12/11/2016

[Live Report] Pethrol (Release Party) + Klê (Le Transbordeur - Lyon)

Soirée très spéciale en ce mercredi 26 octobre 2016 puisque le Transbordeur de Lyon/Villeurbanne proposait une release party gratuite à l'occasion de la sortie du premier album du duo Pethrol : Figures, paru le 21 octobre 2016 sur le label La Ruche. Une soirée d'autant plus particulière que les artistes présents sur scène ce soir-là sont des amis proches...

On a tous dans notre entourage des gens qui réussissent dans leurs domaines respectifs. Des gens plus ou moins talentueux qui, pour certains, font du sport, dessinent, peignent ou, dans d'autres cas, jouent d'un instrument et chantent. Bref, certains font de la musique et il arrive qu'ils le fassent très bien. Qu'il s'agisse de Klê ou de Pethrol présents sur scène ce soir-là, en ce qui me concerne, c'est toujours avec un sentiment étrange partagé entre la fierté et l'admiration que j'assiste à une représentation Live de ces personnes qui me sont chères et qui ont désormais débuté une réelle carrière musicale.

Figures, premier album de Pethrol (2016) et Mindtruder, premier mini-album de Klê (2014)

Klê
- aka Maxime, ou Max pour les intimes - est ce qu'on appelle dans le jargon un one-man band : seul sur scène, il joue l'homme-orchestre en jonglant entre claviers, machines, pédales, guitare et chant. Si, dans ce projet, le travail à fournir s'étale de l'écriture et la composition jusqu'au mixage et au mastering final (Klê fait tout tout seul et peut compter sur sa formation d'ingénieur du son), c'est surtout sur scène qu'est le vrai challenge puisque l'orchestration s'avère être un savoir-faire qui n'est pas donné à tout le monde. Chanter et jouer d'un instrument en même temps n'est déjà pas une chose aisée, mais lorsqu'il faut en plus alterner entre clavier et guitare, pianoter des synthés, tripoter des potars et taper du pied sur un nombre incalculable de pédales à effets, la prestation impose tout simplement le respect, qu'on soit sensible ou non au style de musique joué.


Klê et son matos sur la scène du Transbo avant le concert © H.N.
Musicalement, Klê casse les frontières entre Rock, Post-Rock, Pop et Electro. Ce n'est pas que les styles sont mélangés. Disons plutôt qu'ils cohabitent. Le cocktail est parfois surprenant mais reste relativement passe-partout dans l'ensemble. Et tandis que les amoureux de l'Electro préféreront les beats marqués et les synthés électriques (et électrisant), ceux qui sont davantage branchés Rock pourront se délecter de riffs et solos de guitare où toute l'influence des années 70 (coucou les Floyd ou encore les Doors) se retrouve dès les premières notes.

Klê qui joue son set, cela fait déjà un petit nombre de fois que j'ai assisté au spectacle. Toutefois, c'est la première fois dans de telles conditions : la salle du Club Transbo est évidemment beaucoup plus imposante que le moindre salon ou la quelconque cave de bistrot où Klê a plutôt l'habitude de se produire. Le son est lui aussi bien plus imposant et tandis que certains trouvent à redire sur la qualité des balances, c'est avant tout la puissance disponible qui fera toute la différence ce soir-là. Un détail qui donne à ce set une toute autre dimension que tous ceux auxquels j'avais pu assister auparavant : tout est plus gros, plus grand, plus fort.

Mindtruder, premier album de Klê, est en écoute intégrale sur SoundCloud :


Depuis 2014, Klê présente son mini-album Mindtruder sur scène et a su ajouter ça et là des petites choses qui font qu'aujourd'hui, le résultat est clairement plus abouti qu'à ses débuts. Une vraie bonne nouvelle pour le public présent ce soir-là au Transbordeur et qui le découvrait en tant que guest invité par Pethrol pour ouvrir la soirée. Mindtruder est un recueil dont le concept repose sur le combat que mène le personnage principal contre un virus appelé "Master-K Traum", ce dernier prenant peu à peu possession de son hôte. Avec le temps, Klê a su tirer profit de ce concept pour véritablement donner vie à son personnage sur scène : comme s'il souffrait de schizophrénie, il exprime un degré différent de folie sur chaque pièce, cette folie explosant carrément sur "Fool Of Emptiness" où il quitte son poste pour s'adresser directement au public sur le devant de la scène. Pour moi qui connais le bonhomme depuis ses cinq ou six ans (ça fait vingt piges, tout de même !) et qui n'avais encore jamais vu cette mise en scène pour ce morceau, la surprise est totale ! Et malgré quelques petits soucis techniques, le set de ce cette soirée a incontestablement eu de l'impact, tant visuellement que sur le plan sonore. Des conditions rêvées pour quelqu'un qui a sans aucun doute énormément de choses à offrir encore. Loin de moi l'idée de lécher les bottes d'un pote musicien mais la prestation était à mon sens réussie.

Sont ensuite arrivés ceux que tout le monde attendait : les deux compères de Pethrol, Héloïse et Cédric, pour nous présenter pour la première fois sur scène leur tout premier album. Cela fait maintenant plus de trois ans que le projet est sur pieds et plusieurs EPs ont vu le jour : d'abord Black Gold en 2013, puis Golden Mean et Goldmund en 2014. L'année 2016 marque donc un tournant et surtout un nouveau départ pour le duo qui parle de Figures comme d'une toute nouvelle ère pour Pethrol. Et c'est évidemment à l'oreille que la différence se fait sentir.

Pethrol sur la scène du Club Transbo à l'occassion de cette release party © BabArt Redux
C'est avec un immense sourire qu'Héloïse et Cédric se présentent sur scène et rien que de voir cette joie d'être face au public donne une dimension toute particulière à la soirée. Une joie communicative qui ne s'essoufflera pas pendant toute la durée du set, la complicité entre les deux artistes s'exprimant largement au travers de regards et autres interactions qui laissent transparaître une cohésion totale entre leurs talents respectifs : Cédric derrière ses fûts et Héloïse derrière son micro, ses claviers et autres pads. C'est d'ailleurs un fait marquant de la nouvelle direction sonore prise sur cet album : les parties de synthés et autres sonorités électroniques ont changé de ton, d'identité, et sont beaucoup plus souvent jouées en Live et ça, c'est un véritable bonus pour la prestation. En comparaison, le concert donné lors de la Fête de la Musique 2016 sur la place de la Croix Rousse (toujours à Lyon) semblait beaucoup moins vivant car se reposant bien trop souvent sur des samples et autres enregistrements. Il y a désormais un véritable show qui s'exécute sur scène, Héloïse alternant entre un chant habité et animé par un jeu de scène qui se veut de plus en plus assumé et contrôlé, et des passages instrumentaux où elle pianote ses synthés ou frappe ses pads à l'aide de baguettes.


Comme prévu, l'album est joué dans son intégralité, porté par la voix d'Héloïse qui parfois murmure, passe comme un souffle, ou au contraire s'élève vers des sphères emmenant l'ensemble dans un univers lunaire qu'on connaît bien chez Pethrol. Le public se dandine, danse même parfois. Car certains morceaux de cet album s'avèrent être capables de faire remuer l'auditeur, Cédric apportant une rythmique soutenue et un groove qui vaut vraiment la peine d'être vu et entendu en concert. Le batteur est d'ailleurs d'une précision remarquable et s'accorde quelques excentricités et solos bienvenus pour enrichir le tout. Mais c'est avec finalement peu d'instruments que Pethrol arrive à produire une Pop paradoxalement sombre et lumineuse qui s'entiche de beaucoup d'autres éléments musicaux : l'Electro côtoie la Pop sous des influences Rock voire même Post-Rock et Jazz. Ce n'est certes pas très marqué mais il y a dans ce projet des possibilités énormes qui ne sont pas exploitées (pour le moment ?), sans doute pour des raisons assumées et qui font toute l'identité et l'univers de la musique du duo.

Pour conclure la prestation, Héloïse invitera sur scène deux percussionnistes (...) ainsi qu'Albert Conan, ami proche et parolier de l'album pour "Le Dernier Grand Voyage", seul morceau en français de l'album et chanté en duo avec le compère. Pour ce titre, la scène s'enrichit donc de trois personnes supplémentaires et les conditions particulières de cette soirée ont permis de proposer un véritable spectacle qu'on ne risque pas de voir à chaque représentation de Pethrol, ce qui faisait aussi tout l'intérêt de cette release party. En guise de rappel, Héloïse et Cédric se proposent de prolonger la soirée en jouant tous les morceaux qui ont permis au groupe de se faire connaître dont "Chess", "Autumn's Cry" ou encore "Ouroboros".

Pethrol sur scène au Printemps de Bourges en 2014 :

Une bien belle soirée, donc, pour un instant musical de qualité, entre amis (en tout cas en ce qui me concerne), et où le nouveau visage de Pethrol s'est dévoilé d'une jolie façon. Klê, Cédric et Héloïse ont ensuite enchaîné une séance de dédicace et de dialogue avec les personnes du public qui le souhaitaient et tout le monde est rentré chez soi dans la bonne humeur. Pour faire court, c'était très bien.

Pour suivre les artistes, retrouvez Klê sur Facebook, Pethrol sur Facebook et si ce n'est pas déjà fait, allez jeter un oeil sur la page Youtube de Pethrol pour visionner les nombreux clips que le duo a déjà produit (et ceux à venir !).

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