19/06/2013

[EP] Defeater : "Lost Ground"

Artiste : Defeater
EP : Lost Ground
Sortie : 2009
Genre : Hardcore Mélodique, Hardcore Concept
Label : Bridge 9 Records
♥♥♥♥
> Ecouter l'EP sur Youtube <

Difficile de ne pas se souvenir du premier album de Defeater qui mettait en lumière un groupe à part, au Hardcore Mélodique riche et dense et aux sentiments palpables. Lost Ground aurait largement pu faire office d'album à lui tout seul, mais six titres, ça faisait peut-être un peu trop peu pour une galette digne de ce nom. Le groupe présentait tout de même cet EP seulement un an après Travels et on aurait pu croire que si peu de temps après, ce second disque serait bien en deçà du niveau qui avait été présenté sur le premier. Erreur : Defeater arrive à faire mieux !

L'objet est beau, dans sa pochette cartonnée à double compartiment. D'un côté la galette, de l'autre une version miniature d'une affiche de propagande américaine datant de 1943 sur laquelle on peut lire un "United We Win" des plus évocateurs. On le sait, Defeater fait dans le concept. Cet EP six titres met donc en scène un homme venant tout juste d'enterrer sa mère et dont le père décédé a combattu pendant la Première Guerre Mondiale. Au fil des six morceaux, Derek Archambault raconte la vie de cet homme, de son entrée dans l'armée et de sa volonté de faire la fierté de ses parents disparus à son arrivée sur le front jusqu'à son retour au pays où commence le vrai drame social et psychologique des vétérans.

Au dos de cette fameuse affiche, on trouve les textes de chaque chanson, entrecoupés de courts paragraphes racontant plus en détails l'histoire de cet homme que l'on découvre, que l'on suit et qu'on apprend à connaître, finalement. Comme un journal intime, écrit à la première personne, c'est véritablement un extrait d'autobiographie qui nous est servi, donnant aux textes un intérêt encore plus grand, complétant l'aventure et permettant de mieux saisir ce que Defeater veut nous faire passer comme sensations, comme sentiments.

Derek débite ses textes avec toujours cette voix criée, hurlée, pratiquement pleurée, mais tellement monocorde, son seul point faible finalement. Toujours pas de gang vocals mais une intensité dans la diction, une émotion palpable. un vrai jeu d'acteur. Musicalement, le groupe arrive à tirer meilleur profit des musiciens et c'est sans doute là que réside toute la force de Defeater qui ne se cantonne pas à un genre musical borné et carré, piochant des influences dans le Blues ou le Rock par-exemple. Il en résulte une diversité et une richesse qui font de chacun des six titres un objet à part, différentiable du reste du lot, sans oublier des bridges souvent orchestrés par la batterie ("The Red, White and Blues", "The Bite and Sting"), véritable pilier de l'ensemble (comme sur Travels). Le groupe ne dénigre pas non plus les solos poétiques ("Beggin' in the Slums") et fait même un petit clin d’œil à son premier album en clôture de l'EP où on entend les cordes grattées de la guitare du personnage central de l'histoire qui font écho au final de "Prophet In Plain Clothes".

En bref, un EP à la profondeur énorme, tant au niveau des textes que musicalement parlant. Un petit bijou qui reste évidemment peu accessible à ceux dont le Hardcore font se dresser les poils et les cheveux. Dommage pour eux.

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