22/12/2011

[Album] God Is An Astronaut : "The End of the Beginning"

Artiste : God Is An Astronaut
Album : The End of the Beginning
Premier Album
Sortie : 2002
Genres : Post Rock, Rock Atmosphérique, Instrumental, Progressif, Downtempo, Electro
Label : Revive Records
Morceaux à écouter : The End of the Beginning, Remembrance, Route 666
♥♥♥
>Ecouter l'album sur Grooveshark<

Question musique, lorsqu'on parle de l'Irlande, on pense bien évidemment à la cornemuse, au violon ou à la flûte. Comme partout, il n'y a pas que la musique folklorique, même en terre du Nord. Citer un groupe originaire de cette fameuse île se résume souvent à parler de U2, des Cranberries ou encore de Thin Lizzy. Comme le Post Rock n'est pas le genre de chose qu'on voit bien souvent à la télévision ou qu'on entend à la radio, et qu'il ne compte que peu d'adeptes (surtout lorsque celui-ci est instrumental), il apparaît presque normal que God Is An Astronaut soit resté anonyme alors qu'un quatuor emmené par un certain Bono vende des millions de disques... Pourtant, ce trio formé en 2002 a su se faire une place dans le monde de la musique instrumentale.

Apparemment, le groupe tiendrait le nom de cet album d'un discours de Winston Churchill au sujet de la seconde bataille d'El Alamein (en Egypte, durant la Seconde Guerre Mondiale, en 1942) : "Now this is not the end, it is not even the beginning of the end. But it is, perhaps, the end of the beginning."

N'allez pas me demander comment je suis tombé dans cet univers musical étrange, organique et à la fois spectral : je ne m'en souviens que trop peu. Sans doute une personne avisée qui un jour m'a balancé un lot de mp3 à écouter, juste par curiosité. Et ce n'était pas un mal. Notamment parce que la musique de ce groupe est accessible mais aussi parce qu'elle peut s'écouter à toutes les sauces. Il y a comme quelque chose de troublant dans la musique de GIAA : un brin de mélancolie, de nostalgie mais d'où émane une sorte de douce énergie positive.

Ce premier album, paru la même année que la création du groupe, a été enregistré dans la foulée. Les deux jumeaux Kinsella, musiciens quelque peu éclectiques et manipulant les synthétiseurs, composent les premiers morceaux de cette galette avant d'être rejoints par Noel Healy, batteur, qui enregistrera ses lignes dans la foulée. Autant dire que ce premier album pouvait, en toute logique, être produit sans batteur. On a donc des rythmiques simples, habillant un flot de sons Electro distillant des ambiances spatiales et spectrales donc. Par dessus viennent s'inviter une guitare et une basse qui, aussi légères que le reste, viennent apporter leurs petites lignes séduisantes. Enfin, des notes de piano qui ponctuent l'ensemble en étant bien mises en évidence.

Il en résulte une musique difficile à qualifier. Entre Post Rock léger et Trip Hop aux ambiances Electro ("Lost Symphony"), on se perd un peu dans cet espace musical qui donne l'impression d'être un vaste univers (post apocalyptique ?) d'où s'extirpent les autres instruments peu à peu ("The End of the Beginning"). Mais le plus dérangeant, ce sont sans doute ces passages de voix qui ressemblent davantage à un souffle glacial, une brise spectrale qui nous traverse ("Coda"). L'ensemble paraît épuré mais il n'en est rien ("From Dust to the Beyond").

Le groupe offre donc une musique très personnelle (et seule l'auto-production permet cette opportunité) en développant un univers qui lui est propre, oscillant entre Post Rock psychédélique et Electro atmosphérique mais ce qui fait sa force devient aussi son point faible. En effet, le gros problème réside dans la ressemblance entre toutes les pistes de l'album. Ce qui marque la différence entre tel ou tel morceau, ce sont généralement les notes de piano ou de guitare, les sons d'ambiance en fond étant pratiquement tous les mêmes ("Point Pleasant"). Il faut une oreille vraiment très attentive pour différencier les notes offertes et les mélodies que chaque morceau présente.

En bref, un bon premier album où le groupe met en place son univers de façon évidente et efficace mais une écoute prolongée plonge l'auditeur dans une valse presque uniforme qui ne permet pas d'apprécier facilement chaque morceau à sa juste valeur. Un disque étrange où les pistes sont à la fois faciles d'accès et pourtant difficilement identifiables. Malgré tout, ça s'écoute et les amateurs du genre apprécieront cette touche (irlandaise ?) personnelle apportée au genre.

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