16/04/2013

[Album] God Is An Astronaut : "Far From Refuge"

Artiste : God Is An Astronaut
Album : Far From Refuge
Troisième Album
Sortie : 2007
Genres : Post Rock, Rock Atmosphérique, Instrumental
Label : Revive Records
Morceaux à écouter : Radau, Grace Descending, Beyond The Dying Light
♥♥♥
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Il aura fallu deux albums seulement au groupe irlandais pour assumer son Post Rock aérien et poétique teinté de chœurs spectraux pour s'installer définitivement sur la scène mondiale. Une identité forte, reconnaissable parmi toute la tripotée d'autres groupes du genre, qui ne laisse pas indifférent.

Ce troisième effort arrive deux ans après un excellent "All Is Violent, All Is Bright" parfaitement maîtrisé et d'une redoutable efficacité. On commençait à connaître la chanson et la crainte commençait à se faire sentir : le groupe pourrait-il se renouveler ? La réponse est oui, mais reste toutefois mitigée. Suite à l'écoute de ce troisième album, il m'est clairement apparu que la musique de GIAA restait dans la même ligne directrice que l'opus précédent mais qu'il en ressortait une bien plus grande nostalgie, voire même de la tristesse. Ces sentiments ressentis sont appuyés par une pochette en totale opposition avec l'album précédent, qui était lumineux et clair aussi bien musicalement que par le visuel présenté, par un titre peu optimiste, mais aussi par des morceaux au calme surprenant qui sortent clairement du style Post Rock parfois (instrumental au piano avec "Darkfall", ou encore une expérimentation glauque sur "Lateral Noise") et dont les titres eux-mêmes ne poussent pas non plus à l'optimisme ou à la joie ("New Years End", "Beyond The Dying Light").

Musicalement, donc, on retrouve tout ce qui fait la force de God Is An Astronaut, à savoir un clavier/piano fortement présent ("Grace Descending"), des voix soufflées, glaciales et spectrales ("Beyond The Dying Light"), le tout servi par une batterie largement mise en retrait et des guitares aux multiples effets qui, quant à elles, sont bien souvent mises en avant ("Tempus Horizon"). La trame Electro en fond de la plupart des titres reste suffisamment intéressante pour garder son intérêt mais il faut bien avouer que celle-ci n'apporte en rien de la chaleur à l'ensemble. Elle vient même stériliser l'intégralité de l'album de toute émotion joviale ou positive, comme si la musique était teintée d'un état dépressif récurent venant contrer la moindre envolée de puissance.

Car de la puissance, il y en a. Cette même puissance qui faisait tout l'intérêt de "All Is Violent, All Is Bright" lors de longue montée pour certaines conclusion explosive. Ici, ce sont davantage des titres en dents de scie qui s'offrent à nous, proposant de délicieux passages aériens et purement Rock qui retombent rapidement dans une funeste mélancolie. Un peu déstabilisant et surtout peu propice à l'explosion de joie.

Cet album est donc un hybride. Un mélange complexe d'une énergie directement issue de l'effort précédent qui reste cloisonnée et enfermée dans de lancinants passages sombres et froids. Un bon album, assumé et qui a tout son intérêt, mais qui ne s'écoute pas avec autant de facilité que les deux premiers et qui souffre tout naturellement de la comparaison directe avec son prédécesseur à mon goût. Touchant, enivrant mais à ne pas mettre entre toutes les oreilles selon moi, bien que l'ensemble soit parfaitement maîtrisé.

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