10/01/2013

[Album] Red Sparowes : "At The Soundless Dawn"

Artiste : Red Sparowes
Album : At The Soundless Dawn
Premier Album
Sortie : 2005
Genres : Post Rock, Post Métal, Instrumental
Labels : Neurot Recordings, Robotic Empire
Morceaux à écouter : Alone And Unaware..., Buildings Began To Stretch..., Mechanical Sounds Cascaded...
♥♥♥♥
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Lorsqu'on en vient à évoquer Red Sparowes, il faut surtout se demander : "C'est qui ?". Plus qu'un groupe, voilà ce qu'on appelle un "supergroupe" car composé de membres ayant déjà officié dans d'autres formations qui ont eu un certain succès (à savoir Isis ou encore Neurosis, entre autres). Il n'est pas difficile de deviner qu'un projet mené par des musiciens issus de groupes différents et rassemblés pour travailler ensemble n'est pas le fruit d'un délire juvénile et a pour but de produire quelque chose de particulier et recherché. Ce premier album a en effet une saveur qui lui est propre, cette saveur étant annoncée par un visuel énigmatique et sombre.

Comme chez beaucoup de groupes instrumentaux (voir God Is An Astronaut, Long Distance Calling ou Russian Circles par-exemple), la volonté de communiquer des émotions par la musique n'est pas une chose menée à la légère. Si on ajoute à cela le passé musical de membres du groupe comme Josh Graham ou Jeff Caxide, il est évident que le résultat sera quelque chose de mûrement réfléchi. Et les signes ne trompent pas. En résulte un album de sept pièces pour plus d'une heure en boîte. Certes, tout ça fait un peu peur surtout quand on note la présence de deux titres s'étalant respectivement sur onze et dix-neuf minutes... Mais le résultat est là : une musique qui prend son temps, qui s'accorde des montées en puissance et des passages beaucoup plus posés et aériens, l'ensemble distillant des ambiances à la fois sombres et miroitantes. Comme un rappel à l'oiseau répété sur la pochette de l'album, les gazouillements de volatiles en fin du premier morceau ("Alone and Unaware...") rattachent la musique du groupe au monde animal, comme une opposition au béton et à la froideur du synthétique subtilement mentionnés avec les immeubles renversés eux aussi présents sur cette même pochette.

Red Sparowes propose donc ici une musique très organique qui dégouline au fil de lignes de guitares poétiques ou, au contraire, étranges et sombres. Et, à l'image de titres de morceaux interminables, le travail de composition montre ici une prise temps, mettant parfois l'auditeur en attente, dans le suspense de l'apparition de la prochaine note, de la prochaine ligne, et de la prochaine ambiance. Le calme laisse soudain place à la colère et au malaise lorsque les guitares vrombissent et que l'éclat lumineux apporté par quelques notes de guitare viennent se noyer dans ce chaos sonore ("Buildings Began To Stretch..."). Malgré tout ça, le sujet est parfaitement maîtrisé et aucun instrument ne vient entacher l'autre. Les niveaux de lecture sont même parfaitement accessibles et on sent une nette profondeur dans l'ensemble en plus de petites perles comme des notes paradisiaques projetant l'auditeur sous un coucher de soleil hawaïen pourtant terni par une mécanique froide avec ses spectres industriels aux sonorités lugubres ("Mechanical Sounds Cascaded...").

On reconnaîtra donc que c'est du grand art et que derrière cet aspect très cinématographique se cachent tout de même des longueurs qui en ennuieront plus d'un en plus de créer parfois un malaise certain tant le contraste entre la musique et les sons d'ambiance (et de remplissage ?) est difficile à encaisser.

Ce premier album est tout de même un bijou transpirant la maturité : "ne pas trop en faire, ne pas surcharger, laisser couler, peu importe le temps que cela doit prendre", telle pourrait être la devise de ce premier effort. Un travail qui n'est toutefois pas accessible à tous et il faut se pencher un certain nombre de fois sur le sujet pour pouvoir en apprécier toutes ses qualités.

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