31/07/2013

[Album] Snapcase : "Lookinglasself"

Artiste : Snapcase
Album : Lookinglasself
Premier Album
Sortie : 1993
Genres : Punk Hardcore, Post-Hardcore
Label : Victory Records
Morceaux à écouter : Drain Me / Filter, Deceived, Fields Of Illusion
♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

J'aime souvent me poser la question "Mais à quoi ça peut bien me faire penser ?" ou encore "Qu'est-ce que je ressens en écoutant ça ?" quand je me tape un artiste, un groupe ou un album que j'ai du mal à cerner, du mal à décrire. Avec Snapcase et son premier album, c'est ce que j'ai dû faire pour réussir à comprendre ce que j'aimais (et ce que je n'aimais pas) là-dedans. Une chose évidente m'est tout de suite venue à l'esprit dès les premières écoutes : Snapcase m'est apparu comme étant au Hardcore ce qu'un groupe comme Helmet est au Métal. En gros, un truc très particulier, bien à part et ayant un style très personnel et facilement identifiable. Sans parler du fait que ces deux groupes ont vu le jour à la même époque : au tout début des années 1990.

Il faut donc se remettre dans le contexte de l'époque pour bien comprendre pourquoi le son ou tout simplement la musique de Snapcase est surprenante quand on a l'habitude d'écouter ce qui sort aujourd'hui où pratiquement tout est soumis à la loi de la batterie ultra retouchée, aux guitares presque synthétiques et aux ajouts Electro (d'où l'étiquette "Electronicore" apposée sur un grand nombre de groupes depuis quelques années). Non, ici, tout est brut et même parfois un peu trop (en comparaison de ce qui se fait aujourd'hui justement). Même la présence de deux guitares n'empêche pas certains "vides" qui donnent cette impression décousue à la musique de Snapcase. Les riffs sont francs et balancés avec ferveur mais on assiste a deux jeux différents : des accords qui se traînent en longueur ou, au contraire, qui sont stoppés net ce qui donne cette progression à deux vitesses dans un seul et même morceau parfois ("Incarnation").

Rattaché au mouvement Punk, Snapcase est tout de même un de ses groupes relativement à part, à la personnalité singulière. Ses membres ne renient pas leur affiliation au mouvement Straight Edge (sans pour autant en faire l'apologie), ce qui explique que la plupart des textes de Daryl Taberski soient sur fond d'auto-détermination, d'affirmation de soi (les mots "life" et "existence" sont assez fréquemment répétés) et de challenge personnel. Une sorte d'invitation à l'introspection qui reste relativement en marge de la plupart des sujets en rapport à la violence où aux "ennemis" qu'on trouve habituellement dans le Punk, notamment à cette époque.

On notera aussi le mixage très particulier de cet album, les guitares étant fortement mises en avant, laissant la voix de Daryl en retrait ("Covered"), chose que l'on retrouve dans pas mal d'enregistrements de l'époque, et même un peu plus tard (il suffit de se repasser le premier album de 36 Crazyfists, par-exemple, pour comprendre). Malgré tout, Snapcase s'en sort plutôt bien, affichant quelques petites subtilités dans les lignes ("Deceived") ou au contraire en alignant des riffs lourds comme des rouleaux compresseurs ("No Bridge"), sans parler d'une batterie se prêtant au jeu de la double pédale dans de rares instants ("Drain Me/Filter"). Il est d'ailleurs assez étonnant de voir que deux batteurs différents soient intervenus sur l'enregistrement de l'album...

Snapcase livrait là un album fort, très particulier et novateur dans un certain sens. Malgré tout, le son et la composition sont "d'une autre époque" et bien que cet album soit d'une grande efficacité, il est relativement difficile de pouvoir l'apprécier à sa juste valeur, sauf si on a bien connu cette époque et qu'on en est nostalgique ! Pour ceux qui ne connaîtraient pas, voilà une curiosité à découvrir, mais pas sûr que tout le monde supporte ce premier effort qui, il faut le dire, a pris quelques rides.

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