12/06/2015

[Album] Drapht : "Pale Rider"

Artiste : Drapht
Album : Pale Rider
Premier Album
Sortie : 2003
Genre : Rap, Hip-Hop
Label : Obese Records
Morceaux à écouter : Can't Escape, Abuse The World, Observe
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

Ma culture Rap/Hip-Hop est déjà proche de zéro alors inutile de parler de celle regroupant tout ce qui n'est pas orinigaire des Etats-Unis, terre fondatrice du genre. Pourtant, Drapht nous vient d'Australie. Comment tombe-t-on dessus, alors ? L'anecdote en ennuiera plus d'un mais il se trouve que c'est lors d'un voyage au Vietnam, dans un établissement de backpackers tenu par une équipe majoritairement composée d'australiens et néo-zélandais, que j'ai pour la première entendu du Drapht. Et sans l'application Shazam, je pense que je n'aurais jamais pu savoir de qui il s'agissait. Merci la technologie. Bref. Drapht, MC blanc, est donc un artiste plutôt méconnu par chez nous, pourtant actif depuis 1998, et qui mériterait un peu plus d'attention, le monde n'ayant d'yeux que pour Eminem (ou presque).

Si Paul Gary James Ridge (aka Drapht) est le "cavalier pâle", à l'image de ce desperado sur le visuel de l'album, c'est pour déverser une grosse quantité de violence avec son flow, ses textes révélant une colère adolescente que le rappeur met sur le compte de sa relative jeunesse de l'époque. On est d'ailleurs face à quelques clins d'oeil de l'univers du Far West avec un titre comme "Hand Em High" ("pendez-les haut et court", en gros) et ses bruits d'éperons en introduction. Drapht parle d'ailleurs de son premier album comme quelque chose qui semble obligatoire en tant que jeune artiste, chose qui, selon ses propres termes, s'estompe normalement avec l'âge (le reste de sa discographie étant bien moins "coup de poing"). Un premier album qui fait donc office de rite de passage, comme un moyen de s'affirmer, qui n'est pas sans rappeler les difficultés qu'a un rappeur blanc à s'imposer sur une scène où les afro-américains règnent en maîtres. D'ailleurs, 8 Mile, le film retraçant plus ou moins les débuts d'Eminem et sorti un an plus tôt (en 2002), parle plutôt bien de cet exercice. Ironie de la chose, Drapht reprend même un sample de "Square Dance" dans "Weather Man", ainsi qu'un autre de "The Last Line Of Defense" des Dilated Peoples. Mais si on commence à lister l'origine de chacun des samples d'un album de Hip-Hop, on est loin d'avoir fini !

Onze titres pour à peine quarante minutes : ce premier opus de Drapht est un recueil relativement court pour un album de Rap mais ce point faible évite l'ennui sur une écoute complète. De plus, on fait ici la connaissance d'autres personnalités du Hip-Hop australien grâce à quelques featurings sympathiques. Ainsi,  on (re)découvre MC Layla, deux membres du groupe Downsyde que sont Dazastah et Optamus ou encore un certain Hunter (décédé d'un cancer en 2011) et fondateur d'une scène Hip-Hop importante à Perth dans les années 1990, notamment avec le collectif Syllabolix Crew. C'est sur des titres comme "Prolific" ou "Front Line" qu'on découvre toute cette scène australienne, les punchlines s'enchaînant parfois à la vitesse de la lumière.

Concernant l'album dans son intégralité, Drapht impose son flow avec une forte personnalité, son accent/intonation devenant facilement reconnaissable. Les instrus sont agréables, quoique manquant parfois d'inspiration elles restent suffisamment travaillées pour ne pas lasser avec un nombre important d'écoutes. On retiendra surtout le refrain de "Can't Escape" porté par une voix féminine, le sample de voix sur "Abuse The World" donnant un côté prophétique au morceau, les samples de cuivres sur "Front Line" donnant un côté très mexicain au morceau, ce qui rappelle une fois de plus cet aspect de hors-la-loi du désert américain faisant directement écho au visuel de l'album.

Un premier album fort sympathique qui fait office de carte de visite pour Drapht à l'époque, le rappeur affirmant sa volonté d'une carrière solo après avoir travaillé avec d'autres représentants de la scène Hip-Hop locale dont quelques-uns interviennent sur certains titres. Des instrus sympas, un flow avec une identité : le cavalier pâle se :mettait en selle pour de belles aventures !

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