07/12/2016

[Album] Good Tiger : "A Head Full Of Moonlight"

Artiste : Good Tiger
Album : A Head Full Of Moonlight
Premier Album
Sortie : 2015
Genre : Rock Progressif survitaminé au Groove
Label : Autoproduction
Morceaux à écouter : Where Are The Birds, Enjoy The Rain, All Her Own Teeth
♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

De qui on parle ? Du super-groupe formé par des mecs issus d'autres formations ayant déjà acquis une certaine notoriété sur la scène mondiale. Avec Elliot Coleman au chant (le bonhomme qui avait chanté pour Tesseract sur l'EP Perspective), Derya Nagle et Joaquin Ardiles à la guitare (deux ex-guitaristes de The Safety Fire), Alex Rüdinger à la batterie (ancien batteur de The Faceless) et enfin Morgan Sinclair à la basse (qui avait tourné avec Architects en tant que guitariste en 2013 et 2014), il n'en fallait pas davantage pour convaincre le public de mettre la main à la poche pour financer le premier album que voilà.

Financement participatif. Le choix d'un financement par le public pourrait sembler casse-gueule pour un premier album mais c'était sans compter sur la fine équipe qui a su jouer la carte de la confiance : les formations d'origine de chacun des membres ont su charrier une fan-base suffisamment solide pour que Good Tiger puisse convaincre sans grande difficulté les curieux et autres aficionados intrigués par le projet. C'est dans une vidéo sobrement intitulé "We Are Good Tiger" que le groupe se présente au public en expliquant son objectif et en dévoilant quelques extraits de l'album que voilà. Accompagnée d'une cagnotte IndieGogo, cette vidéo avait pour but de récolter les seize-mille dollars demandés par le quintet pour financer son album. La somme paraît énorme mais le groupe avait bien pris soin de détailler ses dépenses pour les justifier. Il n'en a pas fallu davantage pour convaincre le public enthousiaste et alléché par le projet : les seize-mille dollars ont donc été levés... en moins de vingt-quatre heures ! Un véritable exploit qui mettait surtout en relief l'attente et l'engouement des fans.

Coleman au micro. Malgré un très bref passage au sein de la bande de Tesseract pour l'enregistrement de l'EP Perspective en tant que remplaçant de Daniel Tompkins, Elliot a su marquer les esprits puisque l'annonce de sa participation à un nouveau projet musical a rapidement fait du bruit. Il explique avoir tout simplement été contacté par les autres membres via Facebook pour participer à leur projet. N'ayant pas été dans un groupe depuis longtemps, le bonhomme a tout de suite accepté. Le résultat de cette collaboration, c'est ce Head Full Of Moonlight que voilà et il faut dire que l'idée était bonne : combiner la voix claire et légère d'Elliot à un Rock nerveux et technique offre une identité sonore suffisamment forte à Good Tiger pour se faire remarquer. Et même si certains riffs sont un peu plus nerveux et que le bonhomme est obligé de sortir de sa zone de confort en hurlant lors de brefs passages, le résultat aurait pu être bien plus dégueulasse.

Du groove comme s'il en pleuvait. Mais ce qui scotche l'auditeur à son casque ou ses enceintes dès les premières secondes de la plupart des pièces de cet album, c'est ce groove, cette énergie et cette dynamique instrumentale qui insufflent un véritable élan et une fraîcheur toute particulière à l'ensemble du projet. Pour le non-initié, ça paraît tout de suite un peu brutal. Pour l'habitué du Métal, du Rock progressif, du Math-Rock et de tous les dérivés du Djent, c'est un poil gentillet à l'oreille, mais charmeur, la voix de Coleman arrondissant évidemment les angles de par sa légèreté et sa douceur. Malgré quelques cris trahissant les faiblesses d'un chant dans un genre plus Métal, ces derniers apportent une diversité non négligeable qui permet d'appuyer certains riffs frôlant le Post-Hardcore parfois. L'alchimie opère malgré cette décoction assez surprenante et on se laisse guider par le flot des instruments et le chant. Un pari pourtant risqué mais qui fait tout de suite mouche si on y est un tantinet sensible. Enfin, ce qui fait aussi et surtout la force de cet album, c'est la qualité du mixage et du mastering qui offre à chaque instrument la possibilité de s'exprimer tout en restant audible. Que ce soit la ligne de basse de "Where Are The Birds", la poésie dégagée par les guitares sur "Latchkey Kids" ou cette batterie totalement excitée sur "All Her Own Teeth" (et ultra-précise sur chacune des pièces de cet album d'ailleurs), la richesse instrumentale s'entend et s'écoute tout autant que les textes de Coleman. Un vrai régal.

Des faiblesses ? Il y en a peu, certes. Mais difficile de passer à côté de la plus notable et il s'agit bien évidemment de la durée de cet album : moins de trente-cinq minutes en boîte et seulement neuf morceaux au compteur, ça fait peu. Trop peu. Même si la diversité musicale des titres ne permet pas de s'ennuyer une seule seconde, on aurait aimé en entendre bien davantage tant la capacité du groupe à pondre du riff charmeur est impressionnante. Niveau texte, Good Tiger ne semble pas vouloir revendiquer grand chose si ce n'est un appel à la rêverie, la contemplation et l'amour ("Aspirations"). Les sentiments sont parfois un peu (trop ?) sucrés mais le chant et l'univers onirique parfois développés par Elliot apportent une touche de légèreté qui contraste avec une musique beaucoup plus lourde par moments (voir "I Paint What I See" par-exemple). Quoiqu'il en soit, il est objectivement très difficile de reprocher beaucoup de choses à cet album qui s'avère être plutôt solide. Il est davantage question de goût ici : on accroche rapidement ou on n'aime pas du tout, que ce soit le chant clair très efféminé ou le côté trop - ou pas assez - nerveux des instruments selon l'auditeur.

Un premier album réussi. Good Tiger a fait une entrée plutôt fracassante sur la scène Rock/Métal avec ce (petit) premier album qui pèse suffisamment dans la balance pour attiser la curiosité et retenir l'attention. On espère simplement une suite pour en découvrir davantage sur les capacités des membres du groupe à travailler ensemble. Il est en tout cas difficile de coller une étiquette à Good Tiger, la preuve étant que la bande a tourné avec d'autres formations évoluant dans des genres musicaux parfois assez éloignés (avec Veil Of Maya et Periphery par-exemple : wtf ?!), ce qui soulignerait peut-être la difficulté à trouver des groupes du même acabit. On espère en tout cas voir une suite à ce Head Full Of Moonlight.

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