28/04/2013

[Album] Monuments : "Gnosis"

Artiste : Monuments
Album : Gnosis
Premier Album
Sortie : 2012
Genres : Métal Progressif, Djent, Groove Métal, Mathcore
Label : Century Media
Morceaux à écouter : Degenerate, The Uncollective, Regenerate
♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

Je ne vais pas le cacher : je n'ai jamais eu pour habitude d'écouter Meshuggah, et donc du Djent, mais ça, je l'avais déjà mentionné lorsque j'ai parlé de l'EP trois titres de Monuments. Pourtant, et c'est plutôt une bonne chose, il m'arrive encore de faire de belles découvertes et cet album fait partie de celles faites en 2012.

Mais revenons-en à nos moutons. Monuments, à la base formé par deux anciens de Fellsilent (groupe sur lequel il faudrait que mes oreilles s'attardent un peu plus) en 2010, et dont la sortie de l'EP "We Are The Foundation" a suivi peu de temps après, offre donc son premier album en début d'automne 2012. Un neuf titres reprenant deux des trois proposés sur le premier effort du groupe qui laissait présager peu de nouveautés. Et pourtant...

La particularité du groupe se trouvait en plusieurs points : une polyrythmie à en faire s'arracher les cheveux un chef d'orchestre, deux chanteurs aux voix écorchées et des musiciens talentueux et inspirés (voir la vidéo pour "Memoirs"). Un cocktail parfait pour réussir son entrée sur la scène internationale qui dernièrement voit revenir en force ce genre musical réservé aux acharnés, plus proche des mathématiques que de la musique à proprement parler. Mais (car il y a toujours un mais), un petit différend au sein de la formation vient troubler ce glorieux avenir à quelques mois seulement de la sortie de ce premier album. En effet, ce sont les deux chanteurs Neema Askari et Greg Pope qui sont évincés de la bande pour "divergences musicales" (il est vrai qu'à y faire bien attention, on pourrait supposer que les deux compères auraient eu tendance à tirer davantage le groupe vers un Métalcore Mélodique...). J'en arrive donc à la façon dont je suis tombé (complètement par hasard) sur ce groupe : en cherchant des infos sur Matt Rose lors d'une énième écoute du deuxième album de The Qemists auquel il a largement contribué vocalement en 2010. C'est donc ce type-là qui est chargé de remplacer les deux anciens gaillards au micro. Un tache difficile qui s'avère être un vrai tour de force au vu du peu de temps alloué à l'enregistrement des pistes de l'album avant sa sortie.

Les fans de la première heure ont crié au scandale, pleurant le départ des anciens chanteurs et se pressant de critiquer la prestation vocale de Matt Rose qui, finalement, aurait pu s'en tirer plus mal.

Mais parlons de l'album en temps qu’œuvre artistique. Un artwork franchement beau et un nom qui laisse présager un message réfléchi : "Gnosis". La gnose, ce concept si noble mais pourtant si difficile à concevoir et appliquer dans une société actuelle où il est souvent difficile de prendre du recul sur nos actions et leurs répercutions. Un thème assez compliqué à développer dans une dissertation de philosophie mais pourtant si simple à illustrer par l'exemple. Les textes de l'album sont une parfaite illustration du courant de pensée qu'on trouve de plus en plus chez les groupes britanniques (je fais ici directement allusion à Enter Shikari et à Hacktivist, entre-autres) : une contestation du système et une remise en question de nous-même. Tout un programme, naïf diront certains, mais intelligent et bien pensé selon moi.

Musicalement, pas grand chose à dire. Mike Malyan s'en tire à merveille derrière les fûts, offrant même parfois une petite leçon de caisse claire par ci par là, du contre-temps jouissif et maîtrisé et de la double pédale intelligemment placée. Les guitares de John Browne et Olly Steele se complètent tout aussi bien que sur l'EP et se permettent des passages aériens ô combien plaisants tandis que la basse sourde et épaisse d'Adam Swan vient arrondir le tout d'une façon souvent bien pensée. Le tout est bien évidemment orchestré par Browne qui compose pratiquement tout et écrit en partie les textes, épaulé par Matt Rose si on en croit les crédits de l'album. Il est d'ailleurs étonnant de ne voir ni Askari ni Pope cités dans ces mêmes crédits ou même les remerciements...

Ce qu'il faut donc souligner dans tout ça, c'est la prestation de Matt Rose. Une prestation qui divise les foules (impossible que tout le monde soit content, comme d'habitude). Il est évidemment difficile de chanter de la même manière qu'une autre personne, mais il est encore plus difficile de remplacer deux gaillards qui avaient eu tout le temps nécessaire pour s'adapter aux compositions. Matt aurait pu se casser royalement la gueule mais il faut reconnaître que même si certains passages restent critiquables (notamment parce qu'ils sont pratiquement inchantables en Live), le garçon aurait pu offrir une prestation bien en deçà de ce qu'il en est finalement. On peut donc lui tirer notre chapeau, sa voix lui permettant de brailler (voire vomir) dans le micro pour ensuite enchaîner sur des passages aériens où on découvre une étrange clarté dans celle-ci ("Doxa", ce même morceau où on subi quelques mauvais côtés de la huit cordes, le mixage laissant place à des sortes de wobbles assourdissants. Dommage).

Un album qui vaut franchement le détour, carré, intelligent et remarquable techniquement. Reste une prestation vocale qui ne plaira pas à tout le monde mais qui pour moi passe largement bien. Une belle découverte qui envoie la purée, même si il faut peut-être plusieurs écoutes pour en apprécier toute la saveur. Très bon, même si mon seul regret est de ne pas voir figurer la version 3.0 de "Memoirs" interprétée par Matt Rose pour un album complet de dix titres...

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