06/12/2011

[Album] Noisia : "Split The Atom"

Artiste : Noisia
Album : Split The Atom
Premier Album
Sortie : 2010
Genres : Electro, Drum and Bass, Dubstep, Neurofunk, Breakbeat, House
Label : Vision/Division
Morceaux à écouter : Machine Gun, Alpha Centauri, Diplodocus, Stigma
♥♥♥♥
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Demander à un digne représentant du commun des mortels si il connaît un ou plusieurs groupes néerlandais reviendrait à aller à la chasse et à revenir "broucouille" (comme on dit dans le Bouchonois). Certains considèrent cette terre comme un lieu de recyclage (musicalement parlant) dans le sens où chaque genre est remanié et retravaillé pour donner naissance à un hybride qui souvent sort du lot. Comme partout, il y a du bon et du moins bon. En ce qui concerne la Drum and Bass, on ne peut oublier Black Sun Empire qui offrit avec son premier album un côté plutôt obscur du genre. Noisia voit le jour bien plus tard, en 2002, composé de trois DJs et producteurs.

Alors que s'est-il passé entre 2002 et 2010 ? Le groupe n'a pas chômé, c'est le moins qu'on puisse dire. Une foule de featurings et de remixes où figurent les noms de KRS One, Pendulum, ou encore Prodigy. Mais avant d'être un nom, Noisia, c'est avant tout un son : très particulier, reconnaissable, où les basses sont torturées, vibrantes. Un truc qui prend aux tripes et ne laisse pas indemne. Alors qu'en est-il de ce premier véritable album ? Dix-neuf titres, pas moins, pour presque une heure d'écoute. De quoi faire, donc.

On pose donc le casque sur ses oreilles et on écoute. On s'attendrait à trouver une petite introduction à cette galette, histoire de se plonger dans une ambiance, un univers. Pas du tout ! L'ouverture se fait sur "Machine Gun", LE morceau qui sans nulle doute apparaît comme le plus "bourrin" de l'album. Le son "made in Noisia", tel une massue, vient s'écraser sur nos tympans. Des basses agressives qui martèlent les oreilles et détruisent tout sur leur passage, portées par un beat à deux temps inarrêtable, comme un tank en mode assaut (le clip en animation est d'ailleurs en totale adéquation avec le son et reflète toute la violence de la musique).

Après le lavage d'oreilles, que nous reste-t-il ? Quelques featurings donnant lieu à des morceaux chantés qui vont du "planant" ("My World") au Hip Hop le plus underground et sombre qui soit ("Soul Purge"). Plutôt que de tomber dans le convenu du genre, le groupe s'approprie divers styles et les remanie à sa sauce. En résulte des "tubes" plutôt axés Dancefloor, distillant un côté House ("Red Heat") ou davantage Drum and Bass plus conventionnelle ("Stigma"). Au milieu de tout ça viennent pointer le bout de leurs nez quelques morceaux ressemblant davantage à de l'expérimentation sonore qu'à de véritables mélodies ("Leakage", "Headknot", "Dystopia" et "Square Feet"). Une sorte de Dubstep bien bien noir, organique, qui met mal à l'aise. Pour certains, tout ça tient du génie. Les autres n'y trouveront sans doute par leur compte...

Enfin, petite perle de cette galette, il faut bien le dire, le très charmant "Diplodocus" qui vient nous faire vibrer avec ses sons 8bits sur un rythme alliant Dubstep et Drum. Un petit régal.

Alors que faut-il en retenir ? Malgré les canyons qui semblent séparer certains morceaux de cette galette, il faut bien voir que le sujet est maîtrisé, que le travail est propre et que les machines sont dominées. Que ça plaise ou non, on ne peut que reconnaître le talent de ces gars-là. Oui mais voilà, ça ne suffit pas. Même si l'originalité du son fait son travail, que quelques pièces viennent nous faire bouger la tête et le reste du corps, ce disque n'en reste pas moins difficile d'accès et très élitiste malgré tout. Pas évident de s'écouter la totalité de l'album comme on se passerait un disque de Pendulum, ça c'est sûr. Et comme actuellement le(s) genre(s) qu'on retrouve sur "Split The Atom" subissent une importante évolution (voir Skrillex, ou encore Borgore, sans oublier Amon Tobin qui livre ici un sympathique featuring avec "Sunhammer"), pas sûr que cet album reste incontournable de nombreuses années... L'avenir seul nous le dira.

En gros, musicalement, ça "casse effectivement les atomes", ça s'écoute, ça se respecte, mais l'intégralité de l'album est loin d'être accessible et pas sûr que tout le monde aime ça.

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