16/01/2013

[Album] Hollywood Undead : "Notes From The Underground"

Artiste : Hollywood Undead
Album : Notes From The Underground
Troisième Album
Sortie : 2013
Genres : Rap/Néo Métal, Rock et Hip Hop/Rap Alternatifs
Labels : A&M/Octone, Polydor, Universal
Morceaux à écouter : From The Ground, Lion, We Are, Outside
♥♥♥
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Première sortie de 2013 à passer dans ma playlist, ce "Notes From The Underground" était attendu, c'est le moins qu'on puisse dire. La communauté de fans trépignait d'impatience et bien que depuis le départ de Deuce avant la sortie du deuxième effort du groupe, cette communauté soit divisée au sujet du départ du bonhomme, l'excitation a l'air toujours de mise à chaque nouvelle sortie du groupe. Un troisième album dont la promo a été plutôt bien assurée avec la mise en ligne de plusieurs morceaux, dont "We Are", "Dead Bite", puis "Up In Smoke" et enfin "Pigskin" (où on jurerait qu'il s'agit de Zach Galifianakis dans la vidéo...). Cela dit, malgré une playlist un peu légère (onze morceau seulement en version simple contre une quinzaine dans les autres versions), il faut reconnaître que cette galette offre tout de même quelques surprises.

En ce qui concerne le visuel d'une sobriété déconcertante en comparaison des deux premiers albums (disparition totale des MCs et de leurs masques qui ont une fois de plus été "mis à jour" à renfort de nouvelles décorations et illuminations), on notera l'emploi de la typo dorée sur fond rouge sanguin, comme l'annonce d'un contenu plus "sérieux" qu'à l'accoutumée. On avait pris l'habitude de l'emploi d'un ton décalé sur les galettes précédentes, ce qui n'empêchaient pas les textes d'aborder parfois des sujets concrets et parfois durs, souvent relatifs à la ville de Los Angeles. Comme on ne change pas une recette qui fonctionne, il faut admettre que la cité des anges est toujours le sujet central d'Hollywood Undead mais que c'est un ton beaucoup plus sévère qui est employé ici. Ce "Notes From The Underground" est en effet tout sauf joyeux. Bien que les compères sachent manier la punchline et les allusions avec toujours ce ton décalé, il faut reconnaître que le tout n'est que peu reluisant ici. Au programme, alcool, drogue ("Up In Smoke"), sexe ("Pigskin"), violence ("Kill Everyone"), toujours les mêmes refrains, mais sans cette naïveté qu'on pouvait sentir sur les productions d'avant. Non, cette fois, on tape là où ça fait mal, sans pessimisme toutefois, mais avec sévérité et justesse, et même un brin de mélancolie ("Rain"). Dans l'ensemble, les textes passent bien, les refrains sont entêtants (comme d'habitude), même si on reconnaîtra une redondance des registres et de certains termes (le verbe "hide" -cacher- revient un bon nombre de fois et on pourrait penser que le groupe touche des actions chez Jack Daniel's tant la marque revient fréquemment !).

Musicalement, ce n'est pas une surprise, Hollywood Undead n'a jamais vraiment tapé dans la musique élitiste et cet opus n'échappe pas à la règle. Batterie, guitare, claviers et arrangements sont toujours les mêmes ingrédients de la recette des hommes masqués mais étrangement, on ne sent aucune longueur au fil de l'album. Au contraire même, le groupe arrive à se renouveler avec si peu de matière et c'en est surprenant. Contrairement aux deux premiers albums où on arrivait rapidement à se repasser quelques morceaux seulement, il faut avouer qu'ici, chacun a son petit truc qui le rend plus ou moins sympathique. Cette variété permet à l'album de ne pas s'essouffler et de charmer. Ainsi, on a droit à du vrai Rap/Néo Métal sur les refrains de "From The Ground" (sans doute le morceau le plus violent du groupe jusque là). Dans le même registre, on retrouve les sympathiques "Dead Bite", "Lion", "We Are", "Kill Everyone" et "Outside" en clôture de l'album qui malgré sa guitare Folk, reste un morceau très sombre, voire même violent. En ce qui concerne le reste, Hollywood Undead tient le pari du Rap/Hip Hop plus affirmé qui plaira aux fans du genre ("Pigskin", "Up In Smoke") et même dans l'intimiste ("Believe" et "Rain" qui personnellement me fait étrangement penser à du Sage Francis). Enfin, on retrouve cet esprit dancefloor sur "Another Way Out".  Alors, évidemment, Hollywood Undead n'invente rien mais fait les choses plutôt bien, force est de le reconnaître et cet album apparaît comme complet.

En ce qui concerne la version Deluxe (Unabridged) de l'album, trois morceaux supplémentaires sont au programme dont le petit jumeau de "Up In Smoke" et facilement intitulé "One more Bottle" (nouvelle ode à Jack Daniel's). Rien de très intéressant mais pour ceux qui en veulent davantage, ce sont tout de même trois titres, sans compter les autres suppléments des autres versions de l'album...

Bref, Hollywood Undead signe là un album à la fois sombre et sympathique, un peu faible et facile musicalement ou au niveau des textes parfois mais qui reste totalement maîtrisé. Personnellement, je n'ai pas trouvé de morceau réellement lassant ou inintéressant comme sur les autres opus et c'est déjà un point fort. Pour le reste, il y a fort à parier que cet album ne plaira pas à tout le monde mais il serait dommage de ne pas y jeter une petite oreille, histoire de voir au moins de quoi ça a l'air. Sympa, sans casser des briques.

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