15/12/2015

[EP] Doja Cat : "Purrr!"

Artiste : Doja Cat
EP : Purrr!
Sortie : 2014
Genre : Hip-Hop, R'n'B
Label : MAU Records
♥♥(♥)
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De qui on parle ? Doja Cat - de son vrai nom Ami Zandile - est un peu une artiste à part. La vingtaine à peine entamée, la demoiselle originaire de Los Angeles a baigné très jeunes dans le Rap mais c'est pourtant un EP aux sonorités bien plus portées sur le R'n'B, l'Electro et des influences orientales (voire même d'Extrême Orient) qu'elle proposait en 2014. Malgré ce cumul des genres et même si le Rap est son berceau, Doja Cat n'hésite pas à chanter, donnant à sa voix ces airs de R'n'B ou de Soul d'une légèreté fort appréciable. Pour l'anecdote, son pseudonyme vient du fait qu'elle aime beaucoup les chats et la marijuana (apparemment, "dojo" serait un terme d'argot américain pour désigner le cannabis). Pas très compliqué, finalement, mais il faut croire que cela lui correspond bien.

Musicalement, ça donne quoi ? Difficile de coller une étiquette sur cette musique qui fait planer. Et c'est plutôt un atout car cet EP apparaît comme une échappée hors des sentiers battus des genres cités plus haut. On pourrait dire que ça fait penser à "beaucoup de trucs" mais finalement, difficile de les citer. Néanmoins, une chose est sûre : l'amour qu'a la demoiselle pour la weed se ressent dans chaque morceau. Et elle l'assume tellement bien que le morceau qui l'a fait connaître porte le nom très perché de "So High". Une envolée psychédélique et hypnotisante appuyée par un clip totalement perché où la couleur purple est omniprésente. Rien à voir avec le clip de Tove Lo pour "Habits (Stay High)" (dans sa version remixée), un morceau avec lequel un rapprochement aurait pu être fait, notamment à cause du titre. Non, ici on est davantage dans un truc spirituel, presque mystique, où les références à la culture indienne (surtout visuelles) pleuvent de tous les côtés. Et c'est loin d'être un hasard, la chanteuse aimant dire qu'elle fait de la "smoke music". Tout un programme.

Bien entourée. Doja Cat ne produit pas sa musique elle-même mais fait appel à divers producteurs d'horizons différents. Son inspiration ne se limite donc pas à la culture indienne et elle reconnaît écouter beaucoup d'autres artistes dans la même veine qu'elle, n'hésitant pas à collaborer avec des producteurs français tels qu'Evil Needle (pour "So High" justement) ou encore Dream Koala qui est à l'origine du sample de "No Police", ce même sample ayant été utilisé aussi par Mick Jenkins sur "Healer". Pour les autres titres, on retrouve les noms de Mindesign ("Nunchucks"), Iman Omari ("Beautiful") et Yeti Beats ("Control"), des personnes beaucoup plus proches d'elle géographiquement parlant. Le résultat est donc relativement éclectique tout en conservant cette ligne directrice invitant au chill le plus complet.

Et qu'est-ce que ça raconte ? A-t-on vraiment besoin de savoir ce que raconte l'artiste lorsque la grande partie des émotions sont déclenchées par la musique et, ici, la douceur de la voix, le meilleur exemple étant sans doute "Control". La force de Doja Cat ne se situe pas dans ses textes, ceux-ci étant d'ailleurs plutôt concis, souvent répétés sous forme de refrains entêtants ("I'm beautiful..." dans le titre du même nom). Malgré quelques couplets rappés, on sent que l'intérêt n'est pas là et si on veut vérifier par soi-même, il suffit de jeter un œil aux textes de "So High" pour voir que ça parle beaucoup de weed et que tout ça tiendrait presque sur un post-it...

Verdict. Un EP un peu spécial, qui mélange des genres se mariant bien, le tout dans une ambiance vaporeuse (ou fumeuse, plutôt) pour un trip tout en douceur. Une petite curiosité aux couleurs du flower power et qui fait voyager. Relaxant.

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