17/03/2018

[Album] Novelists : "Noir"

Artiste : Novelists
Album : Noir
Deuxième Album
Sortie : 2017
Genre : Métalcore Progressif, Djent, Métal Atmosphérique
Label : Arising Empire, Sharptone Records, Nuclear Blast
Morceaux à écouter : Monochrome, Les Nuits Noires, A Bitter End
♥♥♥♥(♥)
Écouter l'album sur Youtube <

Nouvel état d'esprit. Il n'aura pas fallu attendre très longtemps pour profiter du second effort des parisiens de chez Novelists. En effet, ce Noir est arrivé dans nos oreilles moins de deux ans après la sortie d'un premier album de grande qualité qu'était Souvenirs et comme chacun sait, l'épreuve du second opus est toujours déterminant pour un groupe. Autant dire que la bande emmenée par Mattéo Gelsomino était attendue au tournant ! Le groupe avait d'ailleurs pris les devants en balançant ça et là quelques infos sur cet album à venir, précisant qu'il serait différent du premier, tant dans les textes que dans les mélodies, car écrit avec un tout autre état d'esprit et une vision beaucoup plus positive des thèmes abordés. De quoi attiser la curiosité des fans et surtout préparer le terrain en vue de la potentielle déception qui pouvait pointer à l'horizon, surtout que le premier extrait livré sur la toile, à savoir "The Light, The Fire", semblait de facture beaucoup plus "accessible" en s'éloignant des racines Métalcore du groupe.

Album concept. Au delà du visuel qui, sous la forme d'un énigmatique artwork, fait écho au nom de l'opus avec ce noir aux reflets de charbon omniprésent et qui contraste avec l'emploi d'une photographie pour Souvenirs, ce second album propose une tracklist où les titres sont regroupés sous forme de chapitres. Douze titres divisés en quatre parties distinctes (ce qui n'est pas sans rappeler la tracklist d'un album comme À Nos Traîtres par Ellipse), ces dernières étant accompagnées d'un médaillon renfermant lui-même une illustration : un coucher de soleil, un croissant de lune sur fond de nuit noire, l'aurore et un soleil de midi. Une progression évidente, cyclique, qui permet de directement poser des images, une ambiance et une signification au sens large sur chacun de ces chapitres. Il n'en faut pas plus pour offrir à ce second effort un intérêt tout particulier et tout simplement donner l'envie de s'y plonger.

Atmosphères. Comme à son habitude, Novelists a travaillé les ambiances avec toujours ces nappes et autres lignes solo miroitantes et lumineuses en toile de fond de chacune de ses compositions. Quant à l'univers global et la direction musicale de l'album, on découvre dès le premier chapitre ce que le groupe avait voulu dire en parlant de "différences" avec Souvenirs. En effet, "L'Appel Du Vide" et "Monochrome" ouvrent magnifiquement ce second opus avec une douceur, une poésie et une mélancolie qu'on ne reconnaissait que trop peu aux parisiens. Certes, on avait eu un avant-goût de tout ça sur quelques pièces présentes sur Souvenirs mais on reste très éloigné du Métalcore progressif auquel le groupe nous avait habitués à ses débuts. Le résultat est cependant magnifique, Mattéo proposant un chant clair de haute volée, notamment sur "Monochrome" qui ne compte pas un seul hurlement et où un saxophone vient même proposer une chaleur toute particulière en la personne de John Heinrich. C'est là aussi une nouveauté : Novelists a fait appel à plusieurs autres artistes pour des collaborations donnant une toute autre dimension à cet album : qu'il s'agisse du couplet rappé par Matt Youkhana (DVSR) sur "Stranger Self", de la voix singulière de Jesse Cash (Erra / Ghost Atlas) sur "Joie De Vivre" ou du doigté de Julien Chevalier sur le solo de "À Travers Le Miroir" (La Terre Tremble !!!), il y a beaucoup de choses qui se passent au fil de ces douze pistes. Du coup, l'enjeu est double : proposer un album à l'identité forte tout en arrivant à produire quatre univers différents pour bien séparer chaque chapitre. Et il faut admettre que le challenge a été parfaitement relevé.

Les racines. Alors voilà, Novelists propose quelque chose de différent avec Noir, prend des risques, mais ne se prend pas les pieds dans le tapis pour autant. Même si il est évident que tous les fans de la première heure ont eu (ou auront) du mal à encaisser ce changement et cette "douceur" nouvellement injectée dans la musique du groupe, ce dernier n'en oublie pas ses bases Métalcore pour autant et propose avec le second chapitre de l'album un triptyque alliant violence et majesté pour un résultat qui ravira les auditeurs ayant découvert le groupe avec Souvenirs ("Les Nuits Noires" / "Grey Souls" / "A Bitter End"). On trouvera aussi dans "Lead The Light" beaucoup d'éléments qui ont fait la force du groupe il y a quelques années. Mais c'est véritablement sur toute la seconde moitié de l'album que Novelists développe cette fameuse nouvelle vision et une franche positivité dans sa musique. Avec toujours de l'inventivité et une maîtrise des éléments vocaux et instrumentaux, le groupe arrive à pondre des titres comme "Stranger Self", sorte de crossover aux multiples influences, ou encore l'éblouissant "Heal The Wound" qui sonne comme un apaisement en clôturant l'album sur un fondu sonore qui pourrait vouloir dire que "l'aventure continue". En résumé, Noir apparaît comme un cheminement vers le calme intérieur, l'album traversant toutes sortes de phases, de sentiments et émotions où la signature sonore de Novelists est reconnaissable, mais avec un petit truc en plus qui pourrait s'apparenter à la maturité, tout simplement.

La beauté. On l'aura compris et surtout entendu : Noir puise sa force dans Souvenirs mais s'entiche d'une toute nouvelle approche, tant musicale que dans l'état d'esprit de ses membres, élevant le projet à un niveau encore plus haut. Plutôt que de se complaire dans un Métalcore progressif aux accents Djent, les parisiens tentent de nouvelles choses et élargissent leur palette avec une nouvelle touche atmosphérique et une sensibilité beaucoup plus portées vers l'espoir que sur la triste résignation ou le regret. Noir est donc un album différent, positif, mais ô combien agréable, paradoxalement plus accessible et cohérent. Encore un très beau recueil servi par les français qui ne déçoivent pas, bien au contraire !

n.b. : Rappelons aussi qu'à quelques jours d'intervalle, Gravity - autre groupe français - a lui aussi présenté un album intitulé Noir qui est, dans un autre style, tout aussi impressionnant. L'album est à découvrir en intégralité sur BandCamp ou sur Youtube.

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