27/02/2016

[Live Report] Crossfaith + The One Hundred (Le Café Charbon - Nevers)

Direction Nevers, cette fois, pour une soirée au Café Charbon, petite salle relativement célèbre pour avoir vu passer des groupes à la renommée internationale comme, parmi tant d'autres, les suédois de Raised Fist pas plus tard qu'en 2015, la veille de leur concert au Warmaudio de Décines.

Le Café Charbon, je n'y avais pas remis les pieds depuis mes années lycée et quelques soirées qui ont marqué ma jeunesse comme celle où les français de Sidilarsen et Tripod s'étaient déplacés jusque dans la Nièvre - en 2004 - ou encore lorsque Bane, Comeback Kid et les japonais de FC Five y étaient venus jouer leur Punk Hardcore en 2005. C'était il y a plus de dix ans et pourtant, cette salle n'a rien perdu de son charme et les souvenirs sont toujours là, indélébiles.

Cette fois, ce sont d'autres japonais qui ont traversé la moitié de la planète pour venir se produire ici : Crossfaith et son Métal Hardcore Electro survitaminé qui a déjà fait bouger bien des foules à travers le monde. D'ailleurs, c'est quand on voit la liste des dates de cette tournée en France qu'on se dit que le groupe doit avoir l'impression de revenir à ses débuts. Quand on sait que la bande de Ken et ses potes se produit désormais sur des scènes comme le Reading Festival ou le Hellfest, se produire dans de si petites salles doit leur faire bizarre, aux japonais. Qu'à cela ne tienne, on sait tous que ce n'est pas la taille de la scène ni même le nombre de gens présents qui font d'un concert une soirée mémorable. Et sur ce point, Nevers n'aura pas failli !

Afin d'effectuer cette tournée pour promouvoir son dernier album Xeno sorti plus tôt en 2015, Crossfaith a décidé de s'entourer du quatuor britannique The One Hundred pour les dates françaises. Un choix justifié par l'amour qu'a cette formation pour intégrer de l'Electro à sa musique, ce qui fait office de pont entre les deux groupes et donc permet d'avoir un fil conducteur lors des prestations scéniques.

The One Hundred a bien su chauffer la salle !
Et le constat est sans appel : c'était vraiment cool d'avoir The One Hundred ici, au Café Charbon, pour débuter la soirée. On dira ce qu'on veut du genre musical dans lequel le groupe évolue mais la prestation donne la patate, les londoniens ayant chauffé la salle comme il se doit. Musicalement, c'est un peu comme si Reveille et son Néo-Métal à forte tendance Rapcore avaient été ressuscités tout en s’imprégnant de la touche Electro d'Enter Shikari. On pourrait presque percevoir une signature britannique dans tout ça. Les riffs sont d'une efficacité redoutable pour faire sauter et remuer les foules et même si le chant est exécuté avec un telle rapidité qu'on n'y comprend pas grand chose, c'est fédérateur et ça marche (notamment lors des reprises de "This is your downfall !" sur "Downfall"), sans parler du fait que Jacob peut évoluer dans différents styles, du Rap ultra rapide au chant hurlé rageur. Et là, c'est davantage à un groupe comme Hacktivist auquel on pense, autre formation britannique qui évolue plutôt dans un genre Djent-Rap. Bref, The One Hundred arrive à combiner tous ces ingrédients pour en faire son identité et ainsi proposer quelque chose de relativement nouveau, sans parler du fait que le groupe n'hésite pas à s’imprégner du Hardcore pour des gang vocals exécutés avec chaleur. Le public présent ce soir-là n'a pas mis longtemps à se bouger sur la musique des britanniques qui ont parfaitement relevé le défi de chauffer la salle et désinhiber la (très) grosse centaine de personnes qui s'était déplacée. Le groupe jouera son EP Subculture ainsi qu'un nouveau morceau. On retiendra surtout de ce concert qu'écouter The One Hundred en version studio n'a pas du tout la même saveur et que cette formation mérite d'être vue sur scène pour son énergie communicative et sa capacité à fédérer le public. Balèze, surtout pour une première partie !

Ken s'est offert un aller-retour en slam dans la fosse du Café Charbon © M. Nadolny
Deux groupes seulement ce soir-là mais il n'en fallait pas davantage tant la température était insoutenable en fin de concert. La musique des japonais de Crossfaith ne connaît décidément pas de frontière et le public neversois s'est montré présent et a su reprendre en chœur les textes hurlés par Ken, frontman charismatique et véritablement sympathique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les japonais ont le sens du spectacle : une arrivée sur scène appuyée par une montée en puissance avec "Xeno" en ouverture, le groupe étant là pour promouvoir son dernier album du même nom. Mais ceci n'est qu'un détail parmi d'autres qui ont fait de ce show un événement dantesque pour une salle aussi petite que celle du Café Charbon. Le groupe s'est d'ailleurs présenté sur scène avec un drapeau français, fait assez étrange qui rappelle inévitablement les événements tragiques survenus au Bataclan en novembre 2015... mais qui témoigne de la joie des japonais d'effectuer un bout de sa tournée en France. On aura donc droit à une setlist bien garnie avec, entre autres, "Raise Your Voice", "Eclipse", "Photosphere", "Mirror" ou "Devil's Party".

Teru recevant son gâteau d'anniversaire sur scène © M. Nadolny
Mais ce qu'on retiendra surtout, c'est que le groupe n'a pas besoin de Benji Webbe (leader du groupe Skindred) pour jouer "Wildfire" sur scène, Teru (aux machines) se chargeant de faire la seconde voix sans aucun souci (ainsi que sur beaucoup d'autres morceaux d'ailleurs). C'était en plus l'anniversaire de ce dernier ce soir-là et quelques personnes dans le public avaient prévu le coup en lui offrant une rose pendant le concert. S'en est suivi un défilé de jolies attentions, le bonhomme recevant même un gâteau et une bouteille de champagne sur scène, entouré de ses potes de tournée.

[Voir la vidéo postée par The One Hundred avec des images des premières dates de cette tournée et l'after party pour le double-anniversaire au Café Charbon]

Les circle pits et autre walls of death se sont en tout cas succédé pendant cette soirée et ce n'est pas un (faux) final sur le dévastateur "Countdown To Hell" qui fera dire le contraire ! Le rappel aura en tout cas été des plus jouissifs puisque que Tatsuya nous a offert un solo de batterie explosif et que le groupe a ensuite chaîné avec "Omen", la reprise de Prodigy, pour conclure le très bourrin "Monolith". Un concert généreux, énergique, voire violent parfois, mais qui valait son pesant de cacahuètes ! Découvrir Crossfaith d'aussi près est sans nul doute un privilège quand on sait la taille des scènes que le groupe a plutôt l'habitude de fouler, sans parler des cordons de sécurité qui vont avec. Ici, certains ont pu monter sur scène, repartir avec des baguettes et autres plectres, ainsi qu'échanger de multiples high-five avec les japonais. Et il n'y a que dans de petites salles de cette taille qu'on peut avoir ce genre d'opportunités. Royal !


Même si certains auront réclamé "Jägerbomb" toute la soirée, on n'a vraiment pas de quoi se plaindre en ressortant du Charbon, lessivés et transpirant après une telle expérience. C'était objectivement excellent - Crossfaith est véritablement une bête de scène - et il faut remercier les deux groupes pour ne pas avoir eu peur de venir se perdre au fin fond de la France dans une ville comme Nevers qui n'a pourtant pas la meilleure des images au niveau national (référence à un reportage télé qui a fait grincer des dents un bon paquet de gens).

Remerciements aux deux groupes venus jouer jusqu'entre les murs du Café Charbon, à l'orga et à toute l'équipe de bénévoles présents ce soir-là. Merci aussi à Manon Nadolny pour ses photos. Vous pouvez aller voir le reste des clichés pris lors de cette soirée via son album photo et aussi visiter sa page Facebook si le cœur vous en dit. Le public neversois était top ce soir-là et on peut supposer que les artistes ont (fortement ?) apprécié. Nevers : à bientôt !

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