28/10/2011

[Album] Orelsan : "Le Chant des Sirènes"

Artiste : Orelsan
Album : Le Chant Des Sirènes
Deuxième Album
Sortie : 2011
Genres : Rap, Hip Hop, Electro
Label : 3ème Bureau
Morceaux à écouter : Plus Rien ne m'étonne, La Terre est Ronde, Suicide Social
♥♥♥
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Deux ans seulement ont passé depuis "Perdu d'Avance" et comme à l'époque de ce premier opus, la sortie de cet album se faisait attendre. Plusieurs extraits étaient d'ailleurs disponibles avant sa sortie : depuis le mois de mai 2011 ("Raelsan") le ton est donné. C'est un Orelsan métamorphosé qu'on retrouve : plus maigre, cheveux "longs" et surtout affirmant son côté antihéros en se présentant avec un masque noir sur les yeux. Le changement est visible, mais aussi audible.

Malgré une sorte de redondance dans le personnage (quelques clins d'oeil aux textes de l'album précédent) : toujours aussi pessimiste et désabusé qu'avant (voire davantage), la musique est aussi plus sombre, les textes plus matures et travaillés. Malgré six ans de préparation pour le premier album et trois fois moins cette fois, l'écriture semble avoir été un travail plus difficile qu'avant, comme retouchée et calibrée à la rime près contrairement aux "punchlines" de l'album précédent qui semblaient improvisées à la manière d'un MC.

Côté sujets et thèmes abordés, on retrouve la difficulté des relations avec la gente féminine ("Double Vie", "Finir Mal"), la nouvelle génération ultra connectée et manquant de repères ("Plus Rien ne M'étonne") mais comme si l'âge ouvrait les voies de la conscience et de la philosophie, on découvre un Orelsan emporté par la volonté de parler de sujets "humains", actuels et souvent tragiques ("Elle Viendra Quand Même", "La Petite Marchande De Portes-Clefs"). Comme le témoin d'un monde qui ne va pas mieux qu'il y a deux ans, l'artiste ne tarit pas en mots assassins pour décrire un système bancale à coup de clichés faciles et efficaces ("Suicide Social"). Le but est là : faire penser et réfléchir mais en aucun cas affirmer une quelconque opinion personnelle.

Musicalement, Skread est toujours à la production, épaulé par Broad Rush qui apporte une touche Dubstep sur "Mauvaise Idée". Enfin, des instrus plus légères pour une touche poétique ("La Terre Est Ronde", "La Morale"), un featuring "coup de poing" avec Gringe ("Ils Sont Cools") et un petit clin d'oeil au Rap des années 90. Complet donc.

Seize morceaux pour plus d'une heure d'écoute. Du bon travail, riche, intense et complet en plus d'être intéressant. On peut regretter le "trop de négativité" qui ressort de l'ensemble et certains crieront à la facilité mais on pourra cependant reconnaître que la tâche n'est pas facile. Tel un schizophrène paranoïaque, à la fois humaniste désabusé et poète populaire (remarquons qu'il y a beaucoup moins d'obscénité cette fois), Orelsan se défend de prendre parti et d'adopter un point de vue personnel dans ses textes. Chacun est libre de le prendre comme il l'entend et c'est bien là la force de cet album.

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