06/09/2016

[Album] Breaking Benjamin : "Dark Before Dawn"

Artiste : Breaking Benjamin
Album : Dark Before Dawn
Cinquième Album
Sortie : 2015
Genre : Métal Alternatif, Post-Grunge
Label : Hollywood Records
Morceaux à écouter : Breaking The Silence, Hollow, Bury Me Alive
♥♥(♥)
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Comme un phénix. L'année 2015 n'aura pas seulement marqué le retour de Raised Fist avec son album From The North : quelques mois plus tard, c'est Breaking Benjamin qui proposait un nouvel effort après six ans d'absence. Le plus étonnant là-dedans, c'est que les deux groupes ont choisi une éclipse en guise de visuel pour leurs opus respectifs. Une coïncidence étrange qui tend à se demander si ce phénomène astral n'a pas une signification de renaissance pour les deux groupes. Benjamin Burnley - qui s'était retrouvé seul aux commandes du projet suite au départ de tous ses musiciens en 2013 (Chad Szeliga étant le seul à l'avoir accompagné après 2011) - n'avait peut-être pas prévu de remettre le projet sur pied à cette époque. C'est entouré de nouveaux musiciens qu'il refait surface suite à de longues années plutôt sombres. Et comme le rappelle le titre de cet album : "Après la nuit vient le jour", ou quelque chose dans le genre. Soulignons toutefois que le nouveau guitariste, Jasen Rauch, avait déjà aidé Burnley à composer certains titres de Dear Agony, notamment "I Will Not Bow" ou "Hopeless", entre autres.

Un état de santé désastreux. Si on avait supposé que les relations entre les membres du groupe n'étaient pas bonnes avant leur séparation en 2011, les faits rapportés quelques années plus tard laissent entrevoir de vifs conflits entre Benjamin Burnley et ses compagnons de scène de l'époque. Problèmes d'accords sur la sortie d'une compilation regroupant les meilleurs titres du groupe, poursuites judiciaires et surtout l'incapacité pour Burnley de monter sur scène et jouer sa musique. Il faut dire que le bonhomme traîne derrière lui un lourd passé d'alcoolique et que son état a atteint un seuil critique en 2007, le laissant dans un piteux état avec différents symptômes se déclenchant de manière chronique et provoquant chez lui d'intenses douleurs musculaires et articulaires, sans parler de troubles aléatoires de la vue. Cette douleur pourrait en partie expliquer le choix du titre Dear Agony pour l'album sorti en 2009 qui avait pour visuel une radiographie de la tête de Burnley, justement. Le chanteur-guitariste est désormais sobre et tente d'outrepasser ces symptômes, la musique apparaissant être pour lui la meilleure des thérapies, aucun médecin n'ayant réussi à le soigner. Burnley explique faire en sorte que la douleur soit une source d'énergie qu'il peut ainsi libérer en jouant et en chantant. Autant dire que le personnage ne doit pas être des plus faciles à vivre et on peut aisément comprendre que les musiciens qui l'accompagnaient auparavant aient décidé de quitter le navire...

Burnley aux commandes. C'est pendant sa période en solitaire que Burnley compose ce cinquième album et apparaît donc seul maître à bord de son projet. Même s'il avait déjà participé à la production des albums précédents, il n'apparaissait cependant pas aux crédits, laissant cette "reconnaissance" à David Bendeth et Ulrich Wild (qui a travaillé sur Saturate uniquement). D'ailleurs, Burnley s'occupait aussi d'enregistrer intégralement les secondes voix. Avec Dark Before Dawn, le gaillard semble avoir changé de méthode puisqu'il reconnaît avoir laissé cette tâche à ses nouveaux musiciens, ce qui permet notamment d'avoir de réels back vocals lors des prestations scéniques. Un petit plus qui peut faire une différence notable. Néanmoins, Burnley reste le seul à être véritablement aux commandes du projet puisqu'il s'occupe de la production et que la plupart des morceaux de l'album étaient déjà pratiquement bouclés avant même que les nouveaux membres ne "jouent une seule note de musique ensemble". Ces derniers n'ont donc pas vraiment participé au processus créatif et font davantage office d'invités.

Musicalement, rien de nouveau. Le résultat est donc sans surprise : c'est du Breaking Benjamin pur et dur. Pas d'évolution notable depuis les albums précédents, ce qui est à double effet : d'un côté, les fans de la première heure sont ravis, retrouvant le groupe qu'ils avaient aimé et attendu de réentendre un jour, et, d'un autre côté, les détracteurs peuvent s'en donner à cœur joie en critiquant le manque évident de prise de risque avec cet album. Il faut dire que les quelques subtilités qui tirent l'ensemble vers le haut sont peu nombreuses. Certes, certains riffs d'intro sont accrocheurs ("Breaking The Silence", "Defeated") et font mouche dès les premières secondes mais on retombe bien souvent dans une mollesse trop souvent reprochée (à juste titre) au groupe de par le passé. On retrouve d'ailleurs cette guitare folk/acoustique totalement inutile sur certains refrains ("Breaking The Silence", "The Great Divide") qui donne un côté sucré parfois très irritant à un groupe pourtant estampillé "Métal Alternatif". Reste quelques lignes rythmiques basse/batterie ou avec une guitare en palm-mute qui sonne très bien sur certains couplets ("Breaking The Silence", "Bury Me Alive" ou "Never Again" notamment), une guitare solo affublée d'un effet qui fait instantanément penser à du Korn sur "Bury Me Alive" ou encore l'évolution toute en puissance du second refrain sur "Hollow". Rien de bien fou cela dit et c'est finalement le très poétique et surprenant "Ashes Of Eden" qui tire son épingle du jeu de par son orchestration, son violon et son violoncelle. Certes, ça manque un peu de punch mais il y a là quelque chose qui se démarque réellement du lot. Malgré tout, cet album n'est rien d'autre qu'un concentré de ce que Breaking Benjamin a toujours fait et c'est sans surprise que les fans ont tout de suite été conquis en retrouvant un groupe qui n'a finalement pas bougé d'un iota musicalement parlant, pratiquant une musique qui rappelle sans détour le début des années 2000 et la grande période du Néo-Métal et tout ce qui s'en rapproche.

Qu'est-ce qu'on nous raconte ? Là aussi, pas de grande évolution dans les thèmes abordés par Burnley. Beaucoup de sentiments et d'introspection qui passent par des thèmes relativement génériques tels que l'amour, la mort, le mal-être ou tout ce qui s'y rattache, le tout évidemment saupoudré de positivisme et de dépassement de soi. C'est très "humain" mais on a un peu l'impression d'avoir déjà vu et entendu ça quelque part, notamment dans la discographie du groupe lui-même. Néanmoins, l'écriture de Burnley reste acceptable, est suffisamment poétique pour compléter la musicalité des morceaux et le tout passe plutôt pas mal à l'oreille, les refrains restant rapidement en tête. En gros, rien de novateur mais une constance qui reste appréciable pour les vrais fans du groupe qui peuvent au moins se défendre en rappelant que Breaking Benjamin est un projet musical qui a su rester fidèle à sa musique et son identité même après de nombreuses années d'absence.

Un nouveau départ ? Ce Dark Before Dawn est donc un album qui se laisse écouter sans toutefois véritablement déclencher ce petit quelque chose qui fait qu'on l'apprécie réellement et dans son intégralité. Dommage car avec cette nouvelle équipe, Burnley aurait pu proposer quelque chose de plus "couillu" et plus novateur pour offrir une vraie renaissance à son projet. Toutefois, si on considère le succès commercial de cette galette à sa sortie, on peut espérer une suite et une participation de la part de l'ensemble des musiciens à l'élaboration d'un prochain album. Reste à savoir si l'état de santé de Burnley lui permettra de poursuivre l'aventure et de tenir le cap et si le bonhomme est prêt à accorder davantage de place à ses nouveaux acolytes dans les processus d'écriture et de composition...

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