16/11/2012

[Album] Deftones : "Diamond Eyes"

Artiste : Deftones
Album : Diamond Eyes
Sixième Album
Sortie : 2010
Genres : Métal Alternatif, Rock Alternatif, Post Rock/Métal, Rock et Métal Expérimentaux
Labels : Reprise Records, Warner Bros
Morceaux à écouter : Diamond Eyes, Beauty School, Prince, Risk
♥♥♥♥
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Première chose qui vient en tête à la vue de cet album : quelle classe ! quelle élégance ! Deftones oublie définitivement sa fameuse typo manuscrite pour du texte en bloc, solide et sobre. Une sobriété que l'on retrouve à l'intérieur de ce boîtier : un livret avec textes blancs sur pages noires, sans photographies à l'exception de ce volatile nocturne d'une grande élégance lui aussi (une chouette effraie pour les non-ornithologues). Un album miraculé et miraculeux, car il voit le jour après une période de doute pour le groupe : Chi Cheng, bassiste charismatique depuis les débuts du combo, se retrouve dans le coma après un grave accident de voiture en novembre 2008. Dès lors, les quatre compères restant se posent la question de savoir si le groupe survivra, l'album "Eros" alors en préparation étant presque bouclé. C'est finalement à Sergio Vega (bassiste de Quicksand) que l'on doit la survie du groupe avec son arrivée dans la formation en début d'année 2009 : "Eros" est définitivement mis de côté au profit d'un nouveau projet que voici.

Un nouveau départ pour Deftones donc, comme une renaissance, sans compter que c'est un tout nouveau Chino que l'on retrouve, amaigri, profitant d'un sacré coup de jeune. Car c'est bien dans le malheur de l'accident de Chi Cheng que les autres membres se ressoudent pour oublier leurs querelles passées et difficultés à travailler ensemble. Une époque bien sombre qui a pourtant donné naissance à "Saturday Night Wrist", mais dans la peine. "Diamond Eyes" est donc un album de réconciliation, une nouvelle façon de travailler ensemble, cette alchimie perdue depuis tant d'années apparemment, le groupe ayant donné plus ou moins l'impression de se forcer à toujours pousser plus loin l'expérimentation de sa musique pour se démarquer du reste des autres groupes du genre. En somme, une nouvelle joie dans l'écriture de la musique, qui se ressent surtout dans les sujets des thèmes abordés dans les textes de Chino, plus positifs, moins pessimistes et moins sombres, ainsi que dans la vidéo officielle du morceau "Beauty School" où on y découvre un groupe soudé et heureux de travailler ensemble, comme au bon vieux temps diront certains. On notera aussi que le groupe ne signe plus chez Maverick Records et que ce changement de label n'y est peut-être pas pour rien. Pour faire d'une pierre deux coups, c'est aussi un autre producteur qui prend les choses en main : un certain Nick Raskulinecz (qui a travaillé, entre autres, avec Alice In Chains, les Foo Fighters ou encore Stone Sour).

Un sixième album à l'identité forte. J'éviterai de parler de l'album éponyme qui était pour moi davantage une erreur de parcours qu'un réel chef d'oeuvre. On notera d'ailleurs que depuis "White Pony", c'est le seul album où le groupe aura osé le retour aux sources au niveau du son et du visuel de l'album (typographie comprise)... Bref, "Diamond Eyes" présente donc ses marques de noblesses dans tous ses aspects : visuellement et musicalement. Une quarantaine de minutes en boîte pour onze pistes : rien d'exceptionnel. Pourtant on rentre tout de suite dans l'univers de cette galette avec le morceau qui donne son nom à l'album : un "Diamond Eyes" à la fois lourd (Carpenter dégaine la huit cordes en grandes pompes pour des riffs gras et gastriques d'une tonalité si basse qu'elle mettrait presque mal à l'aise) et envolé où Chino laisse traîner sa voix vers des cieux incertains. Un lyrisme qui sonne étrangement comme le parfait mélange de "White Pony" et "Saturday Night Wrist". Oui, Deftones s'approche de son but, petit à petit, chaque album explorant un peu plus à chaque fois de petites nouveautés qui mèneraient le groupe dans le droit chemin : son chemin.

Chaque pièce de l'album est un exercice de style à part qui pourtant reste dans le ton de l'ensemble. Un travail remarquable qui ferait presque oublier toutes ces expérimentations passées vers la New Wave ou le Trip Hop qui ne sonnait vraiment pas "deftonien". Il n'y a tout bonnement plus de beat Electro remplaçant la batterie de Abe, et ça fait vraiment du bien ! Il est cependant très difficile de décortiquer chaque pièce de l'album tant les ambiances développées et les riffs offerts sont personnels : chacun les acceptera ou non, à son goût, à son propre jugement. Il y a par-exemple dans "Prince" cette ambiance étrange et torturée des couplets qui disparaît magistralement sous les riffs lourds de Carpenter sur le refrain, le tout s'envolant avec la voix de Chino : du grand art qui fait frissonner.

Il est vrai que la musique du groupe a cependant changé et ce changement ne plaît pas à tout le monde. Comme à chaque nouvel album du groupe, les retours sont partagés. Certains auront trouvé "Deftones" très bon, mais pas "Diamond Eyes". pour moi, c'est plutôt l'inverse. Cet album a une grande classe et cette classe se retrouve d'ailleurs dans les clips de "Diamond Eyes", "Rocket Skates" et "You've Seen The Butcher" où la photographie et l'esthétique générale des images est de haut niveau. Très fort.

On peut aussi noter l'intérêt des bonus livrés avec la version Deluxe de l'album : des reprises d'une qualité indéniable qui changent de ce que l'on a l'habitude d'entendre de la part de la bande de Sacramento.

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