15/09/2016

[Vidéo] Good Tiger : "Aspirations" (Paroles / Lyrics)

Un peu moins d'un an après la sortie d'une (jolie) vidéo pour le titre "Where Are The Birds", Good Tiger - le supergroupe emmené par Elliot Coleman - propose maintenant un clip pour le titre "Aspirations" lui aussi extrait du premier album A Head Full Of Moonlight.

La formation composée d'ex-membres de The Faceless, Tesseract et The Safety Fire avait aussi proposé un clip pour le titre "Snake Oil" qui, quant  à lui, était animé et faisait référence à l'univers de jeux vidéo. Good Tiger sera en concert à La Maroquinerie de Paris en compagnie de Dance Gavin Dance le 24 novembre 2016.


Take a look into these eyes and tell me what you see.
I built your trust just like this world.
Hopefully it won’t end badly.
Take these whispers in your ear and tell me what you hear.
Crashing the world brick by brick.
Told you all it would end badly.
I would like to build this world around you.
And I would like to crush this world around you.
Don’t you forget that there were ways around the mess that I had made.
Take it in stride cause you are all I need.
I would like to build this world around you.
And I would like to crush this world around you.
Let me in, let me in, let me in baby.
Let me in, let me in, let me in oh honey.
Honey I built all these things for you.
Honey what do I have left to prove?
Beyond the moon, beyond the stars is a place inside my heart.
I built all these things for you.
Something no mortal could ever do.
Take what I’ve given and try to leave.
Take what I’ve given and try to leave.
I would like to build this world around you.
And I would like to crush this world around you.
Around you.

14/09/2016

[EP] 18h15 : "We Caught Winter"

Artiste : 18h15
EP : We Caught Winter
Sortie : 2014
Genre : Electro, Trip Hop, Abstract Hip Hop
Label : Autoproduction
♥♥♥(♥)
> Ecouter et Télécharger gratuitement l'EP sur BandCamp <

De qui on parle ? Non pas d'un groupe mais bien d'une seule et même personne : 18h15 est le projet musical de Cécile Nicolas, jeune française et artiste (ultra) productive de la scène Electro indépendante. Il suffit de jeter un rapide coup d’œil à sa discographie pour constater la masse de travail accomplie en seulement deux ans (entre 2014 et 2016). Le résultat est impressionnant, surtout pour quelqu'un n'ayant débuté la production musicale qu'en 2014. Un apprentissage rapide sans nul doute poussé par une passion dévorante pour la musique. Avant d'arranger elle-même ses sons, Cécile faisait déjà de la musique : de la batterie pour une formation de Post-Rock et de la guitare et du piano dans un petit groupe de Folk. We Caught Winter est donc un premier recueil qui pose les bases d'un projet autodidacte aux multiples influences et qui ne fera que mûrir avec le temps.

L'Electro indépendant made in France. C'est un fait : il y a en France une scène Electro bouillonnante, vibrante et bien vivante. Attention, on parle ici de cette scène indépendante, tapie dans l'ombre et qui oeuvre sans se faire remarquer en comparaison de tous ces artistes aux gros sabots signés chez les majors. Cette scène indépendante est pourtant riche, sensible et surtout talentueuse. Qu'elle veuille rester loin du grand public ou, au contraire, qu'elle souffre d'un manque de visibilité, le résultat est malheureusement le même : on en entend peu parler et c'est bien dommage. Il faut être passionné - ou chanceux - ou alors fouiner sur la toile pour tomber sur ces nombreux artistes qui œuvrent loin des projecteurs et de la presse papier spécialisée (le presse Internet mettant davantage en avant le travail de ces personnes). C'est d'ailleurs pour cela que des compilations comme Beats and Sounds sont créées : elles recensent ces artistes et nous les font découvrir pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Cécile ouvrait d'ailleurs le premier volume de cette compilation sortie en mars 2015 avec un morceau qui ne laisse pas indifférent et répond au nom de "Sleepless Nights". Son travail y apparaît soigné, tout en finesse et chargé de sonorités et d'influences en tout genre, tout comme les instruments qu'on peut y entendre. Un morceau évidemment plus abouti que ne l'est ce premier EP We Caught Winter.

Arts et lettres. Que le choix de l'heure "18h15" en tant que nom de projet reste une énigme n'est en soi pas un problème. Tout ce qu'il faut savoir, c'est que ce n'est pas le fruit du hasard et que cela a une forte valeur sentimentale pour Cécile. Ce qui nous intéresse davantage une fois sa discographie survolée, c'est son amour pour l'art d'une façon générale. Certains titres d'EPs comme Waiting For Godot et Didascalies mettent la puce à l'oreille : la littérature influence son travail, il n'y a pas de doute. Et son bagage scolaire ne fait pas penser le contraire : une licence de littérature, de la recherche littéraire en spécialisation théâtre et, par la suite, un peu d'ingénierie culturelle par dessus tout ça. Si on ajoute à cela le choix d'une photographie au sens poétique fort, en noir et blanc, pour illustrer ce premier opus (ainsi que les autres clichés pour illustrer ses autres productions), on obtient un condensé d'influences artistiques qui se retrouvent forcément dans la musique. Toutefois, cet amour pour les lettres et les mots ne paraît pas suffisant pour l'expression de sentiments plus (trop ?) intenses et c'est avec une musique instrumentale que Cécile choisit de s'exprimer. Comme la lecture favorise l'imagination chez le lecteur, cette musique sans texte (ou presque) a pour vocation de procurer le même type de sensations chez l'auditeur. Elle permet ainsi à chacun de l'interpréter plus librement en se raccrochant à des expériences, des images, des souvenirs plus personnels.

Rester jeune. Il suffit d'un seul morceau, d'un seul premier morceau pour plonger dans l'univers de 18h15 : mélancolique, triste, mais pourtant léger, voire naïf avec une once d'espoir scintillant au milieu d'un ensemble à dominance pessimiste ou grise, pour ne pas dire obscure. Comme la confrontation entre deux mondes, celui de la jeunesse, avec ses illusions et incertitudes, et celui des adultes. "Waisted Youth" sonne comme le sanglot d'un enfant découvrant la dureté du monde dans lequel il devra pourtant vivre et grandir. Il faut dire que le sample employé ici est un extrait du film This Is England et que le rapport à la jeunesse y est très fort. L'ambiance est pesante mais la présence du piano offre ce petit rayon de lumière, cette once de légèreté et de naïveté qui donne envie d'écouter la suite. Et c'est avec joie qu'on découvre une référence à la musique islandaise dès le morceau suivant avec "Between Nowhere and Nobody" et sa voix légère et haut perchée. Le fait que Sigur Rós soit le groupe préféré de Cécile devient alors très clair, l'EP se terminant même par un petit hommage à la musique si particulière et propre à cette île lointaine ("Island"). On voyage, on plane et même si ce n'est pas vraiment joyeux et encore moins festif, c'est chargé en émotions et on se laisse embarquer, véritablement captivé tout comme on peut l'être à l'écoute d'un groupe comme As The Stars Fall et son univers musical très proche de celui de 18h15. Une force qui se dégage de la combinaison d'instruments classiques (ou samples/lignes composées au synthé) comme le piano et de sonorités et beats électroniques finement choisis. D'une manière générale, les références à la jeunesse sont nombreuses dans ce premier EP : que ce soit dans la faute d'orthographe volontaire du titre "Waisted Youth", le lancinant "Childish Lament" et ses quelques notes sonnant comme une boîte à musique, sonorités qu'on retrouve d'ailleurs dans "Je Suis l'Autre", un morceau à la puissance émotionnelle très forte quand on sait qu'il fait écho à un court métrage où le réalisateur fait mention de sa relation avec sa sœur jumelle. Tous ces éléments contribuent à créer une ambiance particulière dans ce recueil de cinq titres où divers sentiments comme l'amour, la joie mais aussi la tristesse et des milliers d'images peuvent venir à l'esprit. Comme l'expression de la difficulté de grandir, ce recueil rappelle aussi des films faisant référence à ce monde un poil décalé et faussement naïf de l'enfance comme Jeux d'Enfants ou Le Tambour où les protagonistes évolueraient dans de vaste paysages vierges comme on peut en trouver en Islande et qu'on peut admirer dans The Secret Life Of Walter Mitty par-exemple. Bref, Cécile nous fait voyager aussi bien dans le temps que dans l'espace, entre notre jeunesse désormais révolue et des paysages dont la pureté se fait de plus en plus rare.

Douceur et sensibilité. Avec We Caught Winter, Cécile nous plonge dans son monde, son univers, sa vision de la musique. Avec une volonté palpable de retranscrire des émotions via une musique qui communique à l'auditeur autant de sentiments qu'elle peut en éveiller de nouveaux et différents chez lui, 18h15 s'avère être un projet ambitieux qui affiche pourtant une ligne directrice évidente dès ce premier effort. Les possibilités sont variées et cela malgré un terrain apparaissant relativement balisé. Un EP qui donne tout simplement envie d'aller plus loin et de découvrir la suite des productions et la personnalité de Cécile à travers 18h15.

13/09/2016

[Vidéo] Tesseract : "Hexes" (Paroles / Lyrics)

Tesseract est bien connu pour son onirisme et le côté allégorique de ses textes et de ses clips (revoir la vidéo pour "Singularity"). Cette fois, c'est le titre "Hexes" qui profite d'une vidéo où il n'est plus question d'hypercube mais d'hexagone... Oui, le rapport à la géométrie complexe est souvent de rigueur avec les anglais. Le clip est en tout cas très beau (tout comme le morceau d'ailleurs), avec une jolie photographie et des décors soignés, le seul membre du groupe apparaissant à l'image étant Daniel Tompkins.

"Hexes" est extrait de l'album Polaris sorti en 2015 et est un titre en featuring avec Martin Grech, artiste dont le registre musical est plutôt éloigné de celui de Tesseract mais dont la voix se marie bien à celle de Tompkins.


Is there something I should know
Of the colours that you show?
I remember those words
In the back of my mind
There is an old phantom
It isn't a secret this mind's shrouded in history
It isn't a secret this mind spirals in disarray
It isn't a secret this mind shudders in mystery
It isn't a secret I find terror in memory
Come close. Don't be afraid,
It's stranger than you think
Desperately opiate, weary
Feverish host to us, teary eyed
History hexes us / History hexes us
Don't look. Don't think
Don't feel. Don't move. Don't breathe
Don't make a sound. It lives. It breathes
In my conscious mind
(Rosebud don't change)
It isn't a secret this mind's shrouded in history
It isn't a secret this mind spirals in disarray
It isn't a secret this mind shudders in mystery
It isn't a secret I find terror in memory
I live and breathe again
These gory locks, don't you dare forget them
Don't you dare. Don't you dare.
History hexes us
I breathe again
History hexes us
I live again

07/09/2016

[Vidéo] Touché Amoré : "Skyscraper" feat. Julien Baker (Paroles / Lyrics)

C'est à peine un mois après la sortie du clip pour "Palm Dreams" que Touché Amoré a balancé une autre vidéo, pour le titre "Skyscraper" cette fois. Un morceau lui aussi extrait du prochain album du groupe, Stage Four, chez Epitath Records et prévu pour le 16 septembre 2016.

Comme il l'a été déjà souligné pour le clip de "Palm Dreams", ce quatrième album a pour sujet principal le décès de la mère de Jeremy Bolm des suites d'un cancer en 2014. Cette vidéo, tournée à New York, nous montre Jeremy déambulant dans les rues en poussant un fauteuil roulant vide en souvenir d'un séjour passé dans l'emblématique ville américaine en compagnie de sa mère quelques mois avant sa mort... Un titre très calme, mais extrêmement fort et triste, porté par les voix de Jérémy et Julien Baker. Tristesse infinie.


Atop the skyscraper
One hundred and two floors
New York City
It was yours
It's yours
You live there, under the lights (x3)
You live there
Below the busy streets
We watched your dreams unfold
New York City
It's all yours
It's yours
You live there, under the lights (x3)
You live there
You live there, under the lights (x5)

06/09/2016

[Album] Breaking Benjamin : "Dark Before Dawn"

Artiste : Breaking Benjamin
Album : Dark Before Dawn
Cinquième Album
Sortie : 2015
Genre : Métal Alternatif, Post-Grunge
Label : Hollywood Records
Morceaux à écouter : Breaking The Silence, Hollow, Bury Me Alive
♥♥(♥)
> Ecouter l'album sur Youtube <

Comme un phénix. L'année 2015 n'aura pas seulement marqué le retour de Raised Fist avec son album From The North : quelques mois plus tard, c'est Breaking Benjamin qui proposait un nouvel effort après six ans d'absence. Le plus étonnant là-dedans, c'est que les deux groupes ont choisi une éclipse en guise de visuel pour leurs opus respectifs. Une coïncidence étrange qui tend à se demander si ce phénomène astral n'a pas une signification de renaissance pour les deux groupes. Benjamin Burnley - qui s'était retrouvé seul aux commandes du projet suite au départ de tous ses musiciens en 2013 (Chad Szeliga étant le seul à l'avoir accompagné après 2011) - n'avait peut-être pas prévu de remettre le projet sur pied à cette époque. C'est entouré de nouveaux musiciens qu'il refait surface suite à de longues années plutôt sombres. Et comme le rappelle le titre de cet album : "Après la nuit vient le jour", ou quelque chose dans le genre. Soulignons toutefois que le nouveau guitariste, Jasen Rauch, avait déjà aidé Burnley à composer certains titres de Dear Agony, notamment "I Will Not Bow" ou "Hopeless", entre autres.

Un état de santé désastreux. Si on avait supposé que les relations entre les membres du groupe n'étaient pas bonnes avant leur séparation en 2011, les faits rapportés quelques années plus tard laissent entrevoir de vifs conflits entre Benjamin Burnley et ses compagnons de scène de l'époque. Problèmes d'accords sur la sortie d'une compilation regroupant les meilleurs titres du groupe, poursuites judiciaires et surtout l'incapacité pour Burnley de monter sur scène et jouer sa musique. Il faut dire que le bonhomme traîne derrière lui un lourd passé d'alcoolique et que son état a atteint un seuil critique en 2007, le laissant dans un piteux état avec différents symptômes se déclenchant de manière chronique et provoquant chez lui d'intenses douleurs musculaires et articulaires, sans parler de troubles aléatoires de la vue. Cette douleur pourrait en partie expliquer le choix du titre Dear Agony pour l'album sorti en 2009 qui avait pour visuel une radiographie de la tête de Burnley, justement. Le chanteur-guitariste est désormais sobre et tente d'outrepasser ces symptômes, la musique apparaissant être pour lui la meilleure des thérapies, aucun médecin n'ayant réussi à le soigner. Burnley explique faire en sorte que la douleur soit une source d'énergie qu'il peut ainsi libérer en jouant et en chantant. Autant dire que le personnage ne doit pas être des plus faciles à vivre et on peut aisément comprendre que les musiciens qui l'accompagnaient auparavant aient décidé de quitter le navire...

Burnley aux commandes. C'est pendant sa période en solitaire que Burnley compose ce cinquième album et apparaît donc seul maître à bord de son projet. Même s'il avait déjà participé à la production des albums précédents, il n'apparaissait cependant pas aux crédits, laissant cette "reconnaissance" à David Bendeth et Ulrich Wild (qui a travaillé sur Saturate uniquement). D'ailleurs, Burnley s'occupait aussi d'enregistrer intégralement les secondes voix. Avec Dark Before Dawn, le gaillard semble avoir changé de méthode puisqu'il reconnaît avoir laissé cette tâche à ses nouveaux musiciens, ce qui permet notamment d'avoir de réels back vocals lors des prestations scéniques. Un petit plus qui peut faire une différence notable. Néanmoins, Burnley reste le seul à être véritablement aux commandes du projet puisqu'il s'occupe de la production et que la plupart des morceaux de l'album étaient déjà pratiquement bouclés avant même que les nouveaux membres ne "jouent une seule note de musique ensemble". Ces derniers n'ont donc pas vraiment participé au processus créatif et font davantage office d'invités.

Musicalement, rien de nouveau. Le résultat est donc sans surprise : c'est du Breaking Benjamin pur et dur. Pas d'évolution notable depuis les albums précédents, ce qui est à double effet : d'un côté, les fans de la première heure sont ravis, retrouvant le groupe qu'ils avaient aimé et attendu de réentendre un jour, et, d'un autre côté, les détracteurs peuvent s'en donner à cœur joie en critiquant le manque évident de prise de risque avec cet album. Il faut dire que les quelques subtilités qui tirent l'ensemble vers le haut sont peu nombreuses. Certes, certains riffs d'intro sont accrocheurs ("Breaking The Silence", "Defeated") et font mouche dès les premières secondes mais on retombe bien souvent dans une mollesse trop souvent reprochée (à juste titre) au groupe de par le passé. On retrouve d'ailleurs cette guitare folk/acoustique totalement inutile sur certains refrains ("Breaking The Silence", "The Great Divide") qui donne un côté sucré parfois très irritant à un groupe pourtant estampillé "Métal Alternatif". Reste quelques lignes rythmiques basse/batterie ou avec une guitare en palm-mute qui sonne très bien sur certains couplets ("Breaking The Silence", "Bury Me Alive" ou "Never Again" notamment), une guitare solo affublée d'un effet qui fait instantanément penser à du Korn sur "Bury Me Alive" ou encore l'évolution toute en puissance du second refrain sur "Hollow". Rien de bien fou cela dit et c'est finalement le très poétique et surprenant "Ashes Of Eden" qui tire son épingle du jeu de par son orchestration, son violon et son violoncelle. Certes, ça manque un peu de punch mais il y a là quelque chose qui se démarque réellement du lot. Malgré tout, cet album n'est rien d'autre qu'un concentré de ce que Breaking Benjamin a toujours fait et c'est sans surprise que les fans ont tout de suite été conquis en retrouvant un groupe qui n'a finalement pas bougé d'un iota musicalement parlant, pratiquant une musique qui rappelle sans détour le début des années 2000 et la grande période du Néo-Métal et tout ce qui s'en rapproche.

Qu'est-ce qu'on nous raconte ? Là aussi, pas de grande évolution dans les thèmes abordés par Burnley. Beaucoup de sentiments et d'introspection qui passent par des thèmes relativement génériques tels que l'amour, la mort, le mal-être ou tout ce qui s'y rattache, le tout évidemment saupoudré de positivisme et de dépassement de soi. C'est très "humain" mais on a un peu l'impression d'avoir déjà vu et entendu ça quelque part, notamment dans la discographie du groupe lui-même. Néanmoins, l'écriture de Burnley reste acceptable, est suffisamment poétique pour compléter la musicalité des morceaux et le tout passe plutôt pas mal à l'oreille, les refrains restant rapidement en tête. En gros, rien de novateur mais une constance qui reste appréciable pour les vrais fans du groupe qui peuvent au moins se défendre en rappelant que Breaking Benjamin est un projet musical qui a su rester fidèle à sa musique et son identité même après de nombreuses années d'absence.

Un nouveau départ ? Ce Dark Before Dawn est donc un album qui se laisse écouter sans toutefois véritablement déclencher ce petit quelque chose qui fait qu'on l'apprécie réellement et dans son intégralité. Dommage car avec cette nouvelle équipe, Burnley aurait pu proposer quelque chose de plus "couillu" et plus novateur pour offrir une vraie renaissance à son projet. Toutefois, si on considère le succès commercial de cette galette à sa sortie, on peut espérer une suite et une participation de la part de l'ensemble des musiciens à l'élaboration d'un prochain album. Reste à savoir si l'état de santé de Burnley lui permettra de poursuivre l'aventure et de tenir le cap et si le bonhomme est prêt à accorder davantage de place à ses nouveaux acolytes dans les processus d'écriture et de composition...

31/08/2016

[Vidéo] Apache : "Still Don't Love The Police" (Paroles / Lyrics)

Les manifestations de la première moitié de l'année 2016 en France - notamment contre la loi travail El Khomri - ont marqué les esprits et pas pour les meilleures raisons. C'est surtout la répression policière et le discours médiatique controversé qui ont laissé des traces. Et c'est justement de ces violences commises par les forces de l'ordre que nous parle ce morceau du groupe marseillais Apache, une formation Punk Hardcore dont la particularité est de compter une fille dans ses rangs, ce qui n'est pas sans rappeler les feus K-NarDs BoiTeuX (voir ou revoir l'excellent clip pour le titre "Z'Dingo").

"Still Don't Love The Police" est extrait du second EP d'Apache intitulé The World We Left To Rot. Ce morceau est en téléchargement libre via la page BandCamp du groupe, tout comme son premier EP The Game Is Not Over d'ailleurs. Notez aussi que le groupe a enregistré ce deuxième effort avec Homeless Records, le label des mecs de chez Landmvrks.


There's no natural matter in the fact to obey to a so-called-master weak as fuck 
You ain't got nothing but the gun you carry 
You ain't nothing more than a public enemy
You shot and you'll shoot 
As long as you ain't gonna lose 
'Justice is shit and 'society sucks 
You shot and you'll shoot 
As long as you'll set your rules
I'll ever respect the man/woman i'm talking to
But you cop should NOT expect me to be scared from you
I can't bear warped people like you,
Telling people to respect laws you ain't able to 
Prima facie by a system manipulating you 
Some skin colors don't deserve to live free from fear 
Some ethnical groups don't deserve to once dry their tears
'Cause there ain't no rules you respect more than those that hurt 
Seeing your uniform makes me want to run away
The power you've been given to is rotting you PIECE BY PIECE !

29/08/2016

[Album] Russian Circles : "Guidance"

Artiste : Russian Circles
Album : Guidance
Sixième Album
Sortie : 2016
Genre : Post-Métal, Post-Rock sombre et épais, Instrumental
Label : Sargent House
Morceaux à écouter : Vorel, Mota, Lisboa
♥♥♥♥(♥)
> Ecouter l'album via BandCamp <
> Ecouter l'album sur Youtube <

Quoi de neuf ? Presque trois ans ont passé depuis la sortie du très bon Memorial qui avait amené le trio de Chicago à creuser encore plus profond dans son univers musical lourd, pesant et dense mais ô combien riche et bien exécuté. Et voilà un nouvel album dans les bacs qui, dès le visuel, annonce garder cette direction musicale : le groupe a choisi de conserver la bichromie pour illustrer un sixième effort dans la même veine que l'album précédent, et on ne va pas bouder notre plaisir à l'idée de découvrir ce que les trois musiciens ont à nous offrir avec la même recette. En soi, donc, pas de grande nouveauté : mêmes membres, même label et pas de grande évolution dans la musique (de prime abord en tout cas). Toutefois, on notera un nouveau producteur en la personne de Kurt Ballou (guitariste du groupe Converge et qui a notamment produit les albums de Code Orange, parmi tant d'autres) qui vient remplacer Brandon Curtis après ses loyaux services sur les trois albums Geneva, Empros et Memorial.

Des bases inchangées. On parle beaucoup de l'évolution (ou non) de la musique d'un groupe au fil de sa carrière. Dans des formations où on compte quatre musiciens ou plus, il paraît légitime que les possibilités soient immenses et que seuls le talent et le culot s'avèrent être les limites à un groupe pour proposer des choses différentes d'un album à l'autre, pour le meilleur ou pour le pire. Prenons par-exemple Linkin Park ou Bring Me The Horizon qui ont creusé un fossé monstrueux dans leurs approches musicales respectives entre leurs premiers albums et ce qu'ils sont désormais devenus en 2016. En ce qui concerne Russian Circles, pas de chant et trois musiciens pour tout ce qu'il y a de plus basique dans une formation de Rock/Métal : une basse, une guitare et une batterie. De par ces ingrédients restreints, le groupe a dû travailler sa technique de production pour toujours proposer de nouvelles choses (ou s'entourer d'autres musiciens comme sur l'album Geneva où on pouvait entendre du violon, du violoncelle et même des cuivres). Guidance est un sixième album qui met une fois de plus en relief les capacités du trio de Chicago à user de loopers ou pédales aux effets complètement dingues pour pousser encore plus loin ses expérimentations sonores et se renouveler. Et on ne parle pas de la machine Turncrantz qui, derrière ses fûts, habille l'ensemble de rythmiques toujours aussi vivantes ("Afrika"). Des bases inchangées, donc, mais qui n'empêchent pas les américains de faire vibrer nos tympans tout en titillant nos émotions en usant d'un équilibre quasi-parfait entre poésie et puissance rarement atteint auparavant.

Épique et poétique. Ce n'est pas une nouveauté, Russian Circles n'a jamais proposé des albums à la tracklist chargée. Avec seulement sept titres au compteur, Guidance ne déroge pas à la règle et conserve l'aspect narratif que le groupe a toujours développé sur ses albums. Avec une ouverture sur "Asa", morceau davantage introductif de l'imposant triptyque "Vorel"/"Mota"/"Afrika" plutôt qu'une réelle composition à part entière, Russian Circles nous plonge instantanément dans l'univers de ce Guidance avec émotion et poésie. Et c'est bien là la marque de fabrique d'un groupe qui n'a jamais fait les choses à moitié. Certes, les pièces sont progressives, évoluent sur la durée et sont pratiquement toutes construites sur le même schéma qui se résume à une montée constante en puissance pour atteindre un climax et ensuite lentement se décharger pour un retour au calme mais chaque titre conserve une tonalité qui lui est propre, sans ralentissement brut ou perte de force, justement. Ainsi, les compositions de Russian Circles n'apparaissent pas en dents de scies et il est assez facile de mettre une étiquette sur les morceaux : "bourrin" ou "violent", "épique", "léger", "mélancolique" ou même "calme". Et ce Guidance en est la preuve : alors que cet "Asa" apparaît plutôt "léger", "Mota" possède davantage un caractère épique avec son envolée épaisse et grasse à deux minutes et cinquante-cinq secondes pour terminer sur un riff incitant presque à la guerre. En comparaison, "Overboard" serait davantage mélancolique tandis que "Calla" n'est que pure énergie, sans doute le titre le plus sombre et le plus violent de cet album. Ces différences d'ambiances d'un titre à l'autre font de Guidance un album d'une grande richesse. Et que dire de "Lisboa" et son tempo si lent qu'on croirait s'endormir s'il n'y avait pas l'éveil d'une guitare électrique venue tout droit d'outre-tombe à la fin du premier tiers du morceau ? Tout simplement impressionnant.

L'art de raconter des histoires. Ouvrir sur un titre comme "Asa", c'est un peu le calme avant la tempête, comme on dit. Car ce morceau a quelque chose d'emprunté à la musique classique dans son solo de guitare, comme une promenade mélancolique nous laissant errer avec naïveté et insouciance jusqu'aux intrigants grésillements électriques de "Vorel" et sa batterie sauvage libérant ensuite une guitare vrombissante qui n'a rien à envier à celle qu'on découvrait sur Memorial. C'est lugubre et pesant, épais et gras comme un fluide corrosif qui envahit chaque cavité de l'oreille et on se laisse mener en bateau tout le long d'un morceau à la narration si efficace que chaque nouveau riff nous fait littéralement oublier le précédent, comme si on en ne voulait pas voir (ou entendre) la façon dont ces trois gars-là nous avaient conduits jusqu'ici. C'est fort et ça prend aux tripes comme une angoisse qui ronge le corps mais captive l'esprit autant par la violence qu'elle libère que par la jouissance qu'elle génère. C'est magistralement orchestré et les deux morceaux suivants étaient enchaînés, on se laisse trimbaler jusqu'au silence, au noir complet en conclusion d'un "Afrika" qui suscite l'interrogation : ce titre a-t-il un rapport avec la photographie choisie pour le visuel de l'album ? Le doute est légitime. Bref, Russian Circles arrive une fois de plus à démontrer qu'il n'y a pas besoin de beaucoup de monde pour faire de la musique épaisse et dense comme un orchestre entier pourrait la produire. Sullivan en fait des tonnes niveau loopern cessant d'ajouter des lignes de guitares aux compositions pour créer cette incroyable atmosphère et ce volume propres à Russian Circles. Et ça marche ! Le talent du gaillard n'est pas dans sa capacité à pondre du solo interminable ou jouer plus vite que la lumière mais bien à architecturer une musique dont la profondeur est perceptible à l'oreille. Et quand sur scène, tout cela est exécuté à la perfection, on se dit que la version studio ne doit rien aux arrangements des ordinateurs.

Du beau et du grand Russian Circles. Le verdict est difficilement contestable : ces trois gars-là ont encore réussi à pondre un excellent album avec exactement les mêmes ingrédients que pour les précédents, et on en redemande encore. Guidance est une histoire sombre et dure, qui captive néanmoins par sa force et ses richesses. Mais lorsqu'on a adoré Enter, premier effort à la saveur toute particulière, on ne peut que regretter l'absence presque totale de ces fameuses lignes de notes dissonantes qui, semblerait-il, tendent à définitivement disparaître de la musique du groupe...

25/08/2016

[Vidéo] Alea Jacta Est : "Decem" (Paroles / Lyrics)

Le Hardcore, c'est une grande famille, un crew, avec des frères, des soeurs, des potes. Et une famille, ça fête les anniversaires ! Avec "Decem", Alea Jacta Est fête ses dix ans d'existence et profite de l'été pour faire les choses bien comme il faut !

Depuis 2006, les toulousains d'Alea Jacta Est ont fait sonner leur Hardcore tout autour du globe (même jusqu'en Indonésie !) et le groupe tient à marteler qu'il est toujours debout et gonflé à bloc. "Decem" est extrait du nouvel album Dies Eræ (sortie prévue pour 2016 chez Useless Pride Records).

Une chose est sûre, ils savent fêter les anniversaires, à Toulouse !


We're back in the game, motherfuckers
we're keeping it true
Don't mess with this crew
AHOU !
Toulouse hardcore shit
Representing 2k16 heavy shit
10 fucking years
We hold the line
10 fucking years
Louder than ever
10 fucking years
Middle fingers up, fuck!
We're still keeping it true
We're back with the same crew
2016 remember this, bitch !

24/08/2016

[EP] Elliphant : "One More"

Artiste : Elliphant
EP : One More
Sortie : 2014
Genre : Pop-Rap, Electro, EDM
Label : Record Company Ten, Kemosabe Records
♥♥♥
> Ecouter l'album One More complet sur Youtube <

De qui on parle ? Elliphant, née Ellinor Olovsdotter, est une chanteuse/rappeuse suédoise relativement peu connue mais bel et bien présente sur la scène Electro et Hip-Hop mondiale. Ayant suivi un parcours autodidacte, la demoiselle, qui n'est plus toute jeune désormais aux yeux d'une scène évoluant à une vitesse folle - elle est née en plein milieu des années 80 -, a débuté sa carrière un peu par hasard en se promenant en Europe dans des soirées, notamment à Paris où elle aurait rencontré le producteur Tim Denève, membre du duo Jungle. C'est avec Jungle qu'Ellinor crée le projet Elliphant, les producteurs ayant besoin d'une voix pour chanter sur leurs sons. Elle signe donc sur le label TEN Music Group en 2011 et sort un premier morceau "Tekkno Scene" en 2012 qui lui vaudra d'être comparée à ce qu'ont fait MIA et Diplo auparavant. Bref, Elliphant se fait remarquer et lance sa carrière avec un premier EP éponyme dès la seconde moitié de l'année 2012.

Une musique collaborative. Si Elliphant est à la base un projet collaboratif entre Ellinor et les producteurs Tim Denève et Ted Krotkiewski (Jungle), cela n'a rien d'étonnant dans un genre musical où les producteurs de musique Electro font généralement appel à des chanteurs et chanteuses pour poser des textes sur leurs productions (un exemple très parlant : le duo Nero qui avait fait intervenir Alana Stephen sur son premier album Welcome Reality en 2011 a finalement accueilli cette dernière en tant que membre à part entière du groupe suite à son mariage avec l'un des deux DJs en 2015). Avant cet EP One More (et l'album du même nom), Elliphant sort un EP baptisé Look Like You Love It en avril 2014 où figurent les noms de Dr. Luke, Diplo, Dave Sitek ou encore Skrillex. Rien que ça ! Le travail musical d'Elliphant est donc riche et varié mais cette diversité ne s'arrête pas au nombre de producteurs auxquels elle fait appel. Vocalement, la suédoise évolue entre Rap, Pop et Dub et aime aussi s'entourer d'autres artistes chanteurs ou MCs comme Adam Kanyama sur "Tekkno Scene". Cet EP One More ne fait pas exception puisqu'on note deux collaborations sur un total de cinq titres. Et comme l'album du même nom n'est rien d'autres que la compilation des deux EPs One More et Look Like You Love It, la liste des collaboration figurant sur la tracklist se retrouve tout de suite longue comme le bras !

Entre filles. Les deux invité(e)s ici sont des femmes et leur présence n'est pas si anodine. On retrouve la chanteuse sur le titre "One More" (qui profite d'ailleurs d'un clip). Elle aussi est suédoise, est un peu plus jeune qu'Elliphant et a sorti son premier album No Mythologies To Follow quelques mois plus tôt. Autant dire que la collaboration entre les deux jeunes femmes est une bonne idée pour se faire remarquer et donc connaître (surtout quand le clip qui les rassemble est un poil sulfureux !) et que la combinaison de leurs deux voix passe comme "une lettre à la poste". L'autre nom féminin présent sur cet EP est quant à lui plus surprenant mais s'avère être un choix judicieux : Doja Cat habite en effet de l'autre côté du globe mais ça ne l'empêche pas de travailler à distance. La jeune américaine avait d'ailleurs sorti son EP Purrr! quelques mois plus tôt et le titre "Purple Light" est tout à fait dans le ton de son univers musical. Cocktail gagnant pour les jeunes femmes qui se retrouvent donc sur ce One More, ce qui permet d'élargir les horizons musicaux, tant pour les artistes que pour l'auditeur un tant soit peu curieux de ce qui lui arrive dans les oreilles.

Éclectisme. Malgré une homogénéité contenue par une base résolument Electro, Elliphant ne se cantonne pas à un seul type de chant, cassant les barrières et évoluant dans divers genres. "One More" passe comme un murmure, comme une onde envoûtante qui charme par son ambiance intimiste et un clip aux images qui hypnotisent, le tout à grand renfort de synthé électrique et vibrant. On est bien loin de "Tekkno Scene" ! Et que dire de "Purple Light" où la suédoise arrive à s'adapter sans difficulté au monde rose et violet de Doja Cat (et pas l'inverse, il semblerait) ? Ou encore le très sympa "Never Been In Love", hymne à l'indépendance où son accent se métamorphose complètement ! On croirait presque entendre Santigold par moments. Elliphant est véritablement une artiste à la voix mutante qui semble pouvoir évoluer du Rap au Ragga, en passant par le R&B ou la Pop. Cette capacité lui donne la possibilité de colorer son univers musical et de proposer chaque fois quelque chose de nouveau.

Amuse-bouche. Cet EP One More est une véritable palette de genres et on est ici face à cinq titres aux identités propres qui ont tous leurs points forts. Et leurs points faibles si on n'est fan du genre, évidemment. Dans tous les cas, cette variété vaut le détour et fait de cet EP un recueil alléchant pour entrer dans l'univers musical d'Elliphant. Il y en a pour (presque) tous les goûts et on se fait rapidement une idée : on passe son chemin ou on a envie d'en entendre davantage pour mieux découvrir la suédoise. Cinq titres qui se laissent quand même écouter sans trop de difficulté.

23/08/2016

[Vidéo] Nova Rockafeller : "Mi Yard"

Elle est de retour dans une nouvelle vidéo ! Moins de deux mois après son clip tourné dans un supermarché pour le titre "Who I Be" en featuring avec Hot Karl, Nova Rockafeller propose des images pour "Mi Yard". Et plutôt que de tourner ça dans son jardin, la jeune rappeuse a choisi sa chambre comme terrain de jeu. Une chambre qui finit dans un sale état, d'ailleurs.

"Mi Yard" est extrait d'une série de titres enregistrés et produits par Chest Rockwell et ce recueil est disponible en écoute et en téléchargement gratuit via SoundCloud. Bim !

22/08/2016

[Vidéo] Touché Amoré : "Palm Dreams" (Paroles / Lyrics)

Depuis 2007, Touché Amoré s'est maintenu au rythme d'un album tous les deux ans. Productif, le groupe a pourtant levé le pied courant 2014 suite au décès de la mère de Jeremy Bolm, chanteur du groupe.

Cette dernière, qui souffrait d'un cancer, était originaire d'une petite ville des Etats-Unis et était venue s'installer sur la côte Ouest pendant sa jeunesse, en Californie. Mais Jeremy, qui ne lui a jamais demandé les raisons de ce changement de vie soudain dans les années 70, reste sans réponse claire et précise de la part de sa mère. C'est ce que raconte "Palm Dreams" : la perte de sa mère et le regret de ne pas lui avoir posé certaines questions pendant qu'elle était encore en vie, le chanteur supposant que le concept d'Hollywood avait pu la faire rêver à l'époque...

"Palm Dreams" est donc un titre triste, lourd de sens et très personnel. Il est extrait de Stage Four, le quatrième album du groupe signé chez Epitath Records qui sortira le 16 septembre 2016, son nom faisant aussi référence au stade le plus avancé d'un cancer dans le jargon médical. Ce clip est sorti quelques semaines avant la mort de Tom Searle, guitariste et parolier du groupe Architects, après son combat de plus de trois ans contre le cancer. Architects est d'ailleurs aussi signé chez Epitath Records.


What was it that brought you west
I assume I can only guess
It's the questions to what I've asked
That appear when time has passed
It felt like many years
Taking apart our home
I dug through forty years
All alone
On my own On my own
On my own On my own
Was it all the palm dreams
Placed where they shouldn't be
That made you feel complete
In this land of make believe
Like going 65 on the 5 in 5
Like going 65 on the 5 in 5
On my own On my own
On my own On my own
I am still bereaved
Come every ocean breeze
Was it all the palm trees
Placed where they shouldn't be
That made you feel complete
In this land of make believe
What was it that brought you west
What was it that brought you west
What was it that brought you west
Where I lay my head to rest
It felt like many years
Taking apart our home
I dug through forty years
All alone

11/08/2016

[Album] Ellipse : "À Nos Traîtres"

Artiste : Ellipse
Album : À Nos Traîtres
Premier Album
Sortie : 2015
Genre : Métal Moderne, Métalcore
Label : Finisterian Dead End
Morceaux à écouter : À Nos Traîtres, Ascension, La Chute
♥♥♥♥
> Ecouter Ellipse via Bandcamp ou Youtube <

La côte Atlantique, terre de Métal. Pour les gens de l'Ouest de la France, il paraît que Nantes, ce n'est pas la Bretagne. Pourtant, quand on vient d'ailleurs, le raccourci vient assez facilement. Bref. La côte Atlantique (y compris bretonne) est un berceau du Métal et du Rock en France et même si le nom de certains groupes ne vient pas tout de suite à l'esprit (citons, parmi tant d'autres, Mantra ou les feus Dead Sailors qui avaient offert deux EPs bien cool), rappelons seulement que le Hellfest se déroule à Clisson depuis 2006 et que son rayonnement est d'ordre mondial. Ellipse a d'ailleurs participé au festival en 2013 pour défendre son EP L'Ampleur Du Vide sur scène, un premier effort qui avait fait sensation en 2012. Il aura fallu attendre plus de trois ans et une signature chez Finisterian Dead End pour voir les nantais sortir leur premier album distribué par Season Of Mist. Un visuel qui en jette, un packaging et un design sobres mais classes : on n'en attendait pas moins de la part de ces gens-là !

Un album-concept ? Si À Nos Traîtres sonne comme une dédicace, ce n'est pas un hasard. Le groupe avait déjà développé un univers revanchard et aux propos assassins camouflés dans une écriture métaphorique et onirique sur son premier EP. Quoiqu'il en soit, Ellipse avait parfaitement placé les bases de son Métal moderne teinté de Hardcore : épique, violent et à la fois poétique (sisi !). Un parti pris qui donnait un certain cachet à la musique du groupe et lui permettait de tirer son épingle du jeu. Avec ce premier album, Ellipse ne laisse rien au hasard. Là où le visuel de L'Ampleur Du Vide nous plongeait dans le néant où étincelaient des étoiles lointaines, c'est une illustration faisant penser au fossile d'un seigneur de guerre qui donne le ton ici (la présence d'une monture avec ce squelette de cheval, l'épée et la couronne viennent corroborer cette hypothèse). Les traîtres seraient-ils ceux qui nous gouvernent ? Possible, surtout qu'Ellipse avait déjà pas mal abordé le sujet en dépeignant la noirceur qui habite l'être humain, tissant une toile bien sombre de notre condition en tant qu'individus évoluant parmi les autres (ce qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'EP de Vesperine intitulé Parmi Les Autres, un autre groupe français chantant en français). Et ce ne sont pas les textes d'un titre comme "Enseveli" qui pourraient laisser penser autre chose ! Mais c'est aussi le découpage de l'album qui interpelle ici : quatre titres sont numérotés tels des chapitres. Quatre interludes instrumentaux qui font office de pauses entre des passages violents, rudes et rageurs, comme suivant une narration amenant jusqu'à une "chute" inéluctable... et salvatrice. On est donc face à un recueil de morceaux dont l'ordre ne semble pas anodin, où certains sont rassemblés (le triptyque "À Nos Traîtres" / "Ascension" / "Dans la Gueule du Loup" est d'une force inouïe !) ou au contraire séparés du reste pour davantage marquer leur importance ("Ruines", et "La Chute" qui conclue l'album d'une bien belle façon). En ce sens, on est en droit de se demander si Ellipse n'a pas pondu ici un album au concept dramatique fort et surtout noir, comme pour nous convier à une aventure épique qui ne connaît pas de fin heureuse et dont nous serions tous un peu acteurs...

Une identité sonore. Sans doute l'un des plus gros atouts d'Ellipse à l'heure où les batteries survitaminées par des productions qui en font des tonnes sont légion. Pareil pour les autres instruments (à cordes) : les français ont su conserver un son brut et sans artifice (ou presque). On est bien loin de toutes les grosses écuries américaines qui pondent du Métalcore et du Post-Hardcore gonflés aux delay, distorsion ou autre overdrive comme un sportif courant un cent mètres sous produits dopants. Ellipse fait du Métal où les origines Rock sont audibles, présentes et habitent la musique d'un groupe qui a su rester sincère et fidèle aux sonorités de ses instruments. Un véritable pied de nez à ce qui se fait un peu partout et qui prouve que les nantais gardent le cap, leur identité, et n'ont pas pour but de tricher avec l'auditeur. Et c'est évidemment quelque chose qu'on peut saluer ! On retrouve ici - à quelques petites choses près - la même démarche que celle entreprise par Raised Fist sur son album From The North sorti au début de la même année.

Deux niveaux de lecture. Autre point caractéristique de la musique d'Ellipse et déjà souligné après l'écoute de l'EP sorti en 2012, le vocabulaire employé par Claire dans ses textes fait souvent référence à la mort, à l'enveloppe charnelle ("sang", "chair", "corps" sont des termes employés maintes fois), à la violence d'une manière générale. Mais aussi à beaucoup de choses qui touchent à la mer ou l'océan ("les ports" dans "Calvaire", "se jettent à l'eau" dans "Epsilon", "les abysses" dans "À Nos Traîtres", "la mer" et 'l'écume" dans "Ascension"), ce qui n'est pas sans rappeler que le groupe vit près des côtes. Enfin, autre point beaucoup moins évident mais qui est sans doute le plus important car faisant directement référence au titre de l'album, tout ce qui a un rapport à la politique au sens large du terme. Si on prend en considération le visuel et les termes employés pour désigner des personnes qui en dominent d'autres ("souverains" dans "Enseveli", "la couronne des rois" dans "À Nos Traîtres"), on peut largement imaginer des faits dignes de guerres, de rebellions, d'insurrections, d'aventures ou autres légendes. Or, on peut supposer que cette volonté de raconter ce genre d'histoires qui captivent et intriguent les foules est loin d'être anodin. On retrouve cette possibilité d'effectuer une lecture "entre les lignes", comme sur le premier EP. En choisissant de ne jamais nommer ou pointer directement du doigt des personnes ou systèmes politiques, économiques ou sociaux contemporains et qui nous concernent tous, Ellipse s'offre le luxe d'une libre interprétation de ses textes, ce qui dénote une certaine qualité d'écriture et une maturité bien réelle. Un très gros point fort qui élève Claire au rang de véritable "poétesse engagée" pourrait-on dire. On est donc totalement libre d'écouter Ellipse comme un groupe nous narrant des aventures épiques s'apparentant à de la dark fantasy ou plutôt comme un groupe sachant manier l'art de l'écriture pour camoufler ses propos et revendications à la manière de La Fontaine qui se servait de ses fables pour critiquer ou se moquer des politiques ou de certaines classes sociales.

Un album puissant. Une fois de plus, Ellipse en impose, que ce soit musicalement ou dans l'écriture. C'est varié, riche, efficace et surtout puissant : on se laisse guider au fil des pistes pour découvrir un nouveau riff, un nouveau solo, une nouvelle phrase hurlée par Claire qui sonne comme un uppercut dans les oreilles. Ellipse ne fait véritablement pas du Métal comme tout le monde et est définitivement un groupe qui mériterait davantage de visibilité dans le paysage français (et mondial ?). Et que dire de tous ces détails qui font de cet album qu'il est un grand album ? Ces percussions (djembé ?) avant le magnifique solo de fin sur "Dans La Gueule Du Loup", ce son de guitare en intro de "La Chute" qui rappelle inévitablement celui de Papa Roach pour "Blood Brothers", ces chœurs magiques en fin de "Dans La Gueule Du Loup" et de "La Chute" ? Quel pied ! Voilà un album qui propose beaucoup de choses, qui essaie beaucoup de choses. Et ça fait plaisir à entendre ! On ne peut que souhaiter un bel avenir aux nantais et surtout une reconnaissance pour leur travail. À Nos Traîtres est un album qui prend aux tripes, qui se savoure comme un sombre roman de fantasy, chapitre après chapitre, et qui laisse des traces indélébiles dans les tympans. Fort !