26/09/2015

[Album] Raised Fist : "Veil Of Ignorance"

Artiste : Raised Fist
Album : Veil Of Ignorance
Cinquième Album
Sortie : 2009
Genre : Punk Hardcore
Label : Burning Heart Records
Morceaux à écouter : Friends and Traitors, Words and Phrases, My Last Day
♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

On en est où ? Suite (et fin) d'une longue évolution musicale pour Raised Fist : ce cinquième album, toujours signé sur le label Burning Heart, faisait pratiquement office de suite directe à son prédécesseur Sound Of The Republic. Pas de changement de line-up depuis 2006 et une direction musicale sensiblement identique. Niveau visuel, sobriété et classe pour la présence de crânes humains reprenant un code bien souvent repris dans le monde du Hardcore et du Métal (voir des albums comme In The Skin de 36 Crazyfists, le split de FTX et Woof ou encore l'album éponyme de Deftones, entre autres).

Musicalement, ça donne quoi ? Trois ans plus tôt, Sound Of The Republic avait un peu surpris son monde avec sa direction artistique. Un nouvel horizon pour la musique de Raised Fist qui était dû notamment à un changement de batteur (Oskar Karlsson avait été remplacé par Matte Modin). Avec Veil Of Ignorance, le groupe approfondissait cette nouvelle direction musicale sans en faire des tonnes mais en pariant davantage sur les ambiances souvent marquées par la guitare solo et cette basse qui aura toujours été un point fort du groupe. Ainsi, les roulements de batterie improbables ont pratiquement disparu et les morceaux en deux temps ultra-nerveux se font presque anecdotiques bien qu'ils n'aient pas disparu avec des titres comme "They Can't Keep Us Down" ou "Disbelief". Ce qui fait toute la différence ici avec le reste de la discographie du groupe, ce sont davantage des titres comme "My Last Day" ou "Words And Phrases" où on découvre un Alexander - pourtant rageur sur les refrains - qui s'accorde un court instant de chant à la surprenante légèreté. Qui aurait l'aurait cru ? Peu de monde, sans doute. Pourtant, ce genre de péripétie assez casse-gueule passe comme une lettre à la poste et donne même un tout nouvel intérêt à la musique du groupe. Que dire aussi d'un titre entièrement instrumental comme "Out" en conclusion de l'album ? Le groupe y affirme clairement son intérêt pour la musique sans parole, chose qu'on avait déjà remarqué lors des habituels bridges sur la plupart des morceaux des galettes précédentes. Tout ça à la sauce Raised Fist avec des riffs efficaces à souhait, imparables et jouissifs, notamment lors des prestations Live du groupe. La palme revient à la seconde moitié de "Never Negociate", le genre de morceau que seuls ces suédois-là peuvent pondre.

Qu'est ce que ça raconte ? Autre point notable : outre le long cheminement musical suivi par Raised Fist au long de sa discographie, Alexander a lui aussi doucement fait évoluer sa voix pour l'amener à cette fameuse maturité présente sur tout l'album. Une voix qui n'aura pratiquement pas bougé d'un iota depuis les débuts du groupe au milieu des années 1990 et qui n'en sera devenue que meilleure. Concernant les textes, Hagman a encore beaucoup de choses à dire et avec tout autant de force et ferveur. Qu'il s'agisse de parler de lui en tant que leader de Raised Fist ("My name is Alexander, the Raised Fist commander" sur "Friends and Traitors") ou d'une population mondiale oubliant bien souvent de réfléchir, de détacher les yeux de son écran et de passer à l'action ("People tell me to be less pessimistic, but I'm just trying real hard to be realistic" sur "Sleeping Into Coma"), Ale ne tarit pas en punchlines et rimes qui font mouche à tous les coups. La diction est un peu rapide et certains mots mangés parfois mais les textes viennent du cœur et ça se sent. La rage est toujours aussi présente et la volonté de faire évoluer les consciences aussi, comme une claque qu'on met à quelqu'un pour lui remettre les idées en place. Le nom du groupe tient d'ailleurs son nom des textes de Zach De La Rocha (Rage Against The Machine) pour une bonne raison : engagé politiquement contre la guerre au proche Orient et les dérives politiques des grandes puissances occidentales, certaines phrases mettent toujours la puce à l'oreille aujourd'hui avec les nombreux migrants quittant leurs pays respectifs à cause de guerres par-exemple ("The creation of new laws tossing innocent children into the jaws" sur "Never Negociate"). Des textes qu'on a envie de reprendre d'une seule voix, le poing levé et la gorge déployée. De véritables hymnes qui, bien que le tempo soit parfois divisé par deux, ne perdent pas en intérêt et force ("Even if we go half speed, still delivering songs that people need" sur "They Can't Keep Us Down").

Une fois de plus, Raised Fist pondait une galette avec très peu de points faibles et très peu de temps morts. Des nouveautés aussi et une variété dans les compositions qui faisaient et font encore aujourd'hui de cet album une pièce incontournable du Punk Hardcore moderne.

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