10/07/2014

[Album] Biga Ranx : "Good Morning Midnight"

Artiste : Biga Ranx
Album : Good Morning Midnight
Deuxième Album
Sortie : 2013
Genres : Reggae, Ragga, Hip Hop, Dancehall
Label : X-Ray Production
Morceaux à écouter : Boogie Man Skank, Zip Bag, Dewey Like This, Snap Back
♥♥
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Bon, ce n'est déjà pas dans mes habitudes d'écouter du Reggae, mais alors du Ragga, encore moins. Pourtant je ne suis pas obtus d'esprit et relativement ouvert à tout genre musical. Me lancer dans le deuxième album de Biga Ranx est à la fois une sorte de saut dans l'inconnu (je n'ai pas - encore - pris la peine de poser mes oreilles sur son premier effort, c'est dire !) et le fruit du hasard, d'une certaine façon. C'est en tombant par mégarde sur un épisode du Petit Journal de Canal + où ce dernier était invité que j'ai décidé de découvrir cette galette, tout juste après sa sortie. Après tout, la promo n'était pas mauvaise, le personnage paraissait sympathique et je me suis vite rendu compte qu'il avait son lot de fans derrière lui, chose qui généralement attise ma curiosité, surtout lorsqu'il s'agit d'un artiste ou groupe dont je n'ai jamais entendu parler avant.

Un album se dévoile bien souvent par son visuel et sa tracklist et il faut bien reconnaître que dans le cas présent, ces deux éléments en disent long sur la galette.Tout d'abord le nom. Certes, pour "Biga", pas besoin d'aller chercher bien loin car il s'agit en fait du diminutif de Gabriel - son vrai prénom - en verlan. En ce qui concerne "Ranx", on rentre dans le vif du sujet car il s'agit là du nom attribué au jeune MC français suite à son baptême par Joseph Cotton (avec qui il passe d'ailleurs pas mal de temps), figure emblématique du Reggae jamaïcain. Ensuite, le diamant, symbole aux multiples significations (on évitera de tomber dans l'une d'elles en particulier afin d'éviter toute erreur de lecture) estampillé d'une feuille de cannabis, histoire de préciser qu'on n'est pas là pour vanter les mérites du tabac qui "donne le cancer et qui est taxé un maximum !". Et si le message n'est encore pas assez clair, il suffit de lire les quelques lignes sur le sweat que porte Biga pour être entièrement convaincu ("We Fly High", je vous épargne la traduction). Arrive ensuite "l'effet tracklist" et ô surprise, on découvre vingt titres, chose qui fait assez plaisir de nos jours, on ne peut que l'admettre, le Rap étant encore l'un des rares genres musicaux à proposer des album avec autant de titres, le Métal ou le Punk et tous les genres en découlant tournant bien plus souvent à dix ou douze titres (grand maximum !).

Et c'est justement cette fameuse tracklist qui donne le ton et présente le travail de Biga sur cet album, les titres des morceaux étant parfois suffisamment explicites pour laisser savoir à l'auditeur quels sont les thèmes abordés par le MC dans son album. Au menu donc, un peu de contestation et d'anti-Babylone pour nous libérer et nous rapprocher de la nature ("Natural Resource"), une ode aux séries télé comme Malcolm in the Middle, South Park ou encore les Simpsons, le tout en jeux de mots ("Dewey Like This"), une invitation à la farniente sur les plages de Montego Bay en Jamaïque ("Holidays Hold Up"), ou encore un hommage (ou une déclaration d'amour ?) à la ville de Kingston ("Kingston Chronic") qui montre l'importance qu'a la terre jamaïcaine pour le français qui passe d'ailleurs beaucoup de temps là-bas (voir le reportage consacré à Biga Ranx par France Ô). Et comme il le dit lui-même, l'entendre à la radio sans le connaître laisse difficilement penser qu'il est français. Et ça, il le doit à sa diction et son très bon accent anglais lui permettant de chanter comme les locaux. Une sorte de super pouvoir qui se résume à deux choses : le travail et le talent. On peut donc reconnaître à Biga cette capacité notable à se fondre dans le décor déjà varié du Reggae et du Dancehall jamaïcain.

Musicalement enfin, pas de secret : les influences sont nombreuses et flirtent avec nos oreilles dès les premières notes de certains morceaux. Il n'y a cependant pas besoin de beaucoup de recherche musicale pour que ce genre fonctionne, la recette étant connue depuis plusieurs dizaines d'années : grosses basses, boîte à rythmes et beats marqués, guitares parfois, mais aussi sonorités Electro plus subtiles ("Snap Back"). Même si les instrus sont ici aussi variées qu'il y a de morceaux sur l'album, il faut admettre une certaine simplicité dans la composition, mais c'est le genre qui veut ça, dans un sens. Biga débite ses textes à une vitesse parfois surprenante et c'est là tout l'intérêt du disque finalement. Le tout fonctionne très bien et on n'en demande pas davantage.

Un disque qui sent très bon l'été, qui dépayse et apporte une nouvelle touche de fraîcheur au Reggae français. Je reconnais volontiers ne pas être le bon public pour ce genre musical mais j'admets facilement qu'il y a chez Biga Ranx un truc qui passe très bien. Pas étonnant que les amateurs du genre y trouvent leur compte et adhèrent au MC qui s'assure aussi bien la réussite que la reconnaissance au delà de nos frontières. Plutôt cool.

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