04/01/2015

[Live Report] Hopes Die Last + Our Theory + Apply For A Shore (La Marquise - Lyon)

C'était le 2 Décembre 2014 à Lyon. Direction La Marquise cette fois, une péniche amarrée sur le Rhône au quai Augagneur. Une soirée placée sous le signe du Post-Hardcore dans un lieu atypique et relativement exigu. Une soirée aussi placée sous le signe du froid hivernal qui s'abattait sur Lyon ce soir-là. Des températures qui pousseraient davantage à consommer un chocolat chaud plutôt qu'une bière... mais un concert sans bière ne serait pas un vrai concert, n'est-ce pas ?

Ce genre d'évènement attire pourtant des gens réchauffés, habillés plutôt légèrement pour la saison (entre le fait de prendre une bonne suée dans la fosse ou exhiber ses tatouages, les raisons sont parfois simples et variées). La soirée aurait normalement dû débuter à 20h avec San Francisco Red Corner mais suite à un problème technique, le groupe n'aura malheureusement pas pu assurer la première partie de la soirée, repoussant le début des festivités aux environs de 20h30. Dommage car il aurait sans doute été intéressant de voir le trio évoluer sur scène et pratiquer son Electrocore (ou peu importe le nom donné à leur musique). C'est d'ailleurs le même jour que le groupe a posté une vidéo pour son titre "VII" extrait de son dernier EP Face B (disponible via le BandCamp du groupe). Un clip ambitieux de plus de sept minutes et trente secondes avec du vidéo mapping et de l'animation 3D, en noir et blanc. La musique du groupe est d'ailleurs en téléchargement gratuit : il serait dommage de ne pas en profiter pour la découvrir.

Début de la soirée aux alentours de 20h30, donc, avec l'arrivée sur scène de Apply For A Shore. Je dois admettre, en toute honnêteté, que je ne connaissais que la musique de Our Theory avant d'aller à ce concert, cette soirée étant davantage pour moi une curiosité qu'une réelle attraction. Je n'ai d'ailleurs plus grand intérêt pour le genre Post-Hardcore depuis quelques concerts peu enthousiasmants ces dernières années, notamment la soirée pour les 10 ans des Emodays qui m'avait laissé sur une impression plutôt mitigée. Le fait est que j'ai de plus en plus de mal à sentir les nuances de ce genre qui dispose d'une large palette d'ingrédients pour varier les plaisirs mais qui subit bien trop souvent les codes dictés par les majors, notamment ceux qui ont fait le succès de grands groupes internationaux : un poil d'Electro, des breakdowns un peu partout, une alternance de chant hurlé et chant clair, entre autres. Difficile de sortir du lot, je trouve, surtout que le Métalcore n'est finalement jamais très loin chez les groupes concernés. Mais ce n'est que mon point de vue et il y a énormément de gens à qui cela plaît. Ma seule véritable référence personnelle dans le genre (que j'apprécie) étant Enter Shikari pour sa personnalité débridée et décalée ainsi que sa capacité à conserver sa puissance Punk tout en ajoutant les éléments cités plus haut. Généralement, les fans ont tendance à citer des trucs comme Sleeping With Sirens, A Day To Remember, ce que fait depuis une paire d'années Bring Me The Horizon ou d'autres "pointures" dans ce goût là. Apply For A Shore est donc un jeune groupe qui s'inspire clairement de ces (grandes ?) références (et c'est audible sur un titre comme "Wolves Aren't Forever"). Histoire de se démarquer un peu du lot, le groupe incorpore à son Post Hardcore une touche de Pop Punk (ou Easycore pour d'autres), marque de fabrique de formations telles que Chunk! No, Captain Chunk! ou encore Pierce The Veil. Le fait est que je ne suis pas très fan de cette fameuse touche, justement. Et que ça a donc un peu de mal à passer. Pourtant, Apply For A Shore offre un set sans bavure et qui tient la route avec pour clôture une reprise de "Good Time", un titre (très très Pop pour le coup) de Owl City & Carly Rae Jepsen. Un rituel désormais obligatoire pour tous les groupes de Post Hardcore : faire du "Punk Goes Pop" (comme les compilations du même nom de chez Fearless Records). Tout ce que je retiendrai de cette prestation (et désolé pour tous ceux à qui ça ne plaira pas), c'est qu'il manque à Apply For A Shore une bonne dose d'énergie et de puissance pour que la sauce prenne, qu'il manque ce petit quelque chose qui fasse décoller une fosse, notamment une communication avec les spectateurs, chose incontournable d'un bon vieux concert de Punk ou de Hardcore, Romi ayant la fâcheuse tendance à chanter les yeux fermés ou en regardant le sol à la manière d'un shoegazer malgré ses qualités vocales. Dommage.

C'est ensuite au tour de Our Theory de prendre possession de la petite scène de la Marquise. Les parisiens faisaient clairement office d'outsider ce soir là, entre les lyonnais d'Apply For A Shore et les gros sabots de Hopes Die Last. Le groupe n'a sorti qu'un album (sur le label M&O Music) qui n'a clairement pas fait l'unanimité. Avec son Métalcore mélodique, que ce soit sur CD ou lors de cette soirée, le groupe prend le parti (dangereux) de taper dans le plutôt mielleux. Et ça fait grimacer pas mal de gens, il faut bien l'admettre. La faute à une voix claire ultra présente et bien trop souvent boudée. Pourtant, c'est ce choix de voix claire qui mériterait d'être souligné car c'est une réelle prise de risque qui met le groupe un peu à part. Toutefois, sentant bien les faiblesses de cette "douceur" au chant (car manquant cruellement de puissance et d'énergie), le groupe s'est depuis peu entouré d'un screamer en la personne d'Alex. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que sa présence sur scène ne passe pas inaperçue ! Les morceaux du premier album ont donc été retravaillés pour que le gaillard puisse y ajouter sa voix et cela permet notamment à Our Theory de jouer "The Liars" sur scène, un titre donc le scream était assuré par Bert de chez Chunk! No, Captain Chunk! sur la version studio. Le set est carré, bien plus énergique que celui d'Apply For A Shore et la Marquise commence véritablement à se chauffer. Une prestation qui sera pourtant critiquée par certains pour le chant clair de Bastien. Une fois de plus, les goûts et les couleurs... Mais il y a fort à parier que l'EP prévu pour 2015 remettra de l'ordre dans tout ça, assurant de nouvelles aventures pour les parisiens !


C'est enfin au tout de la tête d'affiche de monter sur scène : les italiens de Hopes Die Last sont attendus avec impatience dans la fosse. Voyant la population autour de moi commencer à bouillonner, je m'attends à quelque chose de ... surprenant. Car oui, je n'avais aucune idée de qui étaient les mecs de Hopes Die Last avant leur prestation de cette soirée, ni même de quoi avait l'air leur musique. Comme expliqué plus haut, j'ai un peu de mal à suivre le mouvement niveau Post-Hardcore... Quoiqu'il en soit, il faut peu de temps pour se rendre compte que la soirée aura été un crescendo constant jusqu'à l'arrivée des italiens qui délivreront le set le plus bourrin de la soirée, la puissance du son étant nettement au-dessus des deux groupes précédents. Véritables stars de la soirée, les gaillards jouent leur musique avec une vraie joie communicative, la fosse répondant présente, preuve qu'il n'y a pas qu'aux États-Unis que des groupes sont reconnus pour ce genre musical. La péniche vibre et tangue, le public de la Marquise prend son pied, tout comme la formation sur scène qui communique clairement sa joie de voir du monde reprendre ses textes de bon cœur. Ce sont même de véritables dialogues, par gestes et regards entre les fans et les musiciens, qui auront lieu tout au long du set. Entre slams et checks avec les plus investis ayant pris position au pied de la scène, Hopes Die Last est venu apporter ce que le public était venu chercher, ça ne fait aucun doute quand on voit le pied que certains prennent dans la fosse. Et même s'il n'arrivera pas à me réconcilier totalement avec le genre, je ne peux qu'admettre la patate que le groupe possède et l'énergie déployée sur scène. Et ça, même quand on n'aime pas des masses, ça fait plaisir à voir !

Une soirée partagée entre curiosité et découvertes qui, malgré mon manque d'attrait pour le Post-Hardcore, aura été très plaisante, la Marquise offrant des conditions idéales pour un concert de ce type. Une péniche, un bar, pas trop de monde et une scène proposant cette proximité qui devient si rare entre le public et les artistes. Et pour seulement six euros, on ne peut pas se plaindre !

Merci à Jonathan Bouillaux pour les photographies. Retrouvez l'intégralité de l'album photo de la soirée sur sa page Facebook.

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