18/02/2016

[Live Report] Annisokay + Fearless Vampire Killers + Novelists + Buy Jupiter (La Marquise - Lyon)

Retour à la Marquise, une semaine seulement après la Release Party du premier EP de Vesperine. C'était le 10 octobre 2015 et le moins que l'on puisse dire, c'est que la programmation ce soir-là était relativement éclectique, chaque groupe se produisant sur scène évoluant dans un genre bien différent de celui pratiqué par les autres.

Annisokay était donc en pleine tournée à travers l'Europe pour promouvoir son dernier album Enigmatic Smile sorti plus tôt en 2015. Une tournée qui passait par l'Allemagne (terre natale du groupe), la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, l'Ukraine, la Russie et... la France avec une date unique à Lyon. Quelle chance !

Ce n'était pas tant une chance qu'Annisokay soit de passage sur Lyon mais c'était surtout l'occasion de voir (enfin !) Novelists sur scène (oui, je suis sélectif, parfois). Et quelle bonne idée d'inviter les lyonnais de Buy Jupiter pour assurer la première partie d'une soirée qui ne pouvait que bien se dérouler, surtout que la météo était plutôt clémente cette fois, faisait oublier cette pourriture de temps de chien de la semaine précédente.

Une soirée qui commençait relativement tôt, il faut l'admettre. Mais on peut reconnaître là un avantage : on était en pleine Happy Hour et comme le dîner semblait encore bien loin, c'est entre potes (voire presque en famille) que Buy Jupiter a ouvert le bal dans une Marquise bien remplie pour l'occasion. C'est donc ça, Lyon : commencez une soirée à 19h et il y aura du monde. Débutez celle-ci entre 19h30 et 20h30 et la première partie se retrouvera face à une fosse quasiment vide (la plupart du temps). Bref.

Buy Jupiter ce soir-là, à la Marquise
Buy Jupiter (Page Facebook / BandCamp) a donc lancé les festivités à la manière d'un rouleau compresseur, faisant trembler la Marquise de son Métal Moderne à tendance Progressive et technique mais aussi bien bourrin. Du groupe formé en 2012, on ne sait que peu de choses, le premier EP n'étant prévu que pour le 3 mars 2016. Les lyonnais joueront plusieurs titres pour un peu moins d'une demie-heure de set qui aura eu le mérite de mettre l'ambiance et de chauffer la salle d'une manière effective. Un Métal technique mais pas trop, des riffs accrocheurs et quelqus lignes aériennes pour donner à tout ça un peu de profondeur et de textures. Un truc qui fonctionne et qui est surtout bien exécuté sur scène. C'est évidemment avec le titre "Rise" - en téléchargement libre via BandCamp - que le groupe clôturera sa prestation, histoire de bien chauffer tout le monde. C'est relativement violent et ça tape fort. Buy Jupiter est sans aucun doute une formation à suivre tant le riff est efficace et la voix maîtrisée, en Live comme en studio (en même temps, c'est pas n'importe qui derrière le micro !). On attend donc ce fameux premier EP avec impatience pour se faire une véritable idée car tout cela semble solide ! Ah, oui, et entre nous, Manu (à gauche sur la photo), il ressemble quand même vach'ment à Ryan Gosling ! Bref.

Mattéo (Novelists) lors de cette soirée
Mais revenons quelques minutes plus tôt où, poussé au vice de la cigarette par la bière, une courte pause sur le pont de la péniche s'est transformée en une sympathique anecdote. En effet, la Marquise ne possédant pas de loge à proprement parler pour les artistes, c'est à l'air libre, sur ce pont où les fumeurs viennent cloper, que Mattéo (Novelists) avait décidé d'effectuer ses vocalises pour se chauffer la voix. L'occasion de vivre l'envers du décor bien souvent caché aux spectateurs. L'occasion aussi d'échanger quelques mots sur le sacerdoce qu'est l'entretien d'une voix, surtout pendant une tournée. Mattéo expliquera d'ailleurs que c'est souvent sujet à rigolade, précisant que même l'été, il est obligé de porter quelque chose sur le cou pour protéger ses cordes vocales. Et, en effet, si on cherche bien, on peut trouver des clichés où, pendant que tous les autres sont en t-shirt et profitent du soleil, il est le seul à être habillé comme en hiver. Une rigueur nécessaire pour enchaîner les dates (17 à la suite, d'un jour sur l'autre, pour cette tournée) et proposer des prestations avec un minimum de qualité (pour mieux comprendre, allez voir la vidéo de Caroline Westendorp de chez The Charm The Fury). Les parisiens de Novelists ont donc pris possession de la scène quelques temps après le passage de Buy Jupiter mais quelques réglages et soucis techniques intempestifs feront prendre un peu de retard. Une mise en place assez laborieuse bien vite oubliée dès les premières notes de "Voyager" - ou "Gravity" - (les deux morceaux ont été joués mais difficile de se souvenir avec lequel le groupe a ouvert son set). Malgré un chrono plutôt serré, les parisiens arriveront à placer "The Lichtenberg Figure" et "Muchos Touché" - un morceau assez court extrait de l'album Souvenirs qui n'était pas encore sorti à cette date - pour conclure avec "Heartfelt" (si ma mémoire est bonne). Le verdict est simple : Novelists, c'est tout aussi agréable à écouter chez soi qu'à voir sur scène, ça donne la patate et ça passe comme une lettre à la poste même si le manque de place sur scène n'aura pas permis au groupe de véritablement se lâcher. C'était bien cool, c'était classe et ça faisait plaisir de voir que les parisiens étaient bien contents d'avoir une date en France, Mattéo lâchant même qu'après tant de temps en tournée loin de leurs familles, nous étions tous un peu la famille de chacun des membres du groupe ce soir-là. Un truc qui aurait pu passer comme une phrase d'accroche anodine mais on sentait quand même que tourner avec deux formations étrangères et le fait de ne pas beaucoup pratiquer le français pendant cette période manquait un peu aux parisiens. Et on peut supposer que le public lyonnais a suffisamment donné de sa personne pour que Novelists garde un bon souvenir de son passage ici. Précisons toutefois que Mattéo est le seul à assurer toutes les voix sur les versions studio et qu'il lui est donc impossible d'offrir quelque chose de similaire sur scène, ce qui lui impose de choisir quelles parties chanter et donc de remanier quelque peu chaque titre. Cela n'aura pas empêcher une bonne performance ! Enfin, rappelons que les six titres de la Démo de Novelists sont toujours en téléchargement libre via BandCamp.

FVK sur la scène de la Marquise
On est alors arrivé à la moitié de cette soirée, deux groupes sur quatre s'étant déjà produits. Et, soyons honnêtes, la soirée était largement rentabilisée, la suite n'étant pas vraiment ce pourquoi je m'étais déplacé. Et je n'étais apparemment pas le seul. Comme il l'a déjà été souligné lors de précédents Live Reports, le Post-Hardcore dans "ce qu'il a de plus commun aujourd'hui" n'est plus vraiment ma tasse de thé et les deux groupes qui passaient ensuite évoluent dans un genre qui s'en approche fortement. Ce sont donc les britanniques de Fearless Vampire Killers qui sont montés sur scène et là, la soirée a pris une toute autre tournure : la fosse s'est désemplie et le public a en fait tout bonnement changé. Comme si les spectateurs qui s'étaient déplacés pour les deux premiers groupes avaient laissé la place à d'autres personnes qui, elles, s'étaient déplacées pour le Rock des anglais de FVK. En effet, dans la fosse, c'est un public presque intégralement féminin qui a pris possession des lieux, occupant l'espace pour profiter au mieux du spectacle. Loin de moi l'idée de critiquer la performance des "tueurs de vampires" car je ne suis tout bonnement pas le public visé mais la prestation a sacrément plu aux filles présentes ce soir-là ! C'était un peu comme voir le groupe du lycée jouer son concert au bal de promo, amassant les groupies à ses pieds. Il y avait comme une ambiance de teen movie l'espace d'un instant dans la Marquise et même si cela tendait à faire sourire, le principal est que le public a apprécié. Chanteur et premier guitariste en ont même profité pour inverser leurs rôles le temps de quelques chansons, histoire de varier les plaisirs. Un set sans grande pression, donc, et qui aura sans aucun doute fait passer un très bon moment aux filles agglutinées devant la scène.

Annisokay lors d'un concert ailleurs qu'à La Marquise
Ce sont enfin les allemands d'Annisokay qui sont arrivés sur scène pour clôturer cette soirée. Bien que je n'aie pas pris connaissance de la discographie de ce groupe, la prestation scénique aura suffi à me convaincre qu'il y a quelque chose chez cette formation. Un truc très très Post-Hardcore mais qui arrive tout de même à retenir l'attention d'un mec plutôt hermétique au genre (je parle évidemment de moi). C'est parfois bien bourrin, ça crie beaucoup, le riff est accrocheur et l'énergie est plutôt bien communiquée par les membres du groupe, en particulier David, frontman atypique à lunettes (j'ai beau chercher, je n'en trouve pas d'autres qui en portent sur scène). Même si il y a un peu trop de jeu de scène pour donner de la consistance à l'ensemble, ça tient assez bien la route. On pourra aussi saluer la performance du second guitariste qui lui s'occupe des parties de chant clair. Et bien que sa voix n'ait rien de spécial, sa prestation est juste et bien réalisée. Rien que pour ça, chapeau. La fosse semblait toutefois bien vide en comparaison du peuple présent pour Novelists mais cela n'empêchera pas les allemands de tenir leur set, offrant un concert pratiquement privé aux véritables fans restés jusqu'au bout. C'était pas ma tasse de thé mais je m'incline devant un set bien envoyé et à l'énergie communicative. C'était plutôt cool, en tout cas musicalement.

Une soirée où il y en avait donc pour tous les goûts. L'occasion de découvrir les lyonnais de Buy Jupiter, de profiter de Novelists sur scène dans des conditions bien sympathiques (on ne risque pas de revoir jouer les parisiens sur une si petite scène de sitôt, surtout depuis la sortie de leur album qui est une petite perle de Djent). C'était aussi l'occasion d'assister à un spectacle assez surprenant : un public majoritairement féminin venu acclamer ses petits chouchous anglais de FVK et enfin de découvrir un groupe comme Annisokay venu confirmer que le Post-Hardcore, c'est son rayon. Merci à la Marquise pour proposer ce genre de soirée dans un si petit lieu favorisant le contact avec les artistes et à l'asso One Heartbeat Productions pour l'organisation. Remerciements aussi à Mattéo et les gars de Novelists pour les quelques mots échangés. Enfin, merci à Robin pour avoir partagé cette soirée en ma compagnie. Les crédits photos reviennent à SpreadTheirSound (sauf le cliché pour Annisokay trouvé via vk.com) et vous pouvez aussi aller lire leur Live Report de cette soirée.

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