11/03/2012

[Album] Pendulum : "In Silico"

Artiste : Pendulum
Album : In Silico
Deuxième Album
Sortie : 2008
Genres : Drum and Bass, Electro Rock, Electro et Rock Alternatifs
Labels : Warner Music, Ear Storm, Atlantic Records
Morceaux à écouter :  Different, Propane Nightmares, The Tempest
♥♥♥
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Assez étrange de se replonger dans cet album sorti trois ans après l'excellent "Hold Your Colour". Peut-être parce que (beaucoup) trop écouté dès sa sortie. Passé et repassé en boucle, cette galette avait ce petit truc de surprenant et à la fois agréable qui fait qu'on l'écoute sans problème maintes et maintes fois. "Surprenant" car la fracture avec le premier album est évidente : un son beaucoup moins bourrin, plus accessible, un nouveau penchant pour des morceaux beaucoup plus chantés et un attrait assumé pour le Rock. Bref, un véritable tournant musical.

Dès les premières secondes on comprend qu'il ne sera plus question de lourds synthés et de basses écrasantes : "Showdown" envoie pourtant la sauce, mais d'une façon différente. Le beat sonne plus acoustique et la guitare prend une place déterminante dans la composition. Rob Swire chante clairement et ne se limite plus à quelques samples de sa propre voix. Malgré tout, presque l'intégralité du morceau reste instrumentale mais les instruments clairement audibles offrent un côté davantage Rock (qui n'est pas sans rappeler ce que fera The Qemists dès l'année suivante avec leur premier album), même si quelques synthés restent fidèles à des productions du premier opus comme "Slam" par-exemple.

Bref, le ton est donné dès le premier morceau et le reste garde cette ligne directrice. On retrouve tout de même un petit clin d'oeil à "Hold Your Colour" avec un sample vocal modifié de "The Terminal" exploité sur "Mutiny" tandis que "Showdown" comporte un sample de "Jungle Boogie" par Kool & The Gang. Malgré un côté moins synthétique dans le travail du son, les morceaux chantés tels que "Propane Nightmares" ou encore "Different" s'arment de voix modifiées qui repoussent le penchant organique apporté par de véritables instruments comme la basse, la guitare ou la batterie. La palme revient à "The Other Side", panoplie de samples de voix ultra modifiées apportant une touche davantage robotique (deux opposés qui se côtoient régulièrement dans les pièces de cette galette, comme un rappel à la pochette présentant un fœtus au centre d'un labyrinthe énigmatique sur fond de circuits imprimés : l'homme au milieu de la machine).

On a d'ailleurs droit à un solo de guitare torturée sur "Mutiny" ouvrant une séquence très Rock où la double pédale vient égayer une guitare bien audible sur fond de synthés stridents et aériens. Malgré quelques rares samples de voix, ce morceau instrumental apparaît comme une pièce maîtresse de cet album. On retrouve la guitare acoustique sur "9000 Miles", un point fort de Pendulum qui a cette capacité d'offrir des productions à la fois puissantes et aériennes (petite ressemblance avec "Out Here" du premier opus). Enfin, "The Tempest" vient clôturer l'ensemble avec une introduction de presque deux minutes, ce même morceau où Swire passe du simple murmure au chant pratiquement crié. Comme la plupart des autres pistes de cette galette, une ambiance particulière sans pour autant s'éloigner de la ligne directrice initialement prise, mais avec un tempo étrangement plus lent que ce qui est servi sur le reste des productions de l'album.

Un travail étonnant donc, où le groupe prend le parti de modifier radicalement sa façon de concevoir et composer. Le résultat est beaucoup moins bourrin et rapide que ce qu'offrait "Hold Your Colour" mais le tout reste charmant et, de ce fait, beaucoup plus accessible. Une certaine forme de prise de risque qui, paradoxalement, a cette capacité à toucher un public beaucoup moins friand de ce que pouvait faire le groupe précédemment (un atout commercial sans aucun doute). Un disque qui s'écoute donc facilement mais qui a déçu pas mal de fans de la première heure. Comme tous les groupes évoluant dans leur façon de produire, il y a ceux qui aiment, et ceux qui n'aiment pas (ou moins).

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