravira sans aucun doute les fans de nombreuses formations évoluant déjà dans le même genre musical.

Et comme le disent les belges : "Tune Low, Play Slow".

15/04/2016

[Vidéo] Long Distance Calling : "Getaway"

Alors que la sortie du cinquième album des allemands de Long Distance Calling sortira le 29 avril 2016, les membres du groupe ont décidé de donner de leurs personnes pour mettre des images sur le morceau "Getaway". C'est avec des belles têtes de vainqueurs et des tenues sorties tout droit d'une autre époque qu'on retrouve le (désormais) quatuor pour une séance d'exercices physiques pas comme les autres ! L'album s'appelle Trips et il est aussi possible de découvrir le titre "Lines" qui profite d'une lyrics video publiée il y a quelques semaines déjà. Musicalement, ça sonne quand même très Synthwave et finalement, c'est dans la continuité de l'EP Nighthawk sorti en 2014. Et ça ressemble aussi pas mal à ce que fait un groupe comme Toucan.

14/04/2016

[Vidéo] Gavlyn & DJ Hoppa : "One Way To Go"

Suite à un album sorti en 2015 (Make Up For Your Break Up) sur le label Peach House, Gavlyn est de retour chez Broken Complex en 2016 avec DJ Hoppa pour un album répondant au nom de Why Wait. Un titre qui sonne comme une sorte d'interrogation rhétorique qui rappelle combien les textes de Gavlyn sont pensés et réfléchis, ce qui lui vaut l'étiquette de "Rap conscient". L'album est sorti le 9 avril 2016 et c'est le même jour que ce clip, pour le titre "One Way To Go", est sorti. Une instru catchy et quelques notes de piano et le tour est joué !

13/04/2016

[Vidéo] Deftones : "Prayers/Triangles" (Paroles / Lyrics)

Voilà, ça y est. Le nouvel album de Deftones, Gore, est sorti il y a quelques jours (le 8 avril 2016). Certains parlent d'une nouvelle perle dans la discographie du groupe tandis que d'autres le trouvent plutôt moyen et difficile à apprécier. Quoiqu'il en soit, la formation originaire de Sacramento en a profité pour dévoiler un clip pour le morceau "Prayers/Triangles", morceau sur lequel la promo de cet album était basée. Pas de flamants roses mais beaucoup de triangles et de post-production pour une vidéo colorée où on ne voit finalement pas grand chose d'autre que le groupe en train de jouer. Dommage.


There's a new strange
Godless demon awake, inside me
There's a force divine
Terrorizing the angels I keep
While we dream
Prayers! (Prayers!)
Lay on the line (Lay on the line)
You will never be free
You will never be free
(Free, free, free)
I'm a true slave
To the fire and the air around you
While this curse divine
It's slowly rotting away, inside me
While we dream
Prayers! (Prayers!)
Lay on the line (Lay on the line)
You will never be free
You will never be free
(Free, free, free)
Triangles! (Triangles!)
Placed in your mind (Placed in your mind)
You will never be free
You will never be free
Beware [x4]
I will never walk this street again
The only time I feel I'm not alone
I pull my heart out, I wave it in the air
I will never walk this street again
The only time I feel I'm not alone
I pull my heart out, I wave it in the air
I pull my heart out, beware

11/04/2016

[Vidéo] Architects : "Gone With The Wind" (Paroles / Lyrics)

Epitaph Records assure la promo pour la sortie du nouvel album d'Architects et ça s'accompagne évidemment de nouveaux morceaux et clips vidéo.

Un mois après le clip pour "A Match Made In Heaven", c'est au tour de "Gone With The Wind" de profiter d'une vidéo. L'album All Our Gods Have Abandoned Us sortira le 27 mai 2016 et une chose est sûre, Sam Carter et sa bande ne sont pas vraiment contents et le font savoir... en musique !




The weight of the world is resting on thin ice. 
When the surface breaks will I find paradise ? 
As I freeze to death, left to reflect, what a waste of time I was, in retrospect. 
I’d take a leap of faith, but I’d lose my nerve. 
In the end, I’ll get the hell that I deserve.
 I’m always gone with the wind. Crawling in and out of my mind. 
God knows, I lost all my faith. A sickness with no remedy, except the ones inside of me. 
You ever wonder how deep you can sink into nothing at all ? 
Disintegrate. Annihilate me. Do you remember when you said to me, “My friend, hope is a prison.” ? 
Of all the patterns that I could create, I built a labyrinth with no escape. 
To keep my ‘self’ under lock and key. I am my own worst enemy. 
A sickness with no remedy, except the ones inside of me. 
You ever wonder how deep you can sink into nothing at all ? 
Disintegrate. Annihilate me.
 If I could silence all the doubt in me, accept that what is meant to be, is meant to be. 
You ever wonder how deep you can sink into nothing at all ? 
Disintegrate. Annihilate me.

08/04/2016

[Vidéo] Pethrol : "Railroad Dream" (Paroles / Lyrics)

Les lyonnais de Pethrol sont de retour avec une nouvelle vidéo aux allures de roadtrip nocturne improbable.

Un unique plan séquence, un "véhicule" désossé, des arbres et quelques promeneurs aux silhouettes spectrales qui se mettent à suivre le cortège. Voilà les ingrédients de ce clip pour le titre "Railroad Dream", extrait du premier album de Pethrol. Musicalement, le duo ne lâche pas ses bases Electro Pop et travaille son univers en profondeur. Après plusieurs EPs sortis ces dernières années, Pethrol déversera ses nappes et vagues obscures d'ici quelques mois, l'album étant prévu pour septembre 2016. Affaire à suivre.


A few nights ago I was told :
"Get back soon on that very road
You'll see strangers passing by
They'll sell you the permanent flight."
I wish you could be all with me
Before the great trip is over
Because I saw what was left here :
Beats of the end of the summer.
A few nights ago I was told :
"Get back soon on that very road
You'll see strangers passing by
They'll sell you the permanent flight."
Why did I chosen this curse ?
Where was I supposed to land then ?
Glad my rubber train is the first,
It's keeping me up in the game...
I wish you could be all with me
Before the great trip is over
Because I saw what was left here :
Beats of the end of the summer.

07/04/2016

[EP] Mera : "Nano"

Artiste : Mera
EP : Nano
Sortie : 2014
Genre : Métal Progressif aux sonorités Electro, Instrumental
Label : Autoproduction
♥♥(♥)
> Ecouter et Télécharger gratuitement l'EP via BandCamp <

De qui on parle ? D'un de ces groupes dont on ne sait pas grand chose, formé par une bande de compères qui proposent leur musique gratuitement sur la toile, comme ça, juste pour le plaisir. Mera, c'est un quatuor basé au Royaume-Uni et qui compte en ses rangs des musiciens n'hésitant pas à tripoter aussi des boutons et un ordinateur pour composer de la musique instrumentale aux allures hybrides, entre Métal moderne et Electro.

Musicalement, ça donne quoi ? Dans sa description, Mera se dit être un groupe inspiré par des ambiances "sombres et graveleuses" aux couleurs de "rues et environnements urbains souillés par la pluie d'un futur dystopique". Dit comme ça, ça fait un peu perché. Mais il se trouve que les ingrédients musicaux mis en oeuvre ici corroborent ce statut. En effet, bien que la base instrumentale campée sur deux guitares et une basse soit des plus conventionnelles, Mera ne compte pas de batteur en ses rangs et mise donc sur la batterie programmée par ordinateur pour ses compositions. Il en résulte donc des percussions aseptisées, aux rythmes très mécaniques et millimétrés que seul l'ordinateur peut produire. Ce côté synthétique aurait pu être un défaut si l'objectif n'était pas justement de produire cette effet futuriste où la machine a toute sa place. Mais Mera ne s'arrête pas à ce détail et développe en plus ses productions sur fond de nappes Electro aux sonorités métalliques, miroitantes, spectrales parfois et surtout froides comme l'acier sous une pluie d'hiver. On a donc tous les ingrédients pour créer ces fameuses ambiances futuristes et souvent un poil glauques, mélangées à des lignes de guitare pêchues pour un résultat épique mais néanmoins pessimiste. C'est donc tout à l'honneur de Mera que d'employer des éléments relativement simples pour produire une musique qui lui ressemble et tenir ses engagements. Entre Métal mélodique moderne aux allures Djent parfois, solos de guitare et productions Electro, Mera a une identité qui lui est propre et qui tient la route.

Qu'en est-il du contenu de l'EP ? Quatre morceaux pour plus de vingt minutes de musique en boîte. Convenable. Mais ce qui fait véritablement la force de cet EP, ce sont les identités et ambiances propres à chaque pièce. Bien que la base Métal soit toujours la même, on peut noter un travail de fond sur la production électronique pour proposer trois pièces épiques qui auraient très bien pu faire office de bande originale pour un jeu vidéo de style Shoot'em Up au gameplay terriblement nerveux et dont "Kara" serait le boss de fin. Reste le morceau "Burning Chrome" qui se démarque du lot par sa touche Electro prononcée et ses ambiances électriques miroitantes qui évoquent des néons et autres sources lumineuses étincelant dans la nuit. Un morceau qui rappelle un peu le travail du groupe Health sur la bande originale du jeu Max Payne 3, par-exemple. Cet EP arrive donc à faire étalage de la capacité du groupe à développer divers univers avec son style musical et c'est finalement tout ce qu'on demande à un EP : faire office de carte de visite et pouvoir ainsi identifier le groupe.

Verdict. Même si on pourra reprocher un manque de richesse sur le plan musical, notamment à cause de l'absence d'un batteur mais aussi parce que Mera semble attaché à un univers plutôt restreint, ce premier EP a au moins le mérite de proposer quatre morceaux bien différents qui plairont sans doute aux amateurs de Métal mélangé à de l'Electro mais aussi à des fans de jeux vidéo habitués à ce genre de productions. Mera arrive donc à employer des ingrédients relativement basiques et bien connus de tous pour proposer une musique qui lui ressemble, une musique à l'identité bien réelle. Et comme c'est gratuit, pourquoi s'en priver ? Certes, ça ne plaira pas à tout le monde, mais il y a fort à parier que Mera trouvera son public.

06/04/2016

[Vidéo] Walls Of Jericho : "Reign Supreme"

Qui dit nouvel album dit promotion et donc clips vidéo. Et ça vaut pour tout le monde. Walls Of Jericho n'échappe donc pas à la règle et après une vidéo pour le titre "Fight The Good Fight", c'est ensuite "Reign Supreme" qui a eu droit à un clip mettant Candace Kucsulain en scène pour une préparation physique à en faire pâlir plus d'un !

Au programme, levée de fonte, punching bag, retourné de pneu... Tout ça en arborant un maillot aux couleurs de Madball. Un nombre important d'épreuves de force (en vue d'un combat de freefight) qui viennent rappeler que malgré ses 35 ans, la frontwoman en impose toujours autant et qu'il vaut mieux ne pas se retrouver dans une cage avec elle... Le nouvel album de Walls Of Jericho est sorti le 25 mars 2016 via Napalm Records et s'intitule No One Can Save You From Yourself.

04/04/2016

[Album] Casseurs Flowters : "Comment C'est Loin"

Artiste : Casseurs Flowters
Album : Comment C'est Loin (Bande Originale)
Deuxième Album
Sortie : 2015
Genre : Rap, Electro, Bande Originale
Label : 7th Magnitude
Morceaux à écouter : Freestyle Radio Phoenix, Si Facile, Inachevés
♥♥♥(♥)
> Ecouter l'album sur Deezer <

On en est où ? Qui aurait cru que "le groupe de Rap le moins productif" serait de retour avec autant de nouveautés dans son sac en cette année 2015 ? Après un premier album (réussi) sous le nom Casseurs Flowters, Orelsan et Gringe ont décidé de continuer l'aventure avec un film et un nouvel opus retraçant cette fameuse journée consacrée à l'écriture d'un morceau de Rap. Sur le papier, ça pouvait sembler redondant mais c'était sans compter sur l'intelligence d'Orelsan à l'écriture et derrière la caméra (aidé par Christophe Offenstein) pour proposer une histoire aussi plaisante que touchante. Entre la création pure et l'autobiographie, Orelsan et Gringe crèvent l'écran avec le film et redoublent d'inventivité en proposant une bande originale évitant l'erreur de répéter exactement les mêmes choses que dans l'album sorti en 2013. Une nouvelle casquette d'acteur que les deux compères portent déjà depuis le milieu d'année 2015 avec la mini-série Bloqués de Canal +, des rôles qui leur vont si bien qu'on a l'impression que jouer devant une caméra a toujours été quelque chose de naturel pour eux.

Une nouvelle aventure. Comment raconter sensiblement la même chose que dans l'album sorti en 2013 sans ennuyer le spectateur ayant déjà pris connaissance de ces fameuses péripéties retraçant vingt-quatre heures de la vie des deux rappeurs ? Un défi casse-gueule qu'Orelsan et Gringe ont relevé avec brio tant le film est une réussite et un petit bijou de simplicité mais aussi de sincérité. Quant à la bande originale, elle révèle une fois de plus l'inventivité et l'inspiration (presque) sans faille des deux amis qui ont passé tellement de temps ensemble que leur complémentarité semble être une évidence. Quand Orelsan est le benêt du duo et Gringe le personnage plus incisif et réfléchi dans Bloqués, ils deviennent plus sensible et attachant pour le premier et plus en colère contre lui-même pour le second dans le film. Et ces identités se retrouvent dans leurs façons respectives de rapper. Une sorte de combinaison improbable qui rappelle pourtant que l'amitié, ça se fait parfois contre toute attente. En ce sens, le film (et cette bande originale) ont un ton beaucoup plus sérieux que le premier album des Casseurs Flowters et met ses personnages en situation réelle, nous plongeant dans cette fameuse journée avec autant d'humour que de vérité, parfois dure. On y découvre la relation amoureuse chaotique de Gringe ("Le Mal Est Fait"), une matinée difficile entre Orelsan et son père (qui donne lieu à un morceau très fort : "Quand Ton Père T'engueule"), le passé des deux copains et leur passage en radio ayant poussé Ablaye et Skread à devenirs leurs producteurs ("Freestyle Radio Phoenix") jusqu'à leur méthode pour écrire un morceau à deux ("Inachevés"). Un film simple mais qui, contrairement à d'autres films prenant le Rap comme fil conducteur, s'inscrit dans un contexte plus large : une jeunesse française perdue entre vingt et trente ans, face à des choix de vie parfois décisifs et subissant une réalité sociale (et économique) prise en pleine face comme une mandale en pleine tronche.

Les copains d'abord. Il apparaît évident qu'Orelsan et Gringe ne pouvaient pas confier leurs rôles à des acteurs. Ces deux-là sont sans doute les seuls à pouvoir parler de leur quotidien de la meilleure des façons. Dans le film, ils sont comme on les a toujours imaginés depuis le premier album des Casseurs Flowters (et même avant ?), végétant dans leur canapé, vivant chaque jour la même histoire et galérant pour écrire un morceau de Rap. Et afin de nous plonger encore plus dans cette aventure d'une banalité sans nom, ce sont tout simplement leurs potes qu'ils font évoluer à leurs côtés. Ainsi que leur famille (la grand-mère d'Orelsan qui se joint à lui pour une séquence certes pas très bien jouée mais extrêmement touchante dans le film et pour le clip de "J'essaye, J'essaye"). Le résultat est donc frais et sincère : une tripotée d'anonymes qui nous offrent une tranche de vie dans la ville de Caen, accompagnés bien sûr par Skread et Ablaye.

Toujours la même journée. Comme dit plus haut, l'histoire du film (et donc de cette bande originale) et sensiblement la même que celle proposée sur le premier album des Casseurs Flowters. On a donc pas mal de clins d’œil faits à ce premier opus et au reste de la carrière solo d'Orelsan. Entre les prostituées (cf. "Les Putes Et Moi"), la séquence d'introduction qui aurait pu faire office de clip pour "Stupide ¡ Stupide ¡ Stupide ¡", la petite asiatique joueuse de piano dans le bar (cf. "La Petite Marchande de Porte-Clefs"), cette séquence dans l'abribus sur la même instru que la version du premier album, la séquence dans le bar "L'Embuscade" (cf. "Manger C'est Tricher") et beaucoup d'autres petites choses, on retrouve tout un univers auquel on est déjà familier si on a suivi la discographie du duo depuis ses débuts. Une sorte de petit cadeau fait aux spectateurs (et auditeurs) assidus qui se seraient déplacés pour voir le film. Toutefois, si le premier effort des Casseurs Flowters suivait une trame chronologique très claire tout au long d'une journée d'Orelsan et Gringe, cette bande originale, quant à elle, est plus découpée entre extraits du film et nouveaux morceaux, tous ne suivant pas une chronologie logique (ou alors celle du film). Et tant mieux.

Des cadeaux musicaux. La grande majorité des bandes originales de films sont des recueils des morceaux composés et présents dans les films concernés. Avec ce Comment C'est Loin, Orelsan et Gringe ont l'intelligence de ne pas se moquer du spectateur ayant vu le film et décidant d'acheter cet album - ou inversement. En effet, on y trouve plusieurs morceaux qui ne sont pas présents dans le film et ça, c'est une très bonne surprise, à l'image de "Pas N'importe Quel Toon" qui n'est pas sans rappeler l'univers de Roger Rabbit. Du coup, l'album et le film sont comme une production trans-média, ils se recoupent, mais ils peuvent aussi être pris comme deux objets indépendants. Et lorsqu'on réfléchit un peu à la masse de travail que l'écriture de ce disque et l'écriture et le tournage du film peuvent représenter, on se rend compte que ces gars-là ne sont plus vraiment les gros branleurs qu'ils ont pu être. Reste que cet album est un peu moins plaisant à écouter que le premier effort des Casseurs Flowters de par son ton plus grave et plus sérieux, mais qu'il comporte suffisamment de morceaux traitant de sujets qui diffèrent de celui-ci pour avoir un intérêt qui lui est propre.

Quoi pour la suite ? C'est LA question qu'on peut désormais se poser. Après tant de choses accomplies et une réussite certaine dans tous leurs projets mis en oeuvre, que peuvent bien prévoir les deux gaillards que sont Gringe et Orelsan ? Pour le premier, en plus de continuer de jouer aux côtés du second pour la série Bloqués, on parle d'un premier album solo et même d'un premier rôle au cinéma. Pour Orelsan, le champ des possibles est plutôt grand. Quoiqu'il en soit, comme le dit Gringe dans une interview donnée à Noisey, il faudra un peu de temps pour digérer tous ces nouveaux événements et peut-être sortir un disque sur cette nouvelle vie. Et si ces gars-là deviennent papas un jour, il y a fort à parier qu'il y aura un paquet "d'histoires à raconter" !

Verdict. Comme le premier album des Casseurs Flowters, ce Comment C'est Loin est une franche réussite. Entre les coupures instrumentales évidemment concoctées par Skread, ces nouveaux morceaux et le film, on a là un objet sensible, vrai et bien foutu. Cependant, comme dit plus haut, l'aspect "décousu" de cet album et la variété des morceaux en font un objet un peu plus difficile à écouter que celui sorti en 2013 mais on a là un bon album de Rap qui ne s'inscrit pas dans tout ce qu'on a l'habitude d'entendre à droite ou à gauche, loin du rap game et tout ce qui s'en approche. Un disque mature, en somme.

02/04/2016

[Vidéo] Naïve : "Yshbel" (Lyrics Vidéo)

Ce n'est pas véritablement un clip mais comme les lyrics videos sont de plus en plus travaillées et qu'en plus, elles permettent d'avoir les textes du morceau concerné, pourquoi s'en priver ?

Naïve a sorti son album Altra en 2015 et après la sortie d'un clip pour le titre "Surge", c'est au tour de "Yshbel" de profiter d'images en noir et blanc pour accompagner les textes de ce morceau de presque neuf minutes avec une longue introduction comme Naïve sait si bien le faire. Entre riffs puissants et voix douce et traînante, voilà un extrait mettant en relief toute la force de cet album.

01/04/2016

[Live Report] Periphery + Veil Of Maya + Good Tiger (CCO Villeurbanne)

Ce ne sont généralement pas les mêmes motivations qui peuvent nous pousser à aller à tel ou tel concert. Pour certains, on y va parce qu'on a apprécié, digéré maintes et maintes fois la discographie d'un groupe, qu'on connaît les textes sur le bout des doigts et qu'on veut profiter du spectacle en Live. Pour d'autres, on y va parce qu'on sait que ça sera un bon moment, que les mouvements de foule permettront de faire du sport pour les six mois à venir et qu'on terminera en nage en ayant pris une bonne calotte dans les oreilles (coucou les concerts de Punk et Hardcore). Enfin, il y a ceux où on remercie les orgas avant même d'y être allé pour proposer un prix raisonnable et découvrir des groupes sur scène, qui jouent leur musique, et se faire une idée. Oui, c'est un peu la définition de la curiosité, en somme.

Cette fois, c'était donc pour la troisième raison que j'avais traîné ma carcasse au CCO de Villeurbanne. C'était le 14 décembre 2015.

Certes, il m'arrive d'écouter du Djent mais je dois avouer que Periphery n'a jamais fait partie de ma discothèque et que je ne me suis jamais attardé sur la discographie du groupe. Encore moins en ce qui concerne Veil Of Maya. Non, ma came, c'est davantage Tesseract, Monuments, Animals As Leaders ou même Hacktivist. C'était donc l'occasion d'aller voir ça de plus près et se faire une idée. En ce qui concerne Good Tiger, je dois admettre que c'est même davantage ce groupe qui a motivé mon déplacement. Depuis la sortie du premier album courant 2015, A Head Full Of Moonlight, la découverte du nouveau groupe d'Elliot Coleman (ex-Tesseract) a été une très bonne surprise et un plaisir pour les oreilles. L'envie de découvrir ce "super-groupe" sur scène a donc été plutôt forte.

Good Tiger au CCO © Lukas Guidet
Comme mes souvenirs sont un peu flous depuis cet événement, j'irai droit au but, me focalisant sur les émotions et impressions qu'il me reste de cette soirée. Déjà, je me suis pointé un peu à la bourre et Good Tiger était déjà sur scène. Heureusement, je n'avais pas raté grand chose et ai pu profiter de morceaux comme "67 Pontiac Firebird", "I Paint What I See", "Snake Oil" ou encore "Where Are The Birds" en clôture du set. De toute façon, le groupe n'ayant qu'un album au compteur et celui-ci avoisinant guère plus d'une demie-heure de durée, la troupe de Coleman et ses potes pouvait presque se permettre de jouer sa galette en intégralité, même en tant que première partie de soirée. Le verdict est favorable : musicalement, ça groove, ça a la pêche et Coleman chante juste. Reste que le scream n'est définitivement pas son domaine et que l'exercice sur scène est plutôt raté. D'ailleurs, le public n'était pas vraiment là pour du chant clair et les commentaires négatifs sur le groupe ont fusé dès la première entracte. Personnellement, j'ai apprécié la performance, c'était carré et surtout, le son était loin d'être mauvais, les instruments étant parfaitement audibles.

Veil Of Maya au CCO © Lukas Guidet
C'est ensuite Veil Of Maya qui est arrivé sur scène et là, déferlante de violence. Un contraste très fort avec Good Tiger (en même temps, la musique de Veil Of Maya est considérée comme du Deathcore Djent ou quelque chose dans ce goût-là), mais le public était de toute façon davantage venu pour ça et la salle a soudainement pris une toute autre allure, la température montant nettement d'un cran. Avec seulement trois musiciens, le groupe ne fait pas vraiment dans l'atmosphérique, planant ou fouillé en textures. C'est direct, pêchu, et ça tape fort. Les gars ont sorti les sept cordes... tant à la guitare qu'à la basse. Cette impressionnante basse au manche tellement large qu'on se demande comment il est possible d'en jouer convenablement. D'ailleurs, le bonhomme derrière cette dernière n'est pas un manchot et s'accorde des lignes au tapping plutôt sympa. Il faut aussi reconnaître que Marc Okubo, à la guitare, est plutôt dégourdi de ses deux mains et apparaît comme une version plus excitée de Tosin Abasi. Seul bémol, les balances qui, il faut bien l'avouer, étaient plutôt mauvaises et qui n'ont pas permis de profiter au mieux de ce genre de passages instrumentaux réellement intéressants. Le groupe jouera son set avec un entrain certain, chaque musicien prenant bien possession de la scène et Lukas ne se privant pas d'échanges avec la fosse (comme sur la photo ci-contre). Reste que le groupe, qui a souvent changé de line-up au cours de ces dix dernières années, a l'air de plutôt prendre son pied même si certaines nouvelles compositions, qui comportent pas mal de chant clair, n'ont décidément pas plu à tout le monde (certains diront même en sortant qu'ils n'étaient pas venus ce soir-là pour écouter de la "chorale", avec un sarcasme appuyé). Dans tous les cas, Veil Of Maya avait son public pour cette soirée et la fosse a eu l'air d'apprécier le show. C'était poussif, violent, mais ça valait le déplacement : j'étais curieux de voir à quoi ça ressemblait, je n'ai pas été déçu. Toutefois, je ne pense pas me lancer dans l'écoute de la discographie du groupe prochainement, - désormais je vois plus ou moins de quoi il en retourne - et même si je pense arriver à apprécier, c'est pas trop ma came, je dois l'admettre.

Periphery au CCO © Lukas Guidet
Puis, ça a été le tour de Periphery, les stars de cette soirée : Misha Mansoor et sa bande ont alors pris possession de la scène. C'est d'ailleurs assez surprenant de voir que, pendant toute la durée du set de cette tête d'affiche, le bonhomme, qui est à l'origine de la formation du groupe, qui s'occupe de la production et qui est actuellement le seul à avoir survécu aux nombreux changements de line-up, reste tant en retrait sur la scène en comparaison de ses collègues qui assurent véritablement le spectacle. En même temps, Periphery fait partie de ces quelques formations Djent à compter trois guitaristes dans leurs rangs, ce qui fait pas mal de monde sur scène. Le fait qu'un musicien reste tapi dans l'ombre et laisse le champ libre à ses confrères ne se voit pratiquement pas dans ce genre de circonstances. Bref. Periphery n'était pas là pour faire de la figuration et a su honorer le large public qui s'était déplacé pour voir les gaillards sur scène. Le groupe jouera une dizaine de morceaux en plus de trois après le rappel. Un set relativement chargé, donc, qui aura fait plaisir aux fans, sans aucun doute. Comme dit plus haut, je ne suis pas un fin connaisseur de la musique du groupe et suite à cette performance, je reste un peu mitigé : Periphery fait du Djent, c'est sûr, mais je n'arrive pas à accrocher. Néanmoins, le spectacle donné ce soir-là était plaisant à voir, les gars se démenant sur scène, occupant bien l'espace et ne tarissant pas d'échanges avec le public. Un détail qui fait plaisir à voir et où chacun y trouve son compte, tant les fans au premier rang que les artistes eux-mêmes. Après, on aime la musique de Periphery ou on n'aime pas. Personnellement, j'ai du mal à y trouver une ligne directrice claire, le chant étant bien trop hétérogène et les ambiances variant énormément d'un morceau à l'autre. Mais cela est sans doute dû à ma maigre connaissance de la discographie du groupe.

Une soirée "découverte" plutôt sympa placée sous le signe du Djent même si la musique de Good Tiger n'appartient pas au genre. Une nouvelle soirée au prix abordable et une fois de plus organisée par l'équipe de Sounds Like Hell Productions qu'on peut remercier. C'est grâce à ce genre d'événement qu'on peut aller voir des choses qu'on n'a pas nécessairement l'habitude d'écouter chez soi, sans parler du fait que les trois groupes sont américains et ne se limitent donc pas à la capitale pour jouer dans l'hexagone. Tous les crédits photo reviennent à Lukas Guidet et vous pouvez aller voir le reste de ses photos via l'album Facebook de cette soirée.