19/05/2015

[Album] Our Theory : "Collapse"

Artiste : Our Theory
Album : Collapse
Premier Album
Sortie : 2013
Genres : Post Hardcore, Métalcore mélodique
Label : M&O Music
Morceaux à écouter : The Devil, The Liars, The City
♥(♥)
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Il y a des albums sur lesquels il est difficile d'émettre un jugement, de trancher entre son intérêt musical, ses atouts, son accessibilité et ce qui fait son identité. Ce premier album d'Our Theory en est le parfait exemple. Directement signé chez M&O Music, le groupe originaire de Paris et créé en 2011 a eu l'opportunité de travailler aux Etats-Unis, ce qui lui aura permis de se frotter à de la prodution de gros calibre relativement tôt. Trop tôt, peut-être. Car le résultat final a largement divisé les auditeurs, se faisant bouder, voire clairement démonter par certaines critiques, tandis que d'autres auront trouvé chez Our Theory ce qu'il leur manquait dans le paysage du Post-Hardcore français. Pour ma part, difficile de trancher, donc, car ce serait mentir que de dire que je n'ai pas du tout aimé écouter cet album, mais il faut bien admettre que des faiblesses, il y en a, même si ce sont pas nécessairement celles auxquelles on pourrait s'attendre de la part d'un groupe relativement jeune.

Premier point qui fait clairement pencher la balance du mauvais côté, c'est cette tracklist plutôt maigrichonne : neuf titres dont un interlude, ça ne fait pas beaucoup en boîte, surtout que certains d'entre eux avaient été balancés sur la toile plusieurs mois avant la sortie de cet album. Avec un total de trente-deux minutes, on est en dessous des trente-six que proposait un Meteora par-exemple (qui ne brillait d'ailleurs pas par sa durée !) ou de certains EPs qui, avec moins de morceaux, arrivent à dépasser ce chrono. On dit souvent que c'est la qualité qui prime sur la durée. Sauf que la qualité est ici toute relative. Et ce n'est aucunement pour descendre volontairement cette galette que j'emploie ces mots.

Car musicalement, ce Collapse tient plutôt bien la route, exploitant les codes du Post-Hardcore moderne de façon plutôt agréable, sans gros excès d'arrangements Electro pourtant bien présents. Et même si les riffs ne sont pas incisifs et qu'il se dégage une certaine molesse de l'ensemble, la ligne directrice est tenue tout le long de l'album et le groupe s'en tient à sa musique sans s'égarer. Un manque d'expérimentations, peut-être, mais une identité claire. Côté voix, c'est plus déstabilisant. Bastien chante de façon claire (tout comme Mehdi qui donne lui aussi de la voix) sur plus de 95% de la galette, lâchant de rares hurlements ("The Fall"), et ce détail n'aura échappé à personne puisqu'il lui sera même reproché de chanter faux dans certaines critiques. Un choix casse-gueule donc, mais qui, à défaut de donner de la puissance à l'ensemble, profite à une certaine sensibilité et un côté mélodique (voire mélancolique) qui font l'identité de la musique d'Our Theory.

On retrouve ainsi "The Devil" en ouverture, choix plutôt logique pour rentrer dans le vif du sujet sans perdre l'auditoire dès la première piste, ce morceau ayant déjà conquis son public à l'époque grâce à un clip (c'est d'ailleurs grâce à cette vidéo que j'ai connu le groupe). La suite est plus discutable, les riffs se faisant beaucoup plus convenus, voire ennuyeux et malgré une double-pédale très présente, il semble que le Post-Hardcore d'Our Theory se traîne ("The Storm"), manquant clairement de "mordant" et d'énergie explosive comme beaucoup d'autres groupes du genre savent le faire. Ainsi, les rares titres qui sortent du lot doivent leur salut à l'intervention de Bert sur "The Liars", le frontman de Chunk! No, Captain Chunk! délivrant son Mr Hyde pour appuyer les refrains de son chant monstrueux, au chant d'Edward (ex Devil Sold His Soul) sur "The End" et à quelques poussées d'énergie sur "The City" qui, mine de rien, donnerait presque un regain d'intérêt à l'album alors que ce morceau clôture la galette. Il semblerait presque légitime d'en demander un poil davantage une fois la demie-heure d'écoute passée.

Suite à cette écoute, plusieurs questions viennent à se poser dont les plus évidentes, à l'époque, étaient : "Comment assurer les passages hurlés sur trois des huit morceaux de l'album lors des prestations scéniques ?" et surtout "Et pour la suite ?". Les parisiens ont répondu à ces fameuses questions lors de leur passage, fin 2014, au Damage Festival où ils ont présenté Alex sur scène, leur nouveau membre en tant que chanteur screamer. Un véritable tournant pour le groupe qui a remanié ses morceaux depuis afin de laisser à Alex une part du travail, chose qu'il fait très bien (le passage du groupe à Lyon en décembre 2014 aura permis de vérifier tout ça). Un EP est prévu pour l'année 2015 et il ne reste donc plus qu'à savoir quelle direction artistique le groupe va désormais prendre.

Collapse est donc un album difficile : difficile à digérer de par ses attributs (musicaux et vocaux) qui font hausser les sourcils, grincer des dents parfois, mais qui pourtant ne bouge pas d'un cil et suis un fil rouge bien défini, preuve que le groupe avait des intentions précises, même si celles-ci étaient casse-gueule. Un album qui s'écoute mais qui, malheureusement, ne laisse pas un souvenir impérissable malgré un potentiel bien réel.

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