24/09/2019

[Vidéo] Deluxe : "Get Down" (Paroles / Lyrics)

Les gars et la fille de Deluxe se sont mis au sport et ça ne rigole pas ! Enfin, c'est surtout la fille qui s'y est collée cette fois. Pour "Get Down", la bande dont le dernier album Boys & Girl est sorti le 7 juin 2019 propose un bel hommage au film Rocky sorti en 1976.

De la sueur et des exercices en tout genre dans les rues de Marseille : c'est ce à quoi on a droit pour le troisième extrait de l'album à recevoir une vidéo après les titres "Egoraphoblia" et "Boys & Girl". Liliboy nous rejoue toutes les scènes de la séquence culte du film américain où on découvrait Rocky Balboa s'entraînant sur des carcasses de bœuf en chambre froide, faisant son footing sur une voie de chemin de fer et enchaînant les exercices à la salle de boxe. Chaque plan est ici copié et aucun détail n'est laissé au hasard, pas même les bidons enflammés dans les rues en plein milieu du marché, jusqu'à un final avec plein de figurants sur les marches de la gare Saint-Charles. Pas étonnant qu'un boulot aussi minutieux soit dédicacé à Sylverster Stallone lui-même !

Une fois de plus, Deluxe vient rappeler qu'on peut injecter de la bonne humeur dans la musique, mais aussi dans les clips musicaux avec cette nouvelle vidéo bien sympa. Pour rappel, ce n'est pas la première fois que Deluxe tourne un clip dans les rues d'une ville du Sud de la France : c'était déjà le cas à Aix-En-Provence en 2014 pour le clip de "My Game".

Fresh out the bed and doomed / Apocalypse in bloom Everything counts as long as nothing is sacred Under think overall / Can’t help but dread the call Balls in my court and i ain’t lifting a racket Engineered diabetics and only false prophetics Time flies no matter how slow you smoke him Flick on the happy thoughts / Freak mode and off the charts CUZ I, I CAME TO GET DOWN, I CAME TO GET DOWN TO BREAK MY KNEES, DO AS I PLEASE, YEAH I CAME TO GET DOWN, I CAME TO GET DOWN TO BREAK MY KNEES / DO AS I PLEASE I fear my telephone more so dying alone Oh goodness genius on my front door knocking Spelunking underground / Emerging safe and sound Fungus and lack of sun and crunk torn stockings Choke on your celly-phone / Invade my comfort zone Oh goodness genius through the back door sneaking Flick on the happy thoughts / Freak mode and off the charts Lucky I’m so sloppy though / Jack stuck in the piano Let me be your mommy common Steady flow, six man Soul / Never shaved off the mustachio Let it grow baby common Fugly trolls, this is the most prolongated song we never wrote Finish it for Pete’s sake com'on ! Lucky I’m so lucky soooo born ready soooo

23/09/2019

[Vidéo] Kadinja : "Falling Away From Me" + "Spit It Out" (Korn & Slipknot covers)

"Fallait-il oser ?" est peut-être la question qui résume le mieux la démarche très casse-gueule entreprise par Kadinja et Arising Empire pour ce début d'automne 2019 : le groupe parisien plus connu pour son Métal technique et progressif (ou Djent) qui avait sorti un album au mois de janvier 2019 (Super 90' est en écoute sur BandCamp) récidive le 27 septembre de cette même année avec un album complet de covers (ou reprises) de certains des titres les plus marquants de la vague Néo-Métal des années 1990's. Autant dire que ce recueil va faire des heureux... mais tout autant de mécontents, de déçus ou tout simplement de râleurs.

Si ce recueil comporte dix titres ratissant de Limp Bizkit à Papa Roach en passant par System Of A Down ou encore Marilyn Manson, c'est pour "Falling Away From Me", titre original de Korn paru sur l'album Issues en 1999, que les parisiens de Kadinja ont décidé de produire une vidéo (dans laquelle on retrouve quelques têtes bien connues comme Nicolas Delestrade et Florestan Durand de chez Novelists). Et en guise de second extrait de cet album, on a droit à "Spit It Out" que l'on doit à Slipknot depuis l'année 2000 et qui figurait sur le premier album du groupe de l'Iowa. Pour ce second titre, c'est une sobre vidéo-portrait où on retrouve Aaron Matts de chez Betraying The Martyrs en featuring.

C'est toujours assez compliqué de recevoir ce genre d'album dans les oreilles : entre le sentiment de nostalgie teinté d'une joie non dissimulée qui nous envahit à l'écoute de ces titres qui ont marqué une époque et toute une génération, on ne peut que comprendre la position de certains qui défendent la forme originelle de ces morceaux. Certes, c'est dénaturer leur essence que de les reprendre vingt années plus tard dans un style, un accordage ou un mix qui n'ont plus rien à voir avec ce qui se faisait à l'époque. Mais voyons aussi le bon côté des choses : Kadinja y appose sa patte Djent avec une certaine forme d'originalité et cet album fera peut-être (re)découvrir à certains ces titres emblématiques du Néo-Métal tout en nous offrant une nouvelle version de ces derniers. En fin de compte, ne pourrait-on pas considérer que tout le monde est plus ou moins gagnant dans cette histoire ?

L'album DNA de Kadinja est en écoute intégrale sur BandCamp.
Les textes de "Falling Away From Me" sont à retrouver via ce lien.
Les textes de "Spit It Out" sont à retrouver via ce lien.



19/09/2019

[Vidéo] Reverie : "Heart N Hustle" feat. Gavlyn & Louden

Cela fait maintenant quelques temps que Gavlyn et Reverie se la jouent "partners in crime" sur la scène Rap américaine, et plus précisément du côté de la West Coast. Difficile d'oublier "Looking Back", la petite bombe larguée avec la collaboration de Vel The Wonder sur une production signée DJ Hoppa en 2018 où les rappeuses imposaient leur flow et leurs personnalités comme si elles avaient littéralement posé leurs ovaires sur la table. Il faut dire que depuis 2012 et un cypher qui présentait un paquet de MCs féminines, chacune d'entre elles a fait du chemin et balancé quelques albums au passage.

En cette année 2019, Gavlyn et Reverie se paient une tournée U.S. et n'ont pas fini de faire parler d'elles avec un nouveau titre qui donne son nom à cette tournée et qui est évidemment accompagné d'une vidéo. Si on connaissait les deux rappeuses pour leur amour du Boom Bap, on les découvre ici évoluant sur une production résolument Trap signée Louden et pratiquant un flow de type mumble, preuve que ces deux-là savent tout faire et diversifier leur Rap. Et une fois de plus, Gavlyn et Reverie en imposent, sans oublier la sympathique présence de Blimes Brixton dans cette vidéo.

18/09/2019

[Vidéo] Hundred Suns : "Last Apology" (Paroles / Lyrics)

Cela fait maintenant un peu plus de deux ans que Hundred Suns, le super groupe emmené par Cory Brandan (leader de Norma Jean), a sorti son premier album The Prestaliis. C'était en 2017.

Deux années plus tard, donc, le trio a décidé de poster une vidéo pour "Last Apology", le morceau le plus court de l'album mais sans doute l'un des plus mémorables de ce premier disque. Riff principal accrocheur, une touche Néo-Métal rafraîchissante et la voix singulière de Cory qui évolue dans pas moins de trois ou quatre registres, s'accordant même un cri en conclusion, chose relativement rare sur l'album. Et si on souligne ça, c'est parce que sur ce disque, Cory chante mais hurle rarement, fait surprenant quand on connaît les capacités vocales du bonhomme. Après avoir publié un clip pour "Amaranthine" en juillet 2017, c'est plutôt un bon choix que d'avoir choisi "Last Apology" pour une nouvelle vidéo deux ans plus tard.


We've drifted out and the ropes tied us down come undone so
I heard the sound of the crashing waves
I fought the current and I'm standing on the ground we paved, so what ?

We traded for a lot of talk and few signals
You pushed out the choir but it just won’t sing
I got this feeling like I'm living but I just don't know anymore
I tried to be what you wanted but you wanted me to be the last to apologize
I don't need this, I need this to be the last apology
The last apology


Push down these walls and let the earth come falling in
So no one can see us we’re barely here
We’ll live alone in the ground where together we belong

Last apology / Last apology / Last apology

17/09/2019

[Vidéo] Royal Coda : "Numbing Agent" (Paroles / Lyrics)

A-t-on déjà vu autant de classe dans un clip vidéo ? Images en noir et blanc, chacun des membres du groupe en costume et portant bien évidemment une cravate, tout ça pour jouer un morceau de Rock dont seul Royal Coda a la recette, le tout porté par la voix incomparable de Kurt Travis : ça fait du bien de retrouver le super-groupe formé autour de Sergio Medina en 2017.

Kurt Travis, Sergio Medina, Will Swan, Joseph Arrington... Tous ces noms qui font écho à tellement de groupes et de projets musicaux ! Et à tant de créativité et de productivité !  Concernant Royal Coda, le groupe (qui a débuté en tant que trio) s'était à peine formé en 2017 qu'il annonçait dès le début de l'année 2018 avoir mis en boîte la maquette de son premier album éponyme. Moins de deux ans plus tard, c'est un second disque qui est annoncé avec deux nouveaux musiciens à bord : Will Swan à la guitare et Steffen Gotsch à la basse, ce dernier n'ayant toutefois pas participé à la composition. Ce second recueil, intitulé Compassion, est prévu pour le 7 novembre 2019 via Blue Swan Records, le label créé par Will Swan lui-même. Il sera en écoute intégrale sur BandCamp à cette date et ça promet déjà d'être fort sympathique pour les oreilles !

What a doll she is makes you almost sick / At the edge of the plate, that one was for you Then she tilts her head, just to take the rest while we’re all in the other room finding out the truth Please tell me… I don’t want to know what was borrowed. Can you follow ? Destruction of self this is old magic with all of its past and presents to share Numbing agent. Numbing agent. Destruction of self this is old magic with all of its past and presents to share Numbing agent. Numbing ! Caps lock messages from the greediest grubby fingers / Should’ve paid attention, too… Bleeds electric with the high five list / Fucking god damn right, I saw you up all night When you wrote to me, I was setting you up one more When you wrote to me, I was setting you up one When you wrote to me, I was setting you up one more When you wrote to me, I was setting you up one...

16/09/2019

[Vidéo] The Oklahoma Kid : "Solar Ray" (Paroles / Lyrics)

C'était l'un des albums très attendus de cette année 2019 : les allemands de The Oklahoma Kid ont sorti leur premier recueil au format long baptisé Solarray le 13 septembre 2019 via Arising Empire. L'intégralité de l'album est en écoute sur Youtube.

"Solar Ray" donne son nom au disque qui regroupe onze titres. Il s'agit du quatrième extrait à recevoir un clip après "Oasis", "Shaking Off The Disease" et "Feed Me Fear". Et quoi de mieux pour illustrer ce morceau que de proposer une vidéo où le soleil irise les couleurs et nous grille les rétines ? C'est dans un style vestimentaire qu'on pourrait presque qualifier de "très allemand" que le groupe originaire de Rostock se met en scène pour une embardée psychédélique et décontractée sous un soleil d'été qui risque bien de nous faire regretter la venue de l'hiver. Des images au rythme lent qui font davantage penser à un shooting photo qu'à un clip musical mais le résultat est tout simplement très esthétique et en un sens fascinant. Un clip qui, tout comme celui de "Shaking Off The Disease", souligne le style et l'univers à part de The Oklahoma Kid. Plutôt bien vu de la part du combo dont on risque de beaucoup entendre parler dans les mois et années qui viennent.

Les compositions antérieures du groupe sont disponible en écoute sur BandCamp.

You came to me / You just want that I see Want to please me that the things that I see, I see With eyes but blind was born / Light touches lenses and opens a door Praised it fell to the floor / Crawl out of the cave, too afraid to explore Sun in the sky, bring a new day Oh solar ray, lead us the way Unfold to what will come / The kids will be praising the sun They speak in inaudible tongues / Won’t you make me their prodigal son I was freed, I'm straight out of hell I can’t represent myself / I must reset I must reflect I came from dirt, but left it behind Children of dust and ashes, show me the light When they come and they mumble and won’t let you go away When you ram it up their nose' / When you’re pissing on their way Let them come let them mumble, just don’t let them go away You will ram it up their nose’ like you’re pissing on their way

14/09/2019

[Vidéo] Of Mice & Men : "Taste Of Regret" (Paroles / Lyrics)

Le nouvel album de Of Mice & Men est sorti le 27 septembre 2019 et si le premier extrait du disque, "How To Survive", proposait un double-sens trompeur (on pouvait y voir une portée politique et sociale mais aussi un rapport aux autres qui parfois nous rabaissent), il n'y a désormais plus aucun doute possible sur le contenu de ce Hearthandsky.

"Mushroom Cloud" abordait de façon violente les troubles mentaux auxquels Aaaron Pauley avait du faire face pendant une période de sa vie. La portée cathartique de la musique d'Of Mice & Men explosait dans ce morceau qui ne comporte aucun chant clair. Avec "Taste Of Regrets", retour au refrain chanté et mélodique sans pour autant oublier des couplets au rythme soutenu et à la violence bien réelle. Ici, il est question de rappeler à certains de parfois fermer leurs bouches plutôt que de l'ouvrir pour de mauvaises raisons. Une façon de revisiter le vieil adage qui dit que "Silence is wisdom when speaking is folly", comme le rappelle Aaron lui-même. L'album Hearthandsky s'écoute dans son intégralité sur Youtube.

You're wretched, spewing venom, in every single lie that you tell Feigning all emotion, when facing the consequence of your own personal hell. And there's no angel left to blame when the devil on your shoulder Who made you bolder is the one laughing in your face What goes around comes around someday. And every time I think about the words you've said I'm reminded just to bite my tongue instead. Until every last lyric's left covered in red. Because the taste of blood is better than the taste of regret. So while you're spitting into the hurricane, trying to get rid of the bitterness, The acid from your tongue begins to erode again while you sit and reminisce. So deep inside your own abyss, there is no feeling of misery, Like living in history when you've been so poisonous. Karma comes back to sink it's fangs right in your neck. Nothing can change the past, no / And time can't and won't unshatter the glass What goes around comes around someday.

09/09/2019

[Vidéo] Wax Tailor : "The Light"

Cela fait des années que du côté des artistes ou autres groupes de musique, la tendance n'est pas au grand optimiste lorsqu'il s'agit de parler du monde dans lequel on vit. Surtout que c'est nous, êtres humains, qui l'avons bâti. Il est en effet bien plus facile et percutant de pointer du doigt et montrer (dans les clips) tout ce qui ne va pas, histoire de choquer et marquer les consciences, sans doute pour faire naître une réaction et peut-être entraîner une révolution. Sauf que l'effet inverse est aussi envisageable face à tant de problèmes qui sont d'ordre planétaires : baisser les bras, se dire que tout est déjà foutu et continuer comme avant tout en sachant que cela revient à foncer droit dans le mur.

Avec "The Light", Wax Tailor présente le premier extrait de son prochain album baptisé The Shadow Of Their Suns. Si il n'y a pas encore de date de sortie précise pour ce nouvel effort, on soulignera en début de ce clip la présence d'un énigmatique 2020-10-02 qui ferait allusion au 2 octobre 2020. Cela paraît loin pour la sortie de ce recueil et il ne faut peut-être y voir aucun sens caché.

Quoiqu'il en soit, si ce morceau est plutôt sombre et que les images de la vidéo qui l'accompagne laissent à penser que tout est noir et qu'il y a peu d'espoir, la conclusion du clip prend le message à contre-courant en postulant qu'avec tout ce qu'il se passe à travers le monde depuis quelques mois ou semaines, le passage à l'action a déjà été entrepris... Comme le disaient les gars de While She Sleeps en 2015 en conclusion du morceau "Trophies Of Violence" : "But it's not the end of the world...yet."

08/09/2019

[Vidéo] Issues : "Drink About It" (Paroles / Lyrics)

Il paraîtrait que c'est un genre musical à part entière : le Nu-Métalcore, aussi appelé par certains le Pop-Métal ou même les R&Bcore (sisi, il y a des gens qui ont créé des étiquettes pareilles pour des groupes comme Issues) est plutôt à la mode ces dernières années et il a au moins le mérite de réconcilier les fans de morceaux du Top 40 avec ceux qui préfèrent les grosses guitares et la batterie qui sonne fort.

Le 4 octobre 2019, Issues a sorti son troisième album via Rise Records. Baptisé Beautiful Oblivion, ce nouvel effort profite de clips vidéos tout aussi sympathiques que colorés. On pourrait parler du scénario multiple qui mène les images de "Tapping Out" ou des membres du groupe grimés en vieillards qui s'enjaillent en soirée dans le clip de "Flexin" sorti plus récemment, mais c'est de la vidéo pour "Drink About It" dont on va parler ici.

Si Tyler Carter est connu pour son style atypique (qu'il s'agisse de son type de chant pour un groupe de Métalcore ou encore de ses goûts vestimentaires), mais aussi pour être un défenseur et un représentant de la cause LGBT sur la scène Rock/Métal - notamment depuis son coming-out en tant que bisexuel en 2015 -, on était loin de s'imaginer le voir un jour se trémousser fièrement dans cette robe rouge avec une couronne sur la tête. C'est sans aucun doute l'image la plus marquante de ce clip qui possède d'ailleurs un making-of proposé par Josh Manuel lui-même (le batteur du groupe) où on y voit les gars découvrir les décors du tournage et leurs costumes.

L'album Beautiful Oblivion est en écoute intégrale sur Youtube.

I feel it every time you make me wait I hear it every time your phone vibrates

Drown in my cup chasing the hurt / Down on my luck, I’m on the verge Blood on your cuffs, I got the key but you’d rather lie to me
Oh why you do dat There’s a million other things that you’re good at Singing oh before I spill it I’ll let your brain run wild for a minute
I see it even through these dark red eyes Believe it you know I knew this whole damn time

Imma sweat you out (sweat it out)
How many times do I let you become all I drink about

07/09/2019

[Vidéo] Oxmo Puccino : "Ma Life" feat. Orelsan

En 2009, Orelsan chantait "Alors j'comprends qu'tu voudrais faire un feat, mais moi j'voudrais un kebab et une grande frite". C'était sur "Jimmy Punchline", sur l'album Perdu d'Avance, et le rappeur semblait souligner qu'avant même la sortie de son premier album, il lui arrivait déjà d'être sollicité pour faire des collaborations. Mais à cette époque, il n'y avait que son nom à lui, les Casseurs Flowters et le label 7th Magnitude qui trouvaient grâce à ses yeux. À la rigueur, seul Dizzee Rascal aurait pu faire l'affaire, Orelsan n'ayant jamais caché son admiration pour le rappeur londonien. Mais le temps à passé.

Le temps a passé et Orelsan enchaîne désormais les collaborations. Cela ne veut pourtant pas dire qu'il les choisit avec légèreté. On notera cependant qu'elles sont tout aussi diverses que spectaculaires. Mais là où, par le passé, certains auraient pu faire appel à lui pour apparaître sur l'un de ses propres disques, c'est maintenant lui qu'on appelle pour faire une apparition sur les disques des autres quand ce n'est pas lui qui décide d'inviter d'autres artistes sur ses propres morceaux. Les signes sont donc là : Orelsan est désormais reconnu et respecté par ses pairs, mais aussi et surtout par ses aînés. Une valeur sûre du Rap français, donc, qui lui vaut des apparitions aux côtés de grands noms du genre.

En juillet 2019, c'est aux côtés de Kery James qu'il rappe pour prendre part à un débat sur les banlieues à l'occasion de la sortie du film Banlieusards. Une première ? Non, bien évidemment. Déjà en 2013, Seth Gueko avait fait appel à Orelsan pour le titre "Lève Les Draps". Retour en 2019 et ce "Ma Life" qui est présenté moins de deux mois après "À Qui La Faute ?". Cette fois, c'est (le grand) Oxmo Puccino qui invite Orelsan pour donner un petit coup d’œil dans le rétro de la vie et simplement savourer ce que cette dernière leur a offert. Ou ce qu'il en ont fait. Quoiqu'il en soit, les deux compères semblent très sereins quant à leurs carrières respectives, fiers d'avoir parcouru tant de chemin, d'avoir accompli ce qu'ils ont accompli, tout ça "sur la longueur", au fil des années. Et quand on parle de collaboration, Oxmo ne se prive pas d'envoyer une petite pique aux deux frangins Bigflo & Oli ("J'vais m'en sortir avec Orel en feat solide, pas comme une clope et au lit", une référence aux textes de "Pas Du Même Monde" où Guizmo conclut par un "Une p'tite clope et au lit, Guizmo, Bigflo & Oli"), ces derniers ayant demandé à Orelsan de collaborer il y a quelques années de ça, chose qu'il a toujours refusée.

05/09/2019

[Vidéo] Alcest : "Protection" (Paroles / Lyrics)

Encore un exemple (s'il en fallait encore) du problème que pose la musique et sa diffusion en France dans le sens où Alcest est un groupe qui marche beaucoup mieux à l'étranger qu'entre les frontières de l'Hexagone. Cela est peut-être dû au fait que le groupe emmené par Neige - et qui a presque vingt années d'existence maintenant - soit signé sur un label étranger, Nuclear Blast Records en l'occurrence. Ou bien qu'en France, on a peut-être un vrai problème avec la musique Métal et c'est bien dommage ! Quoiqu'il en soit, le groupe choisit de s'exprimer en anglais dans ses posts sur les réseaux sociaux et il n'y presque aucune chance d'entendre Alcest passer sur les ondes radiophoniques françaises (hormis quelques webradios ou autres radios spécialisées). Même les pages Wikipedia relatives à Alcest et Neige sont plus fournies dans la langue de Shakespeare que dans celle de Molière : c'est dire l'intérêt que peut porter la France à certains de ses groupes de musique !

Pourtant, Alcest a sorti le 25 octobre 2019 un nouvel album baptisé Spiritual Instinct qui mérite vraiment le détour. Qui mérite même qu'on s'y attarde longtemps afin de profiter au mieux des ambiances concoctées par le groupe auquel on a collé l'étiquette de Blackgaze (comprenez une contraction de Black Métal et de Shoegaze) il y a de ça maintes années déjà.

"Protection" a été présenté comme premier extrait de ce disque comprenant (seulement) six morceaux et le clip qui l'accompagne nous propose une balade onirique et un voyage spirituel à travers une chorégraphie exécutée par la danseuse professionnelle Susan Engbo Andersen qui a notamment dansé dans le clip de Eaves pour le titre "Pylons" en 2015. Et comme on pouvait s'y attendre, c'est tout simplement très beau.

La nuit comme une toile suspendue s’effondre Et j’entends en moi des rugissements Et je me débats, je me débats contre les ombres Qui nous transpercent de part en part Les houles de la mer sont une armure Nous protégeant lorsque le jour s’étrangle Tant d’armes, tant de lames glaciales Pour affronter les fauves, en nous, grondant...

04/09/2019

[Vidéo] Ocean Wisdom : "Blessed" feat. Dizzee Rascal

Bon. S'il y a bien une chose qui impose le respect, c'est la capacité d'écriture dont peuvent faire preuve certains rappeurs. Et leur taux de productivité en la matière. Une nouvelle fois encore, c'est d'Ocean Wisdom dont on va parler pour la bonne et simple raison que le britannique a présenté le 11 octobre 2019 un nouvel album baptisé Big Talk, Vol. 1.

Ce nouveau recueil est sorti un an et demi seulement après Wizville, le précédent effort dont on avait déjà parlé ici. Au menu, pas moins de vingt-sept titres (dont certains interludes, il est vrai) pour un total de presque une heure et vingt minutes en boîte ! Un véritable pavé qui, en plus, comporte un certain nombre de collaborations (prestigieuses) comme ce "Blessed" avec Dizzee Rascal (qu'on trouvait déjà sur le précédent album avec "Revvin") ou encore "Fatboy" avec... Fatboy Slim ! Autant dire que si cela fait à peine cinq ans qu'Ocean Wisdom est dans le game, son ascension fulgurante et la masse de travail abattue sont tout simplement impressionnantes, sans parler de son flow improbable. Il paraîtrait qu'on appelle ça le talent. Et comme ce nouveau recueil semble être un "premier volume", il risque d'y en avoir encore derrière. On n'a donc pas fini d'entendre le rappeur de Camden Town né en 1993 et de profiter de ses vidéos qui accompagnent toujours ses nouvelles sorties. Du lourd, on vous dit !

[Dizzee Rascal]
Live long and prosper, Star Trek / I'm a star and I ain't been parred yet
Try par and see how far you get / I'll be at your neck in just a sec
I'll be at your neck it's not a threat / I don't pet, I get me some respect
On the net lookin' out for a buy to let / Big yard in a country where I slept
I mean where I sleep / Got a pretty peng ting in my own suite
She's so sweet and I'm on heat / I try keep it neat and be discreet
Big feet and it's making it hard to creep and I'm in too deep it's hard to cheat
Got spars from the street, but we hardly speak

Still I hardly weep, I won't accept defeat, I'm hard to beat
I pattern up the beat, it's got an easy vibe, I want an easy ride
As long as I can provide for the fam, I'm 'live and I reside where the hell I decide
I've decided I'm the biggest baddest thing alive number Johnny 5, the prototype
I'm photogenic even in the night, with a lack of light
You see me shining / I ain't outta sight, I ain't got a hyping
And you ain't gotta like it I'm so excited, I ain't gotta fight it, second sight
I might be a psychic, second-sight, I might reignite it
Get what you deserve, you invite it
Swerving through the dirt, clocking mileage, looking stylish, I ain't got a stylist
And my vibe is violent, Likkle man be silent / You're a fly in the eyes of a giant
I been flying high so long, I'm tired / I ain't tired enough to retire
But I'm tired of preaching to the choir / I got what you require
You deny you're a liar, liar / Set fire to your attire
I supply, you're a buyer, prior / I was the guy on the flyer
I ain't letting it fly, you're a trier / Try test me and I'll get the UMP, yeah I'm the umpire
Caution when you inquire / Right or wrong, I fight for what I desire
Call me Rascal or call me Sire / Why ? 'Cause I rule the Shire and I'm...

...Blessed, Work rest and invest / Got it sussed I don't guess
Spoke to God and he told me that I'm blessed
Be a boss and be the best / Better say it with your chest
I don't stress I just finesse and yes I'm blessed


[Ocean Wisdom]
Blessin' blockin' up the road / See 'em droppin' like it's snow, mm hmm
Erratic chillin' at my home / It was rainy on the roads, mm hmm
Indecisive with your flow / Will I skip or will I won't, mm hmm
You will or won't I bet you choke / You ain't blessed you on the ropes (wait, wait)
Niggas knowing that I will overcompensate with thrill, I just kill 'em prolifically
Too many mandem are moving fernickety / Rickety with it they dissin' my trickery
Intricate lyrics on top of the imagery / Me and my money are working in synergy
Cinematography all in my video / Look at the influence look at the mini-me's
Oi look at them bark up / Man saw the pussy when the pussy just park up
Manna got the matic in the attic he a hard nut
Calibrate the badness now a brudda feelin' charged up
Been around the world and never seen a brudda start up
Seen a brudda panic from the jabbin' to the
Heart, gut, chest, leg, back
Sitting where he sat I bet he wish he had armour
But, but you know that's irrelevant
I'm lookin' at a nigga like he suffering impediments
A brudda couldn't figure out how da Wizzy do it elegant
A brudda with da vigour tryna cover unintelligence
A man there with a matic kinda looking like he tepid
'Cause a brother caught him slippin' send him to the paramedic
And a brudda with the heart and soul of an elephant
Quiet and calm made more than the rest of 'em
Made more than dem man dem man run man down with ten man
Dat man done man ducked out lapped man / Now man's balling more than Henman
And they don't pay rent fam / Dat man got more cribs than dem man
Dem man ask man now for a ten pound but it ain't that when dem man beg man
What you know about that fam / Man left the pack by the gaff in the trash can
Man couldn't have a backpack full of that when I'm whippin' a car worth more than a man's flat
Ay, but you know a man met man, came with the dead flow, dead hook, dead pan
Stare man down like dude you a dead man if you try spit
Those at the event fam / You are not...

03/09/2019

[Vidéo] Jinjer : "Judgement (& Punishment)" (Paroles / Lyrics)

Grosse année pour Jinjer qui s'offre deux sorties en 2019 : après un EP présenté dès le mois de janvier et répondant au nom de Micro, le groupe ukrainien emmené par sa charismatique frontwoman proposera un nouvel album le 25 octobre 2019 via Napalm Records, et ce dernier sera baptisé Macro.

"Judgement (& Punishment)" est le premier extrait de ce nouveau recueil et s'accompagne d'une vidéo où Tatiana est bien évidemment mise à l'honneur, cette fois dans le rôle d'une sorcière aux sombres desseins. Si la saison et le personnage incarné par Tatiana sont différents ici, difficile de ne pas repenser à la vidéo pour "Perennial" où la blancheur de la robe et de l'hiver détonnaient avec la nature verdoyante et la robe noire présentées cette fois.

Mais ce qu'il faut surtout souligner, c'est ce surprenant air de Reggae sur le couplet du morceau qui montre une fois de plus la volonté de Jinjer à vouloir se distinguer de la masse. Certes, des groupes comme Skindred ou Twelve Foot Ninja ont déjà expérimenté la chose, mais voir les ukrainiens s'essayer à cette excentricité avec la voix polyvalente de Tatiana ne fait qu'augmenter l'attrait pour ce groupe qui ne semble pas avoir fini de nous surprendre !

We came from the lands where kindness equals weakness Feelings are conditional and help is something supernatural Your judgements sign your own punishment Your judgements sign your own punishment Yes, it is what it is I know you're pissed off Narrow minds cannot believe what they hear An individual with bitter inner word is a cause of deficiency of goodness and love Of goodness and love All your good intentions are muted and disabled (Booyah!) Tell me what you're gonna bring to the table Do you know we're gonna eat at the same table ? This is what it is I know you're pissed off Narrow minds cannot believe in what they hear Their system of beliefs experiences stress Mental impenitence put into the test So if you are here to bring the atmosphere of fear Don't bother, brother / Don't bother, brother The power of speech is idled away Poison is spilt, dirty moths sting - Sting Don't bother, brother / We've seen things that can't be unseen Don't bother, brother / That's exactly what makes us go even farther

02/09/2019

[EP] Thornhill : "13"

Artiste : Thornhill
EP : 13
Sortie : 2016
Genre : Métalcore progressif et alternatif, Post-Hardcore
Label : Autoproduction
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Ahhh, l'Australie. Décidément, on ne peut vraiment plus faire sans eux : les australiens ont déjà prouvé depuis longtemps et à plusieurs reprises que la scène Rock/Métal internationale ne pouvait plus se passer du style et de l'identité que propose leur île-continent. Et dans un sens, c'est tant mieux car on y trouve des choses vraiment très bonnes à se mettre dans les oreilles ! L'Australie est pour ainsi dire au reste du monde de la musique ce que sont la Hollande ou les pays nordiques au reste de l'Europe : c'est un formidable bouillon de culture qui donne naissance à des groupes à l'identité forte et qui ont souvent tendance à faire voler en éclats les frontières qui séparent divers genres musicaux. Comment ne pas penser aux débuts Rock Fusion/Blues/Reggae du John Butler Trio, au Djent-Rap de DVSR ou au Hip-Hop inclassable de Drapht ? Ou encore aux styles improbables (ou singuliers) de Twelve Foot Ninja, Tame Impala ou encore Dead Can Dance ? Si Thornhill évolue dans la catégorie Rock/Métal, cela n'empêche pas le groupe de suivre malgré lui une voix logique tracée par d'autres formations du même acabit et de cette même région isolée du monde depuis quelques années, tout cela en dépit d'une volonté bien réelle de se forger une identité qui lui est propre.

Une identité. Thornhill nous vient de Melbourne. Comme pas mal d'autres groupes australiens, il faut bien le reconnaître. En même temps, les grandes villes où des formations musicales peuvent se permettre d'émerger et de gagner en notoriété, en Australie, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue. Ou de désert. C'est d'ailleurs dans cette même Melbourne qu'un groupe de Métalcore et Néo-Métal expérimental a fortement gagné en visibilité ces dernières années : Ocean Grove. Si on tient en plus compte des pionniers du genre Métalcore progressif que sont les mecs de Northlane (qui ont sorti Alien en 2019, un excellent album de Métal moderne où l'Electro tient une place de choix), ces derniers ayant ouvert la voix à d'autres bandes comme The Brave ou Polaris, on se rend tout de suite compte qu'il y a de quoi faire si on décide de n'écouter que des groupes australiens (et on ne parle même pas d'AC/DC, Karnivool, Parkway Drive ou encore Thy Art Is Murder). Mais alors comment tirer son épingle du jeu alors que la scène est déjà foisonnante et qu'il y a de fortes chances d'être comparé à d'autres formations évoluant dans le même registre ? Au culot, évidemment ! Car Thornhill fait de gros efforts dès ce premier EP qui, bien que relativement court du haut de ses treize minutes de durée, propose des ambiances travaillées, des compositions variées mêlant passages planants ou au contraire très énervés, une voix qui alterne chant hurlé et chant clair aérien : on peut dire qu'il y a vraiment beaucoup d'ingrédients qui sont présentés ici. Et quand on a tout ça sur un premier recueil et que ça tient la route, il n'y a pas besoin d'être un fin limier pour comprendre qu'il y a un énorme potentiel et une "petite" dose de talent.

L'esprit Néo des années 2000's. Si, musicalement, Thornhill se place entre le Métalcore progressif et un Néo-Métal plus moderne servi par une production de qualité, il y a dans tout ça une influence des grands groupes qui ont marqué la fin des années 1990's et au début des années 2000's. À l'instar de formations américaines comme Sylar, Thornhill injecte dans sa musique des éléments propres à cette période en les remaniant à sa sauce pour en faire quelque chose de plus incisif, de plus personnel. Il faut dire aussi que l'accordage très bas qui est maintenant une signature incontournable post-2010's dénote fortement avec ce qui se faisait il y a de ça vingt ans. En cela, la ressemblance avec les premiers EPs d'Ocean Grove est assez frappante ("Patterns"). Mais ce qui fait la force de Thornhill, ce sont les textes introspectifs où il est question de mal-être, de démons intérieurs ou de relations aux autres. Tout cela donne à l'EP un aspect cathartique où la colère ("Outcast") et la tristesse ou le regret s'expriment avec une forme d'élégante sincérité qui ne manquera pas de marquer les oreilles attentives ("Tunnel Vision"). Si l'emploi de la première personne du singulier ou du "you" sont des marqueurs évidents de tout ce qui vient d'être souligné, Thornhill ne s'arrête pas là. La jeune formation se transforme même en porte-parole de toute une génération qui fait face à des enjeux nouveaux et à un monde qui ne lui parle pas suffisamment (ou tout simplement pas) dans un impressionnant "XY" en clôture de l'EP.  Cela étant dit, tous les ingrédients sont donc présents pour faire de Thornhill un groupe qui pourrait véritablement marquer son époque.

Tracer sa route. Que dire de plus ? En treize minutes, Thornhill arrive à mettre tout le monde d'accord (ou presque) : il y a du potentiel pour marcher dans les traces des aînés du genre et suffisamment de talent pour se démarquer de la masse. Des signes qui ne trompent pas puisque les australiens signeront leur second EP chez UNFD, ce label ayant le chic pour dénicher les nouveaux talents, notamment en Australie. Thornhill sortira Butterfly moins de deux ans plus tard et continuera ainsi son petit bonhomme de chemin. Et c'était totalement prévisible.