19/10/2015

[Live Report] Limp Bizkit + Pop Evil (Transbordeur - Lyon)

Retour sur la soirée lyonnaise du 18 juin 2015 au Transbordeur pour un concert aux allures de retour vers le passé.

C'est à défaut de pouvoir aller voir System Of A Down à la Halle Tony Garnier (à Lyon aussi, donc) que la décision de se rabattre sur Limp Bizkit, qui était de passage au Transbordeur quelques semaines plus tard, a été prise. Un mal pour un bien quand on connaît l'acoustique de la Halle Tony Garnier... Une façon aussi de se rassurer quand on a raté une setlist de trente-six morceaux (!!!) jouée par l'un des groupes de Métal les plus emblématiques des années 1990 et 2000 (je parle de SOAD, hein, pas de Limp Bizkit).

On aura beau dire ce qu'on veut, Limp Bizkit est quand même un groupe largement en-dessous de System Of A Down, que ce soit musicalement ou au niveau des textes. Après, peut-on comparer deux groupes qui n'ont pas grand chose en commun, finalement ? Limp Bizkit, pour beaucoup, c'est un peu une blague musicale : un groupe qu'on a tous écouté à une époque de notre vie, plus ou moins longtemps, avec plus ou moins d'amour. Mais un groupe qu'on a aussi aimé détester au fil du temps à cause d'albums à l'intérêt de plus en plus limité, voire douteux (référence ici à l'évolution musicale suivie jusqu'à Results May Vary paru en 2003), et un style nous rappelant bien trop souvent qu'on a été jeunes et cons (en plus d'avoir eu des coupes de cheveux super moches, pour certains d'entre nous). C'était donc par pure curiosité et aussi pour l'expérience de voir un groupe américain qui a marqué la jeunesse de beaucoup d'entre nous que je me suis accordé une telle dépense pour une place de concert (quarante-deux balles, ça fait un peu mal au cul quand même !).

Pour l'ouverture, Limp Bizkit avait confié la première partie à Pop Evil, un groupe dont je n'avais jamais entendu parler. Cette formation originaire du Michigan existe pourtant depuis 2001 mais c'est lorsque je l'ai découverte sur scène que j'ai rapidement compris pourquoi mes oreilles n'étaient jamais tombées dessus : un "concentré de Rock américain assurant un show... à l'américaine. Attention : c'est évident que ces termes sont un peu "bâtards" dans le sens où Limp Bizkit fait aussi dans le grandiloquent à la sauce USA. Mais Pop Evil évolue davantage dans une sorte de Hard Rock que j'aime bien mettre dans la même case que des choses comme Nickelback (qui eux, sont canadiens). Le genre de truc qui ne fait plus vibrer grand monde de nos jours. En tout cas pas moi. Je reconnais toutefois que si j'avais découvert Pop Evil entre mes douze et quatorze ans, j'aurais sans doute fortement apprécié. Ou si j'en avais cinquante... Bref.


Tout comme dans cette vidéo d'un Live du groupe datant de 2013, Pop Evil "assure le show" d'une façon qui ferait presque sourire. Tout comme la personne qui a filmé ces images, il y a fort à parier que la plupart des gens ont passé leur temps à regarder le batteur, véritable comédien sur scène. Un détail qu'on pourrait critiquer tant ça frise la parodie mais il faut bien admettre que cette curiosité aura été un véritable atout pour Pop Evil, permettant au groupe de capter l'attention du public. Surtout quand on suppose que la majorité des gens présents lors de cette première partie n'attendait que le passage de Limp Bikzit. Et ça, Pop Evil en était sans aucun doute conscient. Malgré tout, les gars ne perdent pas le fil et arriveront même à chauffer la salle avec des morceaux bien placés. Rien à voir avec Limp Bizkit, certes, mais la musique de Pop Evil fera tout de même des heureux. Et tant mieux pour eux.

C'est après un entracte de bien vingt minutes que Limp Bizkit fait son entrée. Wes Borland est costumé en une sorte de desperado-clown coloré et kistch à souhait tandis que Fred Durst arbore des bracelets anti-transpirants aux couleurs Bleu-Blanc-Rouge, histoire de bien faire plaisir à un public français chaud comme la braise. La salle est bouillante et tous les trentenaires viennent de rajeunir de dix ou quinze ans en quelques secondes. Comme si une bande d'ados venait voir le boys band du moment, c'est l'effervescence dans la fosse dès les premières notes de "9 Teen 90 Nine" et un retour dans les 90's pour le plus grand bonheur de ceux qui écoutaient Limp Bizkit à ses premières heures. La setlist aura d'ailleurs été assez couillue dans le sens où le groupe a préféré jouer une large palette de morceaux s'étalant sur toute sa discographie plutôt que de se limiter aux plus gros tubes qui ont fait sa renommée (et qui sont pour la plupart issus des premiers albums). On a donc eu droit à des titres comme "Why Try" (de l'album Gold Cobra), "Full Nelson", "Livin' It Up" ou encore le mièvre mais très racoleur "Behind Blue Eyes" que la fosse aura repris d'une seule voix.

Mais le spectacle ne s'arrête pas là. Pour bien marquer son passage en la capitale des gaules, Fred Durst s'accordera une promenade dans la salle du Transbordeur, descendant d'abord dans la fosse pour remonter l'intégralité des estrades et se pavaner au milieu d'un public qui ne s'y attendait pas vraiment. Entamant son petit tour d'honneur sur "Livin' It Up", le frontman débutera carrément "My Way" pendant sa descente des marches, laissant les musiciens seuls sur scène. Un véritable cadeau quand on sait le nombre de groupes qui se cantonnent à leur set et ont une relation très limitée avec le public. Ce soir-là, c'était un véritable festival !

Limp Bizkit n'a pourtant pas la réputation d'être très sympa avec son public. Certains se demandent même parfois s'il n'y a pas un peu de "foutage de gueule" de la part du combo tant ses réactions sont un peu borderline. Fred Durst aura d'ailleurs laissé sous-entendre lors de cette soirée, sur scène, qu'il laisserait le public choisir les morceaux que le groupe jouerait. Beaucoup de monde dans la fosse - adeptes du premier album - ont réclamé "Pollution". Sans succès. Et lorsque le public laisse exprimer sa tristesse, Fred n'est pas vraiment avare en "fuck you" ou autres middle fingers. Mais si on admet que Limp Bizkit n'a jamais fait dans la dentelle et est plutôt loin de se prendre au sérieux (jusque dans le titre de ses albums : Chocolate Starfish and The Hot Dog Flavored Water faisant à la foi référence à l'anus humain et à une private joke de Wes Borland), on est largement capable d'encaisser. Car même si le groupe n'aura pas joué autant de morceaux que SOAD à la Halle Tony Garnier, on aura quand même eu droit aux cultissimes "Nookie", "My Generation", et les incontournables "Break Stuff" et "Take A Look Around". Les américains sont même arrivés à placer "Boiler", un morceau relativement long pour un concert de ce genre.

Alors, certes, Limp Bizkit, ça vaut ce que ça vaut. La place était relativement chère, aussi. Mais c'était quand même super sympa de voir ces mecs-là en chair et en os avec nos yeux d'adultes et nos cerveaux redevenus ados pour une soirée. Une bonne expérience de concert où, malgré ce qu'on peut entendre dire, Fred Durst aura été plutôt généreux avec le public et surtout disponible pendant le set, ne se limitant pas seulement à l'espace de la scène. Un truc qui fait d'autant plus plaisir qu'il aurait été facile pour un groupe comme Limp Bizkit de "faire son truc" sans fioritures et se limiter au minimum syndical après tant d'années de longévité et un nombre conséquent de concerts dans les pattes. Non, ce soir-là, le groupe aura fait vibrer le public du Transbordeur et on peut supposer que les américains y ont pris tout autant de plaisir que nous.

Crédits photo : David Heang (Page Facebook) pour le cliché en haut de page. Vous pouvez visionner l'album de cette soirée sur SoulKitchen.
Remerciements aussi à Kymmo (Page Facebook) pour ses photographies. Vous pouvez aller voir l'intégralité de ses photos de cette soirée via son album Flickr.

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