13/11/2013

[Album] Arctic Monkeys : "Whatever People Say I Am, That's What I'm Not"

Artiste : Arctic Monkeys
Album : Whatever People Say I Am, That's What I'm Not
Premier Album
Sortie : 2006
Genres : Rock Indé, Rock Garage, Post Punk
Label : Domino
Morceaux à écouter : The View From The Afternoon, I Bet You Look Good On The Dancefloor, Mardy Bum
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

Je me souviens très bien de la première fois où j'ai entendu parler d'Arctic Monkeys : c'était à l'occasion du Printemps de Bourges, en 2006 justement. Et les médias ne tarissaient pas d'éloges à l'égard du quatuor British qui s'était déjà bien fait remarquer outre Manche depuis sa formation en 2002 ! Ce premier album, sorti en janvier 2006, avait tellement fait mouche que Bourges ne prenait pas grand risque en faisant venir les mecs de Sheffield pour son festival annuel. Pourtant, le groupe doit son succès à quelques petites anecdotes, le premier chanteur du nom de Glyn Jones admettant que le groupe n'aurait peut-être pas connu un tel succès si il n'avait pas décidé de quitter la formation, laissant la place à Alex Turner dont la voix est si reconnaissable. Une façon plus ou moins explicite de reconnaître le talent du frontman actuel.

Là où Arctic Monkeys fait tout de suite mouche, c'est dans l'énergie proposée par son Rock sorti tout droit du garage dans lequel il est né. Pêchu et aux riffs accrocheurs, il en résulte une incroyable envie de se défouler, que ce soit du simple hochement de tête au pogo généralement réservé à un genre plus "bourrin" comme le Métal. Puisant directement dans ses influences British avec les Clash ou les Smiths, Arctic Monkeys fait indéniablement office de nouveau porte-étendard de ce Rock si particulier. Personnellement, j'y reconnais aussi une touche de Beatles du 21ème siècle (la faute à la coupe de cheveux ?) même si la musique des deux groupes reste (presque ?) incomparable.

Arctic Monkeys fait donc bien les choses si on s'accorde à dire que ce premier album est une "tuerie" alors que tant d'autres groupes British sont déjà passés par là et ont déjà largement déblayé le genre. Mais le quatuor, plutôt que de jouer la carte du groupe ultra dandy et s'appropriant les marques de fabrique de ses prédécesseurs, s'encre dans son époque et touche les foules grâces à des textes qui "parlent" à la jeunesse d'aujourd'hui. Pas (trop) de nostalgie envers l'époque de nos parents, donc, mais une réalité sociale et culturelle contemporaine qui s'exprime avec humour, ironie et dérision. On est bien loin de ce que fait Defeater par-exemple même si les sujets du quotidiens qui y sont abordés auraient tendance à se recouper, sans parler des similitudes existant entre le visuel "portrait/clope au bec" de cet album et celui de "Travels" (attention : les deux groupes évoluent dans deux genres musicaux bien différents !).

Mais c'est surtout musicalement que le groupe est intéressant, surtout pour nous, pauvres frenchies, qui n'avons que faire des textes anglo-saxons, la plupart du temps. C'est énergique ("The View From The Afternoon") et dansant ("I Bet You Look Good On The Dancefloor"), funky parfois ("Fake Tales Of San Francisco") et chaque morceau profite de passages pêchus ou, au contraire, plus "envolés" où Turner n'hésite pas à déposer un solo bien senti ("Dancing Shoes"). Les deux guitares se complètent intelligemment, la basse est clairement audible a bien souvent la part belle avec seule la batterie comme accompagnement, cette même batterie qui profite de la dextérité de Matt Helders qui n'est pas sans rappeler ce qui se fait aussi chez Bloc Party parfois. L'ensemble est (pratiquement) imparable même si de nombreux passages deux-temps auront vite fait d'en agacer plus d'un. On notera quelques titres plus "posés" qui sortent du lot, comme "Riot Van" par-exemple.

Un premier album Rock efficace donc, mais qui reste tout de même un poil trop "violent" pour ceux dont les oreilles ont tendane à saigner dès que des accords trop gras font leur apparition. On ne peut cependant pas nier l'intérêt musical ici, l'ensemble porté par un Alex Turner relativement charismatique mais surtout loin d'être mauvais que ce soit à la six cordes ou au micro. Un disque qui respire la bonne humeur malgré quelques airs parfois mélancoliques. Pour les amateurs de Rock, évidemment.

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