14/11/2012

[Album] Icicle : "Under The Ice"

Artiste : Icicle
Album : Under The Ice
Premier Album
Sortie : 2011
Genres : Electro, Drum and Bass, Dubstep, Down Tempo, Techno Minimale
Label : Shogun Audio
Morceaux à écouter : Dreadnaught, Breathing Again, Arrows
♥♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

On va encore dire que je rabâche sans arrêt la même chose mais la pochette d'un album en dit souvent (très) long sur son contenu et il n'y a pas besoin ici d'avoir bac+5 pour comprendre que "Under the Ice" est loin d'être un album commun. Un portrait à peine lisible, à peine visible aussi, déstructuré, aux facettes multiples et aux tonalités pourtant froides et homogènes. Oui, c'est bien un disque cérébral que voilà.

Et le disque est à l'image de son producteur : Jeoren Snik, de son vrai nom, est un de ces mutants à la tête de surdoué-geek, lunettes sur le nez, mine un peu éteinte et personnage en retrait, qui maîtrise son sujet comme il se doit et n'hésite pas à pratiquer différents styles musicaux parfois pointus d'une façon remarquable pour un résultat très personnel et propre. En gros, une musique qui ne laisse pas indifférent et qui s'identifie rapidement. Le hollandais désormais établi à Londres compose une musique épurée, parfois minimaliste, où l'on retrouve évidemment Drum and Bass et Dubstep mais abordés d'une manière foutrement personnelle. Cependant le bonhomme respecte une règle qui est bien souvent oubliée par la plupart des producteurs du genre : il n'y a parfois pas besoin de boum-boum incessant ou de basses fracassantes pour offrir de la musique à l'impact fort.

Et c'est ici tout l'intérêt de ce disque qui explore toute la froideur de sons à la fois organiques et synthétiques (paradoxal ?), à la touche cristalline et métallique ("Nausea"). L'écoute au casque permet même d'accéder à différents niveaux de lecture, tant et si bien qu'on a parfois l'impression d'écouter deux morceaux différents simultanément ("Top Of The Page").

Mais revenons aux genres. Bien évidemment, chacun mettra la terme qui lui plaît dessus : Drum, Dubstep, Down Tempo, etc. Mais ce qu'il faut noter, ce sont ces petites touches particulières venues pointer le bout de leurs nez sur chaque pièce de cet album. Entre sonorité orientales et volées de flèches nous frôlant les oreilles ("Arrows") ou ces étranges synthés qui semblent presque communiquer avec nous sur fond d'éclairs sonores perçants ("Europa"), on retrouve des beats plus "conventionnels" et des samples de voix spectrales appuyées par un rythme qui mettrait l'auditeur presque en transe ("I Feel U").

L'ensemble met parfois mal à l'aise mais à travers cette caverne de glace aux échos étranges, on trouve tout de même un semblant d'humanité grâce aux voix mises au service de ces ambiances éthérées. Ainsi, quelques personnalités comme SP:MC ou DRS se prêtent au jeu, mais c'est surtout la voix très particulière de Robert Owens qu'il faut souligner ici ("Redemption", "Step Forward").

Voilà donc un album singulier, à la personnalité forte et à la ligne directrice maîtrisée du début à la fin. Sans trop en faire, Icicle arrive ici à captiver, à envoûter, à hypnotiser son auditoire par un travail pointilleux et ô combien méticuleux. Un disque qui n'est cependant pas si accessible qu'il pourrait le paraître et dont une écoute attentive au casque est presque obligatoire. Un trip à la fois froid et spatial qui ne laisse pas indifférent.

07/11/2012

[Album] Limp Bizkit : "Significant Other"

Artiste : Limp Bizkit
Album : Significant Other
Deuxième Album
Sortie : 1999
Genres : Néo Métal, Rap Métal, Hip Hop
Labels : Flip, Interscope
Morceaux à écouter : Break Stuff, Nobody Like You, Trust
♥♥
> Ecouter l'album sur Grooveshark <

On aurait tendance à oublier qu'avant Linkin Park et ses multiples "erreurs commerciales" dont la première répondait au doux nom de "Meteora", il y a d'abord eu la touche Limp Bizkit. En effet, après un premier album profondément ancré dans l'esprit du Néo Métal des premières heures, ce "Significant Other" voyait le jour deux ans après mais sonnait bien moins juste que le précédent. Un syndrome qui a eu les effets qu'on connaît sur le genre dans le début des années 2000...

Commercial vous avez dit ? Il y a de ça, en effet. Pourtant, ce n'est pas vraiment à nous, Français, qu'il fallait demander de voir ce genre de détail (généralement caché dans des textes bien fades et sans réel intérêt écrits dans un anglais que trop peu d'entre nous décryptent et comprennent). Cependant, hormis ce point pourtant évident (il n'y a qu'à se pencher sur "No Sex" pour voir que le sujet est un peu facile et inintéressant), il n'y a qu'à faire la comparaison avec le premier album pour éclaircir la chose, et je parle bien évidemment sur le plan musical.

Les biscuits ont bien ramolli depuis 1997 ! Le Hip Hop devient de plus en plus exploité dans cet album qui offrait pourtant plus d'une heure de son en boîte et une tracklist conséquente de quinze morceaux dont certains sont cependant des petites bombes ("Break Stuff"). Il y a donc du bon et du moins bon. On retrouve un Fred Durst au flow bien travaillé, dégainant des punchlines à tour de bras mais qui a bien renié sa rage d'antan au chant, s'éternisant sur des refrains languissants et sucrés ("Re-Arranged", "I'm Broke"). Peut-être un souci d'être plus accessible à un public moins porté sur la rage qui faisait toute la force du premier effort, allez savoir...

Comme dit plus haut, il y a du bon et du moins bon. Certes, le son est d'une propreté impeccable et la production est irréprochable, excepté peut-être dans le fait qu'elle arrondit tous les angles. Le son crade et gras à souhait est remplacé par un ensemble aseptisé, bien que la guitare de Borland délivre toujours des accords et riffs pêchus ("Nookie"), alternant avec des lignes plus mélodiques et employant multitude d'effets pour des couplets plus Hip Hop ("Show Me What You Got"). Batterie et basse remplissent elles aussi leurs rôles comme il se doit et on peut même y reconnaître un certain bonheur en les écoutant au casque.

Alors de quoi se plaint-on finalement ? Tout simplement de ne pas retrouver cette énergie destructrice et entraînante du premier album, de ne pas sentir que Durst se lâche comme il se doit sur des refrains qui auraient mérité d'être bien plus braillards et surtout de la présence dans cet album de pistes comme "A Lesson Learned" ou encore de cette "Outro" un peu prétentieuse où cet irritant "Limp Bizkit is funking cool, you guys are cool, the new record is great" vient définitivement faire perdre toute crédibilité à ce morceau qui clôture un album certes cool à écouter, "qui passe bien", mais dont la saveur ne reste pas longtemps dans les oreilles malgré un déferlement de têtes connues (Jonathan Davis, Method Man ou encore Aaron Lewis). Un peu dommage.

06/11/2012

[Mix] Shambhala 2012 par Excision et Downlink


Le mix Shambhala 2012 est là (depuis quelques temps déjà) !
Pour la tracklist, il vous suffit d'afficher la page Youtube : elle est listée en-dessous. Enjoy !
> Voir la chronique de l'album d'Excision <
> Site Officiels : Excision / Downlink <

05/11/2012

[Album] Comeback Kid : "Broadcasting..."

Artiste : Comeback Kid
Album : Broadcasting...
Troisième Album
Sortie : 2007
Genres : Punk Hardcore
Labels : Smallman Records, Victory Records
Morceaux à écouter : Defeated, Broadcasting..., Market Demands
♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Grooveshark <

Que dire, que dire ?! Tellement de choses. Comeback Kid a su s'imposer tellement vite sur la scène mondiale du Hardcore qu'il n'y a plus grand chose à attendre du groupe canadien si ce n'est d'en prendre, une fois de plus, plein la gueule. Une nouvelle baffe en pleine face et dans les tympans où le combo démontre toute l'étendue de son talent. La barre avait pourtant été mise très haute avec "Wake The Dead" mais le challenge est évidemment relevé. "Broadcasting..." est un troisième album qui tient toutes ses promesses malgré quelques petits "soucis" qui laissaient présager le pire...

En effet, Scott Wade quitte le groupe après la sortie de "Wake The Dead", donnant au morceau qui clôturait cet album ("Final Goodbye") tout son sens. Il est alors remplacé par Andrew Neufeld (guitariste depuis la formation du groupe) qui donnait déjà beaucoup de voix sur les albums précédents et en live. C'est donc un Neufeld bien plus "gueulard" que son compère que l'on retrouve au chant et bien que sa voix soit moins claire que son prédécesseur, celle-ci n'entache en rien la qualité de la musique du groupe.

Comeback Kid sert ici du Hardcore tout aussi pêchu que sur les efforts précédents et bien que l'on y soit habitué, la recette fonctionne toujours aussi parfaitement. La frontière avec le Métalcore n'est cependant pas bien loin, preuve que le genre évolue au fil du temps et ce n'est pas l'introduction de "Defeated" qui laissera penser le contraire, bien que la suite soit davantage orientée Hardcore pur et dur (avec des gang vocals magistraux !). Bien que Neufeld ne puisse s'employer à jouer ses parties de guitare en live, il enregistre cependant celles-ci sur l'album et on retrouve donc ces deux guitares qui se complètent toujours aussi bien pour des parties mélodiques ("Industry Standards"). De manière générale, la production est de toute façon très propre et chaque instrument trouve sa place sans disparaître dans un brouillard sonore, et le morceau qui donne son nom à l'album en est le parfait exemple ("Broadcasting..."). La batterie se permet d'ailleurs d'ouvrir le bal sur plusieurs pièces ("One Last Satisfied", "Market Demands").

Concernant les textes, toujours une certaine lucidité distillée dans un esprit Punk au goût du jour et des gang vocals au top pour une énergie qui dégouline en même temps que notre transpiration commençant à perler sur notre front tant il est facile de se déchaîner sur chaque morceau de cette galette.

Une fois de plus, le Hardcore canadien de Comeback Kid fait mouche et malgré quelques petits changements (voix et musique), c'est toujours avec un immense plaisir qu'on s'écoute la bande de Winnipeg !

03/11/2012

[EP] Skrillex : "Bangarang"

Artiste : Skrillex
EP : Bangarang
Sortie : 2011
Genres : Electro, House Alternative, Popstep, Dusbtep, Hip Hop Alternatif
Labels : Big Beat, Atlantic Records, Owsla Records
♥♥
> Ecouter l'EP sur Grooveshark <

Ce qui est bien avec Skrillex, c'est qu'on sait à quoi s'attendre et que si on est venu le chercher, on ne sera pas déçu. Sonny Moore l'a bien compris et réciproquement ses fans aussi. De ce fait, malgré un petit changement dans l'approche du visuel de cet EP (estampillé "Explicit Content"), c'est du Skrillex tout craché que l'on retrouve, toujours bien entouré pour ses featurings.

Un EP de plus en boîte pour le jeune "prodige" qui vient une fois de plus faire trembler les murs des boîtes de nuits maintenant habituées à passer du Dubstep à la sauce House à la place de la plupart des choses qui faisaient vibrer la jeunesse des décennies antérieures.

Après un EP vraiment moyen qui se limitait en gros à l'exploitation du titre phare de son producteur ("Scary Monsters and Nice Sprites") en en multipliant les remixes, le bonhomme sert ici sept titres originaux (et sans remixes), ce qui fait plutôt plaisir. Cependant, alors que "My Name is Skrillex" marquait une énorme fracture entre le tout premier EP de Sonny Moore et la suite de ses productions, on ne peut pas dire qu'il y ait une nette évolution musicale depuis. En cela, "Bangarang" est donc un EP qui ne sort pas des sentiers battus que Skrillex a lui-même balisés, et c'est bien dommage.

On retrouve donc ces fameux beats en deux temps particulièrement dansants et facilement accessibles pour les dancefloors ("The Devil's Den") et ces synthés torturés, pitchés qui sont désormais devenus la marque de fabrique du gaillard. Du son purement "skrillexien" qui bien que peu originaux par rapport à ce que l'on connaît déjà de lui ont le mérite de rester tout aussi sympathiques ("Right In"). Bien évidemment, un EP de Skrillex ne serait rien sans les fameux featurings et c'est avec joie qu'on retrouve une Sirah au flow prononcé et marqué et aux textes bien crus ("Kyoto"), même si sa présence passerait presque inaperçue tant ses samples de voix sont eux aussi torturés ("Bangarang").

Mais la grande surprise est dans "Break'A Sweat" où apparaît le légendaire nom des Doors. Soyons francs, on ne peut pas dire que leur présence sur ce morceau soit des plus reconnaissables, voire même notable : on a tout juste un petit air de synthé de Ray Manzarek et une (très) courte ligne de guitare de Robby Krieger. Le reste n'est que détail tant Skrillex adapte le tout à sa sauce. Un morceau issu du projet "Re:Generation" qui vise à démontrer à l'aide de plusieurs artistes contemporains tels que DJ Premier ou Mark Ronson que les styles musicaux d'antan influencent largement ceux de l'avenir. Pas certain que le combo Skrillex/Doors en soit le meilleur exemple... Pour les plus curieux, vous pouvez toujours regarder la vidéo retraçant le travail effectué pour ce morceau.

Petits détails notables : la signature sur le label OWSLA (à qui on doit, entre autres, les productions de Koan Sound) et le clip de "Bangarang" à l'esthétique soignée et revisitant le conte de Peter Pan.

Alors que dire ? Un EP de Skrillex, encore un, mais qui bien que peu folichon a tout de même le mérite de présenter quelques nouveaux morceaux plutôt que de commettre l'erreur de jouer la facilité des remixes d'anciens tubes du producteur désormais célèbre. On reconnaîtra tout de même que la prise de risque est des plus minimes, ce dernier produisant ce qu'il sait faire de mieux : du pur Skrillex. Les fans, une fois de plus, sont ravis, et les autres passeront très vite l'oreille dessus.

02/11/2012

[Vidéo] Maniacx : "Many Acts"

Le clip de "Many Acts" est disponible depuis quelques temps. Un point fort permettant à Maniacx de faire surface et élargir sa bande de fans répondant aux nouvelles sonorités du groupe, ces mêmes fans qui auraient peut-être loupé le groupe à ses débuts. Retour gagnant pour la bande de compères qui n'avait rien produit depuis pas mal d'années même si les nouvelles intentions musicales du groupe semblent discutables. Plus de détails dans les chroniques concernant la discographie du groupe.

> Chroniques du premier album et du deuxième album de Maniacx <

01/11/2012

[Album] Billy Talent : "Billy Talent"

Artiste : Billy Talent
Album : Billy Talent
Premier Album
Sortie : 2003
Genres : Rock Alternatif, Punk Rock, Post Hardcore
Label : Atlantic Records
Morceaux à écouter : Try Honesty, River Below, Nothing To Lose
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Grooveshark <

Ceux qui connaissent déjà Billy Talent me reprocheront de désigner cet album comme le premier du groupe. Effectivement, la bande avait déjà sorti un premier effort mais sous le nom de Pezz, cet album étant intitulé "Watoosh!". Bref, tout ça, c'était en 1999. Depuis, le groupe s'est rebaptisé et a offert cet album sans véritable titre (éponyme, donc), quelques quatre années plus tard. Car Billy Talent est une machine qui carbure au diesel et qui a besoin de se chauffer pour bien se lancer. Le groupe s'étant formé en 1993 à l'initiative de Ben Kowalewicz (chanteur) et Ian D'Sa (guitariste), tous deux ayant partagé les mêmes bancs d'école pendant cinq ans, il est facile de calculer le nombre d'années qui séparent cette date de la sortie de ce premier opus d'une longue lignée de "Billy Talent's".

Billy Talent est donc un groupe "qui prend son temps" mais qui ne mâche pas son travail d'écriture et de composition. Une attention portée sur le détail et le sens des mots ("Billy Talent" fait référence à un des personnage d'un faux documentaire canadien intitulé "Hard Core Logo" et lui-même appelé Billy Talent - avec un "l" en plus") qui se retrouve dans la musique facilement identifiable de la bande. En effet, Billy Talent est un savoureux mélange de Rock à la fois mélodique et pêchu ("Try Honesty") combinant une alternance prononcée entre des riffs gras et épais et d'autres beaucoup plus aigus et stridents et la voix criarde de Ben Kowalewicz ("Line & Sinker"), cette voix qui ne manquera pas d'irriter certains, ce qui semble tout à fait légitime. La basse et la batterie ne sont pas en reste et offrent des lignes vraiment sympathiques tout en restant audibles la plupart du temps ("Voices of Violence"). Un joli travail de production, donc.

Bien que profondément Rock dans sa musique, le groupe distille un esprit Punk prononcé et même Post Hardcore parfois, mélangeant passages vocaux aériens et des relais entre Kowalewicz et les autres membres du groupe qui participent en offrant des gang-vocals enjoués et énergiques ("Living In The Shadows").

Enfin, ce qui frappe aussi chez Billy Talent, ce sont cet intérêt et cette importance donnés à l'enfance dont il est souvent question ("Try Honesty", "Nothing To Lose"), des propos qui rappellent aussi l'engagement personnel du groupe dans des associations comme la Canadian Music Creators Coalition pour défendre les droits des auditeurs partageant la musique de certains artistes ou groupes à des fin non lucratives.

Bref, Billy Talent fait de la bonne musique, tient des propos plus que défendables et s'engage même en dehors de sa propre musique. Le Canada a beau rester bien souvent dans l'ombre des USA musicalement, on y trouve tout de même des artistes et groupes talentueux qui méritent une certaine attention ! (voir aussi Comeback Kid, entre autres)

31/10/2012

[Album] Incubus : "S.C.I.E.N.C.E."

Artiste : Incubus
Album : S.C.I.E.N.C.E.
Deuxième Album
Sortie : 1997
Genres : Rock et Métal Alternatifs, Funk Métal
Labels : Epic Records, Immortal Records
Morceaux à écouter : Redefine, Vitamin, Favorite Things
♥♥♥♥
> Ecouter l'album sur Grooveshark <

Beaucoup de choses ont changé en seulement deux ans pour la bande de Brandon Boyd. Après un premier album assez "spécial" (que ce soit le visuel, les thèmes abordés et la musique), le groupe sortait ce deuxième effort ironiquement intitulé "SCIENCE". La musique est pour certains une science, et on peut dire que la formule préparée par Incubus était à cette époque complexe et alambiquée. Cependant, deux ans ont suffi pour que la mixture de "Fungus Amongus" devienne une véritable recette bien ancrée dans son époque : un Métal nerveux et riche qui ne reniait pas ses influences Funk, Rock, Rap et Electro. Un deuxième album qui a littéralement propulsé le groupe sur la scène internationale.

"SCIENCE", qu'est ce que c'est ? Excepté le fait qu'il ferait plus ou moins référence à l'élaboration de l'album, ce titre ne veut pas vraiment dire grand chose (on retrouve d'ailleurs le tableau de classification périodique sur ce visuel, les chimistes ne l'auront pas loupé !). Pour ce qui est du bonhomme moustachu, "Chuck", déjà aperçu sur la pochette de l'EP sorti l'année précédente et intitulé "Enjoy Incubus", une rumeur laisse supposer qu'il s'agirait du père de Brandon. Cependant, le groupe explique qu'il s'agirait en fait d'un portrait robot réalisé grâce à un morphing des visages de tous les membres du groupe... Pour ce qui est du contenu, ce deuxième effort offrait douze titres pour une cinquantaine de minutes de musique. Plutôt sympa, surtout quand on découvre la qualité du son et du travail effectué sur les compositions en comparaison de ce que "Fungus Amongus" présentait.

Une musique davantage maîtrisée et calibrée, mettant l'accent sur des solos toujours aussi inspirés et des lignes moins brouillons où l'accent est mis sur la qualité et non la puissance (grosse mode de l'époque et du Néo Métal qui tache). Incubus tendait donc déjà à se démarquer par ses inspirations Funk et Jazz ("Idiot Box") et un chant alternant entre tonalités Rap et envolées beaucoup plus clairs et affirmées qui démontraient une fois de plus que Boyd possèdait des cordes vocales mutantes. Ce n'est pas pour autant que le groupe renie les riffs gras à souhait ("New Skin", "A Certain Shade Of Green") sans en abuser toutefois, les bridges et couplets reprenant bien souvent des lignes beaucoup plus funky et légère où la basse trouve toute sa place et où la guitare de Mike Einziger multiplie les effets à la pédale pour des sonorités encore rarement vues.

Pour faire court, Incubus signait là un album percutant et davantage abouti que le premier, affirmant la maîtrise des genres et des instruments par ses différents membres (exemple de la basse slapée sur "Redefine") . Pour la plupart des fans, cet album est le véritable pilier de la musique du groupe et reste une référence du genre de la fin des années 1990. Un album cependant pas si accessible que ça tant les genres abordés étaient nombreux. Les réticents de la musique Métal ont tout de même trouvé (et trouveront) consolation dans des titres comme "Magic Medecine" et "Summer Romance" beaucoup plus légers.

25/10/2012

[Vidéos] Deftones, Caravan Palace, Orelsan

Des news pas toutes fraîches pour certaines mais on s'en fout : nouvelle vidéo et nouvel extrait du prochain album de Deftones avec "Tempest" et une sorte de clip animé avec les textes (pour chanter en karaoké si ça vous amuse !). Sobre mais propre : le nouvel album promet d'être d'une classe incommensurable ! Caravan Palace a livré aujourd'hui le clip d'un extrait de leur nouvel album sorti cette année ("Panic") et intitulé "Dramophone". Un titre instrumental qui donne sévèrement envie de danser, et les images n'y sont pas pour rien dans ce clip ! Enfin, les adeptes d'Orelsan ne sont sans doute pas passés à côté de son concert au Zénith de Paris, disponible gratuitement sur CanalStreet.tv.


[EP] Maniacx : "Vision"

Artiste : Maniacx
EP : Vision
Sortie : 2012
Genres : Electro, Hip Hop Alternatif, Rap Festif
Label : Medside Music
♥♥♥
> Ecouter l'EP sur Deezer <
> Medside Music, site Officiel <

Tant de choses à dire, tant de regrets et pourtant tant de joie en écoutant cette nouvelle formule de Maniacx, le groupe de sudistes qui nous avait fait vibrer avec ce Hip Hop si particulier et ses fameux synthés 8 bits aux couleurs de jeux vidéos sortis d'une époque (presque) révolue, avec ses touches de Ska et de Rock, le tout pour une dose d'énergie purement festive !

Beaucoup de choses à dire car Maniacx a changé. Tout d'abord, un nouveau MC : Ben alias "Nawak" ayant quitté le groupe quelques temps après l'excellent "Crazy Sounds with the Aliens", c'est désormais CKLM, chanteur parisien de Folk/Reggae qui prend le devant de la scène pour débiter les textes du groupe. Une toute autre dimension vocale qui passe plutôt pas mal finalement, le bonhomme s'étant adapté au flow Rap que Nawak pratiquait, dans un autre registre toutefois. Rappelons que le groupe n'a rien sorti depuis maintenant quatre ans à l'exception d'un morceau intitulé "I Want A Mullet" qui faisait un gros clin d'oeil à Metallica et qui montrait une fois de plus que les membres du groupe n'écoutent pas que du Rap ou du Hip Hop...

Maniacx a changé au niveau de la composition du groupe, donc, mais on retrouve toujours Duff et Flik Flak à la production. Cependant, malgré quelques synthés encore typiques de la musique des deux premiers albums ("Many Acts" ou d'autres très courts samples sur "Vision"), on sent une nette évolution dans la musique de la bande, et cela peut sans doute s'expliquer pour diverses raisons. La première est que l'Electro français se porte plutôt bien depuis quelques années, que Chinese Man a déjà trois albums en boîte et que C2C, qui pratique depuis pas mal d'années maintenant, a tout récemment sorti un EP et un album qui ont tous les deux cartonnés et que Maniacx n'échappe donc pas à cette vague montante. La seconde raison (qui découle directement de la première) est que l'Electro qui autrefois était réservé à des soirées du genre ou autres festivals se retrouve de plus en plus souvent propulsé sur les radios nationales, adoptant des codes plus "mainstream" et "radio friendly" qu'il y a quelques années : pour ne pas passer à la trappe et pouvoir se faire remarquer, il faut donc plus ou moins respecter ces codes. C'est un peu le principe de la mode, bien malheureusement !

De ce fait, Maniacx a subi toutes ces influences, bien malgré eux on peut le supposer, et on ne peut pas trop le leur reprocher finalement. J'entends déjà les fans gronder après ce commentaire mais il faut reconnaître que Maniacx a un peu perdu de sa saveur d'antan même si, évidemment, le groupe garde plus ou moins sa ligne de conduite originale, force est de l'admettre. Et c'est justement ce qui fait que cet EP n'est pas si mauvais que ça, finalement.

Bon, on pourra toujours critiquer les maigres treize minutes et quelques secondes de ces cinq titres mais on peut considérer ça comme un amuse-gueule en attendant un possible prochain album pour se consoler. Le fait est que beaucoup de choses peuvent être dites sur ces "petits" morceaux : "Many Acts" reste sans aucun doute ce qui ressemble le plus à l'ancien Maniacx mais (oui, il y a toujours un "mais" !), cet EP sort sans doute trop tardivement, comme en retard sur son époque, et ce ne sont pas les comparaisons qui manquent. On a tout bonnement l'impression d'écouter un morceau de C2C extrait de "Tetra" en lançant "Circle", voire même du Shaka Ponk en écoutant "Death Becomes Her" avec ce beat marqué et ces samples très Rock'n Roll.

C'est donc avec un sentiment partagé que se termine l'écoute de cet EP : le nouveau Maniacx s'écoute bien, très bien même, mais si on y penche plus précisément les oreilles, on se rend compte avec tristesse qu'il ne reste plus grand chose de la touche Geek et déjantée des deux premiers albums. Certains sont donc très heureux de retrouver Maniacx et ses nouvelles orientations musicales tandis que les autres crieront qu'il faut qu'on leur rende le groupe tel qu'il était il y de ça plusieurs années. C'est donc à vous de voir et on attend le prochain album avec impatience pour se faire une réelle idée !

24/10/2012

[Album] Deftones : "Saturday Night Wrist"

Artiste : Deftones
Album : Saturday Night Wrist
Cinquième Album
Sortie : 2006
Genres : Métal Alternatif, Métal et Rock Expérimentaux
Label : Maverick Records
Morceaux à écouter : Beware, Combat, Kimdracula
♥♥♥
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Avec ce cinquième album, une règle tend à se vérifier : les pochettes de Deftones en disent long sur le contenu. Nouveau changement de typo et un visuel qui tend à rappeler plus ou moins un "Around The Fur" qui malgré son âge résonne encore dans la musique du groupe depuis. Sombre peut-être et un lien avec la gente féminine perceptible. Bien que l'emploi de photographies pour illustrer ce nouvel opus tend à le rapprocher de l'album cité un peu plus tôt, la sobriété de l'ensemble et le semblant de maturité qui s'en dégage rappelle indéniablement le fameux "White Poney". Et la ressemblance est effective dès la première écoute de l'ensemble de l'album.

Un cinquième album pourtant "difficile" dans le sens où, maintes et maintes fois repoussé, laissant paraître quelques désaccords entre les membres du groupe, remanié à la production, il sort tout de même plus de trois ans après un album éponyme plutôt bon mais difficile à digérer à cause de nombreuses influences musicales mêlées au son que seul le groupe sait pondre. Trois ans de gestation donc, mais de digestion aussi. Car "Saturday Night Wrist" est le parfait mélange de "White Poney" et "Deftones" pour moi : la guitare de Carpenter apporte une fois de plus sa lourdeur et son épaisseur sur fond Electro et même Trip-Hop qu'avait introduit l'album éponyme. De nombreuses influences qui, cette fois, passent beaucoup mieux. Davantage de maîtrise ou seulement le fait d'avoir l'oreille déjà préparée à ça tant le terrain avec été déblayé trois ans auparavant ? Ce qui est sûr, c'est que le choc est bien moins brutal.

Deftones servait donc là un peu plus de cinquante minutes de Métal purement "deftonien" aux antipodes de l'étiquette "Néo" tamponnée sur son nom depuis ses débuts. Un album à deux vitesses pourtant où, comme dit plus haut, se retrouvent deux grandes lignes directrices développées sur les deux précédents efforts. On retrouve donc des morceaux à l'attaque franche et aux riffs précis (dont un certain "Kimdracula" qui fait étrangement penser à "Feiticeira") qui ne dénigre pas une certaine violence dégoulinante d'émotions ("Rapture", "Rats!Rats!Rats!") que la voix d'un Chino Moreno, pourtant en fort embonpoint, voire même à la limite de l'obésité (voir le clip de "Mein"), enrichit de ses teintes claires ou au contraire de cris stridents semblant pousser ses cordes vocales à la limite de la rupture. Cette même voix qui, parfois fébrile, vient murmurer à nos oreilles des textes aussi poétiques que torturés ("Beware", "Xerces"), ce qui nous amène à la seconde vitesse de cet album. Comme l'avait introduit "Deftones", le groupe tend à exploiter davantage l'Electro et ses influences Trip-Hop voire New Wave. Presque normal dira-t-on de trouver des morceaux tels que "Cherry Waves", "Hole In The Earth" (au refrain un tantinet fatiguant) ou encore l'excentrique "Pink Cellphone". Grande nouveauté aussi, un morceau instrumental aux sonorités Post Rock.

Cependant, il faut admettre une petite lassitude dans l'écoute de certains titres : le riff de "Mein" par-exemple ou ce côté languissant de certaines autres pièces qui devient ennuyeux parfois, traînant en longueur. Malgré tout, cet album tient la route, conserve pendant toute sa longueur une ligne directrice assez identifiable et il suffit de se passer quelques morceaux comme "Beware" en boucle pour apprécier toutes les petites subtilités instrumentales (piano) et Electro (criquets nocturnes) que le groupe offrait avec cette galette. En un mot : un album agréable qui restera toutefois lié au destin funeste de Chi Cheng, marquant sa dernière participation avec le groupe (sans compter Eros).

18/10/2012

[Mixtape] Sirah : "C.U.L.T."

Artiste : Sirah
Mixtape : C.U.L.T.
Sortie : 2012
Genres : Electro, Hip Hop Alternatif, Pop, Dubstep
Label : Pulse Recordings
♥♥♥
> Sirah, le Site Officiel <
> Ecouter C.U.L.T. Mixtape Full sur Youtube <

Je pense qu'il est encore possible de dire qu'à l'heure où j'écris ces lignes, la miss n'est pas encore très très connue aux USA (en comparaison d'autres Justin Bieber ou Lady Gaga...) alors chez nous, c'est encore pire. Pourtant, la plupart des fans de Skrillex l'ont déjà entendue et ont noté sa prestation, tout d'abord sur "My Name is Skrillex" avec "Weekends" même si sa voix est plutôt torturée et synthétisée sur ce morceau, et plus tard avec les fameux "Bangarang" et "Kyoto" qui ont trompé leur monde quant à l'allure que pouvait bien avoir la miss. Car c'est bien à la sortie de ces morceaux que le public a véritablement commencé à s'intéresser à Sirah où beaucoup y entendaient une rappeuse "black" au flow marqué rappelant pour certains une certaine Eve (voir le clip de "Let Me Blow Ya Mind"). Pourtant, celle-ci avait déjà réalisé un clip pour "Double Yellow Lines" quelques mois plus tôt...

Mais Sirah est bien loin de Eve physiquement ! Un petit brin de fille haut comme trois pommes qui pourtant en impose devant le micro ! On peut aussi noter sa répartie et son humour lors de ses interviews qui, en plus de la rendre sympathique, ne font que confirmer sa prestance naturelle.

Voilà donc une sext... pardon. Une MIXTAPE de neuf morceaux qui s'écoute d'une traite (car tous sont liés entre eux : principe de la mixtape) pour un peu plus de vingt minutes de musique. Pas fou sur le papier, mais dans le casque, il faut admettre que ça passe plutôt bien. On retrouve la voix de Sirah, franche et directe, au flow continu loin d'être insupportable. On ajoute à ça un Electro aux beats marqués ("Like Me Now ?"), directement inspirés de cette nouvelle culture du Dubstep/Drumstep sur fond de Hip Hop ("Motel Bible") et de Pop tout ça appuyé par la prod Pulse. On retrouve donc du Skrillex là-dedans, c'est indéniable ("Blew Your Mind"), le gaillard ayant bien banalisé le genre depuis quelques années, mais Sirah y apporte cette pêche si particulière avec ses textes et une certaine forme de naïveté et d'innocence trompeuses (car la demoiselle est loin d'être une amatrice et pratique le Rap depuis déjà pas mal d'années). Celle-ci n'hésite d'ailleurs pas à véritablement chanter sur ses refrains ("Up & Down", "My City").

On ne va pas détailler chaque pièce mais ce qu'il faut retenir, c'est que Sirah présente ici ses qualités de MC d'une façon bien agréable et on peut supposer qu'on n'a pas fini d'entendre parler d'elle, surtout avec un appui comme celui de Skrillex qui a largement contribué à sa petite célébrité. Cette mixtape frappe sur une courte durée, certes, mais frappe fort, comme les beats de "Black Eyes" et "C.UL.T.", véritables rouleaux compresseurs sonores qui donnent envie de secouer la tête sans qu'on puisse rien y faire. En attendant une suite plus aboutie, ça passe pas mal quand même et c'est surtout en téléchargement gratuit !

15/10/2012

[Album] Flyleaf : "Memento Mori"

Artiste : Flyleaf
Album : Memento Mori
Deuxième Album
Sortie : 2009
Genres : Rock et Métal Alternatifs, Néo Métal, Rock Chrétien, Post Grunge
Labels : Octone Records, A&M
Morceaux à écouter : Beautiful Bride, Again, Treasure, Circle
♥♥
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Dénombrer les groupes américains ayant une frontwoman serait une tâche bien longue. Pas étonnant que comparer certains groupes entre eux ou certaines chanteuses soit monnaie courante. On a beau être tous uniques comme dit le proverbe, il y a toujours ça et là des petits trucs qui nous font penser à untel ou unetelle, et Lacey Sturm n'échappe pas à la règle. Le petit brin de femme a beau avoir son propre timbre de voix et ses mimiques, on ne peut, une fois de plus, faire le rapprochement (parfois, dans certains morceaux) avec Avril Lavigne, Hayley Williams ou bien d'autres encore comme la jeune Taylor Momsen. Mais on va dire que je me répète, car ces points ont déjà été soulignés avec le premier album de Flyleaf.

Rappelons que le premier effort du groupe était un disque éponyme peu ambitieux mais agréable quand même malgré une production un peu moyenne. Le gros point fort des titres figurant sur cette première galette étaient sans aucun doute leurs refrains entêtant et faciles à retenir, posés sur des riffs plutôt basiques mais efficaces. Un cocktail simple mais qui fonctionne. Dès la première écoute de "Memento Mori" (locution latine pour "Souviens toi que tu mourras" - un rien charmant qui rappelle toutefois le lien ambigu qu'entretien le groupe avec la religion -) on se rend compte que bien des choses ont changé. Premier point crucial : la production est ici bien plus léchée, permettant aux instruments de ne pas jouer à cache-cache entre eux dans notre bon vieux casque et offrant à la voix de Lacey tout l'espace sonore qu'elle désire. C'est donc bien plus propre et plaisant à écouter et on oublie ce côté un peu "garage/démo" du premier album.

Second point : le travail de composition. Musicalement, le premier effort offrait déjà de bonnes idées, avec deux guitares qui se complétaient assez bien en offrant des lignes tantôt aériennes et poétiques ou au contraire plus heavy et grasses. La même recette est ici aussi employée mais Howard Benson (qui a entre autres produit des groupes comme Papa Roach, P.O.D., ou encore Sepultura) a effectué un bien meilleur boulot que sur l'album précédent. Ici, les morceaux s'articulent autour d'un son bien plus lourd et épais qui permet de toucher du doigt le domaine du Néo Métal. En résulte des pièces parfois hybrides ("Swept Away") aux riffs bien plus sombres que ce que le groupe avait l'habitude de pondre ("This Close").

Mais peut-on parler de Flyleaf sans rappeler le point sensible de la religion abordé de façon plus ou moins implicite dans les textes ? Certains en ont le poil qui se hérisse, les autres défendent cette approche farouchement. Chacun aura son avis sur la question mais Lacey préfère expliquer que ses textes sont avant tout porteurs d'une certaine pensée positive et d'une foi en la bonne volonté du monde qu'elle essaie de faire passer (même si Jésus et sa résurrection sont directement cités dans "In The Dark"...). Une sorte de message d'espoir pour tous ceux n'ayant pas la chance de vivre dans le bonheur... Mouais, un peu facile direz-vous ? Mais loin d'être idiot dans le sens où on se rend compte que la communauté supportant le groupe trouve chez Flyleaf une certaine forme de réconfort. En gros, ça marche, et tant mieux pour eux !

Alors que faut-il retenir ici ? Un deuxième album qui percute moins que le premier car moins de refrains entêtants, moins de mélodies et riffs simples à retenir. Mais à cela il faut reconnaître un peu plus de travail et quelques petits trucs qui sonnent bien (riffs basse/guitare sur "Circle", l'intro de "Chasm" qui rappelle sans nul doute du Tom Morello et Rage Against the Machine même si la suite du morceau est loin d'être à la hauteur, et le morceau "Again" qui est sans doute le plus intéressant de l'album). Flyleaf fait du Flyleaf et le fait bien finalement. Le groupe a son public et ce dernier y trouve son compte. Que demander de plus ?

10/10/2012

[Album] Raised Fist : "Dedication"

Artiste : Raised Fist
Album : Dedication
Troisième Album
Sortie : 2002
Genres : Hardcore, Punk, Métalcore
Label : Burning Heart Records
Morceaux à écouter : Message Beneath Contempt, Dedication, Another Day
♥♥♥♥♥
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En seulement deux albums au compteur, Raised Fist a su s'imposer de façon magistrale sur la scène Hardcore mondiale, s'inspirant largement des plus grands noms du genre originaires des USA. Seulement voilà, le combo suédois fait encore mieux et plutôt que de rester dans l'ombre des piliers du Hardcore américain, s'offre le luxe de percer et se hisser au sommet. Ce troisième album va droit au but et permet à Raised Fist de faire... du Raised Fist !

Comme toute bonne galette de Hardcore, ce n'est pas dans la durée qu'il faut voir l'intérêt de la chose (même si on a droit ici à un peu plus de trente cinq minutes de musique) mais bien dans l'impact. Et quel impact ! Une bonne cartouche en plein dans les oreilles ! Le groupe oublie quelque peu ce son Métalcore (vraiment très très gras) apparu sur "Ignoring The Guidelines" pour gagner en clarté (même si "Message Beneath Contempt" en a gardé quelques traces, mais on ne s'en plaindra pas !), Alexander emploie au mieux sa voix, la basse est toujours aussi audible et a souvent la part belle sur certains couplets ("Message Beneath Contempt") et "Monsieur Machine" Oskar Karlsson ne fait toujours pas dans la dentelle ("That's Why"). Enfin, on peut noter l'apparition d'une seconde guitare en la personne de Daniel Holmberg. Du pur bonheur qui transpire à travers une énergie débordante et communicative.

Mais Raised Fist, ce n'est pas "simplement" du Hardcore, c'est un peu plus. Malgré une certaine violence, la fine équipe nordique rappelle qu'elle est aussi adepte de quelques "lenteurs" et passages plus "aériens" (des termes à prendre avec des pincettes dans le genre qu'est le Hardcore !) et le prouve d'une belle façon, notamment avec "Another Day" qui offre un contraste surprenant entre couplets incroyablement lourds et brutaux, soutenus par des gang vocals hargneux et des bridges légers et poétiques à souhait, dont le second vient conclure magnifiquement le morceau. C'est jouissif et il fallait l'oser !

En somme, un album complet qui propulse le groupe au sommet de son art et offre des pièces incroyablement longues pour du bon vieux Hardcore qui tache, notamment grâce à la pratique de certains tempos lents ("Disable Me" -attention, vidéo humoristique- et "Illustration Of Desparation" semblant tous deux sortis du même oeuf). On notera un petit bémol tout de même avec "Between The Demons" et le featuring avec Gustav Jorde (chanteur de Defleshed, groupe d'ailleurs formé avec Oskar Karlsson) qui met Raised Fist sur la dangereuse pente du Métalcore bourrin et sombre : le morceau le moins intéressant pour moi. Il n'en reste pas moins que Dedication est un album incontournable qui permet d'installer définitivement le groupe parmi les références du genre.

09/10/2012

[EP] Koan Sound : "Funk Blaster"

Artiste : Koan Sound
EP : Funk Blaster
Sortie : 2011
Genres : Electro, Glitch Hop, Dubstep, Drumstep, Drum and Bass
Label : Owsla Records
♥♥♥♥
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Il serait difficile d'énumérer tous les producteurs ou groupes de Dubstep (ou plus généralement de musique Electro) qui ont vu le jour durant la seconde moitié des années 2000. Koan Sound fait partie de cette tripotée d'artistes et, comme beaucoup d'autres, ce duo formé par Jim Bastow et Will Weeks à Bristol en 2008 est originaire du pays de Sa Majesté d'outre Manche, terre natale d'un style autrefois réservé aux soirées dans les garages...

Mais depuis quelques temps, le Dubstep tend à s'imprégner d'un peu tous les autres styles de musique (et ce n'est pas un certain Skrillex qui dira le contraire) pour se démocratiser auprès du grand public. C'est un peu dans cette optique que Koan Sound propose cet EP qui présente pourtant une touche bien personnelle et une saveur fraîche comme un bonbon acidulé, l'artwork de l'EP ne faisant pas défaut à cette comparaison.

Les deux gaillards disent tenir leur inspiration d'artistes comme The Prodigy, Amon Tobin et Noisia. Certes, on sent un peu de tout ça dans leur approche : un Electro énergique et vibrant, des lignes de percussions très Jazzy et Funk appuyées par des basses lourdes et gastriques comme Noisia sait si bien le faire. Mais ce qui fait la différence ici, c'est un traitement cartoonesque de l'ensemble avec ça et là des samples et sons faisant littéralement penser à des onomatopées phoniques.

Un EP de cinq titres pour un peu plus de vingt-quatre minutes de musique. Vraiment sympa surtout lorsqu'on se rend compte que malgré un aspect assez répétitif et redondant du style au fil des pistes, on ne peut qu'apprécier cette ligne directrice bien traitée et les univers bien particuliers développés sur chaque pièce. Un "Funk Blaster" écrasant (dans le bon sens du terme, et qui profite d'un clip), "Talk Box" beaucoup plus aérien, un côté plus sombre sur "The Edge" et un "Meanwhile, In The Future" à la touche Jazzy délectable sans oublier ces côtés Glitch et Hip Hop qui rendent l'intégralité de cet EP si festive et font de l'ensemble une production réussie par le duo bristish.

On se délecte d'ailleurs du remix Drum and Bass de "Talk Box" par Kill the Noise en clôture de l'EP sans souffrir d'une impression de déjà vu (ou de déjà écouté devrait-on dire) à la suite de l'écoute du titre original (chose que l'on retrouve malheureusement souvent avec les remix de Skrillex présentés sur ses EPs, Koan Sound n'ayant d'ailleurs pas échappé à la loi du remix "skrillexien" avec une version personnelle de "Kill Everybody").

En gros, un EP qui fonctionne bien, qui donne la pêche, la banane et tout ce genre de fruits (ahah !). Un truc à se mettre dans les oreilles pour se trémousser et hocher de la tête, que ce soit dans son salon ou dans la rue en observant toute la folie du monde qui nous entoure. Bien bon !