06/06/2012

[EP] Sulphat'Kétamine : "Sulphat'Démo"

Artiste : Sulphat'Kétamine
Album : Démo
Sortie : 2010
Genres : Rock, Rock Psychédélique, Blues, Instrumental
Label : Autoproduction
♥♥♥
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Ce disque est une démo : le nom de "Sulphat'Démo" est arbitraire et n'engage en rien le trio de Sulphat'Kétamine. D'ailleurs, si on leur demandait, ils diraient sans doute qu'ils s'en foutent. Rock Psychédélique ? Leur Credo. Le bordel ? Si ce n'est pas un endroit familier pour eux, il y a des chances pour que la notion leur parle un tant soit peu. Comme cette illustration choisie pour faire la couverture de le pochette en carton qui renferme ce six titres, les trois larrons sont généreux et farfouillent un peu partout dans le Rock "made in 70's". C'est dense, coloré mais surtout très alambiqué.

Comment tomber sur un truc aussi farfelu me direz-vous ? Soyez-en certains, l'alcool y est sans doute pour quelque chose. C'était un de ces soirs de fin de semaine où on "décompresse", chacun à sa manière. Il se trouve qu'en ce qui me concerne, c'est à l'aide de quelques bières (fraîches si j'ai de la chance) que j'exécute ce genre d'exercice. Pas que je sois quelqu'un de stressé, bien au contraire. Mais autant accompagner ceux qui le sont vraiment. Une soirée de fin de printemps s'étirant vers la nuit, c'est tout naturellement qu'il faut trouver une taverne, que dis-je, un refuge pour passer les longues heures séparant l'heure du coucher du soleil de son lever le lendemain. Lyon n'est pas une ville où ce genre de lieu manque à l'appel. Il se trouve que ce soir-là, c'est au Métronome que mes compères et moi avons décidé de migrer. C'est là que le trio de Sulphat'Kétamine, pourtant originaire de Toulon, avait lui aussi décidé de poser ses valises et sa musique.

Trois gars aux allures de geeks ayant bien passé l'âge de s'intéresser à Facebook ou à la dernière console de jeux "next generation" : les cheveux longs, le jean troué et la chemise ouverte pour Doug, laissant sa basse caresser son ventre découvert. Un truc presque sexuel bien que tout ça n'ait pas grand chose d'excitant. Non, Sulphat'Kétamine, ça sent bon la sueur et le Rock'n Roll d'une époque qu'on croyait révolue. Tels des résistants tentant de convertir le triste monde actuel à une musique vraiment "has been" pour certains, chacun enfourche son instrument dès notre arrivée sur le lieu du délit.

Sans concession dans le son, les notes s'enchaînent, le rythme chauffe la petite cave du Métronome. Les oreilles de certains se fissurent ? Tant mieux ! Le son est fort, mais si on est encore là après cinq minutes, c'est qu'il y a un truc, une énergie. Le "Runk" est en nous et nous a foudroyés. On laisse les trois compères faire le spectacle et ils le font bien. Un humour débridés, une mise en scène qui laisserait à penser qu'on est en train de regarder une pièce de théâtre burlesque. Pourtant, le talent est davantage dans la musique que dans le jeu d'acteurs. Soudain, Led Zep, Jimi ou encore les Doors (pas musicalement, hein, mais dans l'état d'esprit) se joignent à nous pour communier sur cette musique si commune et pourtant si "originale". Doug donne de la voix pour accompagner Alex qui dégaine des notes de guitare sans sourciller et Clément, bien que ne disposant pas de micro, est comme en pleine communication télépathique avec les deux premiers : c'est joliment construit, calibré et travaillé. Précis aussi. Et même si aucun des trois ne possède une voix formidable (la majorité des morceaux sont instrumentaux), le tout passe comme une lettre à la Poste (si on aime le genre, évidemment).

Au final, on est nous aussi en sueur, transcendés comme de vulgaires apôtres et le charme dans tout ça, c'est de pouvoir partager une bière avec ces trois prophètes d'un soir.

Alors, bien sûr, la production laisse à désirer, le traitement de la batterie et des voix ne révélant pas tout leur intérêt et on s'ennuie presque à écouter ce disque lorsqu'on se souvient du véritable sketch qu'était le concert live. Ce qui fait Sulphat'Kétamine ? Ce sont autant les personnages que leur musique. C'est donc avec un peu de tristesse qu'on écoute cette galette achetée le soir-même à leur "manager", dans l'espoir de retrouver l'ambiance du concert. Mais c'est impossible. Pourtant, le fait de savoir que dans deux jours ils seront encore là, au même endroit, a de quoi redonner le sourire. Le Runk n'a pas fini de sonner !

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