28/09/2011

[Album] Enter Shikari : "Take To The Skies"

Artiste : Enter Shikari
Album : Take To The Skies
Premier Album
Sortie : 2007
Genre(s) : Post-Hardcore, Screamo, Electronicore, Transecore
Label(s) : Ambush Reality, Tiny Evil
Morceaux à écouter : Mothership,  Sorry You're Not A Winner, OK Time For Plan B
♥♥♥♥
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En 1999, ce groupe british originaire de St Albans ne comptait que trois membres avant l'arrivée du guitariste Liam "Rory" Clewlow en 2003 et portait le nom de "Hybrid". C'est en 2003 que le quatuor se rebaptise "Enter Shikari". Les gaillards enregistrent dans un garage les premières versions de morceaux qui deviendront les points forts de leur carrière future. Après plusieurs EPs, ils sortent "Take To The Skies" en 2007 sous leur propre label.

Peu connu à l'époque excepté en terre anglaise, le groupe offre un premier album audacieux qui mixe différents genres musicaux pourtant opposés : qui aurait pensé mélanger Electro/Trance et Post-Hard Core ? Eux l'ont fait. A l'image de la pochette de cet album, divers genres s'assemblent, se retrouvent et communiquent. Et même s'il faut reconnaître que cette mixture étonne, surprend, et déplaît parfois, le quatuor a le mérite de le faire à sa sauce et de façon plutôt bien arrangée. Ressemblant difficilement à autre chose, la formation prend le parti de mettre des synthés derrière une guitare grasse Métal/Punk/Hard Core, une batterie où la double pédale compose avec la voix hurlée et étranglée de Rou et celle ô combien plus claire et légère du bassiste Chris Batten, le tout appuyé par des gang vocals reprenant certains textes et refrains avec une énergie communicative. On aime, ou pas.

La découverte d'un tel album se fait dans son intégralité : une intro très étrange, Electro sur fond de Drum'N Bass, qui nous plonge dans un univers très spécial dirons-nous. Puis, introduction réelle du groupe et de sa musique : "Enter Shikari", second morceau, débute sur une ligne de synthé un poil rétro qui dépayse complètement l'auditeur lambda du XXIème siècle avec des cris stridents comme ambiance de fond. Rou met ensuite sa voix en action : égosillée, hurlée, presque vomie. Pourtant, cela n'entache pas plus que ça la composition de tous les instruments couplés aux machines et les amateurs de Screamo sont ravis. La suite ne mollit pas, au contraire, avec un magistral "Mothership" qui illustre au mieux la musique du groupe, mettant notamment en valeur la voix cristalline du bassiste. La suite n'en est pas moins inintéressante : on en oublierait presque les synthés en fond pour ne s'occuper que des lignes de basse/guitare/batterie. L'album regorge de titres à la fois puissants et énergiques ("No Sssweat") mais pourtant légers et teintés d'humour ("Sorry You're Not A Winner"). On notera des morceaux plus planants aux airs de balades mélancoliques ("Today Won't Go Down In History" et "Adieu") où les deux voix montrent leur potentiel lyrique, ainsi que des interludes instrumentaux introduisant certains morceaux, le tout pour plus de cinquante minutes d'écoute.

Dérangeant, surprenant mais surtout énergique, le groupe compose de façon méthodique : chaque morceau comporte des passages très différents et il n'est pas rare de trouver divers styles musicaux au sein d'une même et seule pièce. Entre 2007 et 2008, le groupe effectue plusieurs centaines de concerts où leurs prestations scéniques ne passent pas inaperçues : communication avec le public et danses folles sur passages Drum'N Bass témoignent du bonheur que prennent les quatre compères à faire du Live.

Un album qui défrise et surprend de par son originalité. Le quatuor sort du lot mais son audace est à double tranchant : certains adhèreront immédiatement tandis que d'autres ne supporteront pas leur musique. Objectivement, c'est maîtrisé et on peut au moins leur reconnaître ce point fort.

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