23/04/2013

[Album] Walls Of Jericho : "The Bound Feed The Gagged"

Artiste : Walls Of Jericho
Album : The Bound Feed The Gagged
Premier Album
Sortie : 1999
Genres : Métal Hardcore, Métalcore
Label : Trustkill Records
Morceaux à écouter : Changing Times, Full Disclosure, Why Father
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Grooveshark <

Alors qu'en 1999, chez nous en France, Eths voyait le jour, Walls of Jericho sortait son premier album. Un nom de groupe aux connotations proprement bibliques qui se ressent plus ou moins dans les textes, que ces allusions soient pro ou anti d'ailleurs. Le groupe voit le jour en 1998 avec à sa tête Candace Kucsulain, frontgirl charismatique qui n'y est pas pour rien dans la renommée du groupe.

Une première galette sortie pratiquement un an après un premier EP où étaient proposés quelques sept morceaux dont seul le titre "Why Father" (version de l'EP) apparaîtra sur l'album. Un titre qui justement témoigne de la dureté et violence des textes que Candace développe dans l'album. On tombe d'ailleurs dans le même registre que ce que Candice fera pour Eths quelques temps plus tard (d'ailleurs, bien que les deux demoiselles aient une certaine capacité à brailler dans un micro mais que leur voix respectives soient singulièrement différentes, on notera la similitude dans leurs prénoms...).

S'il fallait résumer ce premier album, je dirais tout simplement qu'il est le témoin d'une époque où Métal et Hardcore n'étaient pas encore aseptisés à la même sauce de cette production surboostée qu'on entend un peu partout aujourd'hui. Un son brut de décoffrage, dur, gras, sale parfois, et sans fioritures. Ma culture étant là aussi limitée, je ne me permettrais qu'une petite allusion au premier album de Raised Fist bien que la bande suédoise se soit cantonnée au Punk Hardcore pur et dur à cette période. Walls Of Jericho évolue davantage dans un style Métalcore qui présente quelques légères différences avec le genre cité plus haut mais on est bien face à des albums témoignant d'une époque aujourd'hui (pratiquement) révolue, notamment au niveau du son et de la production.

The Bound Feed The Gagged (comprenez plus ou moins "la borne nourrit le bâillonné", où une allusion subtile aux frontières entre les peuples, qu'elles soient physiques ou spirituelles) est un album où il est souvent question de division, de séparation ou de conflit entre des individus bien souvent considérés comme des victimes malgré eux. Dans ce sens, les textes de Candace sont souvent un appel à l'unification ou une contestation des différences, souvent imputées aux religions, ces thèmes étant étrangement récurrents dans presque chaque titre de cette galette.

Musicalement, pas grand chose à redire. Les musiciens frappent fort, enchaînent les riffs et moshparts, les guitares sont grasses à souhait et la batterie ne lésine pas sur les breaks et la double-pédale. C'est nerveux et ça va droit à l'essentiel. Concernant la voix de Candace, on sent encore quelques faiblesses qui donnent parfois l'impression d'une bouillie vocale ("Home Is Where The Heart Is") largement rattrapée par une maîtrise d'autres passages diablement efficaces, parfois portés par des (rares) gangvocals nerveux. La miss (si j'hésite quand même à la désigner ainsi) profite quand même de quelques variations de chant qui permettent de ne pas tomber dans le répétitif et lassant. Ainsi on voit apparaître quelques passages carrément parlés ("Misanthropy") avec même une voix aérienne en trame de fond. On a droit à une façon de chanter alternative sur "Changing Time" où on en vient à se demander s'il s'agit bien de la même chanteuse. Enfin, on ne peut terminer l'écoute de cet album sans relever la présence d'un titre entièrement acoustique avec "Angel" où là aussi, on est un peu sur le cul. Pas déplaisant cela dit car il permet de révéler une autre facette de la musique du groupe.

Un premier album vraiment bon qui se suffit à lui-même et ravira (et ravit déjà) les amateurs du genre, et plus particulièrement les nostaliques d'une époque où ce genre de groupe se préoccupait guère des arrangements en prod et post-prod. Bourrin, mais fort sympa, souvenir de l'avènement d'un groupe avec à sa tête une gonzesse sacrément burnée !

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