24/10/2012

[Album] Deftones : "Saturday Night Wrist"

Artiste : Deftones
Album : Saturday Night Wrist
Cinquième Album
Sortie : 2006
Genres : Métal Alternatif, Métal et Rock Expérimentaux
Label : Maverick Records
Morceaux à écouter : Beware, Combat, Kimdracula
♥♥♥
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Avec ce cinquième album, une règle tend à se vérifier : les pochettes de Deftones en disent long sur le contenu. Nouveau changement de typo et un visuel qui tend à rappeler plus ou moins un "Around The Fur" qui malgré son âge résonne encore dans la musique du groupe depuis. Sombre peut-être et un lien avec la gente féminine perceptible. Bien que l'emploi de photographies pour illustrer ce nouvel opus tend à le rapprocher de l'album cité un peu plus tôt, la sobriété de l'ensemble et le semblant de maturité qui s'en dégage rappelle indéniablement le fameux "White Poney". Et la ressemblance est effective dès la première écoute de l'ensemble de l'album.

Un cinquième album pourtant "difficile" dans le sens où, maintes et maintes fois repoussé, laissant paraître quelques désaccords entre les membres du groupe, remanié à la production, il sort tout de même plus de trois ans après un album éponyme plutôt bon mais difficile à digérer à cause de nombreuses influences musicales mêlées au son que seul le groupe sait pondre. Trois ans de gestation donc, mais de digestion aussi. Car "Saturday Night Wrist" est le parfait mélange de "White Poney" et "Deftones" pour moi : la guitare de Carpenter apporte une fois de plus sa lourdeur et son épaisseur sur fond Electro et même Trip-Hop qu'avait introduit l'album éponyme. De nombreuses influences qui, cette fois, passent beaucoup mieux. Davantage de maîtrise ou seulement le fait d'avoir l'oreille déjà préparée à ça tant le terrain avec été déblayé trois ans auparavant ? Ce qui est sûr, c'est que le choc est bien moins brutal.

Deftones servait donc là un peu plus de cinquante minutes de Métal purement "deftonien" aux antipodes de l'étiquette "Néo" tamponnée sur son nom depuis ses débuts. Un album à deux vitesses pourtant où, comme dit plus haut, se retrouvent deux grandes lignes directrices développées sur les deux précédents efforts. On retrouve donc des morceaux à l'attaque franche et aux riffs précis (dont un certain "Kimdracula" qui fait étrangement penser à "Feiticeira") qui ne dénigre pas une certaine violence dégoulinante d'émotions ("Rapture", "Rats!Rats!Rats!") que la voix d'un Chino Moreno, pourtant en fort embonpoint, voire même à la limite de l'obésité (voir le clip de "Mein"), enrichit de ses teintes claires ou au contraire de cris stridents semblant pousser ses cordes vocales à la limite de la rupture. Cette même voix qui, parfois fébrile, vient murmurer à nos oreilles des textes aussi poétiques que torturés ("Beware", "Xerces"), ce qui nous amène à la seconde vitesse de cet album. Comme l'avait introduit "Deftones", le groupe tend à exploiter davantage l'Electro et ses influences Trip-Hop voire New Wave. Presque normal dira-t-on de trouver des morceaux tels que "Cherry Waves", "Hole In The Earth" (au refrain un tantinet fatiguant) ou encore l'excentrique "Pink Cellphone". Grande nouveauté aussi, un morceau instrumental aux sonorités Post Rock.

Cependant, il faut admettre une petite lassitude dans l'écoute de certains titres : le riff de "Mein" par-exemple ou ce côté languissant de certaines autres pièces qui devient ennuyeux parfois, traînant en longueur. Malgré tout, cet album tient la route, conserve pendant toute sa longueur une ligne directrice assez identifiable et il suffit de se passer quelques morceaux comme "Beware" en boucle pour apprécier toutes les petites subtilités instrumentales (piano) et Electro (criquets nocturnes) que le groupe offrait avec cette galette. En un mot : un album agréable qui restera toutefois lié au destin funeste de Chi Cheng, marquant sa dernière participation avec le groupe (sans compter Eros).

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